Histoire de la Télévision

Histoire de la Télévision

Impossible d’attribuer l’invention de la télévision à un inventeur unique. Ce sont de multiples découvertes successives, de scientifiques différents, qui ont abouti à sa création.

La première transmission d’une image à distance (mais d’une image fixe) date de 1862 : on parvient à la transmettre de Paris à Amiens par un procédé d’envoi d’une photo par un télégraphe à fil.

En 1872, on réussit à transformer toutes les nuances de lumière en signaux électriques. À la fin du siècle, on invente le tube cathodique.

Et, en 1900, le mot télévision apparaît pour la première fois, lors d’un congrès scientifique.

Une diffusion lente

Si tous les foyers français ou presque étaient équipés d’un poste de TSF pendant la Seconde Guerre mondiale (on écoutait Radio Londres en cachette…), les téléviseurs, apparus moins de dix ans auparavant, étaient encore rares : moins de 3 000 en 1949. Il n’y avait d’ailleurs guère qu’en région parisienne qu’on pouvait capter quelque chose.

Puis l’évolution se fait, petit à petit : 23 000 téléviseurs en France en 1953, 1,350 million en 1963 et 14 millions en 1974 ! C’est l’explosion.

Aujourd’hui, on a parfois non plus un téléviseur par famille, mais un par pièce dans une même maison !

La “lucarne magique” remplace le conteur des veillées

C’est donc à partir du début des années 1960 que la télévision va pénétrer dans les campagnes. Il n’y avait alors qu’une chaîne en noir et blanc, et les émissions ne commençaient qu’en soirée.

Parfois, comme pour une veillée, les voisins se rassemblaient chez celui qui, dans le village, possédait un appareil. “La piste aux étoiles” était l’une des occasions majeures. On y partageait, devant le spectacle de cirque, des beignets, des gâteaux et des fruits secs.

Et le jeudi, jour de liberté des écoliers (le mercredi maintenant), plusieurs enfants des environs étaient invités à regarder les émissions de l’après-midi, puisqu’il y en avait ce jour-là à partir de l’heure du goûter : “Robin des Bois”, “Thierry la Fronde”, “Guillaume Tell”, “Lagardère”, “Rintintin”, “Poly”… et, à partir de 1965, les fameux “Zorro” de Walt Disney.

Une communauté de spectateurs

Dans son étude “Paysans, mémoires vives 1900-2000”, parue aux Éditions Autrement, Bernard Stéphan rapporte des témoignages, comme celui d’une Périgourdine qui se rendait certains dimanches chez son frère en 1966, à quinze kilomètres de chez elle :

« Ce frère avait la télévision. Et à l’époque, le dimanche, il y avait toujours un grand film l’après-midi. C’était très souvent un western. Mon mari, il aimait ça, les westerns. Et on voyait des paysages extraordinaires d’Amérique. C’était comme la messe. Après le déjeuner, on regardait le film du dimanche dans un grand silence. C’était comme si on était allé au cinéma. Et après, on parlait du film. Mais on en parlait comme si l’histoire avait été vraie. On disait des choses comme si on avait regardé des nouvelles. Aujourd’hui, on ne fait plus ça. On ne fait plus attention quand on regarde la télévision. »

Le dernier grand rendez-vous collectif

Le dernier grand rendez-vous collectif devant la télévision se fait autour des six épisodes de “Jacquou le croquant”, de Stellio Lorenzi, fin 1969. Il faut imaginer que, chacun des soirs de la diffusion des six épisodes du film, la vie du pays s’est arrêtée complètement.

Reprenons l’un des témoignages de Bernard Stéphan : « Ce qui fut extraordinaire, raconte l’une des personnes interrogées, c’est que la salle à manger de la maison des Sadrin au Pech et la grande cuisine d’Aline Laurière à Brassac-le-Bas étaient pleines de spectateurs, comme s’il s’était agi de salles de cinéma. Cette réincarnation de Jacquou le croquant, non seulement a touché les gens dans leur intimité, mais elle leur a fait prendre conscience très fortement que les temps avaient changé. Jacquou le croquant renvoyait à leur lointaine mémoire, aux arrière grands-parents, aux usages agraires anciens, aux luttes mémorables, à leur terre. Ma mère Hélène avait les larmes aux yeux devant l’écran. Aline Laurière qui parlait sans cesse à l’ordinaire faisait silence pendant la diffusion ».

On était alors en novembre 1969. À partir des années 1970, la télévision cesse de se regarder collectivement, car l’appareil est presque dans tous les foyers.
Une société disparaît, une nouvelle est en train de naître.

Histoire de la Télévision
C’est un 1er octobre, en 1967, que la première émission en couleur fut diffusée sur la télévision française. Petit rappel de l’histoire de cet écran qui a révolutionné, pour le meilleur ou pour le pire, nos maisons et nos vies.
Pas d’inventeur unique