PROJET DE LIVRE FAMILLE ARBOUR 30 DECEMBRE 2012

PROJET DE LIVRE FAMILLE ARBOUR 30 DECEMBRE 2012 – PARTIE NO : 5

LE 30 DECEMBRE 2012

Le nom Arbour et Harbour

Harbour FamilyTreeDNA projet-Contexte
Noms de famille : Arbour, Harber, Port, Port, Herbert

 

‘’Harbour’’, le nom a plusieurs orthographes dans le dossier généalogique: Harber, Port, Port, Arbor et Arbar. Tout peut être ou ne pas être lié. Le sens vieil anglais du nom est pour l’occupation de «l’harbourer ‘, celui qui les refuges ou les personnes les ports, celui qui fournit le logement, en français: Olde hergerge, un gîte, une maison.

Sans un nouvel enregistrement de la façon dont le nom a commencé, nous pouvons tirer une conclusion qu’il est dérivé de ceux qui peuvent avoir été aubergistes ou des familles individuelles qui ont offert la protection de l’ennemi et les éléments pour d’autres. La plupart des noms relatifs à patrimoine européen ont commencé en raison d’une profession, un métier, un lieu ou une action.

Ainsi, le nom du port semble avoir été placé dans l’utilisation pour de nombreuses personnes ne sont pas liés par la parenté, mais plutôt par une certaine forme de paradis ou de répit donné à d’autres.

Dans la cour de Hustings, Londres, entre AD 1258 à AD 1682, il apparaît en l’an 1319 le nom Augustin le Herberer sur le calendrier des testaments. Dans le Buckinghamshire, en Angleterre, le nom Geoffroi John Herbour apparaît dans la Hundredorum Rotuli pour l’année AD 1279. Dans la Curia Regis Rolls le nom Geoffrey le Arbrer est répertorié pour Middlesex, en Angleterre en 1205.

Dans L’Histoire de l’Hôpital Saint-Barthélemy à Londres, en Angleterre, le nom de Richard le Erbrer apparaît en 1315. Dans un dictionnaire des noms de famille à la définition du nom du port est donnée comme suit: «Harber: Anglais: métonymique nom professionnelle pour un gardien d’une maison d’hébergement, de la fin Olde anglais, un abri herebeorg, l’hébergement (à partir d’ici l’armée + beorg abris) 5.

Il ya aussi une référence à une forme cognitive allemande: Herberg (ER), Herbrig, Herbrich6. Le dictionnaire répertorie plusieurs variantes du nom: Harbo (u) r, Arber, Harberer; Harbage, Herbage, Harbidge, Harbisher7.

Le nom de famille Harbour est dit d’avoir des logements pour plusieurs centaines d’années dans le Herefordshire, en Angleterre. Un site sur l’Internet vante les mérites que le nom du port est une famille de Suffolk, en Angleterre retraçant son origine anglo-saxonne d’avant l’année AD 1100. Mais aucun de ces derniers n’a été motivé. Il semble y avoir un assez grand nombre de ports à travers le record historique anglais.

Les familles Arbour et Harbour qui ont immigrées en Amérique entre 1650 et 1800

Michel Arbour notre ancêtre direct n’est pas le seul Arbour/Harbour venu de France ou d’Angleterre en Amérique.

Michel Harbour  de Saint-Romain de Montmain, Région de Rouen, Haute-Normandie, France, a immigré à Québec vers 1665 ———-a développé avec ses enfants plusieurs branches dont 2 principalement.

 

Une qui a quitté Neuville pour  la Rive Nord du St-Laurent via Repentigny, Saint-Sulpice et Saint-Paul de Joliette. Cette branche provient de son garçon Jean-Baptiste Harbour dont son fils Louis est venu s’établir à Repentigny en 1769.

 

L’autre branche provient de son garçon Michel Harbour qui est allé dans la région de Montmagny, Berthier-sur-Mer, Mont-Louis et la grande région de Gaspé et Bonaventure. Plusieurs Arbour de cette région ont quittés pour l’Ontario et l’Ouest Canadien ainsi que les États-Unies.

 

La deuxième famille Arbour venu de France est Pierre Arbour dit Carcia né vers 1700 de Bayonne, Pyrénées-Atlantique, qui marié à Suzanne Moreau en 1722 à St-Pierre-du-Nord, Ile-St-Jean, Acadie (Aujourd’hui :Île-du-Prince-Édouard). Les descendants sont en Gaspésie, dans la grande région de Montréal et aux États-Unis.

 

La troisième famille Harbour est venu d’Angleterre soit; John–Lovat Harbour de Diss, Norfolk, East, Angleterre qui a immigré à Québec en 1791 et qui a marié Sarah Baker (Irlandaise) en 1793 à l’âge de 24 ans. Il a une descendance ici au Québec.

 

La quatrième famille Harbour est venu d’Angleterre soit; Thomas Harbour (1680) de Pembroke, Pembrokeshire, Angleterre qui a immigré vers 1709 à Charles City, Virginie, États-Unies (Colonies-Britaniques). Il a une très grande descendance aux USA.

 

En dépit du fait que Harbour est un nom anglais. Dès son arrivée dans le Nouveau Monde, il ya amplement d’enregistrement de sa vie et ses descendants généalogiques jusqu’à nos jours. Mais, avant 1709, nous n’avons aucune trace officiel à l’exception d’un correspondant qui nous affirmé que son père serait Abner Harbour né vers 1649. Comme mentionné le fait est que en Angleterre ont enregistraient le nom de l’enfant et celui du père seulement.

 

Nous savons qu’en 1710, il épousa Sarah Witt, à Charles City, en Virginie. La famille Witt a une longue et fière tradition bourgeoise en Virginie. Thomas a profité de cette notoriété pour acquérir des biens et laisser une grande descendance à travers plusieurs états.                                                                                                                                                              Arbour : Acadiens qui ont trouvé refuge en Louisiane, février 1764-début 1800

Deux familles non apparentées, en utilisant le nom Arbour, sont associés à une plus grande Acadie:

Michel, fils, fils de Michel Harbour, père, et Marie Constantineau, né à Petite-Rivière-Saint-Charles, Québec en 1674. Il a épousé Barbe Morin la fille d’un Acadien Pierre Morin et Françoise Chiasson, en 1700. Ils eurent neuf enfants, dont huit fils qui ont créé leur propre famille. Cependant, ces Arbour sont nés et ont grandis dans diverses communautés le long du fleuve Saint-Laurent entre Québec et Mont-Louis, et non pas en Acadie. François Arbour le fils de Michel et Barbe qui a épousé Thérèse Descôteaux se fera prendre dans la déportation des Acadiens

Pierre Arbour dit Carrica, né à Bayonne, en France, en 1700, marié Susanne Moreau en 1721. Ils se sont installés à Saint-Pierre-du-Nord sur l’île Saint-Jean, aujourd’hui Île-du-Prince-Édouard, et ont été parmi les premiers Acadiens à s’installer là-bas. Pierre et Susanne ont eu quatre filles et trois fils qui sont tous nés à Saint-Pierre-du-Nord.

 

Michel, né en 1724, Mathurin en 1725 et marié à Pointe-aux-Trembles (Montréal) en 1748 avec Félicité Archambault, Dominique né en 1727 et marié à l’Assomption en 1755 avec Angélique Pelletier, Isabelle née en 1730, Susanne née en 1732, Marguerite née en1734, et Marie-Thérèse née en 1736 et mariée à Saint-Pierre-du-Nord en 1756 avec Joseph André Savoie. Donc, Mathurin et Dominique sont venus compliqués les recherches généalogiques de la grande famille Arbour de Lanaudière et Montréal.

 

Le Grand Dérangement

Vivre dans le territoire contrôlé par la France, les Acadiens de l’Île Saint-Jean ont échappé aux déportations britanniques en Nouvelle-Écosse à l’automne de 1755. Leur répit de l’oppression britannique fut de courte durée, toutefois. Après la chute de la forteresse française de Louisbourg en Juillet 1758, la victoire britannique engloba la plupart des Acadiens de l’île qui furent déportés en France plus tard dans l’année.

 

Les déportations firent beaucoup de victimes en mer et par la suite et spécialement au niveau des enfants à cause de manque de vitamine et de nourriture adaptée. Mais François Arbour le fils de François Arbour et Thérèse Descôteaux a survécu et nous le retrouvons au Havre en France en 1765 où il a épousé Mary Henry fille de l’Acadien Joseph Henry

François et Marie ont eu cinq enfants en France.

 

– François Arbour, né à Rivière-Ouelle le jeudi 3 janvier 1743, décédé à Baton Rouge, East Baton Rouge, Louisianne le dimanche 23 mai 1790, à l’âge de quarante-sept ans. À vingt-deux ans, il s’est marié le lundi 25 novembre 1765 au Havre, (76600), Haute-Normandie, Église de Notre-Dame du Havre de Grâce, Le Havre avec Marie Henry, née vers 1741 à Port Royal, d’où :

 

I – Louis Arbour, né au Havre en 1767.

 

II – François Arbour, né au Havre en 1767. À vingt-trois ans, il s’est marié le lundi 27 septembre 1790 à Saint-Gabriel, Iberville, Louisiana, avec Jeanne Daigle.

 

III – Frederic-Edouard Arbour, né au Havre en 1772.

 

IV – Louis-Nicolas Arbour, né à Archigny, (86210), Poitou-Charentes le mercredi 26 janvier 1774, décédé le jeudi 19 décembre 1782 et inhumée le jour même dans la même localité, à l’âge de huit ans.

 

V – Louis-Joseph Arbour, né et baptisé le mercredi 3 juin 1778 à Archigny, Église de Saint-Georges de Archigny, Vienne, Poitou, France, décédé et inhumé le mardi 27 janvier 1784 à Nantes, (44000), Pays de la Loire, Cimetière de Saint-Martin-de-Chantenay, Nantes, à l’âge de six ans.

 

En 1785, lorsque le gouvernement espagnol a offert aux Acadiens en France la chance pour une nouvelle vie dans la lointaine Louisiane, François Arbour, et sa famille ont acceptés de la prendre.

LOUISIANE: RIVIÈRE DES ÉTABLISSEMENTS

François Arbour, maintenant âgé de 45 ans et son épouse Marie âgée de 40 ans, et leurs trois fils aînés – François-Henry, 18 ans, Louis, 15 ans, et Frédéric-Édouard, 13 ans – ont navigués à bord du navire ‘’Le Beaumont’’, le troisième des sept navires de la France, qui a atteint la Nouvelle-Orléans en Août 1785.

 

 

 

 

 

Les réfugiés acadiens du XVIIIe siècle

Mémorial des Acadiens, fresque de Robert Dafford

Cet évènement est commémoré par une plaque sur l’église Saint-Martin, et, plus récemment, par la fresque des Acadiens, réalisée en 1993 par un artiste louisianais, Robert Dafford

 

Un épisode particulier de l’histoire de Chantenay est l’installation pendant quelques années d’une importante communauté d’Acadiens dans la paroisse.L’Acadie (actuel Nouveau-Brunswick) est cédée à l’Angleterre en 1713. En 1755, le gouvernement anglais décide la déportation des Acadiens d’origine française (le « Grand Dérangement ») ; beaucoup d’entre eux sont détenus en Angleterre pendant la guerre de Sept ans puis rapatriés en France à partir de 1763, notamment dans le Poitou. En 1775, un groupe de plus d’un millier d’entre eux arrive à Nantes, dans l’espoir de repartir pour le Nouveau Monde.

 

Dans l’attente d’un embarquement pour la Louisiane, encore colonie française à ce moment, ils se répartissent dans différentes paroisses, mais sont particulièrement nombreux à Chantenay. Sur 1202 actes d’état civil les concernant, de 1775 à 1785, 545 viennent de la paroisse Saint-Martin. Dans l’ensemble, ces Acadiens (généralement des gens assez jeunes) ne bénéficient d’aucun secours officiel. Ils s’intègrent plus ou moins, puisque la moitié des mariages recensés d’Acadiens sont conclus avec des métropolitains. En 1785, un groupe important quitte la région, mais certains d’entre eux s’y fixent définitivement.

 

Après un bref répit dans la ville de Nouvelle-Orléans, ils se sont installés à Baton Rouge sur le fleuve au-dessus la Nouvelle-Orléans avec la majorité des passagers de leur navire. François et Marie ont eu plus d’enfants en Louisiane. L’acte de mariage de François, le fils aîné fils de François-Henri, en date du 27 Septembre 1790, note que le père du marié était décédé, alors François mourut probablement à Baton Rouge dans la fin des années 1780 soit vers 1788. Tous ses trois fils ont créés leur propre famille, mais un seul d’entre eux, le plus jeune, semble avoir perpétué la lignée familiale.

 

Lors du recensement fédéral de juin 1860 le petit fils de François de East Baton Rouge Parish ont compté 33 esclaves – dont l’âge de 65 ans à 4 mois – dans la plantation de Frédérick Arbour, près de Baton Rouge. En Juillet 1860, il a également tenu 23 esclaves – plus de 19 mâles et 4 femelles, tous noirs, sauf pour 1 mulâtre, âgés de 80 à 6 – en paroisse d’Iberville. Frédéric, est décédé dans la paroisse d’Iberville près de Baton Rouge, en Décembre 1866; le prêtre qui a enregistré son enterrement a dit que Frédéric avait 75 ans, mais il avait «seulement» 63 ans car il était né en 1803.

 

Au cours de la période d’avant-guerre, Frédéric, fils et ses fils sont devenus planteurs avec succès. En 1850, Frédéric, fils avait 30 esclaves de l’Est Baton Rouge. Une décennie plus tard, il a avait 56 esclaves sur ses deux plantations.

 

Au moins quatre Arbour, ont servi la Louisiane  en uniforme au cours de la guerre entre les États du Sud et du Nord, l’un d’eux comme un officier. Frédéric III, un résident d’ East Baton Parish, marié et père de plusieurs enfants, enrôlés comme lieutenant en second dans le 27e Régiment d’infanterie en Louisiane, une unité de première ligne entrainée à Iberville Parish, en Mars 1862.

 

Il a été promu au grade de Premier Lieutenant en Juin 1862 et c’est battu avec son unité à Vicksburg, Mississippi, en 1862-1863. Après la reddition des Confédérés à Vicksburg en Juillet 1863, Frédéric III, avec des milliers d’autres Sudistes, a été renvoyé à la maison sur une parole d’honneur.

En Septembre 1862, Frédéric III, le jeune frère, qui a également été marié, s’est enrôlé à Baton Rouge, dans la compagnie d’infanterie ‘’One Miles Légion of Louisiane’’, une unité de première ligne de Orleans Parish qui contenait un certain nombre de soldats de Baton Rouge.

 

‘’One Miles Légion’’ servit en Louisiane et a fait partie du siège du Port Hudson, dans le printemps et l’été de 1863. Frederic III a raté le siège, cependant. Il a été capturé dans une rivière au nord de Baton Rouge, au début de mai 1863 et détenu par les Fédéraux à Mobile, Alabama, jusqu’à ce qu’il obtient sa liberté conditionnelle à l’île de Grant, près de Mobile, à la fin du mois de mai 1863. Octave son frère a également servi dans la compagnie A de l’infanterie des One Miles Légion, mais son service avec l’unité était plus méritoire. Lui aussi, était marié quand il s’est enrôlé dans la compagnie A à Baton Rouge en Septembre 1862. Il a été promu caporal quelques semaines plus tard, puis au grade de sergent le 5 Mars 1863. Après la capitulation de Port-Hudson en Juillet 1863, les membres de la Compagnie A de la Légion ont servis dans la Compagnie de la cavalerie d’Ogden Régiment Louisiane, Il est resté un sergent et se rendit avec son unité à Gainesville, en Alabama, en mai 1865. Arthur Arbour, un jeune avocat de Baton Rouge, a également servi dans une unité de la Louisiane confédéré, mais sa relation avec les frères Arbour n’est pas révélé dans les régistres et l’état civil.

 

En Juin 1861, à 20 ans, Arthur s’est enrôlé dans la compagnie B du 7e Régiment d’infanterie en Louisiane, une unité de première ligne à East Baton Rouge Parish est devenu une partie de l’Armée de Robert E. Lee de Virginie du Nord – l’un des ‘’Lee Tigers Louisiana’’. Arthur a suivi son entreprise de Virginie, mais son service il a été écourté par la maladie ou de blessure. Il a été envoyé à un hôpital de Richmond en Octobre 1861, et a reçu une décharge médicale du mois suivant. Il est probablement retourné à Baton Rouge.

La guerre a eu un terrible tribut sur la situation économique de la famille Arbour. Après le ‘’Lincoln Emancipation Proclamation’’ entré en vigueur en Janvier 1863, les forces fédérales contrôlent le Mississippi et libérent les esclaves sur chaque plantation par la  force. Cela comprenait les plantations des Arbour dans East Baton Rouge et paroisses Iberville. L’Union Canonnières de la marine on bombardé et brûlé des dizaines de maisons et des plantations le long de la partie inférieure du fleuve.

Des dizaines de  Arbour se trouvent aujourd’hui dans la région de Baton Rouge, la plupart d’entre eux sont les descendants de Frédéric le planteur. …

Le nom de la famille est également orthographié Arbot, Arboure, Arbourg, Arboux, Hambourg, le port, Harbourg, Harbourgh.

Sources: 1850 aux États-Unis Recensement fédéral, des esclaves, l’Ascension, East Baton Rouge, East Feliciana, & Pointe Coupée paroisses; 1850 fédérale américaine de recensement, des esclaves, l’Ascension, East Baton Rouge, Iberville, et Pointe Coupée paroisses; Arsenault, Généalogie, 2055 , 2402; BRDR, vol. 2, 3, 4, 5 (rév.), 6, 7, 8, 9, 10;

Hébert, D., les Acadiens en exil, 12; Hébert, D., Sud-Ouest des dossiers de Los Angeles, vol. 4; Robichaux, les Acadiens à Châtellerault, 53-54; Voorhies, J.,

Quelques fin du XVIIIe siècle Louisianais, 505; Blanc, DGAF-1, 796-97.

Nom Arrivé profil Installés
François Arbour 1 août 1785 BR né c1743, Québec, fils de François et Thérèse Arbourg DESCOTEAUX, peut-être déportés de l’Île Saint-Jean à Cherbourg, en France, 1758-1759, 15 ans; calfat, marié, 22 ans, Marie HENRY, la fille de Joseph HENRY & Christine PITRE, 25 Nov 1765, Notre-Dame, Le Havre, France; en Poitou, en France, 1773-1782; sur la liste des Acadiens à Nantes, France, Sep 1784, appelé François Harbourg, avec ses fils épouse et 3 témoin de mariage, Saint-Martin-de-Chantenay, France, Oct 1784;; navigué à Los Angeles sur Le Beaumont, 45 ans, chef de famille; sur la liste des Acadiens à Baton Rouge, 1788, appelé franco ARBOUR, avec la femme sans nom [ Marie], 3 enfants anonymes [fils François-Henry, Frédéric-Edouard, Jean-Louis-Firmin], 7 1/2 unités de maïs, de riz 0 unités, mort sans doute Baton Rouge avant septembre 1790, quand il a été répertorié comme le fils défunt dans acte de mariage de François-Henry.
François-Henry ARBOUR 2 août 1785 BR née c1767, sans doute Le Havre, France, fils de François Arbour & Marie HENRY, frère de Frédéric-Édouard et Jean-Louis-Firmin; en Poitou, en France, 1773-1775; marin; sur la liste des Acadiens à Nantes, France, Sep 1784, sans nom, avec les parents et frères; navigué à Los Angeles sur Le Beaumont, 18 ans; sur la liste des Acadiens à Baton Rouge, 1788, sans nom, avec les parents et frères, marié, 23 ans, Marie -Jeanne-Jacqueline, appelée Jeanne, DAIGLE, fille de François Daigle & HOLLEY Jeanne de Cherbourg, en France, 27 Sep 1790, sans doute Baton Rouge.
Frédéric-Édouard ARBOUR 3 août 1785 BR née c1772, sans doute Le Havre, France, fils de François Arbour & Marie HENRY, frère de François-Henry & Jean-Louis-Firmin; en Poitou, en France, 1773-1775; sur la liste des Acadiens à Nantes, France, Sep 1784, sans nom, avec les parents et frères; navigué à Los Angeles sur Le Beaumont, 13 ans; sur la liste des Acadiens à Baton Rouge, 1788, sans nom, avec les parents et frères, marié, 26 ans, Marie-Rose , appelé Rose, HENRY, la fille de Jean HENRY & Marie PITRE, 11 Sep 1798, Baton Rouge, décédé [enterré] Baton Rouge le 18 mars 1848, âge de 80 ans [sic].
Jean-Louis-Firmin ARBOUR 4 août 1785 BR, StJ, BR né c1770, sans doute Le Havre, France; appelé Louis, fils de François Arbour & Marie HENRY, frère de François-Henry & Frédéric-Édouard, en Poitou, en France, 1773 -75; sur la liste des Acadiens à Nantes, France, Sep 1784, sans nom, avec les parents et frères; navigué à Los Angeles sur Le Beaumont, 15 ans; sur la liste des Acadiens à Baton Rouge, 1788, sans nom, avec les parents et frères, marié , 23 ans, (1) Rosalie POIRIER, fille de Michel POIRIER et Marie Cormier, de Saint-Jacques, 16 Apr 1793, Saint-Jacques; (2) Susanna GLOVER, fille de George GLOVER & P. ​​ROBERSON de VA, 1 juillet 1812, Baton Rouge.

 

NOTES

01. Mur des Noms, 33 (pl. 8L), l’appelle François Arbourg, & lui donne la liste avec son épouse, Marie HERVORY, & 3 fils; Hébert, D., les Acadiens en exil, 12, 193, son acte de mariage, enregistré à Notre-Dame, Le Havre, appelle François Arbour, “22 ans. ancienne du Québec, du Canada, ici pour 1 1/2 ans.», appelle sa femme Marie HENRY, “24 ans. vieux, de Saint-Michel en Acadie ., ici pour 1 1/2 ans, “donne son & noms de ses parents, dit que tous les parents étaient décédés au moment du mariage, mais ne donne pas des témoins à son mariage; Robichaux, les Acadiens à Châtellerault, 53-54,

 

Famille n ° 104, appelle François HAMBOURG, dit qu’il est né en c1743 mais ne donne aucune ville natale, donne des noms, des détails de son mariage, y compris les parents de sa femme chez ses parents noms, dit sa mère et les deux parents de sa femme étaient décédés au moment du mariage, de naissance comprend les / baptême et de décès / sépulture dossiers de fils de Louis-Nicolas, baptisé le 26 juin 1774, Archigny, filleul de Louis-Nicolas de PERUSE CHARIOTS des & Marie-Sophie DEBOUX de VILLEMORT, est décédé âge de 9 ans et enterré 19 décembre 1782, Archigny, & le fils de Louis-Joseph, baptisé le 3 juin 1778, Archigny, filleul de Louis-Joseph JAUNON, chirurgien, et Victoire DOUCET; Robichaux, les Acadiens de Nantes, 207,

 

L’acte de mariage de Charles Henry, un parent de sa femme, et Marie LEBLANC, appelle François ARBOURE & François Harbourg, et montre qu’il a signé son nom à l’acte de mariage, indiquant l’alphabétisation; Hébert, D., familles acadiennes en exil 1785, 34-35, appelle François Arbourg, Calfat , 45 ans, sur la liste d’embarquement, Franco Arbourg, sur la liste de débarquement, et François Harbourg, calfat, 45 ans, sur la liste complète, dit qu’il était dans la famille à bord de 17e Le Beaumont avec sa femme et 3 fils, les détails de ses le mariage, l’appelant François HAMBOURG & de donner son nom et les parents de sa femme »mais pas de lieu du mariage, et les détails du mariage de son fils François à Los Angeles, mais ne donne aucune place de mariage. Voir aussi Voorhies, J., Quelques fin du XVIIIe siècle Louisianais, 505, 526.

BRDR, 02h20 (SGA-14, 15), dit que le père du marié était décédé au moment du mariage, de sorte François serait mort dans ses 40 ans.

02. Mur des Noms, 33 (pl. 8L), l’appelle François-Henry [Arbourg], et lui donne la liste avec ses parents et 2 frères; Arsenault, Généalogie, 2402, appelle François Arbour, et dit qu’il est né c1770; Hébert, D., familles acadiennes en exil 1785, 34-35, appelle François-Henri, fils [François Arbourg de] fils, Marin, 18 ans, sur la liste d’embarquement, Francisco, su [Franco Arbourg de] hijo, sur la liste de débarquement, & François-Henry Harbourg, le fils de son [François Harbourg de], marin, 18 ans, sur la liste de débarquement, dit qu’il était dans la famille 17e bord Le Beaumont avec ses parents et 2 frères, et les détails de son mariage à Los Angeles, mais ne donne pas son ou les noms des parents de sa femme ou le lieu du mariage; BRDR, 2:20, 218 (SGA-14, 15), son acte de mariage, l’appelle Francisco ARBOUR, donne son & les noms des parents de sa femme », affirme que les deux pères étaient décédés au moment du mariage, et que les témoins à son mariage étaient Jean DUPUY B., Juan Carlos Tullier, & Francisco Alexandro DAIGLE (son frère-frère). Voir aussi Voorhies, J., Quelques fin du XVIIIe siècle Louisianais, 505, 526.

 

Note intéressante: Comme les adolescents, François-Henry & Jeanne navigué à Los Angeles sur le même bateau; leurs familles, en fait, sont à côté des autres sur la liste des passagers de Le Beaumont, nos familles. 16 & 17. La Tonnelle est allé à Baton Rouge avec la plupart des autres immigrants à bord Le Beaumont. Les Daigle s’est également rendue à Baton Rouge, mais en 1788 avait déménagé à Manchac / St.-Gabriel, juste en aval. Cela n’empêcha pas le jeune François-Henry de se marier Jeanne, dont il connaissait peut-être, et on a adoré, depuis leur enfance en France.

Bien que son mariage a été enregistré à l’église Saint-Gabriel, il est probable qu’il a été marié dans le quartier de Baton Rouge où il a vécu. Baton Rouge n’a pas eu une église de sa propre jusqu’en 1793, tant de prêtres de Saint-Gabriel ont officiers lors des baptêmes, mariages, funérailles et là jusqu’à ce qu’elle fait.

03. Mur des Noms, 33 (pl. 8L), l’appelle Frédéric-Édouard [Arbourg], et lui donne la liste avec ses parents et 2 frères; Hébert, D., familles acadiennes en exil 1785, 34-35, appelle Frédéric-Édouard , fils fils [François Arbourg de], 13 ans, sur la liste d’embarquement, Federico, su [Franco Arbourg de] hijo, sur la liste de débarquement, et Frédéric-Edouard Harbourg, le fils de son [François Harbourg de], 13 ans, sur la liste complète , et dit qu’il était dans la famille à bord de 17e Le Beaumont avec ses parents et 2 frères; BRDR, 2:20, 378 (SJO-3, 21).

 

Son acte de mariage, l’appelle Frederico ARBOUR, appelle sa femme Rosa HENRY, donne ses et les noms de ses parents, dit que ses parents étaient “du Havre de Grass” et le sien “de San-Malo,« qu’ils devaient obtenir une dispense de 3ème degré de consanguinité, et que les témoins à son mariage étaient Maximiliano HENRY [son frère] et Francisco ARBOUR [son frère]; BRDR, 07h14 (SJO-11, 75), son décès / sépulture d’enregistrement, l’appelle Frédérick ARBOUR, l’âge de 80 ans, mais ne donne pas les noms de ses parents ou de mentionner une femme . Voir aussi Voorhies, J., Quelques fin du XVIIIe siècle Louisianais, 505, 526.

Notez que grand-mère maternelle de Frédéric était un PITRE & que la mère de sa femme était un PITRE.

04. Mur des Noms, 33 (pl. 8L), l’appelle Jean-Louis-Firmin [Arbourg], et lui donne la liste avec ses parents et 2 frères; Hébert, D., familles acadiennes en exil 1785, 34-35, appelle Jean -Louis-Fermin, fils fils [François Arbourg de], 15 ans, sur la liste d’embarquement, Juan Luis, su [Franco Arbourg de] hijo, sur la liste de débarquement, et Jean-Louis-Firmin Harbourg, le fils de son [François Harbourg de], âge de 15 ans, sur la liste complète, et dit qu’il était dans la famille à bord de 17e Le Beaumont avec ses parents et 2 frères; BRDR, 2:20, 600 (ASJ-2, 19 & 20), le bilan de son premier mariage.

 

 

 

Recherches au Québec :

 

James Wolfe en Gaspésie 1758-2008  par J.P. Trudel le 5 septembre 2008.

 

Pour François-Jérome Arbour l’information se retrouve dans “diocese of Baton-Rouge, Louisiane, Catholic church record” à la SGCF.

Marie Euprosine Arbour et Pierre Arbour sont les autres enfants de François et Thérèse Picorons-Descoteaux déportés, ils sont sur un recensement daté du 9 Août 1761 à Cherbourg, France.

Joseph Caillouet né le 6 août 1752, baptisé à Québec marié à Nantes 9/1/1784 à Elisabeth Leblanc (Pierre et Marguerite Gautreau),dcd 14/10/1815 à Convent,Louisiane.  Ce Joseph est le premier du couple Gilles et Marie-Anne Méthot, la coutume de l’époque quant on perd un enfant le prochain du même sexe s’appelle du même prénom que celui décédé, dans ce cas-ci le premier Joseph fut déporté il avait 6 ans, ses parents nommèrent le second “Joseph” comme tu l’indique en 1765 au Cap-St-Ignace lieu de leur refuge.

Chrysostome Arbour est l’enfant de Chrysostome et Marie-Anne Dupuy, il est décédé 7 décembre 1758 agé de 8 ans et enterré à l’église “Très Sainte-Trinité”de Cherbourg, France tout comme son cousin Guillaume Arbour agé de 8 ans décédé le 8 janvier 1759 fils d’Antoine Arbour et Marthe Lemieux.

Marie-Marthe Arbour fille d’Antoine née le 23/09/1745 va épouser Jean Lespinasse, ils vivront en Martinique.

Les enfants d’Olivier Michel déportés sont: Mathurin marié le 3 novembre 1773 à Geneviève Cyr (Michel et Madeleine Bourgeois) à St-Pierre / Miquelon. Pierre Michel sans nouvelle de lui après avril 1759 en France.

Antoine-“Chrysostome”(au baptème) Arbour, survivant du passage de Wolfe!, fils d’Antoine et Marthe Lemieux épousa Élisabeth Lepage la petite fille du seigneur de Rimouski et de surcroit petite fille du seigneur de Trois-Pistoles, il est enterré dans le cimetière de la Pointe St-Pierre (entre Gaspé et Percé) en 1813.

Ma recherche ou étude de 16 pages avec références concernant les personnes déportées et habitants pionniers gaspésiens recensés le long des côtes gaspésiennes lors du passage de Wolfe en 1758 va être disponible au centre d’archives du Musée de la Gaspésie, lors de la réouverture (construction). Signé ; J.P. Trudel

Re: James Wolfe en Gaspésie 1758-2008 par lltradll, le 4 septembre 2008

Jérôme-François Arbour (François Arbour et Thérèse Picorons-Descoteaux) serait décédé à Bâton Rouge, Louisiane le 23 mai 1790.

Chrysostome Arbour (Antoine Arbour et Marthe Lemieux) a épousé Élizabeth Lepage (Paul et Catherine Rioux) ca 1780.  Il eut des enfants à Rimouski, Rivière-au-Renard, Restigouche, Pointe-St-Pierre.

Chrysostome Arbour, époux de Marie-Anne Dupuis, épousa en seconde noce Xaintes Blanchet (Noël et Marie-Sainte Fortin)à St-Thomas de Montmagny le 12 février 1763. Deux de leurs filles revinrent en Gaspésie.

Joseph Caillouette (Gilles et Marie-Anne Méthot) épousa Élizabeth Robichaud ( Pierre et Anne Michel) à Tracadièche le 22 nov. 1790

François Michel (Olivier Michel et Madelaine Caplan) épousa Anne Cronier (Jean et Denise (Agnès)Rousseau) à Port-Daniel le 29 mars 1780.

James Wolfe en Gaspésie 1758-2008, le 4 septembre 2008

Aujourd’hui, le 4 septembre 2008 marque le 250 ième anniversaire du passage de James Wolfe en Gaspésie.

Wolfe et ses troupes dévastèrent tout les petits postes de pêche gaspésien de Mont-Louis jusqu’à Miramichi au N.B., Wolfe et ses troupes capturèrent plusieurs personnes, la plupart des pêcheurs européens, mais aussi beaucoup d’enfants, surtout à Gaspé.

– les 3 enfants du couple François Arbour et Thérèse Picorons-Descoteaux.

– 2 des 3 enfants d’Antoine Arbour et Marthe Lemieux.

– 1 enfant de Chrysostome Arbour et Marie-Anne Dupuy.

– Joseph Caillouet fils de Gilles et Marie-Anne Méthot avait 6 ans lorsqu’il fut déporté seul. Gilles est l’ancêtre des Cayouette de Bonaventure.

Habitant à Grande-Rivière mais capturé à Gaspé:

– 2 fils d’Olivier Michel et Madelaine Caplan.

– Marie- Jeanne Labrouche fille de Pierre et Geneviève Chevalier,(commerçant en pêche, puis notaire),elle fut capturée à Mont-Louis sur un navire qui revenait de Québec en direction de Miramichi, était aussi à bord le père Ambroise Rouillard Récollet de Rimouski,il fut déporté et revient en mars 1759 à bord du Machault (coulé plutard à Ristigouche), le père Ambroise et le père Étienne écrivirent les premiers régistres de Ristigouche en 1759-1760.

-François-Jérome Arbour fils de François et Thérèse ainsi que son cousin Joseph Caillouet/Cayouette vécurent en France et en 1785 à bord du navire le “Beaumont” ils partirent pour la Louisiane. Les Caillouet et Arbour Louisiannais sont de souche Gaspésienne.

Plusieurs gaspésiens ont disparus suite au passage de Wolfe:

-Marthe Lemieux, -Marie-Anne Dupuy, -François Arbour et Thérèse, -Pierre Arbour et sa femme. -Charlotte Roy, femme de feu Pierre Révol propriétaire du poste de Gaspé.

-2 enfants Arbour agés tous deux de 8 ans décèderont à Cherbourg à peine un mois après leur arrivé.

-* Jean Chicoine de Pointe St-Pierre, -* Aubin Legouffe/Lecouffle de Pointe St-Pierre

-* Jean Baudot également de Pointe St-Pierre

Source: “le Journal de Thomas Bell” aide-de-camp de Wolfe

PRDH, le Parchemin, les Albert J. Robichaux, RHG

 

 

 

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La traversée de Michel Harbour

 

Tous nos ancêtres ont dû, dans leur temps, traverser l’Atlantique pour venir au Canada et il n’y avait alors aucun autre moyen que la voile.

 

Nous avons, encore aujourd’hui, très peu d’information sur la vie quotidienne au cours de ces traversées.

 

À cause des vents dominants venant de l’ouest, le voyage d’Europe vers l’Amérique prenait de deux mois et demie à trois mois et même plus, tandis que le retour se faisait environ en quatre semaines. Les capitaines ne tenaient pas de journal de bord, et nous savons seulement que le navire était parti de tel port, à telle date et qu’il était arrivé à Tadoussac ou à Québec à telle autre date et que le tout s’était bien passé, à moins qu’il y ait eu naufrage, alors aucune information ne nous était parvenue. Le quotidien était de la routine que l’on ne consignait pas.

 

Puis, nous aurons un aperçu de la vie à bord : l’horaire, les corvées, les récréations, les règlements, les menus, la discipline ; tous ces points de la vie de tous les jours qu’on a jugé bon de noter et de nous transmettre. Nous aurons un aperçu des problèmes que posaient la navigation sur mer au 17è siècle, car nous étions alors de l’instrumentation précise d’aujourd’hui.

Nous employons les mesures du temps en pieds, livres, gallons, etc… Ces vieilles mesures françaises sont à peu près équivalentes aux mesures anglaises que nous connaissons au Canada et ce sont celles que donnent les vieux textes.

 

On reste stupéfiait de l’audace de nos ancêtres qui le plus souvent faisaient la traversée sur de tout petit bateau. La plupart de ces bateaux mesurait de 25 à 30 mètres de longueur de coque et de 8 à 10 mètres de largeur, i.e. de 80 à 110 pieds de long par 25 à 30 pieds de large. Il faut penser qu’ils pouvaient être jusqu’à 150 personnes, passagers et membres d’équipages, dans cet espace restreint, et ceci durait trois mois. Ces navires du 17è siècle étaient tous semblables mais jamais identiques.

 

Sur cette coque étaient montés trois mâts. Au centre, le grand mât portait des vergues et sur celles-ci, des voiles carrées : la plus basse était la grande voile, celle au-dessus le hunier, et la plus haute le perroquet. Ce grand mât mesurait de quatre-vingt à cent pieds au-dessus du pont.

 

Sous le beaupré, à fleur d’eau, à l’avant, il y avait un petit pont ajouré par un treillis de bois pour laisser écouler l’eau, appelé poulaine, qui servait de latrines à ciel ouvert par beau temps.

 

À fond de cale, on mettait le fret en vrac, la marchandise lourde qui servait de lest. Au retour, on remplaçait ce fret par des pierres. C’est ainsi que les pavés de certaines rues de La Rochelle sont faits des pierres venues du Canada comme lest. Il y avait au-dessus de la cale deux ponts sous le tillac ou pont à l’air libre. Sur ces ponts fermés, on s’entassait pour se protéger des grands vents de l’Atlantique Nord. On gardait une partie de ces entreponts pour les animaux vivants que l’on amenait pour les colons de Québec, ou encore pour la consommation au cours du voyage : bœufs, cochons, volailles, etc. On peut imaginer les odeurs de fumiers en ces lieux clos. Heureusement que l’odorat est un sens qui s’habitue et qui oublie.

 

Les latrines étaient rudimentaires, et dans cette promiscuité, par beau temps, on allait sur la poulaine, tout à fait à l’avant, sous le beaupré, à fleur d’eau. Par mauvais temps, il était toujours dangereux d’aller sur la poulaine car on pouvait tomber facilement à l’eau emporté par une lame. On n’allait jamais sur la poulaine durant la nuit. Par gros temps et pour les passagers de marque, le pot de chambre était le plus recommandé. Bénis soient les moments où il n’y avait pas de gastro-entérite à bord.

 

La vie quotidienne paraît bien étrange pour nous du 20è siècle. La journée est divisée en six quarts de quatre heures. Pour l’équipage, ceci signifie qu’on ne dormait jamais plus de trois heures et demie à la fois. Pour les passagers qui n’ont pas de corvée, ils sont continuellement dérangés par ces changements de quart. Il est interdit de se dévêtir et l’on dort tout habillé dans son branle ou hamac. Après le coucher du soleil, c’est le silence absolu pour tous, sauf pour ceux qui donnent les commandes de manœuvres. Il est interdit également pour quiconque de se déplacer.

 

Le matin, vers quatre heures, c’est le réveil, puis le lavage, entendu ” lavage du navire ” à l’eau de mer. Personne n’a le goût de se laver personnellement à l’eau de mer glacée. Et l’eau douce, denrée rare, n’est jamais utilisée pour se laver. Le linge est lavé à l’eau de mer ou pas du tout. On laisse pousser les cheveux et la barbe pour les mêmes raisons.

 

Ce lavage terminé, on dit la prière du matin, encore à jeun. L’aumônier sur le gaillard du château arrière, tourné vers tout le monde assemblé et agenouillé sur les ponts, entonne le ” Veni Creator “, les ” Litanies de la Vierge et de Tous les Saints “, avant le ” Domine “, ” Salvum Fac Regem ” et trois ” Gloria “. Il fait encore un sermon français et finalement tous crient ” Vive le Roi ” !

 

Il est six heures et demie du matin après la prière. C’est le temps du déjeuner composé de biscuit pris à même la ration quotidienne d’une livre par jour. Ce biscuit français est une galette blanche très nourrissante qu’on amollit dans l’eau. La ration d’eau douce est très précieuse, mais elle devient malheureusement vite dégoûtante. Elle est conservée dans des barils de bois dont elle prend goût et couleur. Ce goût est astringent et l’eau corrompue, infestée de vers ou larves. Malgré tout, l’eau d’époque était vitale et gardée sous clé, par la surveillance de l’officier en second, quelque soit son apparence. Beaucoup ramollissaient leur biscuit à l’eau de mer.

 

La matinée se passe en travail et sur une flûte, vers dix heures, vient le dîner. Tout le monde mange le même menu en même temps. C’est le repas principal et il n’y a généralement qu’un seul feu où tout est bouilli dans deux grandes marmites. Pour les viandes, à chacun sa ration. Un marqueur est attaché au morceau de chacun pour qu’il puisse le retrouver dans la marmite. Lorsqu’un morceau s’était détaché pour tomber au fond du chaudron, on accusait souvent le cuisinier de ” voleur de ration “. Ce n’est que sur les très gros navires qu’on trouvait un four à pain. Tout était cuit à l’eau qu’il fallait ménager, mais l’on dessalait lard et morue à l’eau de mer.

 

On faisait sur le navire un potage de ” gru ” (semoule d’avoine ou de maïs), de fèves et de pois auxquels ont ajoutait de la graisse ou de l’huile d’olive. Imaginer la consistance du plat qu’on appelait du ” mortier ” !

 

Voici une recette du temps : ” On fait mettre plus d’eau qu’il ne faut pour les fèves, on ajoute de la farine de maïs à la dernière minute, pour corriger ce que les fèves peuvent avoir d’âcre. Dans chaque chaudière, deux gamelles en plus de maïs ; à défaut de maïs, un peu de riz. Il faut une demi-heure au riz pour gonfler. ”

 

Pour le voyage au Canada, la ration de fèves et de pois était pour le voyage et par homme : un boisseau (environ trois gallons), soit cinq à six onces par jour ; le biscuit français était compté à une livre par jour ; le potage est complété par de la chair (du lard ou du bœuf salé), ou encore par de la morue, arrosée de vinaigre, peut-être aussi d’huile. On recommande d’avoir plus de lard que de bœuf et plus de gras que de maigre. Les jours maigres, la chair est remplacée par du fromage et de la morue. Pour boire, en plus de l’eau corrompue, on dispose d’une ration de vin ou de cidre de soixante et quinze centilitres par jour (une bouteille actuelle de vin de trois quart de litre). On mange assis à terre, avec ses doigts. Chacun possède sa cuiller de bois pour le potage. Évidemment, les denrées fraîches contenant la Vitamine C (contre le scorbut) sont inexistantes. Ces rations sont distribuées en temps d’abondance. Par temps de disette ou par vent contraire, tout devient rationné.

 

Après dîner, le travail et la routine reprennent. On soupe vers les quatre ou cinq heures. Et l’on ne mangera rien d’autre jusqu’à la prière du lendemain matin. La longue traversée vers l’Amérique se fait au printemps et les jours sont longs dans l’Atlantique Nord., aussi c’est le temps où l’on cause, danse et joue ; on fait des concours, on lutte pour le plaisir. Les jeux d’argent sont interdits. On chante.

 

Quelque soit la durée de la lumière du jour, le silence se fait à dix heures du soir.. À partir de ce moment, c’est le silence absolu et il est de circuler. On fait la prière du soir avant le signal de la nuit. Il n’y a qu’un ou deux gardes sur les points les plus élevés du tillac. Celui qui n’est pas dans son hamac risque d’être mis aux fers durant quatre jours et ” au pain et à l’eau ” (sic). Remarquons qu’on n’a jamais parlé dans les rations.

 

Les odeurs doivent être remarquables. Il y a entassés dans un espace logeable d’environ soixante pieds de long et de moins de trente pieds de largeur sur deux étages, en pratique environ trois cent cinquante mètres carrés (moins de trois mètres carrés par personne), souvent plus de cent cinquante personnes qui ne se déshabillent jamais et qui ne se lavent pas pendant des mois. Les latrines sont rudimentaires en attendant que ce soit jeté à la mer. Il y a aussi, déjà mentionné, des animaux : bœufs, porcs, moutons, volaille ; sans ignorer la vermine : rats, souris, poux, puces. S’il y a deux ponts fermés, les animaux seront logés au pont inférieur car les planches des ponts ne sont pas étanches.

 

Les maladies frappaient équipages et passagers sans discernement. On a beaucoup parlé de scorbut et pour cause. Aujourd’hui, nous connaissons bien la maladie, mais au 17è siècle, c’était un mal des plus mystérieux auquel on n’avait trouvé aucune cause, ni remède. Après deux mois et demi en mer, les premiers malades voyaient leurs tissus enfler, ils saignaient des muqueuses (gencives, entre autres muqueuses), ils avaient les membres (os longs) hypersensibles et ils finissaient par mourir à plus ou moins court terme.

 

La maladie est produite par le manque de vitamine C, acide ascorbique. Cet acide se trouve dans les plantes et viandes crues et est détruit rapidement par oxydation et la chaleur de cuisson. L’homme en a absolument besoin quoiqu’en quantité infime. La vitamine C est essentielle pour le maintien de la solidité des parois vasculaires et des capillaires. En absence de vitamine C, les capillaires sanguins deviennent fragiles ; ils éclatent et des hémorragies internes se produisent dans tous les organes. Les hémorragies des gencives sont les plus visibles. Le fait de manger des fruits, légumes ou viande crus fait disparaître la maladie rapidement en quelques jours.

 

Le mal de mer par contre, comme aujourd’hui, n’attirait guère de sympathie. On savait par expérience que le mal n’était pas dangereux et pouvait disparaître à la première accalmie. Si l’on était sujet au mal de mer, il valait mieux ne pas naviguer.

 

La psychiatrie était inconnue à l’époque, mais les maladies du comportement existaient, et l’on rencontrait en cours de route des déprimés, des maniaques, des suicidaires. Ceux qui présentaient de petits troubles du comportement étaient traités par une ” bonne volée ” administrée, le plus souvent, par des compagnons exaspérés. Les maniaques passaient pour possédés : ils étaient exorcisés, ils étaient mis aux fers, ou recevaient des douches d’eau froide de mer, selon le type ou la manifestation de la manie. Les déprimés faisaient pitié ; ils disparaissaient le plus souvent, sans laisser de trace. Il était si facile de se jeter à la mer !

 

Lorsqu’il y avait un décès, on procédait à l’immersion avec plus ou moins de cérémonies selon les circonstances. Ce sera plus long et plus cérémonieux s’il s’agit d’un personnage de marque, si les circonstances avaient été plus ou moins tragiques, ou encore s’il faisait beau et chaud et s’il y avait un aumônier à bord.

 

S’il faisait gros temps et que défunt était mort bêtement d’une gastro-entérite, il était tout simplement jeté à la mer, enfermé dans un sac auquel on avait attaché une grosse pierre prise à fond de cale afin que le corps ne reste pas en surface, ce qui aurait été mauvais présage.. Les biens du défunt, s’il en avait, étaient conservés pour être remis à la famille au retour (en principe). Les pacotilles sont partagées entre les compagnons et la nourriture… convoitée par tous.

 

Les règlements devaient être observés et les punitions découlaient de tout manquement. Sur les navires du 17è siècle, on ne se querellait pas et il n’était pas question de mutinerie. Le feu était un danger constant et seul le cuisinier faisait son feu à la cuisine. On ne fumait pas de tabac mais on ” chiquait ” et on prisait.

 

Ainsi voyageaient nos ancêtres. L’aller à Québec prenait souvent trois mois, mais se faisait au printemps, avec des journées plus longues et une température plus clémente. France – Canada se faisait entre avril et juillet, tandis que le retour qui prenait trois à cinq semaines, à cause du vent d’ouest dominant, se faisait entre août et septembre, si possible avant la fin d’octobre à cause des vents froids et des journées écourtées. On ne traversait pas en hiver, et chaque fois qu’on le pouvait, on préférait un retour en août plutôt qu’en octobre.

 

Il est agréable de penser cependant aux joies de ceux qui, à Québec, voyaient arriver un bateau de France, et au bonheur des mariniers et passagers qui venaient de réussir la traversée, tandis qu’au retour, ceux qui revenaient du Canada avaient bien des choses à raconter sur les parents, les amis laissés là-bas, le Saint-Laurent, les Indiens, Québec, la faune et les pelleteries. Et souvent on avait hâte de recommencer l’aventure.

 

Michel Harbour arrive à  Québec

 

Comme mentionné précédemment, Michel a fait le long et laborieux voyage à travers l’Océan Atlantique vers la nouvelle France. Il est arrivé à Québec le 15 juillet 1665. Selon moi c’est en juin 1665 de La Rochelle.

La nouvelle France était le Québec actuel. En 1608, Samuel de Champlain a réclamé la terre pour la France en établissant le un comptoir commercial qui plus tard est devenu notoire comme la ville du Québec.

En 1627, le Cardinal Richelieu, ministre du Roi Louis de la France XIII, a organisé la compagnie de cent associés.

La compagnie de cent associés était une société par action autorisée pour accorder des Seigneuries, qui étaient de grandes surfaces de terre, aux seigneurs, qui étaient des hommes qui trouveraient les colons français appropriés à la culture de la terre. (Sur la terre paternelle à Ste Béatrix, il existe encore la borne délimitant les Seigneuries Panets et d’Allebous).

La Seigneurie d’Ailleboust

  • Éphémérides –

1736 (6 octobre) Concession d’une seigneurie (1 1/2 lieue de front sur la rivière L’Assomption x 4 lieues de profondeur) par le gouverneur Beauharnois et l’intendant Hocqart à Jean d’Ailleboust d’Argenteuil qui la nomme Ailleboust (10) ; la seigneurie est bornée par la seigneurie de Ramezay (11) au nord-est et par le township de Kildare au sud-ouest.
1741 (11 avril) Réunie au domaine royal, la seigneurie est reconcédée à Jean d’Ailleboust d’Argenteuil.
1756 (2 mars) Vente de la seigneurie par Jean d’Ailleboust d’Argenteuil à Joseph Gauthier, major des milices de la seigneurie de Varennes (73).
1800 (30 septembre) Vente de la seigneurie par adjudication du shérif de Montréal à Pierre-Louis Panet.
1812 (2 décembre) Au décès de Pierre-Louis Panet, la seigneurie d’Ailleboust (10) et la seigneurie deRamezay (11) passent à ses enfants, Pierre-Louis Panet, Louise-Amélie Panet (mariée à William von Moll Berczy), Charlotte-Mélanie Panet (mariée à Louis Lévesque), Thérèse-Eugénie Panet et Marie-Anne Panet.
1861 (24 janvier) La seigneurie d’Ailleboust (11) appartient aux enfants de Pierre-Louis Panet, Charlotte-Mélanie Panet (veuve de Louis Lévesque), Louise-Amélie Panet (mariée à William von Moll Berczy) et Marie-Anne Panet (mariée à J.T.A. Lamothe).

Propriétaire :

Panet (Pierre-Louis)

  • Homme de loi (notaire) né en 1761 à Montréal.

Études au Collège Saint-Raphaël de Pointe-aux-Trembles (Montréal).
Député du Parti des bureaucrates-PB de Cornwallis (17921796), puis de Montréal-est (18001804) à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada.
Surintendant des affaires indiennes.
Greffier de la Cour du banc du roi-CBR, district deQuébec (17941795), puis district de Montréal (17951812).
Membre honoraire du Conseil exécutif du Canada-Uni-CECU (18011812).
En 1781, il achète la seigneurie d’Argenteuil (1).
En 1800, il achète la seigneurie d’Ailleboust (10) et la seigneurie de Ramezay (11).
Frère de Bonaventure Panet. Cousin de Jean-Antoine Panet. Fils de Pierre-Méru Panet.
Décès en 1812 à Montréal.

  • Titres honorifiques –
    La rue Panet de Montréal, la rue et le parc Pierre-Louis-Panet de Montréal honorent sa mémoire.Pour en savoir plus -Dictionnaire des parlementaires du Québec 17921992 (Les Presses de l’Université Laval à Québec, 1993)
    Les rues de Montréal – Répertoire historique (Ville de Montréal, éditions du Méridien, 1995).

L’Assomption (rivière)

  • Affluent du Saint-Laurent avec lequel elle conflue à Charlemagne.

Reçoit les eaux des rivières McGee, Noire, Ouareau, Saint-Esprit et de l’Achigan.

Arrose Saint-Côme, Sainte-Béatrix, Joliette, Saint-Gérard-Magella, L’Assomption, Le Gardeur.

Longueur – 180 km.

  • Toponymie –
  • Outaragasipi qui signifie «la tortueuse» est le nom que les Amérindiens donnent à cette rivière.
    L’Assomption, son nom français, lui aurait été donné par Jacques Cartier, découvreur du Canada, le jour de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie.
  • Repères géographiques –
    Sur le versant gauche du bassin du Saint-Laurent.
    Région touristique de Lanaudière

Auteur : Jean Cournoyer

La première concession de terre (Seigneurie) a été faite en 1634, quand il y avait au moins de 100 personnes en nouvelle France. Une restriction du gouvernement français placé sur ses colons était qu’elles soient catholiques.

Des protestants français, après avoir été en Nouvelle France défait, on été interdits de l’arrangement dans la nouvelle colonie. Des ordres religieux catholiques ont été chargés de maintenir et d’assurer la foi.

Les antécédents familiaux des Harbour ou Arbour sont l’un des nombreux qui peuvent être tracés par l’église catholique. De 1634 à 1663, la nouvelle France s’était développée à plus de 2000 habitants. Nous étions une colonie royale sous le Roi Louis XIV.

C’est pendant cette phase de croissance que notre Michel est devenu l’un des nombreux individus robustes, adaptables, et tenaces qui ont été leurrés par la promesse d’une nouvelle vie dans cet endroit passionnant.

Michel a été confirmée vivre dans la ville du Québec. Le 9 novembre 1665, Monseigneur de Laval a tenu une cérémonie de confirmation pour accueillir 10 nouveaux venus en nouvelle France. Un de ces hommes était notre Michel.

L’année suivante, en 1666, a marqué le début d’une période de paix de 22 ans – la plus longue période que la colonie a connu. Au début, l’ennui a été causé par des désaccords avec les Iroquois et, plus tard, avec les Anglais. Dans le recensement 1667, Michel a été rapporté en tant qu’étant de 23 ans de et vie sur l’Île d’Orléans, une île au nord-est de la ville du Québec, en tant que domestique à Pierre Chalut, Maître-Boucher.

Les habitants de la nouvelle France ont suivi principalement un de trois styles de vie différents : celle des forêts, celle des villes, et celle de la campagne. La vie de la forêt était celle du commerçant de fourrure ; ils vivaient en marge des règlements de la civilisation blanche des villes et campagnes.

Dans le contraste complet à sa vie dans le vaste territoire des villes de la nouvelle France : Québec, Trois-Rivières et Montréal. Le premier était la capitale et le centre de la vie urbaine, la seconde était un petit centre de fabrication, et la troisième était le passage à l’ouest où des fourrures ont été commercées et les cultures se sont opposées.

Cependant, la vraie vie de la colonie a été vécue dans la tranquillité et les campagnes paisibles. La plupart des nouveaux immigrés, comme notre Michel, ont commencé leurs nouvelles vies comme Intendants ou Major d’hommes.

Michel travaillait toujours pour M. Chalut lorsqu’il a débuté ses fréquentations avec Marie-Catherine Constantineau. Il c’est engagé à la jeune mariée le 12 janvier 1670 devant le notaire Pierre Duquet. La signature d’un contrat de mariage était quelque peu apparentée à l’accord qui est signé encore aujourd’hui. Le papier a indiqué ce que chaque partie introduisait dans le mariage.

Cependant, l’âge de 13 ans était l’âge minimum pour le mariage. Marie Constantineau ne pourrait seulement qu’être promis à Michel. Ils ne pourraient pas réellement célébrer leur mariage avant les 2 prochaines années. Bien que la date exacte de la naissance exacte de Marie Constantineau demeure inconnue, elle est probablement née au début de l’année 1658.

À un certain point, Marie Constantineau a été rapporté en tant qu’étant une immigrée qui est né en 1658 dans la paroisse de Saint-Martin sur Île de Ré, zone de La Rochelle, dans Aunis, France. Dans le recensement de 1681 à Québec, elle déclare qu’elle a 23 ans.

Quoi qu’il arrive, le 8 octobre 1671 en la Cathédrale de Québec, Michel Harbour a épousé sa vieille jeune mariée de13 ans. Bien qu’il enjambe le globe, vous découvrirez que la plupart de nos ancêtres sont du Québec. En effet, beaucoup de notre histoire des débuts peut être retracée dans la Nouvelle France et ou la province du Québec, pour pas jusqu’à ce que presque 200 ans après a fait les familles Harbour/Arbour apparaissent en Ontario, en Acadie, aux USA et ailleurs.

IMAGE certificat mariage et liste témoins

 

Marie Constantineau est confirmée pour avoir été la fille de Julien Constantineau et de Marie Langlois. Julien et Marie ce sont mariés au environ de 1656 ou 1657 dans la paroisse de Saint-Martin en Île de Ré, zone de La Rochelle, dans Aunis, France. À partir du 30 septembre 1669, leur famille vivait dans la ville de Québec. Ensemble ils ont eu neuf enfants, dont notre Marie semble avoir été la plus vieille. Le 11 août 1678, son père Julien est décédé à Neuville, Québec. Neuville est situé environ 25 kilomètres de sud-ouest de ville du Québec.

Marie Langlois c’est remariée à Québec le 11 août 1678 en l’Église Notre-Dame de Québec avec Denis Gentil, Maître-Menuisier, né à La Rochelle en 1637 et veuf de Geneviève Bonnet décédée en 1677 à Neuville.  Marie Langlois et Denis Gentil on eu une fille du nom de Marie-Françoise née le 11 mai 1679 et qui a mariée Jean-Baptiste Carpentier le 18 avril 1701 à Neuville

Famille Constantineau :

Chronologie des événements de la famille de nos ancêtres
Julien Constantineau et Marie Langlois

1638 – 11 oct : Constitution d’une rente.  Jonas Langlois, François Touranseau, Anne Langlois et son époux Jean Bodaire passent un contrat de constitution de rente devant le notaire Jacques Bouryau. (Je suppose ici que Jonas a vendu une propriété à François Touranseau qui plus tard la vendra à Jean Danjou Lejeune)

Vers 1639     : Naissance de Marie Langlois

Vers 1657     : Mariage de Julien Constantineau, tonnelier à St-Martin, Ile de Ré,             France, et Marie Langlois.

Vers 1658     : Naissance de Marie Catherine, (Julien et Marie). Le recensement de 1681 indique que Marie a 23 ans.  Marie décède le 12 mai 1701, à l’Hôtel-Dieu de Québec, à l’âge d’environ 43 ans.

(( ?? décès le 12 mai et mariage le 7 septembre de la même année ?? ))

Vers 1660     : Naissance de Michel, Ile de Ré, France. Après son décès, il est enterré le 9 mars 1728, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. ( à l’âge de peut-être 68 ans).

1660 – 14 novembre : Reconnaissance d’une dette. Jean Danjou Lejeune, laboureur à St-Martin, reconnaît devoir à Julien et son épouse, la somme de 40 sols formant la moitié de 4 livres de rente foncière annuelle et amortissable pour la somme de 70 livres.  L’autre moitié est due à la veuve de Pierre Mariau, en raison du transport effectué par Anne Langlois. La pièce de vigne dont fait l’objet cette rente est de 900 ceps, située dans la paroisse de St-martin, que Danjou reconnaît alors posséder.

1664 – 20 janvier : Construction d’une muraille. Julien engage le maître maçon Michel Baret, afin de lui construire une muraille en argile et sable au coût de 110 sols par brasses.  Cette muraille de six pieds de haut mesure vingt brasses et sépare son jardin de La Couarde et celui de Jean et Marie Lidernaux.  Julien avance un montant de 54 livres.

1664 – 18 septembre : Baret reconnaît avoir été entièrement payé.

Vers 1664      : Naissance de Pierre, fils de Julien et Marie Langlois, Ile de ré, Aunis, Larochelle, France., décédé le 22 juin 1736, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Cte Portneuf, Qué., enterré le 22 juin 1736 (à l’âge de 72 ans).

 

1665 – 19 juillet : Témoins.  Julien et un dénommé Pierre Coutancineau, marchand,  sont témoins lors d’un marché entre Vincent Mousnier, marchand à St-Martin, Jean-Raoul et Jean Marchant, tonneliers à La Rochelle

 

Vers 1665: Naissance de Jeanne, fille de Julien et Marie Langlois, décédée vers 11 février 1707, enterrée le 12 février 1707, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (à l’âge de peut-être 42 ans).

Entre 1665 et 1669 : Migration de la famille.  Le couple de Julien et Marie quitte la France après la naissance de Jeanne en 1665 et avant 1669, année d’achat d’une propriété à Rivière-St-Charles en Nouvelle-France.  Aucun contrat d’engagement pour Julien n’ayant été retrouvé, il est probable que la famille a quitté son pays en tant qu’immigrants libres.

1669 – 18 août : Premier achat en Nouvelle-France.  Julien et marie achète une concession de Jean Gelly dit Laverdure et Ursule Turbar.  Cette propriété est située à la Rivière St-Charles.  Une cabane est construite sur le dit terrain.  Cette propriété mesure deux arpents de long entre celle de René Réauhme et un nommé Desmoulins.  Jean Gelly a reçu la concession des Révérantes Mères Hospitalières le 8 mars 1668.

1670 – 14 juin : Naissance de Louise à Québec, Qué., baptisée le 15 juin 1670, Québec, Qué., décédée vers 15 octobre 1736, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué., enterrée le 16 octobre 1736, Pointe-aux-Trembles Neuville), Qué. (à l’âge de peut-être 66 ans).

1671 – 8 octobre : Mariage de Marie (Marie Catherine), fille de Julien et Marie, à Québec (ct 12.1.1670 Duquet) avec Michel Harbour, né vers 1644, à St-Romain de Montmain, Normandie, France, baptisé (confirmé le 9-nov. 1666 à Québec), décédé le 30 août 1699, enterré le 31 août 1699, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (à l’âge de peut-être 55 ans).

 

1673 – Le 25 juin : Naissance d’Anne, décédée le 11 novembre 1713, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (à l’âge de 40 ans).

 

1673 – 1ier octobre : Achat d’une terre par Julien de Nicolas Vinet. Concession de 50 arpents située sur la Rivière St-Charles au prix de 440 livres. (Notaire R. Becquet, Qué)

1673 – 12 novembre : Obligation de Julien et Marie Langlois à Louis Regnault, canonnier, d’une somme d’argent dont Louis Regnault sera remboursé en arrivant à St-Martin, Ile de Ré, par Nicolas Leblancq cousin du couple. (Noraire C. Rageau de St-Luc, Qué)

1674 – 24 juillet : Rétrocession d’une propriété à Nicolas Vinet. Achat par Julien d’une propriété de Romain Becquet dans la seigneurie St-Gabriel au prix de 770 livres 10 sols. Il est partenaire avec Michel Arbour et Jean Gelly. (Notaire C. Duquet de Lachesnaye, Qué)

1675 – 20 décembre : Naissance de Romaine, baptisée le 21 décembre 1675, Québec, Qué.

 

1676 – 31 mars : Convention entre Julien Constancineau, Michel Arbour, Jean Gelly dit Laverdure et Romain Becquet, notaire royal, pour la construction d’un hangar et du défrichement d’une terre.

 

1677 – 31 octobre : Contrat de vente de Marie Langlois, veuve de Julien Constancineau, habitant la Rivière St-Charles, d’une propriété située sur la rue St-Clerc, en la paroisse de St-Martin, Ile de Ré, à Guillaume Chanjon, marchand de La Rochelle.

1678 – 1ier  août : Contrat de mariage entre Marie Langlois, veuve de Julien, vivant et habitant la seigneurie de St-Ignace sur la Rivière St-Charles, et Denis Gentil, veuf de Geneviève Bonnet, maître menuisier habitant la seigneurie de  Dombourg (Neuville).

1680 – 28 novembre : Mariage de Jeanne, fille de Julien et Marie Langlois, à Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué., avec Simon Pleau dit Lafleur, né vers 1640, Notre-Dame de Châtillon-sur-Loire, Berry, France, baptisé (Confirmé le 23 avril 1669), Québec, Qué., décédé  en octobre 1711, enterré en octobre 1711, Cap Santé, Qué. (à l’âge de peut-être 71 ans).

1683 – 24 février : Mariage de Michel, fils de Julien et Marie Langlois, à Pointe-aux-Trembles (Neuville), avec Elisabeth-Ursule Pinel, née le 29 juin 1666, Sillery, Qué., décédée en 1728, enterrée le 11 juin 1736 (à l’âge de 62 ans).

 

1687 – 29 août : Témoins.  Pierre Constansino et Simon Karomisy sont témoins lors du mariage de Ludovic Matchabano et Marie Magdelaine M8ach8koia à la Mission St-Charles au lac Peok8agamy (Lac St-Jean).  Le mariage est célébré par le père missionnaire François de Crépieul. (Second Registre de Tadoussac)

 

1687 – 24 novembre : Mariage de Louise, fille de Julien et Marie Langlois, à Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (Ct 21.11.1687 Gilles Rageot), avec Francois-Xavier Pinel dit Lafrance, né le 15 janvier 1664, Sillery, Qué., décédé le 10 février 1709, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (à l’âge de 45 ans).

Deuxième mariage le 15 novembre 1713, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué., avec Roch Ripau.

 

1689 – 14 décembre : Contrat de mariage de Pierre, fils de Julien et Marie Langlois, devant Gilles Rageot.

 

1690 – 9 janvier : Mariage de Pierre, fils de Julien et Marie Langlois, à Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. avec Marie-Francoise Lefebvre, née le 7 octobre 1669, Québec, Qué., baptisée le 7 octobre 1669, à Québec.

 

1695 – 31 mai : Mariage d’Anne, fille de Julien et Marie Langlois, à Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (Ct 11.7.1702 Chambalon), avec Nicolas Pinel, né le 30 novembre 1673, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué., baptisé le 30 novembre 1673, Québec, Qué., décédé le 30 juillet 1698, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. ( suite à un accident) (à l’âge de 24 ans).

Deuxième mariage le 24 juillet 1702, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (ct 24.7.1702 Neuville), avec Mathurin Béland.

 

1698 – 31 juillet : Dépôt d’un inventaire des biens de la communauté de Denis Genty (Jeanty), veuf de marie Langlois, épouse antérieure de Julien Constantineau (C. Rageot de St-Luc, Qué)

1699 – 8 janvier : Mariage de Romaine, fille de Julien et Marie Langlois, à Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué., avec Jean Pinel, né le 15 novembre 1675, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué., baptisé le 17 novembre 1675, Québec, Qué., décédé le 24 février 1703, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué., enterré – Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (à l’âge de 27 ans).

Deuxième mariage le 2 avril 1704, Pointe-aux-Trembles (Neuville), Qué. (Ct 26.3.1704 Chambalon), avec Jacques Dussault.

1701 – 7 septembre : (( ?? Marie est décédée en mai ?? )).

Deuxième mariage de Marie (Marie Catherine), fille de Julien Constantineau et Marie Langlois et veuve de Michel Harbour, (contrat de mariage: 7 sept. 1701 – Roger), avec Laurent Armand, né en 1641, St-Éloi, Rouen, Normandie, France, baptisé  (confirmé le 1 mai 1662 à Québec), décédé le 12 février 1709, Hôtel-Dieu, Québec. (à l’âge de 68 ans).

Questions

Julien Coutancineau, tonnelier à St-Martin et son épouse Marie Langlois ont 4 enfants en France. Ils en auront 3 autres au Canada.  On ne connaît rien du passé de Julien.

 

Qui est Pierre Coutancineau, témoin avec Julien lors d’un marché en Larochelle, France, en juillet 1665 ?

 

Le père de Marie Langlois est Jonas Langlois.  Anne, (sœur de Marie) est mariée à Jean Bodaire. Ce couple a un fils, François Bodaire. Le 6 février 1664, il fait son testament en faveur de Anne et stipule qu’il désire être enterré selon la religion catholique.

 

Un peu plus tard, il s’embarque pour la Guyanne.

Marie Langlois est-elle née avant ou après la constitution de rente en 1638 ?

Qui est la veuve de Pierre Mariau, est-elle aussi une sœur de Marie et Anne Langlois ?  Pourquoi Anne a-t-elle fait transporter une rente annuelle en faveur de la veuve de Pierre Mariau.  Qui est-elle ? Une soeur de Marie et Anne ?

 

Marie Langlois est-elle la seule héritière de Jonas ?

Pourquoi Julien a-t-il fait construire une muraille en 1664 ?  Quand et comment est-il devenu propriétaire de ce jardin à La Couarde ?

 

En 1674, pourquoi Nicolas Leblancq de St-Martin en Ile-de-Ré (cousin de Julien ou de Marie) acquiterait-il une dette contracté par Julien et Marie à Louis Regnault, canonnier ?

Pourquoi Pierre, fils de Julien et Marie, est-il à la Mission St-Charles du Lac Peokéagamy en août 1687 ?

Note : les informations ci-dessus ont été recueillies dans les dictionnaires généalogiques  tels le Jetté, des contrats notariés, le Deuxième Registre de Tadoussac, un mémoire de maîtrise de Claire Lambert à l’Université de La Rochelle.

Une autre source pour le mariage de Michel et de Marie déclare qu’ils étaient les deux résidants de Petite-Rivière, Québec.

Notre Michel Harbour et Marie Constantineau sont restés dans la région de la Rivière St-Charles pendant quelques années après leur mariage. Suite à la mort du père de Marie, la jeune famille s’est déplacée à Neuville pour être près de sa mère. Dans le recensement de 1681, on a rapporté que Michel est âgé de 34 ans et demeurant à Neuville.

Neuville était l’une des communautés le long du fleuve St-Laurent. En fait, les communautés jalonnaient le long des rives du fleuve, comme une rue sans fin de village, avec de petites maisons blanchies et peu habitants, les champs étaient derrière eux avec un mur vert foncé au loin qui était la forêt. Naturellement, la terre qui a eu la façade vers l’eau était essentielle au fermier et plus valable que la propriété intérieure. La quantité de façade a déterminé une grande partie de la valeur de terre. Une propriété typique a eu trois arpents de façade et deux à dix fois cela dans la longueur, ou plus. Un arpent est égal à 192 pieds.

Juste une telle propriété a été achetée par notre Michel 26 février 1683, d’un homme appelé Pierre Boivin. Cependant, le même jour, Michel est enregistré dans une autre source comme après avoir acheté la ferme de Neuville de M. François-Madeleine Ruette-d’Auteuil  procureur général au Conseil souverain de Québec de 1680 à 1707, fils de Denis-Joseph Ruette d’Auteuil et de Claire-Françoise Clément Du Vuault, né en mer, probablement à la fin de 1657, baptisé à Paris le 17 janvier 1658, mort à Québec le 10 juillet 1737.

Les documents rapportent qu’il a payé 400 livres pour la terre et encore 100 livres pour d’autres effets divers (machinerie, animaux et meubles). Il est impossible de confirmer ceci.

La dernière source déclare que Michel a travaillé à cette ferme dès 1668. Par contre le 27 février 1684, Michel a signé un contrat acceptant de travailler à cette ferme pendant sept années. Pourquoi est-ce que quelqu’un accepterait de travailler à la terre qu’ils avaient récemment achetée ? Semble comme ceci devrait être un arrangement donné.

Le fleuve St Laurent était la route principale de la nouvelle France, par le bateau en été ou le traîneau en hiver. L’été était la période du travail dur pour notre fermier Michel et sa famille. Cependant, l’hiver était la saison sociale où peu travail a été fait. Hormis le découpage du bois de chauffage et des quelques travaux du ménage, le jour était libre. La famille et les amis se visitaient beaucoup durant l’hiver en buvant, fumant, dansant et jouant aux cartes.

Michel et les autres habitants ont construit leur maison en bois de construction et/ou de pierres rugueux-taillantes. Sa maison aurait été un bâtiment plein pied, mesurant probablement environ 20 pieds par 40 pieds dans la taille avec une porte simple et très peu de fenêtres. Le logement typique a eu seulement un ou deux salles tout au plus, se composant d’une grande pièce comportant la cuisine et la salle à dîner et une chambre à coucher ou deux. Les enfants de Michel et de Marie très probablement ont dormi en haut dans une sorte de grenier ou des matelas de paille ou de plume étaient étendus sur le plancher.

La vie au XVe siècle

La plupart des gens se mariaient en juin, parce qu’ils avaient pris leur bain en mai et qu’ils sentaient encore bon. Cependant, la chaleur arrivant, ils commençaient à sentir, alors les mariées apportaient un bouquet de fleurs pour cacher l’odeur… d’où la coutume, pour la mariée, de porter un bouquet…

 

Les bains se prenaient dans un grand tonneau rempli d’eau chaude. L’homme de la maison avait le privilège de passer le premier, puis tous les autres fils et hommes; alors seulement après tous les mâles venaient les femmes et finalement les enfants, et le dernier de tous, le bébé. Mais comme l’eau était devenue très sale et qu’on pouvait perdre quelqu’un au fond, on lançait la phrase, avant de vider le tonneau: «Attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain…»

 

Les maisons avaient alors un toit de chaume; de la fine paille pilée l’une sur l’autre, sans bois souvent. Cela devenait la place favorite des petits animaux pour se tenir au chaud : chats, chiens, rats, souris et autres bestioles. Quand il pleuvait, l’endroit devenait glissant, et certains animaux tombaient; alors d’où vient l’expression anglaise : «it rains cats and dogs» (Expression employée lorsqu’il pleut averse). Comme on ne pouvait les empêcher de tomber dans les beaux draps, cela devenait un vrai problème. Alors on inventa le lit à baldaquin…

 

Le plancher se salissait facilement. Seuls les riches pouvaient se payer des produits pour enlever cette saleté; les pauvres furent donc vite traités de «sales pauvres».

 

Parfois ils réussissaient à se procurer du porc; c’était un signe de richesse quand un homme pouvait apporter du bacon à la maison et l’expression est restée : «Bring home the bacon» (Rapporter le bacon (la paye) à la maison).

 

Les riches possédaient des plats en étain; mais les produits avec un grand taux d’acidité provoquaient l’empoisonnement; c’est pourquoi, pendant plus de 400 ans, les tomates ont été considérées comme poison…
Le pain était divisé selon le statut de chacun; les travailleurs avaient droit à la croûte souvent brûlée du dessous, la famille, la mie du milieu et les invités la croûte du dessus…

Les coupes pour la bière et le whisky étaient, souvent en étain aussi. Ils provoquaient des malaises et les gens se traînaient sur les routes et on les pensait souvent morts. Mais avant de les enterrer, on les amenait sur la table de la cuisine, et pendant ce temps, les autres buvaient et mangeaient jusqu’à ce que le malade se lève enfin ou décède, pour de vrai… d’où vient la coutume de «la veillée au corps»…
Souvent, comme les cimetières étaient vite remplis, on enterrait, plus tard, dans le même terrain. Mais plus d’une fois sur 25, on constatait que le « mort » précédent avait gratté et laissé des traces sur la pierre tombale. Ils réalisèrent donc que certains avaient donc été enterrés encore vivants…Alors, pour éviter pareille torture, ils décidèrent d’accrocher une corde au poignet du mort qu’ils laissaient ressortir en dehors et ils y accrochaient une cloche. Et quelqu’un devait veiller chaque nuit pour voir si la cloche ne sonnerait pas. Si oui, on disait qu’il avait été «sauvé par la cloche» …

 

Et tout ceci est la vérité… Maintenant, qui osera affirmer que l’histoire est ennuyeuse?

 

Les métiers exercés par les pionniers

Les Français venus vivre en Nouvelle-France exercent les mêmes métiers qu’en France. Dès les débuts, ces pionniers sont recrutés en fonction des services qu’ils peuvent rendre à la colonie. On a donc, en premier, fait venir des bûcherons, des agriculteurs, des charpentiers, des menuisiers et des couvreurs. Ils venaient surtout des régions du centre de la France.

 

C’est à eux qu’on a confié la tâche de couper les arbres, de défricher et de cultiver les terres, de tailler des planches, de construire des maisons et de poser des toits de bardeau ou d’ardoise.

 

À la même époque, on a fait venir des colons capables d’élever du bétail, surtout des boeufs et des vaches et des chirurgiens-barbiers qui gagnaient leur vie en soignant les malades et en faisant la barbe à leurs clients.

 

À mesure que la population et ses besoins augmentaient, sont venus les tailleurs de pierre, les maçons, les briquetiers, les taillandiers, les serruriers, les arquebusiers, les armuriers, les boulangers, les bouchers, les tailleurs d’habits, les sabotiers, les cordonniers, les sonneurs de trompette, les cabaretiers et d’autres.

 

Certains avaient un métier et un talent. C’est ainsi, par exemple, qu’il y a toujours eu des musiciens et des chanteurs en Nouvelle-France.

Les maisons de Nouvelle-France

Les premières maisons construites en Nouvelle-France étaient en bois. Vers la fin du 17e siècle, le nombre de maisons de pierres des champs augmente et se répand à travers la colonie. La plupart des maisons familiales ont un ou deux étages et au moins une grande cheminée qui sert à chauffer la maison et à cuire les aliments.

 

Les vitres – Le transport des vitres de grande taille n’étant pas encore possible, on apporte de France de petits carreaux de verre qu’on assemble pour construire les fenêtres à carreaux. Les gens qui n’en ont pas les moyens, se contentent de mettre du papier ciré ou huilé dans les carreaux. On ne voit pas à travers, mais ils laissent filtrer les lueurs du soleil. L’éclairage – Il fait sombre dans les maisons. On s’éclaire à la chandelle ou à l’huile de baleine, de phoque ou de marsouin.

 

L’hygiène – Il n’y a pas de brosses à dents, ni de dentifrices à cette époque. Les gens perdent leurs dents très tôt. Il n’y a pas de baignoires. L’été, on se baigne dans le fleuve, les rivières, les lacs ou les ruisseaux. Les gens se lavent à la main avec de l’eau réchauffée dans la cheminée ou sur le poêle. Il n’y a pas de toilettes dans les maisons. On utilise des sceaux qu’on vide à côté de la maison. Quand il y en a, on utilise des toilettes aménagées à l’extérieur des maisons. Elles ne sont ni éclairées, ni chauffées et on n’y trouve pas de papier.

 

Le chauffage – L’hiver, les maisons canadiennes sont très froides et le chauffage excessif dans la cheminée augmente les risques d’incendie qui sont très nombreux. Les premiers poêles de fonte seront importés de France à la fin du 17e siècle et seuls les plus riches pourront en acheter. Les jours de grand froid, les gens se rassemblent autour de l’âtre où même l’encre peut geler. C’est ce que raconte le père Paul Le Jeune, en 1633, deux ans avant l’arrivée de Pierre Boucher :
« Il m’est arrivé qu’en écrivant fort près d’un grand feu, mon encre gelait, et par nécessité il fallait mettre un réchaud plein de charbons ardents proche de mon écritoire, autrement j’eusse trouvé de la glace noire au lieu de l’encre (…). J’ai souvent trouvé de gros glaçons attachés le matin à ma couverture, formés du souffle de l’haleine; et m’oubliant de les ôter le matin, je les trouvais encore le soir. »
Les meubles – Même si on importe des meubles et que des ébénistes vont s’établir en Nouvelle-France, les pionniers du 17e siècle construisent leurs propres meubles. Ce sont principalement des lits, des armoires, des tables, des coffres, des bancs et des chaises.

Le 18 octobre 1667, Soeur Marie de l’Incarnation écrit qu’elle est revenu de France avec 92 filles qui sont déjà mariées, pour la plupart à des soldats (du Régiment de Carignan-Salières qui s’établissaient en ce pays) et à des gens colons.

« C’est une chose prodigieuse de voir l’augmentation des peuplades qui se font en ce pays. Les vaisseaux ne sont pas plutôt arrivés que les jeunes hommes y vont chercher des femmes et dans le grand nombre des uns et des autres on les marie par trentaine ».

La fécondité des filles du roi est telle que Jean Talon pourra écrire à Louis XIV ce mémoire.

« Mémoire au Roi adressé par M. Talon, sur l’état du Canada.

Fait à Québec, ce 2 novembre 1671

Sa Majesté pourra voir par l’abrégé des extraits des Registres de Baptême dont j’ai chargé mon Secrétaire, que le nombre des enfans nés cette année est de six à sept cents, que dans les suivantes on en peut espérer une augmentation considérable s’il y a lieu de croire que sans autre secours des filles de France ce pays produira plus de cent mariages dans les premières années, et beaucoup au delà à mesure qu’on avancera dans le tems. J’estime qu’il n’est pas à propos d’envoyer des filles l’année prochaine, afin que les habitans donnent plus aisément en mariage les leurs aux soldats qui restent habitués et libres. Il n’est pas non plus nécefsaire de faire pafser des demoiselles en ayant reçu cette année, 15 ainsi qualifiées au lieu de 4 que je demandais, pour faire des alliances avec les Officiers ou les principaux habitans ici ».

Avec l’apport des soldats du régiment de Carignan-Salières et celui des filles du roi, la population de la Nouvelle-France, passe de 3 200, en 1663, à 6 700 en 1672. Il y aurait eu approximativement 835 mariages d’immigrantes dans la colonie pendant la période de 1663 à 1673, dont 774 impliqueraient les filles du roi.

Jean Talon qui est « un organisateur de génie » (Lacoursière 1995, t.1 : 119-132) met en place des lois spéciales pour forcer les gens à s’établir et à faire des enfants.  Par exemple, il encourage les seigneurs à engager des hommes de France afin qu’ils viennent s’installer sur leurs terres.

Les colons qui arrivent dans ce cadre sont souvent des gens de métier. Ils ont entre 16 et 40 ans et sont célibataires. Ils s’engagent à venir travailler sur les terres d’un seigneur pour une durée de trois ans.  Pendant ces trois années, ils sont obligés de défricher une partie de la terre du seigneur en plus de la leur.

MIGRATION DES PREMIERS COLON EN DEHORS DE LA VILLE DE QUÉBEC ET MONTRÉAL

Si on remonte aux années 1642, on constate que le Québec était habité seulement le long du St-Laurent. Les plus grands postes étaient Québec, Trois-Rivières et Montréal. Mais de petites colonies se développaient rapidement entre ces grands centres. Les familles s’y installaient et y demeuraient regroupées.

Les Arbour, Beaudry, Latendresse (Chebroux-Latendresse), Loyer, Thouin et les Versailles viennent surtout de Québec, Neuville, Trois-Rivières, Montréal, Repentigny, Joliette et les environs. Les Pelletiers de Neuville, L’Assomption et Varennes et les Joly de Québec, Berthier, Lavaltrie. Les Thériault de l’Acadie en passant par la petite Acadie qui était Saint-Jacques-de-Montcalm.

Par cet étalage de familles d’un bord à l’autre du fleuve, tu deviens une descendante chanceuse d’avoir autant d’aïeuls différents. Il faut comprendre que les colons du temps ne voyageaient pas beaucoup. Ils se mariaient entre eux et l’aïeul du village était souvent l’ancêtre de toute l’agglomération.

Tous les noms, les dates et les lieux apparaissant sur les tableaux généalogiques sont tirés des registres des paroisses et disponible dans les Sociétés de généalogie ainsi que de généalogistes amis(e) de France, Belgique et de plusieurs Provinces canadiennes ainsi que des États américains le long des frontières du Nouveau-Brunswick, Québec et Ontario.Beaucoup de canadien-français ont émigrés aux USA dans les usines de coton et ou Factory.

L’orthographe des noms semble parfois bizarre mais c’est ainsi qu’on les retrouve sur les registres. Les curés et les notaires du temps ne semblaient pas plus instruits que les pauvres colons qui eux ne savaient même pas signer. Nous avons retrouvés dans des régistres des noms comme Harbourg, Arbou, Arbourd, Arboure, Hibour, Uguette, Uguete, Huguette, Pierre, Piere, Beaudry, Beaudri, Bodry, Pelletier, Peletier, Péletier, Thériault, Theriault, Thériot, Terriot.

Avant les années 1663, il n’y avait pas beaucoup de femmes au Canada. Les hommes réservaient donc les fillettes en très bas âge afin d’avoir la certitude qu’un jour ils pourraient fonder un foyer. Ils passaient un acte de mariage chez le notaire sans toutefois prendre possession de l’enfant. Les mêmes hommes ont très souvent passé trois ou quatre contrats. Vers l’âge de 12 ans ou à la maturité de la fille, les prétendants devaient honorer leur contrat, sinon le mariage était annulé. Si la fillette n’avait pas encore 12 ans, l’époux devait habiter chez les parents de l’épouse. Il y avait une dispense à payer  à l’église. Avec la venue des “Filles du Roi”, beaucoup de mariage ont ainsi été annulés. Ces filles étaient “prêtes”!

Tandis que Michel Harbour travaillait sur sa terre, Marie Constantineau prenait soin de la maison et des enfants. Dans son temps libre, elle confectionnait les vêtements de toute la famille, qui ont été certainement prévus pour être fonctionnels plutôt qu’élégants. Les hommes tels que Michel on porté une paire de pantalon d’étoffe et d’un long manteau de robe qui descendait jusqu’aux genoux et attaché autour de la taille avec une ceinture de cuir ou de fil tricoté.

Les femmes telles que Marie ont porté les jupes lourdes avec des chemisiers de lin dans les robes d’hiver et en été. Chacun dans la famille a porté des bottines ou des mocassins faits de cuir, habituellement en peau de daim.

La nourriture était abondante et cela pendant toute l’année et il était facile de survivre. La pêche dans le fleuve St-Laurent était abondante et la forêt apportait du gibier tel que Orignaux, Perdrix, Chevreuils, Lièvres, Canards sauvages etc..

Michel n’avait aucun doute que sa vie s’est beaucoup amélioré en comparaison de celle qu’il y avait en France.

Au recensement de 1681, « il est déclaré que Michel Harbour 34 ans, Sa femme Marie 23 ans, 4 enfants ; Marie 9 ans, Michel 7ans, Madeleine-Ursule 5 ans, Jean-Baptiste 2 ans. En plus de 9 bêtes à cornes; 35 arpents en valeur ».

Pendant les années de mariage de Michel Harbour et de Marie Constantineau, Québec a connu une croissance de 10,000 habitants. En conséquence, en 1683, la France a terminée sa politique d’encouragement colonial, et une taxe foncière a été établie. La croissance du Québec alors s’est fondée seulement sur son grand taux de naissance catholique. Michel et Marie n’ont pas déçu et cela pour les générations successives des Harbour/Arbour.

En 20 années de mariage, Michel et Marie ont eu neuf enfants. La première et la deuxième progéniture ont été baptisées du nom de leurs parents, Marie et Michel. Ensuite les autres 7 enfant suivirent soit : Marie-Madeleine Ursule, Jean-Baptiste, François, Marie-Élisabeth, François-Augustin, Marie-Angélique, et Marie-Geneviève. François a été perdu la vie à l’âge tendre de quatre ans, mais tous les autres on atteint l’âge adulte et sont connus pour avoir laissés des descendants.

Michel et Marie ont laissés plus de 85 petits-enfants au moment de leur décès. La mère de Marie a vu plusieurs des naissances et même d’une couple de ses arrière-petits-enfants avant sa mort en 1698. Marie Langlois a été enterré 7 juin 1698 à Neuville. Notre ancêtre Michel est décédé l’année suivante et il avait seulement 58 ans le 30 août 1699. Il a été enterré là le jour suivant dans le cimetière de Saint-François-D’Assise de Neuville. Sa fille Marie et son mari Innocent Larocque ont continué à travailler la ferme de Neuville.

Comme mentionné dans la préface, il y a eu 2 familles Harbour/Arbour distinctes au Québec, nous allons donnés un portrait des enfants de Michel Harbour et Marie Constantineau ainsi que leur descendance. De plus, nous toucherons les autres familles Harbour/Arbour qui ont peuplés l’Amérique du Nord.

La terre que Michel Harbour et Marie Constantineau ont déchrichée porte le numéro de cadastre 226 de la Paroisse de Sainte-Jeanne-de-Neuville dans les régistres de la MRC de Portneuf. Aujourdh’hui, cette terre qui longe la Route 138 et le bord du fleuve St-Laurent a été vendu et divisé en 10 lots comprenant les adresses suivantes :

1237 Route 138, 1240-1242 Route 138, 1241 Route 138, 1243 Route 138, 1245 Route 138, 1246 Route 138, 1247 Route 138, 1250 Route 138, 1253 Route 138.

CHAPITRE 1-A

Âgée de seulement 14 ans Marie Constantineau mettra au monde leur premier enfant qu’ils appelleront Marie qui est née le jeudi 14 juillet 1672 à Petite-Riviere Saint-Charles.
Elle est baptisée à Petite-Riviere Saint-Charles, le 15 juillet 1672, elle a 1 jour.
Sont présents : Michel Harbour le père, Charles Amador Martin, Officiant religieux, Marie Vignier, marraine et Pierre Bodin, parrain.

Le nom de la Rivière Saint-Charles

La rivière Saint-Charles que les habitants de Québec appellent aussi Petite-Rivière, vient  du Lac Saint-Charles, situé à environ quatre lieues de Québec.

‘’Les Sauvages, au rapport de Sagard, l’appelaient Cabir-Coubat, à raison, dit-il, qu’elle tourne et fait plusieurs pointes’’.

Jacques Cartier donna à la Rivière Saint-Charles le nom de Sainte-Croix, parce qu’il arriva le jour de l’Exaltation de la Sainte-Croix, le 14 septembre 1535.

Champlain avait amené les Récollets en Canada en 1615. Ils  y étaient restés quatorze ans; et pendant ce temps, ils avaient été les consolateurs spirituels de la petite colonie française et les premiers missionnaires des ‘’Sauvavages’’. On leur avait donné sur les bords de la rivière Saint-Charles une concession de terre, sur laquelle ils avaient bâti leur couvent de Notre-Damer des Anges.

Le Père Denis, commissaire des Récollets, écrivant à l’un de leurs bienfaiteurs en Europe, l’abbé Charles des Boves ou des Boues, grand vicaire de Pontoise, lui témoigna le désir qu’il avait de réunir dans le couvent un certain nombre de jeunes Sauvages pour les instruire.

Le grand vicaire répondit à son zèle l’année suivante, et lui fit tenir deux cent écus afin d’en faire les frais. Il le pria de donner le nom de Saint-Charles à ce séminaire, en l’honneur de son patron. C’est de là que la rivière Cabir-Coubat ou Sainte-Croix s’appelle rivière Saint-Charles.

Au musée de Pontoise on conserve une plaque funéraire de marbre noir qui porte l’inscription :

Hic Jacet Carolus Desbavves

Vicarius Ponthisare et Wigasini

France Obiit

111Non. Jan. 1623

Requiescat in Pace

Le bienfaiteur des Récollets ne put voir les fruits du séminaire Saint-Charles canadien puisqu’il finit ses jours le 2 janvier 1623.

Marie Harbour sera le pilier de la famille et aidera sa mère aux travaux ménagers. Â l’âge de 17 ans elle fait la rencontre d’Innocent Laroche âgé de 27 ans et convole en juste noce le 9 février 1689. Au préalable, ils auront signés un contrat de mariage le 1 février 1689 devant le Notaire Gilles Rageot de Neuville.

La famille Laroche
Innocent (Père) est né en 1636 à Montmorency, Val D’Oise, Île-de-France, France. Il se maria le 25 février 1658 dans l’Église de Saint-Martin de Montmorency, Val-d’Oise, France, avec Marguerite Quay (Quoy), né en 1640.Un fief de Laroche (il y a un moulin de ce nom en aval de la Paroisse de Saint-Martin). De leur union nait 2 fils ; Innocent et François qui sont nés àMontmorency, Val D’Oise, Île-de-France, France.

Ils sont venus au Canada avec leur premier fils Innocent en 1680.

Il fut domestique en 1681 à Portneuf, Québec  pour le Baron René Robineau de Portneuf. Il était aussi connu sous le nom de Seigneur Robineau de Bécancour, et aussi sous le nom de Sieur René Robineau de la Poterie. Il demeurait avec le Baron René Robineau de Portneuf,

Innocent Laroche et Marie Harbour aurons onze rejetons qui permettrons avec la famille de son frère François qui a marié Marie-Françoise Matte le14 février 1695 à Neuville d’établir les LAROCHE en Nouvelle-France.

Innocent Laroche et Marie Harbour – onze enfants dont quatre décédés avant l’âge de cinq ans :

0 – Marie Harbour, née à Petite-Riviere Saint-Charles le jeudi 14 juillet 1672, baptisée le lendemain au même lieu, décédée à Neuville le jeudi 31 mai 1742 et inhumé lle 1 le vendredi le 1 juin 1742 au Cimetière de Saint-François-de-Sales de Neuville à l’âge de soixante-dix ans. À dix-sept ans, elle s’est mariée le mercredi 9 février 1689 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Innocent Laroche, né le vendredi 17 novembre 1662 à Montmorency, (95160), Île-de-France, décédé le lundi 24 février 1738 à Neuville, à l’âge de soixante-seize ans, d’où :

I – Marie-Josephe Laroche, née à Neuville le dimanche 30 octobre 1689, décédée dans la même localité le mardi 29 mars 1763, à l’âge de soixante-quatorze ans. À trente-quatre ans, elle s’est mariée le lundi 8 février 1723 à Repentigny, Église de La Purification de Repentigny avec Gilles Perrin, soldat.

II – Madeleine-Ursule Laroche, née à Neuville en juin 1692, décédée L’Assomption le jeudi 21 septembre 1758, à l’âge de soixante-six ans. À vingt-deux ans, elle s’est mariée le mardi 10 avril 1714 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Louis Mornay.

III – Jean-Baptiste Laroche, né à Neuville le samedi 23 octobre 1694, décédé dans la même localité le dimanche 3 mai 1739, à l’âge de quarante-cinq ans. À vingt-sept ans, il s’est marié le lundi 17 novembre 1721 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Marie Auger, née le vendredi 16 janvier 1699 à Neuville, décédée le mercredi 23 décembre 1750 aux Ecureuils, à l’âge de cinquante et un ans. Son décès survint après dix-huit ans de mariage.

IV – Noël Laroche, né à Neuville le mercredi 16 janvier 1697, décédé à Quebec le mercredi 19 juillet 1752, à l’âge de cinquante-cinq ans. À vingt-neuf ans, il s’est marié le mercredi 3 juillet 1726 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Charlotte Gregoire, née le dimanche 24 septembre 1702 à Neuville, décédée le lundi 19 septembre 1774, à l’âge de soixante-douze ans. Son décès survint après vingt-six ans de mariage.

V – Jean-François Laroche, né à Neuville le mardi 10 novembre 1699, veille de la Saint-Martin d’hiver. À vingt-six ans, il s’est marié le vendredi 19 janvier 1725 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Marie Pelletier.

VI – Marie-Marguerite Laroche, née à Neuville le mardi 3 avril 1703. À vingt-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 11 février 1732 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Jean-Francois Fontaine.

VII – Marie-Charlotte Laroche, née à Neuville le lundi 4 février 1704, décédée à Quebec le mercredi 7 novembre 1759, à l’âge de cinquante-cinq ans. À vingt et un ans, elle s’est mariée le lundi 13 août 1725 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Charles Cauhet, soldat.

VIII – Pierre Laroche, né et baptisé le mardi 14 juin 1707 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé le lundi 14 décembre 1711et inhumée le lendemain dans la même localité, à l’âge de quatre ans.

IX – Marie-Ursule Laroche, née à Neuville le dimanche 3 novembre 1709, baptisée le lendemain en la même localité, décédée le lundi 6 octobre 1710et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

X – Michel Innocent Laroche, né à Neuville le vendredi 18 septembre 1711, baptisé le lendemain au même endroit, décédé le lundi 2 novembre 1711, jour de la fête des morts et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

XI – Etiienne Laroche. Né à Neuville le jeudi 16 février 1713, baptisé le lendemain en la même localité, décédé le mardi 17 juillet 1714et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

François Larocque et Marie-Françoise Matte  – Douze enfants dont trois décédés au berceau :
Marie-Madeleine née en 1696, Marie-Françoise née en 1700, Joseph né en 1702, Marie-Marguerite née en 1704, Jean-François né en 1706,  Louise-Marie née 1707, Marie-Jeanne née en 1709, Isabelle née en 1711, Marie-Josephte née en 1712, Michel né en 1714, Jean-Baptiste né en 1715, Marie-Thérèse née en 1717.

À l’âge de 18 ans, Marie Harbour a été admis à l’Hôtel-Dieu à Québec, pour une raison inconnue. Après leur mariage, Marie et Innocent retourne habiter à la ferme Harbour (Michel et Marie ses parents), où ils ont vécus.

Le 18 Octobre 1727, devant le notaire Laneuville, de Neuville, Marie et Innocent écrivent leur testament, laissant sa succession à son fils Noël et sa fille Marie-Charlotte. Le plus vieux de leur fils Jean-Baptiste a refusé la terre considérant qu’il était déjà établi à Québec (coutume de transmission au plus vieux garçon)

CHAPITRE 1-B

Michel Harbouret Marie Constantineau avaient pris une entente à l’effet que le nom de la première fille et du premier garçon porterait leur prénom respectif.

 

Marie vient combler le vœu le plus cher de Michel le 25 octobre 1674 en lui donnant son premier fils qu’ils appelleront Michel. Il est baptisé à Petite-Rivière-Saint-Charles la même journée.

 

Sont présents Michel Harbour le père, les Révérends Thomas Morel et Henri de Bernière. Ce dernier avait béni le mariage de ses parents. Également Jean Minet, parrain de Petite-Rivière-Saint-Charles et Anne Demer (épouse de Philippe Dulin), marraine de Petite-Rivière-Saint-Charles.

 

Il passe les 18 premières années avec la famille mais cet homme (Michel) est un aventurier comme son père Comme un jeune homme, il a quitté sa famille et décidé de faire son propre chemin dans ce monde. À l’âge de 25 ans, nous le trouvons à Mont-Louis en Gaspésie. Possédant le même caractère aventurier de son père, il laissera son empreinte sur toute la région de la Gaspésie avec une forte descendance d’hommes des bois, de marins, de pécheurs et entrepreneurs ainsi que des femmes qui se sont distinguées par leurs ténacités et la capacité d’élever de nombreuse famille.

 

Historique de Mont-Louis

Le nom de la municipalité honore le roi Louis XIV qui y concéda les premières terres de l’endroit. Dès 1697, des postes de pêche y sont construits. Mont-Louis, sous le régime français devient l’un des plus importants postes de pêche de la côte mais en 1758 lors de la conquête de la Nouvelle- France par les Anglais, le général Wolfe ordonne à ses troupes de tout saccager et de tout détruire.

Date de la constitution: 10 juin 1884

Puis, à partir des années 1950, la quête de la modernisation arrimée à l’exploitation de la mine de Murdochville auront été les principaux moteurs de l’économie locale.

Le mariage

 

Dans cette baie merveilleuse, il fera la rencontre de sa compagne Barbe Morin qui permettera d’établir dans la grande Gaspésie une descendance des Arbour des plus respectables en nombre et en notoriété.

 

En1700 le couple se marie. Plusieurs historiens mentionnent que leur présence continue à Mont-Louis laisse supposer que les cérémonies eurent lieu à cet endroit. Cette union est intéressante, car elle prouve qu’il était tout de même possible, pour les garçons célibataires venus pêcher en Gaspésie, d’y trouver une épouse à l’intérieur des familles soucieuses de s’implanter dans la région, mais aussi d’y établir leurs enfants.

 

Peu de mariages furent célébrés à Mont-Louis en 1699 et 1700, ce qui peut s’expliquer par la présence vraisemblablement intermittente d’un missionnaire sur la rive nord de la péninsule gaspésienne à l’époque et par le manque de jeunes filles célibataires en âge de se marier sur la péninsule gaspésienne.

 

Parmi les individus présents à Mont-Louis en 1700, deux couples s’y sont probablement mariés. Claude Boissel, fils de Noël Boissel, épousa en 1683 Marie-Marguerite Morin, fille de Pierre Morin. Il nous est impossible de savoir s’ils se sont mariés à Percé ou à Mont-Louis. Toutefois, ce mariage nous prouve encore une fois que, déjà à la fin du XVIIe siècle, certaines familles étaient implantées sur le territoire gaspésien, puisque les deux conjoints provenaient de familles pionnières, arrivées en Gaspésie très tôt.

 

Des six garçons célibataires présents en 1699, seulement Michel Arbour s’est marié au moment du recensement de 1700. Garçon engagé venu s’installer à Mont-Louis en 1699, il épousa Barbe Morin en 1700, aussi fille de Pierre Morin.

 

Au total, en 1700, on retrouvait 21 couples à Mont-Louis (42 adultes), dont 16 avec des enfants. De plus, l’établissement comptait 44 enfants au total et cinq garçons célibataires, ce qui totalisait 91 individus répartis dans 26 habitations. 13 familles étaient bâties sur le port, formant un petit village. Riverin privilégia l’envoi, à Mont-Louis, de gens possédant une ou des qualifications spécialisées.

 

Par exemple, en plus d’être pêcheur, Michel Arbour était taillandier, forgeron et charpentier, alors que René Baudin était aussi tailleur de pierre et maçon. Riverin y amena également quelques «scieurs de long», un boulanger et un tonnelier. Ainsi, il voulait probablement assurer l’autosuffisance de l’établissement, mais aussi en diversifier les activités économiques. En effet, à Mont-Louis, on pratiquait la pêche, l’agriculture et le jardinage, mais aussi la construction de mâtures et autres charpentes.

 

Riverin prévoyait produire assez de surplus pour faire le commerce de grains, de boeuf salé, de lard, de beurre et de suif. C’est probablement à l’intérieur même de la colonie que Riverin désirait commercer, le poste de pêche de Mont-Louis étant davantage lié au système économique de la Nouvelle-France que tourné vers la ville de Québec et Montréal.

 

Michel Harbour et Barbe Morin auront 9 enfants à savoir :

 

I – Michel Harbour, né et baptisé le samedi 14 octobre 1702 à Mont-Louis, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Québec, décédé à Saint-François-de-L’Île-d’Orléans le vendredi 20 mars 1733, inhumé le surlendemain au même endroit, à l’âge de trente et un ans. À vingt-six ans, il s’est marié le lundi 19 avril 1728 à Berthier-sur-Mer, Chaudière-Appalaches, avec Geneviève Frégeau, née le dimanche 21 mars 1706 à Montmagny, Paroisse De Saint-Thomas, décédée le mercredi 12 août 1733 à Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, Chaudière-Appalaches, à l’âge de vingt-sept ans. Leur union dura cinq ans.

II – Marie Harbour, dite Arbour, née à Neuville en 1706. À trente-cinq ans, elle s’est mariée le samedi 14 octobre 1741 à Gaspé, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Québec avec Martin Dinhargue, né le vendredi 11 novembre 1707, jour de la Saint-Martin d’hiver à Bidart, (64210), Aquitaine, France. Le contrat de mariage sera signé en 1743.

En 1743, Martin Dinhargue tiendra parole; il fera ratifier par contrat devant Abel Michon notaire le contrat initial qu’il avait consenti à son épouse. Ce contrat notarié dont je reproduis les grandes lignes se trouve aux Archives de la province de Québec, dans les minutes d’Abel Michon notaire, sous le titre Minute de Contrat de marriage de Martin Guignard et Marie Harbourt du 6 mai 1743, pièce 2745. (Par John Legarignon)

« Par devant Abel Michon notaire royal de la coste …. en la prévosté de Quebec residant en la paroisse St-Thomas soussigné et tesmoins ci bas nommé fut présent les dits Martin Guignard basque de nations du diocèse de Baione et Marie Harbourt sa femme lesquels de présent en ces lieux et ditte paroisse lesquels nous ont présenté les  … Conventions de mariage qu’ils ont fait ensemble avant de recevoir la bénédiction nuptiale qui leur a été administrée par le Révérent père ambroise Récollet missionaire des sauvages en la Coste de Gaspé lieu auquels ils ont a complie leur mariage.  Le Révérent père déservant les françois qui le trouve en ses dits lieux par voye de mission, lesquels nous requérant de ratifier les susdites conventions et icelle déposé en nostre étude pour y avoir recours (4 mots difficiles à lire) que besoin sous Icelle Convention et extrait de mariage en date du dix huit du moys d’aoust mil sept cent quarante un …. nous avons octroyé au susdit Guignard et Arbour sa ditte femme lequels Conventions et accord de mariage font que les dits Guignard et Harbour sa ditte femme se sont pris l’un et l’autre avec leurs droits telle qu’ils pourront leur appartenir et échoir tant par successions donnations que autrement pour être les susdits uns et communs en tous biens meubles et immeubles acquets et conquets présent et avenir les biens de part et d’autre entrant en la ditte communauté sont ceux du dit Guignard que ceux de la ditte Harbour voulant et consentant qu’il soit et seront consolidé l’un envers l’autre suivant les intentions qu’ils ont eu lors de la présentation des dittes conventions  .

Martin Dinhargue et Marie Harbour auront au moins deux enfants dont trace nous est laissée jusqu’aujourd’hui, soit Martin et Marie-Barbe.  Les registres nous attestent la naissance d’un Martin Guignard à Montmagny le 14 juillet 1742 et d’un autre Martin Guignard toujours à Montmagny le 3 juillet 1746, tous les deux fils des parents mentionnés.  Les registres de Berthier-en-Bas donnent Martin Dinhargue fils, époux de Marie-Françoise Audet, décédé le 26 avril 1776 à l’âge de 30 ans; ceci semblerait donc régler la question.  Mais nous savons aussi que sur le passeport de Martin Dinhargue père à Bordeaux en 1753, il déclare que son fils Martin a neuf ans ce qui le ramènerait à 1744.  Peut-être ne saurons-nous jamais l’entière vérité.

Martin fils et Marie-Françoise n’auront pas de descendants. Quant à Marie-Barbe ainsi nommée pour sa mère et sa grand-mère Morin, elle épousera notre ancêtre Johann Samuel.  En 1753 son père indique sur leur passeport qu’elle a 7 ans donc qu’elle serait née en 1746 ce qui complique évidemment les choses.  Nous n’avons pu retrouver trace de sa naissance et l’acte de son mariage en 1787 ne nous dit pas son âge. Mais laissons-là les enfants et allons voir ce qui se passe dans la vie de Martin père.

D’abord nous apprenons aux minutes d’Abel Michon, pièce 2970, que le 18 février 1746 François Chouinard  et Marguerite Huret dit Rochefort, sa femme, vendent un terrain à Martin Guignard qui signe d’une belle écriture Martin Dinhargue.

Puis, toujours aux minutes d’Abel Michon, pièce 3044, Pierre Dastous, négociant, et Angélique Côté, sa femme, vendent un autre terrain à Martin Dignard (Dinhargue), pêcheur de profession, le 17 mars 1747.

Ces deux ventes de terrain mises en lien avec une cession de marché au même Pierre Dostou quelques années plus tard nous amène à conclure que les dits terrains ont été acquis sur la seigneurerie de Port Joly même si nous n’avons vu que des résumés des actes en question.

Et cette-année-là démarre sur les chapeaux de roues une partie plus pimentée de l’histoire de Martin Dinhargue. Cette partie de son cheminement débute le 27 avril 1747 par le départ de France du navire l’Alexandre de Bordeaux sous la direction du capitaine Antoine Franche.

Laissons l’équipage nous raconter son histoire :

« Aujourd’huy Vingt Septième Juillet Mille Sept Cent Quarante Sept,

Nous soussignés capitaines officiers majors et mariniers du navire L’Alexandre de Bordeaux certifions à tous ceux qu’il appartiendra être parti de la Rivière de Bordeaux le 27 avril 1747 pour nous rendre dans la rade de La Rochelle joindre l’escadre de Monsieur de la Joncaire (Jonquière) destinée pour Québec ce que jay fais le 28 du dit et sommes partis sous escorte du dit Sieur de la Joncaire au nombre de 39 voiliers dont il y en avait neuf à dix pour les Indes et le restant pour le Canada.

Le dixième du mois de may nous avons tous appareillés de la ditte rade de La rochelle et avons toujours suivis le convoÿ jusqu’au 14è du dit au matin à 8 heures que nous eurent connoissance de 16 gros Vesseaux au vent du Nord E (Les vents étaient de la part du N.N.E. (un mot illisible) frais) Lesquels après une certaine distance reconnurent être des anglois qui avons déterminés notre Commendant de nous faire le signal d’arriver pour nous eloigner des anglois ce que fuumes dans l’instant et eumes connoissance d’un combat qui fut livré entre l’escadre de france et celle des anglois que nous observames jusqu’à 7 heures au soirque nous nous perdimes de vüe les uns et les autres ce qui me fit résoudre à faire ma routte différente pour éviter la rencontre des ennemis.

Je fis gouverner au S.E. pour aller chercher la Coste d’Espagne nen étant qu’à 16 lieues  dans les N.O. à 10 heures du même soir nous eumes connaissance de deux navires de notre flotte au vent à nour qui fesoient le même manoeuvres que nous et même route une heure après.  Nous en appercumere un troisième que nous contions être de notre flotte mais qui se trouva estre ennemis du nombre de l’escadre qui avait attaqué notre flotte. Après avoir arrivés sur nous il en a amariné deux, dans cette intervalle je fils plusieurs routtes différentes. 

 J’eu le bonheur de mechapper de luy et de gagner un endroit habitté par des pêcheurs nommés Camarignare où nous mouillames le lendemain 15 du dit environ à Neuf heures du matin et avons restés deux jours pour donner le tems aux ennemis de nous donner le passage libre, nous partimes le 17è de Camarignare pour continuer notre routte et pour suivre notre destination; pendant le cours de notre traversée avons eû un. (partie du texte manquant de notre copie)

Le Vingt trois juillet eurent connoissance du Cap de Nord à dix lieues. après nous estre un peu ralliés à terre nous appercumes l’Isle St-Paul qui me confirma les dites terres À huit heures du soir nous fimes la routte convenable pour parer l’Isle aux peaux les vents étant de la part du Sud vers les dix heures du même soir ils varièrent au SO et à minuit au O et brumes épaises à ne pouvoir distingué le beaupré de notre navire ce temps affreux ayant continué 4 jours les vents ont varié au SSO au O. et toujours brumes fort épaises

Le vingt sept du dit juillet au matin vers dix heures nous eumes une petite éclaircie d’environ une demye heure nous observons dans cette intervalle s’il y avait quelque marque ou apparence de terre dont nous n’eumes nulle connaissance nous méfiant de la variété des courants nous nous fais route toujours à 16 ou 18 lieues  de dans le SE de l’Isle d’Anticosty À midi les vents au Sud et au SSO toujours brume épaise nous fimes gouverner au ONO pour nous ralier du costé de Bonaventure ou de gaspay terre extrêmement élevée pour éviter Anticosty Les courants étoient si violents portant au N. que vers les 4h. du soir nous eumes le malheur de donner à la pointe du SE de l’isle d’anticosty sans scavoir pendant deux heures de temps que de venir sans connoissance à terre.

Dans l’intervalle nous travaillames à la sauvation du navire jusque dans le moment qu’un coup de Mer nous jete le navire en travers  et le creva et dans l’instant le navire fut comble d’eau jusqu’a fon plat bord de tribord nous voyant dans une si funeste situation et sans espoir nous sauvames des vivres que nous embarquames dans notre canot nous fumes favorisés d’une éclaircie qui nous fit appercevoir la terre environ deux lieues avec des batures de babord et de tribord qui portent une grande lieue au large nos gens embarquerent en partie pour aller à terre mettre une partie de Monde et verir cherché le Restant où nous fumes tous ensemble sur la dite isle ayant été obligés d’abandonner le navire avec précipitation pour notre sauvement.  Je n’ay qu’avoir le tems que de prendre le reste de mon équipage et me sauver à terre. fait à Anticosti le 28 juillet 1747 Signés Fraiche, Dufaux, Despars, Pre Vallet, Ricard

Après avoir examiné notre triste situation degradé sur une isle déserte sans (un mot illisible) exposé peut être à la fureur des bêtes féroces qui fourmillent à l’entour de nous et voyant nulles apparence de pouvoir sauver la moindre (un mot occulté) des débris de notre naufrage dans cette extrémité aurions (mot occulté) unne partie de l’équipage partirons (mot occulté) notre canot pour se rendre à la terre du sud et tacher de leur procurer du secours qu’en attendant le reste de l’équipage resterait sur l’isle avec la plus grande partie des vivres leur en ayant laissé environ pour deux mois de ceux que nous avions sauvées prudemment ce que nous avons fait au nombre de onze scavoir le second, un de mes officiers, le major, quatre officiers mariniers et trois matelots et moy fesant le nombre de Onze dittes personnes et ceux qui ont resté sur la ditte isle sont au nombre de dix-sept.

Aujourd’hui 29è à 6 heures du matin sommes partis de l’isle Pointe du SE de lisle de Anticosty d’un vent d’est dans un canot pour nous rendre dans la baye de gaspey à neuf lieues du même matin Les vents se sont hallés au SO qui nous auroient obligés de relacher à douze lieues dans l’ouest de la dit Isle ou nous avons restés quatre jours pour laisser passer le mauvais tems Le même jour de notre relache dans ce même lieu avons appercu la fausse quille de notre navire avec deux affuts de canon et autres debris venir à la Cotte ce qui nous a fait présumer que les courants étaient extrêmement violant.

Le deuxième aoust a six heures au soir tems calme avons entrepris de poursuivre notre route à la rame pour parvenir à nous rendre dans la partie sud Cotte de Gaspey dans la même nuit le tems fut épaissi les vents sont (mot occulté) Les vents sont venus du cotté du fond et au SSE gros frais La mer extrêmement grosse avons toujours fait gouverner au Ouest et (ce que je lis : 014 att O) après un certain chemain fait sans voir la terre nous concluere que les courants nous avaient transportés du cotté du SE ou du NO à (mot illisible)

Les vents sont renforcés et la mer extremement grosse qui nous auroient obligés d’arriver vent arrière fut en lame pour éviter que la Mer nous en comblé à 3 heures de l’après midy du 3è aoust nous eumes le bonheur d’apercevoir la terre de Gaspey ou nous arrivames dans l’ance à Basset à huit heures du soir après une cruel traversée. (texte manquant) L’ance pour nous rendre au Cap des Rosiers ce que nous fimes à deux heures après midy ou nous trouvames le Sieur Aubert officier d’un poste françois après lui avoir informé de notre triste aventure il nous a rendus tous les services qu’on peut souhaiter le même jour à neuf heures du soir il a expédié une grande chaloupe du Pays avec de vivres et 4 hommes de son poste et deux de ceux qui étaient venus avec moy scavoir un officier marinier et un matelot pour aller à Anticosty chercher les restes de mon équipage.

Le 5è du dit au matin nous sommes partis du Cap des Rosiers avec un guide et des vivres que le Sieur Aubert nous a donné pour nous rendre à Québec ou nous sommes arrivés aujourd’huy après plusieurs jours de traverse fait à Québec le 25è Aoust 1747 Signés fraiche, Dufaux, Despaigne. »

[Suivent les signatures d’officiers du greffe de l’amirauté qui attestent de la bonne foi des témoins]

 

 

III – Charles Harbour, né et baptisé le mercredi 28 mars 1708 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville.

IV – Jean-François Harbour, né et baptisé le mercredi 14 mai 1710 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé à Lapocatiere en 1778, à l’âge de soixante-huit ans. À trente-quatre ans, il s’est marié le samedi 28 novembre 1744 à Berthier-sur-Mer avec Cecile Lemieux, née le jeudi 28 décembre 1719 à Saint-Valier-de-Bellechasse décédée le samedi 22 mars 1760 à Montmagny, Paroisse Saint-Mathieu De Montmagny, à l’âge de quarante et un ans. Leur union dura seize ans.

À cinquante et un ans, et après environ un an de veuvage, une seconde fois. Il s’est marié le mardi 24 novembre 1761 à Montmagny, Paroisse Saint-Mathieu De Montmagny, Québec avec Elizabeth Renaud, née en 1732, décédée en 1807, à l’âge de soixante-quinze ans. Son décès survint après dix-sept ans de mariage.

V – Jean-Chrysostome Harbour, né et baptisé le lundi 17 octobre 1712 à Montmagny, Église de Saint-Thomas de Montmagny, décédé le lundi 25 juin 1781, lendemain de la Saint-Jean-Baptiste, à l’âge de soixante-neuf ans. À trente-sept ans, il s’est marié le lundi 17 février 1749 à Québec, Église de Notre-Dame de Québec avec Marie-Anne Dupuis, née leE 8 février 1732 à La Pocatière, y décédée le jeudi 8 avril 1762, à l’âge de trente-sept ans. Leur union dura treize ans.

DEVELOPPER

À cinquante et un ans, et après environ un an de veuvage, une seconde fois. Il s’est marié le lundi 14 février 1763 à Québec avec Marie-Xaintes Blanchet, née le lundi 12 août 1737 à L’Islet.

VI – Antoine Harbour, navigateur et Marchand, né à Montmagny en 1720. À vingt-quatre ans, il s’est marié le vendredi 27 novembre 1744 à Berthier-sur-Mer avec Marthe Lemieux, née le mercredi 2 décembre 1722 à Berthier-sur-Mer.

VII – François Arbour, né à Neuville le lundi 5 janvier 1722, décédé à Baton Rouge, Louisianne, États-Unies vers 1788. À dix-huit ans, il s’est marié le dimanche 9 octobre 1740 à La Pocatière avec Thérèse Descoteaux dit Picoron, née le lundi 3 avril 1719 à Québec.

VIII – Joseph Harbour, né à Rimouski, Bas-Saint-Laurent en 1726, décédé à Percé, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine le dimanche 25 mars 1804, inhumé le samedi 13 octobre 1804 au même endroit, à l’âge de soixante-dix-huit ans. À vingt-sept ans, il s’est marié le lundi 29 janvier 1753 L’Islet, Chaudière-Appalaches avec Louise Fortin, née le mercredi 14 février 1731 L’Islet, décédée le jeudi 28 juin 1821 à Percé, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Son décès survint après cinquante et un ans de mariage.

 

La famille Morin

 

Pierre Morin dit Boucher voit le jour vers 1634 et est originaire de Martaizé (86330), Vienne, Poitou-Charentes, France

Pierre Morin, dit Boucher Laboureur à Port-Royal, épouse en 1661, sous l’occupation anglaise, Marie Martin, native d’Acadie en 1637, fille de Pierre Martin et de Catherine Vigneau de Port-Royal, fille d’Olivier Vigneau et de Renée Courtin.

 

Ce couple aura deux enfants :
– Pierre né vers 1662 et Louis né en 1664

 

Certificat de mariage de Pierre Morin, junior

«L’an de grâce 1682, le huitième de Novembre, après publication a été faite des bans de mariage entre Pierre Morin, fils de Pierre Morin Boucher dit et de Marie Martin, sa femme, et entre Françoise Chiasson, fille de Dion Chiasson et de Jeanne Bernard, son épouse, tous deux de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Port-Royal et maintenant un habitant de Beaubassin, aucun obstacle ayant été trouvé, je soussigné Claude Mioreau, Prêtre récollet, missionnaire de ladite place, se sont mariés dans notre chapelle de Notre-Dame-du-Bon-Secours je leur ai donné la bénédiction nuptiale selon la forme prescrite par la Sainte Église en présence de M. Jacques le Neuf, Écuyer, Sieur de la Poterie et, M. Michel le Neuf, Écuyer, Sieur de La Vallière et Seigneur de Beaubassin et commandant pour le roi en Acadie, et Jean Aubin Mignaux, Jacques Blou, Pierre Mercier dit Caudebec, oncle du marié et de Pierre Morin dit Boucher, père du marié. (Signé) ‘’Claude Moireau, Récollet Missionnaire “

 

Pierre Morin est à Port-Royal, cité comme laboureur âgé de 37 ans, sa femme Marie de 35 ans, possédant 3 bêtes à cornes, 4 brebis et 1 arpent de terre en culture, au recensement de 1671.

 

Au recensement de 1680, il habite Beaubassin, une colonie fondée en 1672, il a maintenant 15 bêtes à corne, 8 moutons, 12 cochons et 30 arpents en valeur.

Au recensement de 1686, Pierre Morin, dit Boucher, est âgé de 51 ans et sa femme Marie de 44 ans. Ils possèdent 15 bêtes à cornes, 8 moutons, 12 cochons et 30 arpents de terre en valeur.

 

Son fils Pierre âgé de 24 ans, après à peine quatre ans de travail, possède 14 bêtes à cornes, 6 moutons, 8 cochons et six arpents de terre en valeur.

Le 8 novembre 1682 à Beaubassin il épouse Françoise Chiasson (1668-1734), la fille de Guyon Chiasson et Jeanne Bernard. Le couple aura 8 enfants dont Barbe Morin née en1686.

 

C’est à l’automne ou durant l’hiver 1687-1688, que ce produisit le drame attribué au deuxième fils de Pierre; Louis, né en 1664, fut soupçonné d’inconduite avec une fille “d’une famille bourgeoise”, Marie-Joseph LeNeuf.

Le gouverneur de l’Acadie, M. de Menneval, fit confisquer tous les biens de la famille au profit du père de la Demoiselle sans aucune formalité de justice. Il fait bannir les pères, mères, sœurs et même les gendres de Beaubassin et de la colonie, soit 44 personnes sur 129 de la population totale du village. Quand au fils Louis, il est envoyé en France sur le bateau La Fripone, et personne n’a entendu parler de lui et même sa famille.

Bannie de Beaubassin en ces pénibles circonstances, cette famille se réfugie au village des indiens Micmacs de Ristigouche, dans le fond de la Baie des Chaleurs, en 1688. C’est Richard Denys, sieur de Fronsac qui l’invite sur un territoire qu’il lui concède, avec une maison et des entrepôts. C’est à cet endroit que Pierre Morin, dit Boucher est décédé et inhumé vers 1690. Selon les recensements sa veuve est à Québec, le 25 septembre 1702 et décèdera le 16 septembre 1714.

Début d’une colonie

Les Vikings sont les premiers Européens à aborder sur les côtes de l’Amérique du Nord.  Plus tard, d’autres viendront chasser la baleine, pêcher la morue et explorer ce continent peuplé par les Amérindiens depuis plus de 10,000 ans.

Grâce au knorr, un navire construit pour affronter l’Atlantique Nord, des Vikings norvégiens entreprennent une lente migration, au IXe siècle, qui les conduira, via l’Islande et le Groenland, jusqu’en Amérique.  Les sagas nous racontent les récits épiques de ces voyages.

Vers l’an mille, quelques descendants des colons d’Islande et du Groenland atteignent la baie des Épaves sur la côte de Terre-Neuve.  Ils s’installent sur l’emplacement de l’actuel parc historique national de l’Anse aux Meadows.  Les vestiges de ce site archéologique constituent les seuls témoignages probants de la présence viking sur le continent nord-américains.

La Nouvelle-France est un territoire nord-américain peu exploré, peu peuplé, fortement défendu et revendiqué au nom des monarques français.  La France fait rayonner son influence par les activités d’une compagnie de traite de la fourrure, puis sous les auspices d’un gouvernement colonial créé par Louis XIV. Les Français construisent une série de forts et de villages qui cerne finalement les treize colonies anglaises.  Ils établissent également un régime foncier seigneurial, organisent l’Église catholique et jettent les bases d’un commerce mercantile florissant avec la France.

Les Français émigrent peu, à l’inverse de leurs voisins anglais, espagnols et portugais, qui colonisent abondamment leurs territoires américains.  En effet, la France craint de dépeupler son royaume et la fourrure, moteur de l’économie de la colonie, exige peu de main-d’œuvre.  Les rigueurs du climat et les guerres iroquoises rebutent aussi les candidats à l’immigration.

Sur les 33,000 Français qui tentent leur chance, environ 11,500 s’enracinent, surtout des militaires et des engagés qui décident de s’installer au pays après leur service.  Les femmes représentent à peine 12% des immigrants qui demeurent au pays.

Cette population fondatrice est à l’origine des 85,000 habitants d’origine française que compte la colonie en 1760.  Elle est aussi à la source des communautés francophones actuelles de l’Amérique du Nord.

La marine marchande française compte 750 navires en 1688 et 1800 en 1738.  Le commerce colonial s’accroît rapidement.  Puisque les marchands souhaitent obtenir davantage d’information en provenance des colonies et des intervalles plus rapprochés, ils rédigent davantage de lettres.

En l’absence d’un service postal transatlantique, les marchands conçoivent des moyens de gérer le courrier et réussissent à surmonter les contraintes saisonnières et les risques de la navigation en haute mer. Advienne que pourra, Bordeaux, Louisbourg et Québec restent en constante communication.

Le transport maritime et la pêche sont les piliers économiques d’une ville comme Louisbourg.  Cette ville est à la croisée du commerce et des communications de la région de l’Atlantique, et les navires peuvent s’y rendre 12 mois par année.  Le courrier envoyé de France à Québec peut arriver via Louisbourg à bord d’une petite goélette canadienne durant l’été et par voie terrestre en hiver.  Les courriers hivernaux ne sont pas rapides, mais ils sont fort bienvenus.  Un tel courrier quitte La Rochelle le 6 novembre 1756 et arrive à Louisbourg le 30 janvier.  Quatre jours plus tard, le 3 février, il est envoyé à Québec et y arrive en avril.  Les Québécois peuvent enfin savourer des nouvelles fraîches…vieilles de six mois!

Abraham Gradis (1699-1780) est un négociant de Bordeaux qui participe activement à l’économie transatlantique, du Canada à Louisbourg, au nord, jusqu’aux Antilles françaises.  Sa société fournit les magasins du roy au Canada.

Sans un flot continu de lettres, transportées par des navires, pour distribuer argent, avis, cadeaux et biens de commerce, Gradis n’aurait jamais pu exercer un contrôle efficace sur ses activités depuis la France. François Bigot, l’intendant de la Nouvelle-France, compte parmi ses partenaires.

Le golfe du Saint-Laurent est la voie de passage du Canada.  Durant l’été, les navires y passent à leur aller-retour de Québec. L’hiver, le grand fleuve est fermé à la navigation.  Les derniers navires à quitter Québec le font très tard en octobre.  Les premiers qui arrivent au cap Diamant y parviennent en juin ou en juillet.  Sauf exception, il n’y a pas de courrier l’hiver.

La guerre de l’Indépendance américaine (1755-1783) anéantit le premier Empire britannique, mais l’effet immédiat de cette révolution sur le Canada est l’accroissement de la population.  Le Québec, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse sont inondés de réfugiés loyaux à la Grande-Bretagne.  Le Québec est divisé en deux : le Haut Canada devient en majeure partie britannique et protestant, tandis que le Bas Canada demeure principalement français et catholique.

Déplacements

On marche beaucoup en Nouvelle-France.  Les citadins se déplacent généralement à pied et les voyages en forêt exigent de longs portages.  En dehors des villes, le réseau routier se résume, au XVIIe siècle, aux sentiers des Amérindiens et aux bouts de chemins unissant les habitations dispersées le long du fleuve.

Il faut attendre les années 1730 pour qu’une première route, le chemin du roy, joigne Québec à Montréal.  Cette route, que les autorités jugent essentielle au commerce et à l’occupation du territoire, permet d’effectuer le trajet en quatre jours au lieu de huit par voie d’eau.

Lors de la construction des routes, chaque habitant doit défricher la partie qui traverse sa terre et participer aux corvées publiques.  Plusieurs refusent, prétextant que le canot leur suffit pour se rendre au marché ou à l’église.

Les premiers chevaux seraient venus de Perche.  À la ville, ce sont surtout les charretiers et les membres de l’élite qui les utilisent.  À la campagne, les habitants s’en servent comme bêtes de trait et pour la promenade.  Ils les apprécient tellement que les autorités veulent en limiter le nombre parce qu’ils enlèvent de la nourriture aux bêtes à cornes et rendent les gens paresseux.

À compter de 1697, un messager royal transporte les dépêches royales entre Québec et Montréal, principal axe de communication de la colonie.  Pedro Dasilva, également appelé le Portugais, est le premier à occuper ce poste. Sen gendre, Jean Moran, lui succédera.

Les lettres sont souvent portées par des messagers autochtones qui ont une connaissance approfondie du pays.

Les messagers autochtones qui ont des jambes solides et des canots légers.  C’est à eux qu’on confie la transmission de toutes les nouvelles – bonnes et mauvaises, orales et écrites, légales et illégales.  Ils parcourent les principaux sentiers continentaux entre le Canada et les endroits à l’est et au sud de la colonie.

Apparence

La notion de propreté, aux XVIIet XVIIIe siècles, repose sur l’apparence, c’est-à-dire la tenue vestimentaires, les perruques et les cosmétiques.

Les plus riches font volontiers étalage de leurs nombreux vêtements. Ils changent souvent leur chemise de corps, censée absorber la sueur et nettoyer la crasse.  Ils ont recours à des parfums de toutes sortes dont ils s’aspergent le corps et qui imprègnent vêtements, perruques,  mouchoirs, dentelles et gants. Ces parfums serviraient à camoufler les odeurs fortes des corps mal lavés.

La majorité de la population ne peut cependant se procurer ni artifices ni vêtements en grand nombre : on porte longtemps le même linge. Les effluves qui s’en dégagent font partie de la palette des odeurs de l’époque. Dans ce dessin de Basi Hall, le voyageur accompagnant le capitaine Franklin, on peut remarquer qu’on se contente généralement d’épouiller et de peigner les cheveux, qui sont portés soit en forme de tresse, soit long et tombant sur les épaules.

Le climat et les fréquents déplacements amènent les immigrants à adopter des vêtements plus fonctionnels.  Dès 1660, des hommes s’habillent « à la canadienne »: aux marins, ils empruntent mitaines, bonnets et capots de laine; aux Amérindiens, mocassins, bottes et mitasses, souvent confectionnés avec des tissus et des cuirs européens.

Les femmes, à cause de leur travail plus sédentaire, conservent davantage leur vêtement français.  Fières et coquettes, elles sont à l’écoute de ce qui se passe en France.  Au XVIIIe siècle, elles délaissent les étoffes aux tons unis pour arborer les cotonnades et les toiles  aux couleurs vives qui envahissent alors le marché.

Parmi les marchandises de traite, les Amérindiens s’intéressent d’abord aux objets de parure, aux armes à feu et à la quincaillerie.  Puis, au XVIIIe siècle, les textiles dominent nettement les échanges, en particulier les draps (rouges ou bleus), les couvertures et les capots de laine, les manches  de serge et les chemises de toile écrue.

 Villes

 Les habitants vivent généralement dans les limites d’un établissement rural comprenant de 10 à 50 censives (propriétés).  Celles-ci bordent les rives du Saint-Laurent, telle une rue de village. Grâce aux messagers royaux, les nouvelles voyagent rapidement le long de la principale route coloniale, le chemin du roy.

Les premiers établissements connurent une croissance lente sous le régime français.  De nombreuses menaces –maladies, incendies, guerres, famines – prélevaient régulièrement leur tribut dans la petite population.  Pour survivre, il fallait vivres les uns près des autres. Au milieu du XVIIIe siècle, les bâtiments commerciaux, résidentiels, militaires et institutionnels étaient construits côte à côte, ce qui rendait la vie quotidienne plus facile à organiser et moins dangereuse.

Les villes sont les plaques tournantes des communications.  Les avis royaux y sont proclamés. Rumeurs et correspondances commencent et finissent à Montréal et à Québec, véritables  carrefours d’échanges.

Les villes de la Nouvelle-France concentrent les pouvoirs administratifs, militaires, économiques et religieux. Conseillers du roi, fonctionnaires, officiers militaires et de justice, marchands et membres du clergé y élisent donc domicile. Les villes sont aussi les principaux centres de distribution de biens et de services de toutes sortes.

Ces fonctions exigent une main-d’œuvre considérable. D’abord des gens de services, notamment des commis, des domestiques et des esclaves au service de l’élite, mais aussi des charretiers, des pilotes, des aubergistes, des bouchers, des boulangers, des médecins et des notaires. Ensuite, des gens de métiers, parmi lesquels dominent les artisans de la construction, du fer et du vêtement.

Ces travailleurs comptent souvent pour plus de la moitié de la population des villes.

 Distribution des terres

Le régime seigneurial est le fondement du droit de propriété.

Les représentants du roi distribuent des seigneuries aux seigneurs, qui concèdent des terres (censives) aux colons, appelés « censitaires ». Ces derniers payent une rente annuelle, le « cens ». Lors du transfert de la terre, le nouveau propriétaire doit payer une rente perpétuelle –sorte de taxe de mutation, en plus du cens et des redevances annuelles.

Seigneurs et censitaires sont liés par des droits et des devoirs, comme en Europe. Par exemple, le seigneur a le devoir de construire un moulin à farine et le censitaire celui d’y faire moudre son grain. En guise de paiement, le seigneur prélèvera la quatorzième partie de la farine moulue.

Le gouvernement de Montréal a compté jusqu’à 98 fiefs et seigneuries, depuis Berthier, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, jusqu’à Vaudreuil, sur la rivière Outaouais, et de Sorel, sur la rive sud, jusqu’àChâteauguay sur le lac Saint-Louis et au fort Saint-Jean sur la rivière Richelieu.

Trente-trois (33) seigneuries sur la rive nord : 1. Chicot et île Dupas (1672) • 2. Île Saint-Pierre (1674) • 3. Berthier (1672) • 4. D’Orvilliers (1672) • 5. Doutre (1637) • 6. Lanoraie (1672) • 7. Ramezay (1736) • 8. D’Ailleboust (1736) • 9. Lavaltrie (1672) • 10. Saint-Sulpice (1640) • 11. Île Bouchard (1672) • 12. L’Assomption (1647) • 13. Lachenaie (1670) • 14. Terrebonne (1673) • 15. Des Plaines (1731) • 16. Mille-Isles (1683) • 17. Deux-Montagnes (1717) • 18. Argenteuil (1682) • 19. Petite-Nation (1674) • 20. Pointe-à-l’Orignal (1674) • 21. Rigoud (1732) • 22. Nouvelle-Longueuil (1734) • 23. Soulanges (1702) • 24. Vaudreuil (1702) • 25. Île Perrot (1672) • 26. Île Bizard (1678) • 27. Île Jésus (1636) • 28. Îles Bourdon (1672) • 29. Île de Montréal (1640) • 30. Île Sainte-Thérèse (1672) • 31. Île Saint-Paul (1664) • 32. Île aux Hérons (1672) • 33. Îles Courcelles (1673)

Cinquante-trois (53) seigneuries sur la rive sud : 34. Beauharnois (1729) • 35. Châteauguay (1673) • 36. Iles de la Poix (1672) • 37. Sault-St-Louis (1680) • 38. La Salle (1750) • 39. La Prairie (1647) • 40.Longueil (1657, 1698) • 41. Du Tremblay (1672) • 42. Boucherville (1672) • 43. Montarville (1710) • 44. Varrennes (1672) • 45. De la Trinité (1668) • 46. La Guillaudière (1672) • 47. Saint- Blain (1686) • 48. Verchères (1672) • 49. Vitré (1672) • 50. Îles Beauregard (1674) • 51. Contrecoeur (1672) • 52. Saint-Ours (1672) • 53. Sorel (1672) • 54-55. Bourgmarie (1708) • 56. Saint-Charles (1701) • 57. Ramezay (1713) • 58. Bourchemin (1695) • 59. Saint-Denis (1694) • 60. Cabanac (1695) • 61. Cournoyer (1695) • 62. Saint-Charles-sur-Richelieu (1695) • 63. Beloeil (1694) • 64. Rouville (1694) • 65. Saint-Hyacinthe (1748) • 66. Chambly (1672) • 67. Monnoir (1708) • 68. Bleury (1733) • 69. Sabrevois (1733) • 70. De Léry (1733) • 71. Noyon (1733) • 72. Lacolle. 1733) • 73. Foucault (1733) • 74. Saint-Armand (1748) • 75. Pancalon (1734, 1749) • 76. Livaudière (1733, 1752) • 77. La Gauchetière (1733, 1744) • 78. Beaujeu (1755) • 79. Ramezay-la-Gesse (1749) • 80. La Moineaudière (1736) • 81. La Perrière (1734) • 82. Rocbert (1737) • 83. Daneau de Muy (1752) • 84. La Pécaudière (1734) • 85. Hocquart (1743) • 86. Alainville (1758)

Paroisses

De 1608 à 1764, sur ces 98 seigneuries, sont apparues quarante-deux (42) paroisses.

Vingt-quatre (24) paroisses sur la rive nord : 1. Ile-Dupas • 2. Berthier • 3. Lanoraie • 4. Lavaltrie • 5. Saint-Sulpice • 6. L’Assomption • 7. Repentigny • 8. Lachenaie • 9. Mascouche • 10. Terrebonne • 11-13. Île Jésus (Saint-François-de-Sales, Saint-Vincent-de-Paul, Sainte-Rose) • 14-23. Île de Montréal (Pointe-aux-Trembles, Rivière-des-Prairies, Longue-Pointe, Sault-au-Récollet, Saint-Laurent, Montréal, Lachine, Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, Sainte-Geneviève) • 24. Île Perrot •

Dix-huit (18) paroisses sur la rive sud : 25. Coteau-des-Cèdres • 26. Caughnawaga (Kahnawake) • 27. Châteauguay • 28. Saint-Constant • 29. La Prairie • 30. Saint-Philippe • 31. Longueuil • 32. Boucherville • 33. Varennes • 34. Verchères • 35. Contrecœur • 36. Saint-Ours • 37. Sorel • 38. Saint-Antoine • 39. Saint-Denis • 40. Saint-Charles • 41. Saint-Mathias • 42. Chambly •

Patrimoine religieux : Chacune de ces 42 paroisses avait son église et son presbytère. Il ne reste que deux (2) églises qui datent du régime français (Repentigny 1723 et Notre-Dame-de-la-Visitation du Sault-au-Récollet 1749) et aucun presbytère. Il reste aussi de nombreux œuvres d’art de cette époque dans plusieurs paroisses.

Au fil des ans, par vente ou héritage, ces seigneuries sont transmises et parfois morcelées.  L’Église et les communautés religieuses possèdent les plus vastes, dont celle de la Petite-Nation, dans la vallée de l’Outaouais, attribuée à monseigneur de Laval en 1674.

Le « terrier » est un terme ancien, employé pour désigner les documents relatifs à la propriété des terres et les cartes ou plans de répartition de ces terres. Les premiers rangs situés sur les rives du fleuve Saint-Laurent sont généralement découpés en bandes parallèles, orientées nord-ouest et sud-est. Ce paysage existe encore de nos jours.

D’autre part, on remarque des exceptions et des adaptations sur les rivières adjacentes, comme aux Trois-Rivières ou sur la rivière Beauport.  De plus, dès 1666, l’intendant Talon avait conçu le projet de grouper les habitants de Bourg-Royal, de Bourg-la-Reine et de Bourg-Talon (Charlesbourg) dans des villages en forme d’étoile pour  mieux les protéger des attaques iroquoises.

Écrire une lettre

Écrire est un geste physique.  La main qui se déplace sur la page et en lisse la surface, tempe la plume dans l’encrier maintes fois.  L’encre est mélangée et versée dans l’encrier. Le papier est poudré pour faire sécher l’encre.  Les erreurs sont effacées avec un grattoir aux rebords aiguisés. Le pli est scellé avec de la cire fondue et, pour finir, un sceau marque cette cire chaude.

Voilà, la lettre est prête à partir.

La France a le bonheur de posséder une tradition riche en échanges épistolaires et commerciaux, messagers et voyageurs assurant la circulation du courrier sur les axes routiers et fluviaux du pays. En Nouvelle-France, par contre, chemins et routes sont très rares, et il faut créer de toutes pièces les réseaux de transport et de communication.

Un service postal officiel? Rien de tel en Nouvelle-France. Pourtant, nombreuses sont les lettres qui traversent l’Atlantique ou circulent tout le long du Saint-Laurent et à travers le continent. Grâce aux efforts de correspondants et de voyageurs, tant autochtones que non autochtones, le courrier arrive à destination.

Il est possible de raconter l’histoire de la communication en Nouvelle-France à partir de divers poins de vue : les liens transatlantiques, les messagers et les parcours continentaux, et la circulation de l’information sur les rives du Saint-Laurent.  Commençons par l’abc de la correspondance.

 La justice

Au XVIIIe siècle, lorsque toutes les instances judiciaires sont mises en place, le système comprend trois domaines : la haute justice, où l’on reçoit les causes en appel; la justice de première instance, qui comprend un tribunal ecclésiastique, un tribunal de l’Amirauté et des tribunaux de juridiction royale; tout en bas de la structure, la justice seigneuriale, qui peut en appeler aux tribunaux de juridiction royale.  Les cours de juridiction royale sont les plus actives parce qu’elles sont présentes dans les principales villes de chaque partie de la Nouvelle-France – Louisbourg, l’Acadie, le Canada, la Louisiane –  et qu’elles jugent autant les causes civiles que criminelles.

Le pilori double, tel qu’utilisé en 1818 est utilisé pour exposer la personne fautive aux yeux de la population afin de porter atteinte à sa réputation.  À l’occasion, un carcan de fer comme ceux fabriqués aux forges du Saint-Maurice, sert à attacher par le cou le prisonnier. Les portes de prison datent de la même période.

Comme en Europe, la justice est exemplaire. Fouet, fer à marquer, carcan, pilori et pendaison sont autant de peines qui témoignent d’un trait de la mentalité de l’époque : la familiarité avec la violence, le sang et la mort.

La justice se veut toutefois plus égalitaire et plus accessible qu’en France.  À cet effet, on apporte sur place des changements; on ne peut plus acheter les fonctions liées à la justice, comme cela se fait en France; on interdit les avocats, accusés de provoquer des « chicanes » et de retarder les procès; on prolonge les délais habituellement accordés à certaines causes afin de tenir compte des distances et du climat et on accepte l’absence de témoins pour les mêmes raisons.

Malgré ces mesures, le rêve d’une meilleure justice ne se réalise pas pleinement. Les accusés sont privés d’un conseiller ou d’un défenseur, les mieux nantis font plus facilement appel au système judiciaire et les citadins jouissent d’un meilleur accès à la justice, la plupart des tribunaux se situant en ville.

LES NOMADES ET LES SÉDENTAIRES

«Les peuples se ressentent toujours de leur origine. Les circonstances qui ont accompagné leur naissance et servi à leur développement influent sur tout le reste de leur carrière.» (Tocqueville)

Les débuts de la Nouvelle-France sont assez erratiques. Que va-t-on faire de cette colonie? Vaut-il vraiment la peine d’y investir temps et énergie? Ne serait-ce pas préférable de s’implanter ailleurs? Comme on le voit, ce n’est pas l’euphorie en France. Plusieurs projets se succèdent, la plupart ne sont pas menés à terme ou échouent. Pourtant, ils ont laissé des marques, ils ont façonné l’imaginaire de ce pays.

Les Projets

Jacques Cartier : La route des épices et l’Eldorado. Peint par Théophile Hamel (1817-1870). Archives Nationales du Canada

À la demande de François 1er, Jacques Cartier cherche la route des Indes (pour ses épices et ses richesses). À défaut des Indes, il espère garnir les coffres royaux : lors de son troisième voyage, il emplit les cales de ses navires de diamants et d’or (du moins c’est ce qu’il croit), lesquels se révèlent du quartz et de la pyrite de fer. Et sa «Neuve France» devient objet de moquerie : ne dit-on pas «faux comme diamants du Canada»? Malgré tout, Jacques Cartier laisse un héritage : il a pris contact avec les Amérindiens, il a découvert une voie de pénétration du continent, il a ouvert la voie au commerce des fourrures.

Samuel de Champlain et Jean Talon : un empire commercial

Samuel de Champlain, qu’on a surnommé le «père de la Nouvelle-France», fait beaucoup d’efforts pour développer la colonie. Il rêve de fonder un empire commercial. Il choisit un site à l’abri des attaques anglaises, soit Québec en 1608. Il entend exploiter toutes les ressources (pêcheries, bois, mine, fourrures, agriculture) de la Nouvelle-France au profit de la mère patrie. Il établit le premier lieu permanent (l’Habitation), fait venir des colons, des artisans et les communautés religieuses. Malgré ses vingt et une traversées pour vaincre l’apathie métropolitaine, ses projets n’obtiennent guère d’appui. À sa mort, en 1635, le Canada ne compte pas plus de 150 Français. Quelque trente ans plus tard, l’intendant Jean Talon, envoyé par Louis XIV et Richelieu (entre 1665-68 et 1670-72), reprend le rêve de Champlain. Sans doute, sous son intendance, la Nouvelle-France franchit un pas important (la population atteint 3215 h.), mais elle ne devient pas l’empire économique rêvé. Pour la France, la colonie ne doit pas concurrencer la métropole, tout au plus constitue-t-elle un réservoir de matières premières.

Les missionnaires, Maisonneuve et Jeanne-Mance : une colonie religieuse

L’Arrivée des Ursulines

Au XVIe et  XVIIe siècle, les luttes religieuses divisent profondément l’Europe, à commencer par la France. Réforme et contre-réforme se succèdent, les sectes se multiplient, même si le christianisme demeure la religion dominante. Autour de ces luttes religieuses, un certain prosélytisme se développe : il faut gagner le plus de fidèles à sa cause. Le Nouveau Monde devient un terrain de prédilection pour tous les missionnaires. Les Récollets, les Jésuites et les Ursulines sont les premiers à fouler le sol canadien, pour transmettre leur foi aux Indiens. Ainsi l’illuminée Marie de l’Incarnation serait venue parce que la Vierge Marie l’aurait exigé. Elle lui aurait montré en songe «un vaste et grand pays», puis se serait adressée à elle en ces mots : «C’est le Canada que je t’ai fait voir; il faut que tu y ailles pour faire une maison à Jésus et à Marie.»

Évangéliser les Indiens, les sédentariser et créer des communautés chrétiennes, voilà les motifs qui semblent avoir poussé Maisonneuve et Jeanne Mance à fonder Montréal (1642) : on s’installe loin de Québec, sur une île, on renonce au commerce des fourrures, bref on veut créer un vrai «nouveau monde», une véritable colonie religieuse. Le peu d’empressement des Indiens à embrasser la foi chrétienne et la destruction de la huronnie mettront à mal ces idéaux. La Nouvelle-France ne deviendra pas une colonie religieuse.

Les grandes compagnies : la traite des fourrures
La plupart des projets dont on a parlé, hérités de la Métropole, ont peu de succès, entre autres parce qu’ils ne suscitent pas beaucoup d’intérêt sur le terrain même. Sauf un qui n’a pas besoin de soutien, qui s’impose de lui-même, comme on l’a vu, dès l’époque de Jacques Cartier : le commerce des fourrures. De grandes compagnies en sont les promotrices. Les Indiens fournissent l’expertise et la main-d’œuvre; les coureurs de bois assurent le lien entre les compagnies et les Indiens. Ainsi, on peut glaner les pelleteries du Canada vers les tanneries européennes, comme l’exige la mode grandissante du port des chapeaux (Qui dit chapeau dit feutre, dit peau de castor). Jusqu’en 1665, la Nouvelle-France n’est tout au plus qu’un comptoir commercial administré par des grandes compagnies. Durant tout le régime français et même au-delà, la traite des fourrures demeure l’activité économique la plus importante. En 1700, un Canadien sur deux participe ou a déjà participé à cette activité.

Le régime seigneurial : un mode de peuplement qui favorise le rang
Pendant que les coureurs de bois sillonnent de vastes contrées, le territoire se développe. Comment se réalise ce développement?  Plutôt que de se regrouper autour de Montréal ou de Québec, la population a tendance à se disperser sur le territoire : les villes et même les villages tardent à apparaître.  Sous le régime français, une bonne partie du Québec, surtout la plaine du Saint-Laurent, est découpée en seigneuries. Celles-ci sont attribuées à un seigneur, lequel est chargé de recruter des colons (des censitaires) qui cultiveront des lopins de terre. Comme chaque habitant désire avoir accès au fleuve, la seigneurie est découpée en bandes longues et étroites. Quand toutes les terres bordant le fleuve sont occupées, on trace un second rang. On ne peut habiter une seigneurie sans cultiver une terre. Voilà qui laisse bien peu de place à l’apparition de villages (en 1760, le Québec ne compte qu’une vingtaine de villages). Le rang devient le point de rassemblement des Canadiens sous le régime français.

·         LES IDÉOLOGIES

Comment tous ces projets ont-ils influencé les Canadiens? Quelles marques ont-ils laissées sur leur mentalité? En d’autres mots, quelles furent les idéologies dominantes à l’époque de la Nouvelle-France?

Les Français qui sont venus s’établir au Canada ont apporté avec eux leur savoir-faire, leurs traditions, leur organisation sociale, pour tout dire un mode de vie. Sur place, ils ont dû s’adapter au climat, aux grands espaces, au manque de ressources; ils ont subi l’influence des Amérindiens, ont adopté certaines de leurs coutumes. Ils ont pris possession du territoire, ils l’ont aménagé. Lentement, ils se sont transformés, ils sont devenus des Canadiens.

Comme on l’a vu, c’est la traite des fourrures et le mode de peuplement imposé par le régime seigneurial qui semblent avoir le plus fortement imprégné leur mentalité.

«Sa petite population étant disséminée sur un territoire immense, partagée entre la culture du sol et l’exploitation de la fourrure, la Nouvelle-France s’est scindée entre la vallée du Saint-Laurent et l’hinterland [le territoire des coureurs de bois] aux limites de plus en plus lointaines. Deux structures, deux mentalités en ont découlé. L’enracinement et la mobilité ont marqué la culture de traits antinomiques.» (DUMONT, p. 324)

Le coureur des bois : l’idéologie des nomades
S’il est une activité qui semble avoir galvanisé l’esprit de nos ancêtres, c’est la traite des fourrures. Elle a influencé en profondeur la mentalité des premiers habitants, en raison du mode de vie qui y est rattachée. Vivre avec les Indiens, comme les Indiens, près de la nature, mener une vie aventureuse faite de débrouillardise, parcourir d’immenses territoires loin des cadres rigides qui régentent la vie sociale, être son propre maître (ce qui n’était pas si fréquent à l’époque), voilà ce qui semble avoir enthousiasmé nos ancêtres. Le naturaliste finlandais, Pehr Kalm, qui visite le Canada en 1749, décrit ainsi les Canadiens :

«Chose curieuse! Tandis que beaucoup de nations imitent les coutumes françaises, je remarque qu’ici, ce sont les Français qui, à maints égards, suivent les coutumes des Indiens, avec lesquels ils ont des rapports journaliers. Ils fument, dans des pipes indiennes, un tabac préparé à l’indienne et portent jarretières et ceintures comme les Indiens. Sur le sentier de guerre, ils imitent la circonspection des Indiens; de plus, ils leur empruntent leurs canots d’écorce et les conduisent à l’indienne; ils s’enveloppent les pieds avec des morceaux d’étoffes carrés au lieu de bas et ont adopté beaucoup d’autres façons indiennes.» (Pehr KALM)

Les coureurs de bois ont tellement aimé ce continent qu’ils l’ont parcouru en tout sens, de la Baie d’Hudson jusqu’en Louisiane, des Grands Lacs jusqu’aux Rocheuses. On aura beau les condamner, dénoncer leur vie de débauche, aucun pouvoir ne semble assez fort pour les forcer à renoncer à leur liberté. Il semble que cet état d’esprit (réticence sinon refus d’être assujetti à quelque pouvoir que ce soit) se soit répandu dans l’ensemble de la population. Denis Monière y voit même le trait dominant de la mentalité canadienne sous le régime français :

«En raison des conditions matérielles de vie : faible densité de la population, éloignement, coureurs des bois, contacts avec le mode de vie des Amérindiens, rapports étroits avec la nature, nécessité de l’adaptation et de l’innovation, ce qui caractérise surtout la mentalité et le système de valeurs des habitants de la Nouvelle-France, c’est l’individualisme, l’esprit d’indépendance et d’insubordination.» (MONIÈRE, p. 74-75)

On trouve, dans les écrits de l’époque, de multiples traces de ce comportement. Tous les pouvoirs (religieux, militaire, civil) se plaignent de l’insubordination des Canadiens. Les curés ont du mal à collecter la dîme, les militaires n’arrivent pas à leur enseigner l’art militaire (à l’instar des Indiens, ils pratiquent la guérilla plutôt que la bataille rangée), les pouvoirs civils doivent courir après les impôts, rappeler sans cesse l’obligation des corvées, les forcer à prendre épouse, à demeurer sur les terres qu’on leur a concédées. «Ils font de mauvais valets, c’est qu’ils ont le cœur trop haut.» (CHARLEVOIX)


Ce tableau («Descente des rapides») a été réalisé par France Anne Hopkins (1838-1919) en 1879. Elle était l’épouse d’un employé de la compagnie de la Baie d’Hudson. Elle l’accompagnait dans ses voyages aux pays d’en-haut. Les voyageurs, sur leur rabaska chargé d’objets à troquer avec les Amérindiens, partaient de Lachine, remontaient l’Outaouais, bifurquaient vers les Grands lacs et naviguaient jusqu’à Grand Portage, à l’extrémité ouest du Lac Supérieur. Au retour, ils ramenaient à Montréal les fourrures que d’autres voyageurs, plus au nord, avaient apportées à Grand-Portage. Léo-Paul Desrosiers, dans Les Engagés du Grand Portage (1938), a bien reconstitué leurs aventures.

L’habitant : l’idéologie des sédentaires
L’autre grande influence, active sous les régimes français et anglais, a trait au mode de peuplement du territoire. Au temps du régime français, des seigneuries se succèdent de Montréal à Pointe-au-Père sur la rive sud et jusqu’à La Malbaie sur la rive nord. Le Québec est un rang interminable. Il n’y a à peu près pas de village. Les gens d’un même rang, souvent liés par des liens de parenté, finissent par former des petites communautés.

«… en Nouvelle-France, se dessine très tôt un mode d’occupation du sol qui repose avant tout non pas sur une institution capable de lui donner une grande ampleur, mais sur une base étroitement localisée. Ce n’est pas la seigneurie, mais le rang qui est la structure fondamentale. Bandes allongées et orientées parallèlement au fleuve, le rang encourage les relations de parenté et de voisinage qui, en deçà des organisations plus officielles, confèrent au milieu rural son ancrage et son allure. » (DUMONT, p. 71)

La famille est au cœur de l’organisation sociale de ces petites communautés. Les familles sont nombreuses, tous les membres travaillent d’arrache-pied sur la terre afin de faire «fructifier» le patrimoine qu’on transmettra aux descendants. En dehors de la parenté, point de salut pourrait-on dire. Afin de maintenir une cohésion sociale forte, ces petites communautés se donnent des règles rigides, qui peuvent devenir étouffantes. Il faut faire honneur à la famille, ne jamais poser un geste qui puisse lui porter ombrage.

«Tout concourt à faire du réseau familial l’assise du milieu rural et, pour longtemps, celle de la société à venir. La famille est le principal artisan de la socialisation, de la formation des attitudes et des ambitions. Elle commande au premier chef la division du travail, la répartition des statuts et des rôles. Tout cela est ordonné selon la priorité du patrimoine, selon sa transmission. Placer les enfants, tel est le suprême enjeu dans un cercle aussi étroit.» (DUMONT, p. 72-73)

Conclusion

Si le commerce des fourrures nous a légué le coureur de bois et sa mentalité de nomade, le peuplement du territoire a créé l’habitant, le sédentaire qui vit dans de petites communautés, «tricotées serrées», fermées à toutes influences extérieures. Bref, d’un côté l’aventure, de l’autre le repli dans le giron familial; d’un côté le refus des contraintes, de l’autre la solidarité communautaire; d’un côté parcourir tous les espaces, de l’autre se perpétuer dans le temps. D’un côté le nomade, de l’autre le sédentaire (Auteur : Jean-Louis Lessard).

L’Agriculture

Bref historique de la pratique de l’agriculture quelques années après la conquête.

Auteur :Sylvain Beaudoin

Aujourd’hui, le Québec est une province où l’agriculture est forte bien développée. Les vallées du Saint-Laurent et du Richelieu sont constituées de vastes terres arables d’une très grande qualité pour l’agriculture.

Mais l’agriculture du Québec n’a pas toujours été aussi florissante. Il a fallu beaucoup d’efforts et quelques famines pour qu’on organise une exploitation efficace des terres.

Ainsi, au 18e siècle, les techniques utilisées au pays étaient très rudimentaires. Pour labourer, on n’avait qu’une charrue à un soc. Elle ne labourait pas assez profondément pour déraciner les mauvaises herbes. Au lieu de mourir et de servir d’engrais, les racines repoussaient avec plus de force l’année suivante, étouffant les nouvelles cultures.

D’année en année, le cultivateur semait les mêmes variétés de graines aux mêmes endroits. En peu de temps, la terre s’épuisait et il fallait cesser la culture durant quelques années pour lui permettre de s’améliorer.

L’agriculteur du 18e siècle commençait à travailler sur sa terre dès la fin d’avril en refaisant les clôtures, en nettoyant les fossés… Au début de mai, c’était le temps des semences. Une fois les graines devenues de lourds épis mûrs de blé ou de lin, on les coupait à la faux. Les récoltes duraient de 5 à 6 semaines, jusqu’à l’automne.

Puis, le fermier labourait sa terre avant la première neige. Pendant les premiers mois de l’hiver, il partageait sont temps entre la coupe de bois et le battage des grains pour en extraire le froment. Et on recommençait le cycle.

Les principales cultures étaient le chanvre, le lin, le blé et l’avoine. Avec le lin, on se faisait des vêtements résistants. Avec la fibre de chanvre, on fabriquait des cordes très résistantes. L’avoine servait à nourrir les animaux et le blé, à faire du pain.

Sans fumier, sans variation de type de culture, les sols s’appauvrissaient rapidement et les récoltes étaient de plus en plus petites. En même temps, l’Angleterre achetait de plus en plus de blé du Québec. Aussi, le blé est devenu si cher que la plupart des gens du Canada était trop pauvres pour en acheter.

En 1779, on a donc interdit la vente de céréales en dehors du Québec. Et cela, même si plus de 80% des gens habitaient sur des fermes. Les fermiers auraient pu agrandir la surface cultivée de leurs terres. En effet, seule une petite partie de leurs terres était cultivée ; le reste était en bois.

On pense que beaucoup de fermiers aimaient mieux chasser et pêcher que cultiver des céréales. Pour eux, c’était plus facile que de défricher un nouveau morceau de terre. Et puis, ils n’avaient pas besoin de gagner beaucoup d’argent puisque tout ce que la famille consommait était produit ou fabriqué sur la ferme.

À la fin du 18e siècle, on a commencé à utiliser les fumiers comme engrais. Avant, le fumier était simplement jeté dans les cours d’eau. Au début, il n’y avait que le fumier de cheval que l’on répandait dans les champs. L’utilisation de fumiers s’est imposée lentement. Environ 100 ans plus tard, les progrès de la science ont permis aux cultivateurs d’utiliser les engrais chimiques.

En 1789, on a créé la Société d’agriculture. Celle-ci encourageait les fermiers à essayer d’autres manières de cultiver et de fertiliser la terre et faisait connaître les nouvelles machineries agricoles. Elle conseillait aux agriculteurs de cultiver de nouvelles sortes de céréales. Enfin, elle expliquait comment faire l’élevage d’animaux en choisissant les meilleures races. C’était le début de l’agriculture moderne.

CHAPITRE 1-C

Maintenant âgée de 19 ans Marie Constantineau met au monde le 9 février 1677 Marie-Ursule Harbour qui sera baptisé le 10 février 1677 à L’Ancienne-Lorette, elle a 1 jour. Son présents : Michel Harbour son père, Jean Gauvin le parrain, Madeleine-Ursule Turbard la marraine et Révérend François Vaillant, Prêtre.

Nous avons retrouvé dans les registres de l’Hôpital Hôtel-Dieu de Québec quelle avait été admise a deux reprises soient le 17 juin 1696 et le 1 juillet 1696.

Marie-Madeleine Ursule rencontre à l’âge de 19 ans un dénommé Pierre Pelletier et le 20 novembre 1696 en l’Église Saint-François-de-Sales de Neuville ils échangent leurs vœux de mariage. Le 19 novembre 1696, il passe un contrat de mariage devant le Notaire Gilles Roger.

La Famille Pelletier

Pierre Peltier (père) voit le jour le jeudi 24 août 1634 à Saint-Martin-de-Fraigneau, Vendée, Pays-de-La-Loire, France. Il s’unit avec Françoise Trochet dite Richard (1641-1706) le jeudi 10 décembre 1671 à Québec. Il passe un contrat de mariage devant le Notaire Romain Becquet. Françoise est une fille du Roy, originaire de Saint-Aignan, Loire-et-Cher, Centre, France. Elle était la veuve de François Matoret, Maître tonnelier du même endroit.

Histoire de Pierre Peltier et Françoise Trochet dite Richard
Dès son arrivé en Nouvelle-France, il s’installa sur une concession de terre de deux arpents de front par quarante de profondeur de la Seigneurie de Pointe-aux-trembles (aujourd’hui Neuville) qui appartenait alors à Jean Bourdon.

Parmi les parents et amis à la noce se trouvaient Anne Gasnier la veuve de Jean Bourdon qui s’occupait d’héberger les filles du Roi qui arrivaient de France. Il y avait aussi Marie-Anne de Saussaye et le Sieur Michel du Parquet et évidemment les deux témoins attitrés du notaire Becquet, Claude la Serre et Martin Bouffard.

L’épouse Françoise Trochet dit Richard possédait trois cent cinquante livres tournoi soit cinquante qu’elle avait reçue du Roi de France en tant que fille du Roi et trois cent qu’elle avait probablement reçues en héritage après le décès de son premier mari François Matoret en Picardie.

Donc pour l’époque Pierre Pelletier mariait une femme quasiment riche d’où peut-être provient le second nom de celle-ci “dite Richard”. C’est ainsi grâce à cet argent que Pierre obtint sa concession de terre à la Seigneurie de Dombourg (Neuville).

En effet, selon la Coutume de Paris qui était le seul code légal en vigueur dans la colonie, les conjoints vivaient en régime de communauté de biens. Cette communauté, premièrement, les rendaient solidairement passibles des dettes contractées par l’un ou l’autre avant et après la bénédiction nuptiale.

En second lieu, elle mettait en commun leurs “biens meubles et conquêts immeubles”. Par “biens meubles” il faut entendre des articles tels du mobilier, du linge, des ustensiles, des obligations etc, par “conquêts immeubles”, des immeubles acquis à titre onéreux, c’est à dire par achat ou dans l’exercice d’une profession ou d’un métier. Les biens de famille, que la Coutume désignait sous le nom de “propres” comprenaient les immeubles échus au mari ou à la femme par succession en ligne directe ou collatérale ou par donation en ligne directe.

Ce couple aura deux enfants : Pierre Pelletier né le 3 août 1673 et Noël Pelletier né le  5 décembre 1675.

La famille

Notre Pierre Pelletier né le 3 août 1673, marié à Marie-Madeleine Ursule Harbour auront douze enfants soient :

I – Ursule Pelletier, née et baptisée le dimanche 30 novembre 1698 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À trente-cinq ans, elle s’est mariée le mercredi 7 janvier 1733 L’Assomption, Église de l’Assomption avec Louis Lemaire, né vers 1691, décédé le mercredi 9 avril 1760 à Verchères, Montérégie, Québec.

II – Marie-Madeleine Pelletier, née à Neuville le dimanche 2 mai 1700, baptisée le lendemain en la même localité, décédée L’Assomption en 1775, à l’âge de soixante-quinze ans. À vingt et un ans, elle s’est mariée le lundi 7 juillet 1721 à Saint-Ours, Montérégie, Québec avec Raymond Chagnon. Elle en a eu Marie Chagnon qui suit.

1°  – Marie Chagnon, née L’Assomption le vendredi 24 mars 1730, décédée dans la même localité le lundi 25 septembre 1786, à l’âge de cinquante-six ans. À vingt-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 15 janvier 1759 L’Assomption avec Charles Lafond, né le dimanche 12 novembre 1719, lendemain de la Saint-Martin d’hiver à Montréal, décédé le lundi 25 septembre 1786 à Repentigny, à l’âge de soixante-sept ans. Leur union dura vingt-sept ans.

III – Pierre Pelletier. Né et baptisé le lundi 28 novembre 1701 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé le jeudi 1er décembre 1701et inhumée le jour même dans la même localité, dans sa première année.

IV – Marie Pelletier, née et baptisée le mardi 17 avril 1703 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À vingt-deux ans, elle s’est mariée le vendredi 4 mai 1725 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Pierre Girard, né en 1700 à La Rochelle, (17000), Poitou-Charentes, décédé en 1725, à l’âge de vingt-cinq ans. Elle en a eu Marie Girard qui suit.

1°  – Marie Girard, née à Neuville le vendredi 22 février 1726, décédée à Verchères le mercredi 26 septembre 1770, à l’âge de quarante-quatre ans.

V – Pierre-Jean Pelletier, né et baptisé le samedi 25 juillet 1705 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé à Repentigny le lundi 25 mai 1795, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. À trente-trois ans, il s’est marié le lundi 16 juin 1738 à Lachine avec Madeleine Lecours, née en 1721, décédée le samedi 23 mai 1795 à Repentigny, à l’âge de soixante-quatorze ans. Leur union dura cinquante-sept ans. De celle-ci naquirent Pierre, Marie-Marguerite, Charles, Michel, Joseph, Marie, François, Marie, Marie, Joseph, Marie-Charles, Marie-Charlotte et Antoine qui suivent.

1°  – Pierre Pelletier, né et baptisé le samedi 29 août 1739 à Lachenaie, Église de Lachenaie. À quarante-six ans, il s’est marié le vendredi 29 juillet 1785 à Lachenaie, Église de Lachenaie avec Marie-Angélique Galarneau.

2°  – Marie-Marguerite Pelletier, née et baptisée le vendredi 26 août 1740 à Lachenaie, Église de Lachenaie.

3°  – Charles Pelletier, né L’Assomption le samedi 5 mai 1742.

4°  – Michel Pelletier, né L’Assomption le dimanche 4 octobre 1744, décédé dans la même localité le mercredi 7 octobre 1744, dans sa première année.

5°  – Joseph Pelletier, né L’Assomption le mardi 19 octobre 1745, décédé dans la même localité le jeudi 4 mai 1747, à l’âge de deux ans.

6°  – Marie Pelletier, née L’Assomption le jeudi 23 février 1747, décédée à Lachenaie le mardi 15 juillet 1749, à l’âge de deux ans.

7°  – François Pelletier, né L’Assomption le dimanche 11 août 1748, décédé dans la même localité le samedi 17 août 1748, dans sa première année.

8°  – Marie Pelletier, née et baptisée le mardi 15 juillet 1749 à Lachenaie.

9°  – Marie Pelletier, née L’Assomption le lundi 13 juillet 1750, décédée dans la même localité le mardi 8 février 1752, à l’âge de deux ans.

10°  – Joseph Pelletier, né L’Assomption le mercredi 24 mai 1752, décédé dans la même localité le dimanche 4 mars 1753, dans sa première année.

11°  – Marie-Charles Pelletier, née à Lachenaie le lundi 17 septembre 1753, décédée L’Assomption le samedi 22 mai 1779, à l’âge de vingt-six ans.

12°  – Marie-Charlotte Pelletier, née et baptisée le lundi 17 septembre 1753 à Lachenaie.

13°  – Antoine Pelletier, né à L’Assomption le jeudi 23 octobre 1755, baptisé le lendemain au même endroit, décédé dans la même localité le mercredi 5 novembre 1755, dans sa première année.

VI – Jean-Baptiste Pelletier, né et baptisé le vendredi 30 septembre 1707, lendemain de la Saint-Michel à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé L’Assomption en 1776, à l’âge de soixante-neuf ans. À vingt-sept ans, il s’est marié le lundi 1er mars 1734 à Saint-Sulpice avec Marie-Charlotte Chevigny-Durand, née en 1705 à Québec, décédée le samedi 12 octobre 1776 à L’Assomption, à l’âge de soixante et onze ans. Leur union dura quarante-deux ans. De celle-ci naquirent Jean-Baptiste, Marie, Angelique, Joseph, Louis, Marie, Marie, Marie, Marie, Dominique et François qui suivent.

1°  – Jean-Baptiste Pelletier, né à L’Assomption le samedi 11 décembre 1734, décédé dans la même localité le dimanche 27 novembre 1796, à l’âge de soixante-deux ans. À vingt-deux ans, il s’est marié le lundi 26 janvier 1756 avec Josephte Laperche.

2°  – Marie Pelletier, né à Saint-Sulpice le vendredi 16 mars 1736, décédé dans la même localité le vendredi 23 mars 1736, dans sa première année.

3°  – Angelique Pelletier, née à Saint-Sulpice le jeudi 9 mai 1737, décédée L’Assomption le jeudi 5 août 1779, inhumée le surlendemain au même endroit, à l’âge de quarante-deux ans. À dix-huit ans, elle s’est mariée le lundi 18 août 1755 L’Assomption avec Dominique Arbour, né en 1727 à Saint-Pierre-du-Nord, Île Saint-Jean, Île-du-Prince-Édouard, décédé le jeudi 2 octobre 1794 à L’Assomption, à l’âge de soixante-sept ans. Son décès survint après vingt-quatre ans de mariage.

4°  – Joseph Pelletier, né et baptisé le samedi 8 octobre 1740 à L’Assomption, Église de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, décédé à L’Assomption en 1810, à l’âge de soixante-dix ans. À trente et un ans, il s’est marié le lundi 21 janvier 1771 à Berthier, Lanaudière, Québec, Église de Berthier avec Marie-Angélique Piette. Joseph s’est marié une seconde fois avec Marie-Josephte Rivest..

5°  – Louis Pelletier, né à L’Assomption le samedi 25 août 1742, décédé dans la même localité le vendredi 12 juillet 1743, dans sa première année.

6°  – Marie Pelletier, né à L’Assomptionle dimanche 27 décembre 1744.

7°  – Marie Pelletier, née à L’Assomption le vendredi 22 septembre 1747, décédée à Lachenaie le lundi 5 juin 1769, à l’âge de vingt-deux ans.

8°  – Marie Pelletier, née à L’Assomption le samedi 4 avril 1750, décédée dans la même localité le mardi 21 avril 1750, dans sa première année.

9°  – Marie Pelletier, née à L’Assomption le jeudi 6 juillet 1752, décédée dans la même localité le vendredi 21 juillet 1752, dans sa première année.

10°  – Dominique Pelletier, né à L’Assomption le samedi 15 février 1755, décédé dans la même localité le lundi 26 avril 1756, dans sa première année.

11°  – François Pelletier, né et baptisé le lundi 27 janvier 1766 à L’Assomption, marié avec Marguerite Gariepy.

VII – Etienne Pelletier, né à Neuville le lundi 25 février 1709, baptisé à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À vingt-deux ans, il s’est marié le mercredi 4 avril 1731 à Verchères avec Marie Pépin, née le vendredi 20 juin 1710 à Boucherville, Montérégie, Québec, décédée en 1763, à l’âge de cinquante-trois ans. Il eut de celle-ci Marie, Etienne, Marguerite, Marie et Marie qui suivent.

1°  – Marie Pelletier, née à Verchères le mercredi 2 avril 1732, décédée en 1808, à l’âge de soixante-seize ans.

2°  – Etienne Pelletier, né à Verchères le dimanche 15 novembre 1739. À vingt-neuf ans, il s’est marié le lundi 1er août 1768 à L’Assomption avec Marguerite Landry, née en 1727 à Grand-Pré, Nouvelle-Écosse, Canada.

3°  – Marguerite Pelletier, née à Verchères le dimanche 3 mars 1743, décédée L’Assomption le mercredi 23 juillet 1783, à l’âge de quarante ans.

4°  – Marie Pelletier, née à Verchères le lundi 26 août 1748.

5°  – Marie Pelletier, née à Verchères le mercredi 17 juin 1750, décédée à Saint-Roch-de-L’Achigan le jeudi 1er août 1822, à l’âge de soixante-douze ans.

VIII – Augustin Pelletier, né et baptisé le dimanche 14 décembre 1710 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé à L’Assomption le mardi 28 février 1741, à l’âge de trente et un ans. À vingt-quatre ans, il s’est marié le lundi 8 février 1734 à L’Assomption avec Marie-Geneviève Montambert, née le mardi 27 août 1715 à Charlesbourg, décédée le mercredi 3 mars 1784 L’Assomption, à l’âge de soixante-neuf ans. Son décès survint après sept ans de mariage. Ils ont eu Pierre qui suit.

1°  – Pierre Pelletier, marié le lundi 29 février 1740 à Lanoraie avec Marie Charron. Pierre s’est marié une seconde fois le lundi 15 mai 1752 à Contrecœur, Montérégie, Québec avec Geneviève Jodouin.

IX – Joseph Pelletier, né à Neuville le samedi 11 mai 1715, baptisé à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé à L’Assomption le vendredi 1er janvier 1751, premier jour de l’année, à l’âge de trente-six ans. À vingt-deux ans, il s’est marié le samedi 30 novembre 1737 à Verchères avec Marie Hayet. À trente-trois ans, Joseph s’est marié une seconde fois le lundi 27 mai 1748 à Saint-Sulpice avec Marie Mousseau.

X – Marie Pelletier, née et baptisée le dimanche 17 octobre 1717 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville.

XI – Anonyme Pelletier, née et décédée à Neuville le mercredi 30 novembre 1718.

XII – Francois-de-Sales Pelletier, né et baptisé le jeudi 24 octobre 1720 à Neuville,  Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé à Lavaltrie le dimanche 26 juillet 1795, à l’âge de soixante-quinze ans. À vingt et un ans, il s’est marié le lundi 3 juillet 1741 à Saint-Sulpice avec Louise-Angélique Chausse, née le vendredi 20 août 1723 à Saint-Sulpice. Il eut de celle-ci Charles, François, Jean-Baptiste, Maurice, Marie-Cécile, Marie-Joseph, Pierre-Sulpice et Laurent-Sulpice qui suivent.

À quarante-trois ans, Francois-de-Sales s’est marié une seconde fois le lundi 4 juillet 1763 à Saint-Sulpice avec Louise Colin.

1°  – Charles Pelletier, marié le mercredi 19 août 1789 à Lachenaie avec Marie Hetu.

2°  – François Pelletier, né à L’Assomption le vendredi 8 mai 1744. À vingt et un ans, il s’est marié le lundi 15 avril 1765 à Repentigny avec Thérèse Payet, née le dimanche 15 octobre 1747 L’Assomption.

3°  – Jean-Baptiste Pelletier, marié le lundi 19 février 1770 à Saint-Sulpice avec Agathe Le Siège.

4°  – Maurice Pelletier, marié avec Catherine Daunet.

5°  – Marie-Cécile Pelletier, née et baptisée le lundi 16 juillet 1753 à Lavaltrie, Église de Lavaltrie.

6°  – Marie-Joseph Pelletier, née et baptisée le lundi 8 mars 1756 à Lavaltrie, Église de Lavaltrie.

7°  – Pierre-Sulpice Pelletier, né et baptisé le jeudi 7 juillet 1757 à Lavaltrie, Église de Lavaltrie. À trente-six ans, il s’est marié le jeudi 14 février 1793 à Lachenaie avec Marguerite Cochu.

8°  – Laurent-Sulpice Pelletier, né et baptisé le lundi 21 janvier 1760 à Lavaltrie. À vingt-neuf ans, il s’est marié le mardi 10 février 1789 à Lavaltrie avec Marie Perreault.

La grande famille des Pelletier au Québec

Le patronyme Pelletier réfère à celui qui fabrique ou vend des peaux, des fourrures (pelleterie).

Au Québec, en 1800, le patronyme Pelletier arrive au 9e rang avec 1763 fréquences. Aujourd’hui, les Pelletier se classent au 12e rang des familles les plus nombreuses du Québec avec 32 900 individus, soit presque deux fois plus qu’en France. Là-bas, les Pelletier et les Peltier se concentrent surtout dans les départements de l’Eure-et-Loir, de la Saône-et-Loire et du Loiret. En Nouvelle-Angleterre, les Pelletier se déclineront en plusieurs variantes dont Pelkey, Petier, Pelliter, et même Dube.

Dix-neuf migrants introduisent le nom Pelletier en Nouvelle-France. Les principaux sont :

  • Guillaume Pelletier de Bresolettes dans le Perche, venu au pays avec sa famille en 1641.
  • Nicolas Pelletier charpentier de Gallardon dans le département de l’Eure-et-Loir, marié avec Jeanne Voisy vers 1636 a émigré au Canada avec sa famille en 1636.
  • Pierre Pelletier de Saint-Martin-de-Fraigneau en Vendée, marié avec Françoise Trochet à Québec en 1671.
  • Louis Pelletier dit Sansoucy, né en 1714 dans la ville de Poitier, marié avec Marie-Josephe Cécire à Lachine en 1742.

Préambule géographique.

Le ruisseau, ainsi que le rang du Point-du-Jour-Sud, se trouvent immédiatement à l’est de la ville de L’Assomption, sur la rive nord du Saint-Laurent. Cet endroit, de la paroisse de Saint-Pierre du Portage, faisait autrefois partie de la seigneurie de Saint-Sulpice.
Il était une fois au Point-du-Jour…

Il y a longtemps, par un samedi de l’an 1774, le 25 juin avant midi, le notaire Daguilhe s’est rendu en la maison de pierre de Charlotte Chavigny dite Durand et de Jean-Baptiste Pelletier afin de prendre en note et faire lecture d’un accord de famille.

Un accord qui déclarait officiellement que le partage convenu en 1770 du bien paternel entre quatre héritiers ; Jean-Baptiste Pelletier fils, François Pelletier, Joseph Pelletier et Angélique Pelletier « autorisée à l’effet des présentes » par son époux Dominique Irebour, avait changé de teneur.

En effet, le fils, Jean-Baptiste Pelletier, en échange d’une terre sise sur la rivière de l’Achigan, renonçait à la terre, et à la maison de pierre, situées sur le ruisseau du Point-du-Jour.

Au fil des années et au fil des actes notariés qui suivront, ces héritiers ont vendu leur part et c’est en 1789, le 26 septembre, que le passage des Pelletier sur la terre du Point-du-Jour était définitivement devenu chose du passé.
Définitivement ? Non !

Il n’y a pas si longtemps, par un agréable lundi de l’an 2002, le 16 septembre après midi, deux descendants de ces Pelletier sont revenus sur les lieux de leur origine pour visiter la terre située au 101, Point-du-Jour-Sud à l’Assomption.

Les portes se sont ouvertes avec l’aide précieuse de monsieur Marcel Blanchard et de la Société d’histoire de l’Assomption permettant ainsi à Jean-Denis Pelletier et moi, Pascal Pelletier, tous deux accompagnés de nos conjointes, de franchir le seuil du temps et de partir brièvement à la recherche de la trace de nos ancêtres.

Les propriétaires actuels, Monsieur et Madame Lafortune, nous attendaient devant la maison. Une fois les présentations faites, la reconnaissance du milieu et les photographies d’extérieures prises, Monsieur Lafortune raconta comment son grand-père avait été le premier des Lafortune à habiter cet endroit dont la famille précédente, les Debussat dit Saint-Germain, avait transformé la maison en poulailler !

Puis pour un temps, la maison de pierre est devenue un entrepôt pour les foins avant d’être réaménagée et redevenir habitable. L’intérieur ne reflète donc plus ce qu’il était du temps des Pelletier. Où est la trace alors ?

C’est en montant au grenier que l’on découvre ces poutres d’origine qui forment la charpente de la maison. Ces poutres équarries par les constructeurs Pelletier portent encore les traces des coups de haches. Fait remarquable, ces poutres sont reliées grâce à des chevilles en bois. Puis, c’est aussi à cet endroit que l’on peut voir les pierres qui soutiennent les murs de la maison, nous sommes revenus en 1774 le temps d’un moment.

Il suffit de lire le bulletin de la Société d’histoire de l’Assomption, la « Souvenance » volume 14, numéro 2 pour apprendre en détail l’histoire générale de cette maison de pierre qui se tient encore debout malgré ses approximatifs 262 années de loyaux services.

Mais quelle est brièvement l’histoire de ces Pelletier d’avant 1724 ?

Le premier habitant du Point-du-Jour, Pierre Pelletier est né à Neuville le 3 août 1673, baptisé le 5 au même lieu. Il est le fils du pionnier et patriarche Pierre Pelletier et de Françoise Trochet dite Richard, fille du Roy et veuve de François Matoret. Son frère, Noël Pelletier, devenu capitaine de milice est demeuré à Neuville et sa descendance, peu nombreuse, se retrouve encore aujourd’hui dans la région de Québec.

C’est ce pionnier Pierre Pelletier qui est arrivé en Nouvelle-France vers les années 1665 / 1666 depuis la commune de Saint-Martin-de-Fraigneau qui existe encore dans la Vendée actuelle.

Quelles sont les raisons qui ont conduit ce pionnier Pelletier vers les rives du Saint-Laurent ? Mes recherches actuelles n’apportent pas cette réponse qui, peut être, existe encore dans les vieux registres en France. Il suffira d’investir pour aller retrouver là-bas, la trace de l’ancêtre.

Avant le départ, monsieur Blanchard s’est fait un devoir de nous amener voir l’autre maison de pierre que l’on retrouve encore au Point-du-Jour Sud, celle où naquit le comédien Hector Charland qui incarna à la radio l’avare Séraphin Poudrier. Cette maison est en bien piteux état et elle ne survivra plus tellement longtemps à nos hivers. Le mur arrière est celui qui va s’effondrer le premier, suivi du toit.

C’est ce qui peut arriver à la maison Pelletier dans un avenir rapproché si rien n’est fait pour sauver ce bâtiment dont la structure de pierre a bien besoin de travaux de consolidation. Monsieur et Madame Lafortune ont réussi au fil des années à préserver l’héritage de cette maison dont ils parlent avec beaucoup de fierté mais il faut bien prendre conscience qu’ils ne pourront pas retenir les œuvres du temps indéfiniment.

Qu’adviendra-t’il ensuite de la maison qui a vu naître les ancêtres de la chanteuse Marie-Denise Pelletier, de l’artiste Jean-Paul Riopelle ou encore de Monseigneur Maurice O’Bready pour ne citer que ceux qui, parmi les plus connus, sont à ma mémoire au moment d’écrire ces lignes?

La société dans laquelle nous vivons aujourd’hui permet à ses gouvernements de dépenser des millions de dollars annuellement en publicité pour nous rappeler qui nous sommes.

Mais pourquoi perdons-nous notre temps à nous définir de cette façon s’il risque de ne rien subsister de notre passé pour y asseoir les bases de notre avenir ?

L’avocat du Diable, ou le ministre des finances, affirmera que la collectivité préservera toujours et du mieux qu’elle le désire les grands édifices encore utiles et à la vue de tous tels que les églises, les presbytères, les collèges ou les vieux bistrots.

À la fin du jour, il oubliera de mentionner que pour construire ces édifices, il a d’abord fallu apprendre à bâtir des maisons de pierre.
Source; Pascal Pelletier, Saint-Amable, Québec

Pelletier et Arbour

Malgré le nombre de Pelletier et de Harbour/Arbour au Québec vers les années 1700  à 1800, il aura fallu attendre le 18 août 1755 pour que Angélique Pelletier fille de Jean-Baptiste Pelletier s’unisse à un membre de la famille Arbour.

Dominique Arbour né en 1727 à Saint-Pierre-du-Nord, Île-Saint-Jean, Île-du-Prince-Édouard. Il est le fis de Pierre Arbour dit Carrica qui voit le jour vers 1700 à Bayonne, Pyrénées-Atlantiques, Aquitaine, France marié à Suzanne Moreau dite Gauthier en Acadie en 1721.

Il n’a aucun lien découvert à ce jour avec Michel Harbour notre ancêtre. Le lieu de naissance de Pierre se situe au sud-est de la France et fait partie des 3 familles Harbour/Arbour venus au Québec.

 

 

Ce couple aura huit enfants : François né en 1721, Michel né en 1724, Mathurin né en 1725, Dominique né en 1727, Isabelle née en 1730, Suzanne née en 1732, Marguerite née en 1734, Marie-Anne ‘’Thérèse’’ née en 1736

Histoire de famille

Pierre Arbour Carrica, naquit en 1700. Il épousa Suzanne Gauthier-Moreau, en 1721.
Certains des enfants du couple naquirent à St-Pierre-du-Nord, à l’île St-Jean (Ile du Prince Edouard actuel.

“Le 29 août 1758, quelques navires anglais quittent le port de Louisbourg, Nouvelle-Écosse à destination de Gaspé où ils jettent l’ancre, le 4 septembre. Wolfe envoie son aide de camp Thomas Bell porter une lettre à Pierre Révol, principal négociant et citoyen de la place. Mais ce dernier est mort depuis le mois de février. Les habitants, à la vue des navires anglais, s’étaient enfuis dans les bois.

Bell ne rencontre que Pierre Arbour, sa femme et cinq autres habitants. Les sept personnes se rallient à la cause anglaise. Le lendemain, les Anglais débarquent à la pointe Penouille, s’emparent du bétail et du poisson et détruisent chaloupes et gréments. Le 10 et le 11 septembre 1758, tous les batiments de la région sont brûlés, dont un moulin à scie. Les deux jours suivants, Miramichi, Grande Rivière et Mont-Louis sont ravagés. Pabos n’échappe pas à la destruction. Également Wolfe rencontrera Pierre Arbour.

Bell note dans son journal: “On a brûlé 27 maisons dont 17 indifférentes; environ 3500 quintaux de poissons, une très bonne goélette remplit de poisson, une très grande quantité de sel. Le magasin qui était très grand contenait toutes les réserves d’hiver, en habits, boisson, nourriture. Tout fut brûlé, y compris une grande quantité de bois de construction et environ 40 chaloupes.

Enfin, le 27 septembre, les navires anglais reprennent le chemin de Louisbourg. Nous avons fait beaucoup de dommage, écrit Wolfe, répandu la terreur des armes de Sa Majesté par tout dans le golf; mais nous n’avons rien fait pour en grandir la renommée. (REFERENCES: Histoire populaire du Québec des origines à 1791, par Jacques Lacoursière. p. 290”.)

Beauharnois, le Gouverneur Général du Canada avait écrit en 1745 qu’un dénommé Harbour, un Canadien, avait sa demeure à la Baie des Penouilles sur les côtes de la Gaspé et il y cultivait le blé et toute sorte de légumes. En 1758, lors de l’occupation de Wolfe à Gaspé, on s’aperçoit que Pierre Arbour y habite toujours. (REFERENCES: Ferland, La Gaspésie).

Parler de la descendance des Pelletier –Nombre de descendants–L’Assomption Maison-et Mado- St-Hyacinthe – À Venir

CHAPITRE 1-D

À l’âge de 34 ans le 22 mars 1682 Marie Constantineau met au monde un garçon qu’ils appelleront François. Il sera baptisé le même jour à Neuville dans l’Église Saint-François-de-Sales. Comme témoin à la cérémonie de baptême : le père Michel Harbour, le parrain Jean Dubuc et la marraine Anne Jeanne Hardy. Le porteur était Jean Hardy et le prêtre Joseph Pinguet.

Le samedi 19 avril 1710, il se marie avec Madeleine Proulx née le 23 août 1688 à Neuville et fille de Jean Prou et Catherine Pinel.

Famille Prou et Proulx

Jean Prou (1633-1703) est natif de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Moutierneuf, à Poitiers, France. Il est veuf de Jeanne Chabot décédée le 7 août 1671. Il est le fils de Nicolas Prou et Catherine Mongué de la même paroisse.

Il s’embarque pour la Nouvelle-France vers mai 1671 et laisse derrière lui une épouse, Jeanne Chabot et deux enfants qu’il se propose probablement de faire venir une fois bien établi. En 1674, il confie à un certain Gilles Galipau des lettres destinées à son épouse car celui-ci doit passer par Poitiers. De retour, Galipau lui apprend le décès de Jeanne survenu le 7 août 1671 soit peu de temps après le départ de Jean.

Il a marié en secondes noces Catherine Pinel (1658-1723) le 2 novembre 1676 en l’Église Notre-Dame de Québec.

Famille Pinel

Nicolas Pinel (?-1655) ou Nicolas Pinel dit “Lafrance” est un marchand français qui fut l’un des pionniers de la Nouvelle-France.

C’est le fils de Jean Pinel et de Thomasse de la Haye de Campagnolles, Normandie.

Il se marie à La Rochelle le 29 septembre 1630 et y fait baptiser quatre enfants entre 1631 et 1636.

Le 5 avril 1645, toujours à La Rochelle, Nicolas s’engagea à aller travailler pendant trois ans à Port-Royal en Acadie, en tant que scieur de long et charpentier de grosses œuvres. Nicolas laissait en France sa femme, Madeleine Maraut, et ses enfants.

A l’expiration de son engagement, Pinel ne retourna pas en France. La famille Pinel arrive en fait à Québec après la fin de l’engagement de Nicolas à Port-Royal, quelque part donc entre 1647 et 1650.

On le retrouve à Québec où, le 16 septembre 1650, il s’engage envers Anne Gasgnier à faire valoir sa terre de Monceaux durant deux ans. Bien que fermier d’Anne Gasnier, Nicolas Pinel possède en propre, probablement depuis 1651, une terre près de la rivière du Cap Rouge.

Le 27 avril 1651, il est attaqué avec son fils Gilles Pinel par deux Iroquois.

Et le 23 janvier 1652, il acquiert des Jésuites une nouvelle terre sur le bord du fleuve à Sillery.

Il mourut à l’hôpital Hôtel Dieu de Québec le 18 septembre 1655 de blessures causées par une arquebuse.

Les Pinel et un grand nombre de Lafrance du Canada descendent de Nicolas Pinel et de Madeleine Maraud.

Une rue et un parc de Québec dans l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery porte le nom de Nicolas-Pinel en son honneur.

Gilles Pinel est le second fils de Nicolas Pinel originaire de La Rochelle et de Madeleine Maraud.

À la mort de son père, il continue à aider sa mère et ses frères Pierre et Isaac (le cadet) sur la terre de Gaudarville. Mais, dès le 29 novembre 1656, il acquiert une habitation située entre Sillery et le Cap Rouge.

L’Histoire de Gaudarville

L’histoire reparlera de Cap-Rouge et de son promontoire une centaine d’années après. Le site du cap est concédé par la Compagnie des Cent Associés à Étienne Dumets, entre 1646 et 1652 : une terre de cinq arpents sur douze de profondeur. Pendant près d’un siècle, le promontoire formera une partie du domaine de la Seigneurie de Gaudarville.

En 1652, Jean de Lauson, gouverneur de la Nouvelle-France, concède à son fils Louis la seigneurie de Gaudarville, dont le nom rappelle la mère du gouverneur, Marie Gaudard. Louis possédait déjà la seigneurie de la Citière à Longueil, et celle de Lauson. Elle mesure quatre lieues de profondeur sur quarante-cinq arpents de front donnant sur le Saint-Laurent. En 1659, Louis et ses deux enfants se noient sur le fleuve St-Laurent.

La Seigneurie passe alors aux mains de Jean-Baptiste Pauvret qui a cinq enfants, dont l’une, Marie-Catherine, épouse en 1689 Ignace Juchereau-Duchesnay, seigneur de Beauport et qui deviendra seigneur de Gaudarville pour longtemps.

Entre 1653 et 1709, des cartes anciennes nous livrent les noms des principaux censitaires de cette seigneurie. D’après Marcel Trudel, la liste des douze premiers censitaires est donnée pour les terres en juin 1663. Le livre de l’abbé H.-A. Scott montre les censitaires sur le plan cadastral de 1685. Enfin, une partie de la carte de Gédéon de Catalogne, datée de 1709, et reproduite dans PHRPPCR5, livre les noms des censitaires de la seigneurie de Gaudarville.

En 1759, Cap-Rouge, considéré comme un endroit stratégique, est occupé par les troupes de Louis-Antoine de Bougainville, mandaté par Montcalm pour surveiller les mouvements de la flotte anglaise et empêcher le débarquement des troupes de Holmes et Wolfe. Malgré la vigilance de Bougainville, Wolfe finira par débarquer par le «Wolfe’s Cove». Les troupes assiègent Québec, occupent Sainte-Foy, Cap-Rouge et les environs. C’est à partir d’alors que la présence anglaise s’affirme à Québec et qu’une riche bourgeoisie marchande s’implantera à Cap-Rouge et dans les environs.

Le 28 juillet 1657, Gilles Pinel revend à Guillaume Routhier, l’habitation située entre Sillery et le Cap Rouge. Il épouse Anne Léodet//Ledet le 2 septembre 1657 dans une salle du Collège des Jésuites à Québec. En 1666, la famille déménage à la Côte Saint-Ignace sur une terre jusque là non concédée.

Au recensement de 1681, il habite à la Seigneurie de Dombourg (Neuville).

Il décède à Neuville où il est inhumé au Cimetière de Saint-François-de-Sales de Neuville le 15 janvier 1700. Son épouse est inhumée au même endroit le 14 décembre de la même année.

Références

  1. Greffe du notaire Audouart dit Saint-Germain (1634-1663)
« Dénombrement de la seigneurie de Syllery (1678) », dans RAPQ, 1943-1944, p.9

Seigneurie de Dombourg (Le nom de Dombourg est l’anagramme du nom de Bourdon) Jean Bourdon est un personnage très important à Québec. Il est seigneur, ingénieur-arpenteur, cartographe, commerçant, procureur-syndic de la ville de Québec, commis général de la communauté des Habitants, explorateur et procureur du roi au Conseil souverain. En 1636, il obtient la seigneurie de la rivière au Griffon et le fief Saint-François, en 1637, la Seigneurie d’Autray, en 1639, il se fait concéder une terre sur le coteau Sainte-Geneviève à Québec et, en 1653, les Seigneuries de Dombourg et de La Malbaie.

Le 15 décembre 1653, Jean de Lauzon, gouverneur et lieutenant général du roi en la Nouvelle-France, accorde à Jean Bourdon, seigneur de St-Jean, une concession de « toute l’estendue de terre qui se rencontre sur le fleuve Saint-Laurent du costé du nord depuis les bornes de la concession du sieur abbé de Lauzon jusques à celle du défunt sieur des Châtelets, avec quatre lieues de profondeur ».

Aidé de son père, le jeune seigneur commence tôt à préparer le peuplement de sa seigneurie de Dombourg “qui est distante de Québec de sept lieues en montant, située le long du grand fleuve au côté du nord”.c’est-à-dire à une marée en canot. Les communications avec la ville sont donc faciles et rapides.  Il y fait défricher un domaine et construire un moulin à farine dès 1668. Cela était un avantage que très peu de seigneurs offraient à leurs censitaires.

La plupart d’entre eux attendaient que leur seigneurie soit bien peuplée et défrichée avant d’y construire un moulin, car il fallait faire venir de France toute la machinerie et les meules, ce qui était très coûteux.

Il accueillit donc ses premiers censitaires durant les années 1667 et 1668 puisque le recensement de 1667 n’indique aucun censitaire dans la seigneurie de Dombourg.  Il concède des terres à des colons déjà installés à Québec et à Sillery, à quelques militaires du régiment de Carignan, dont notre ancêtre Michel Rognon dit Laroche, et à de nouveaux arrivants. Jean Bourdon, père, eut donc la joie de voir son fils aîné devenir seigneur de Dombourg et lui présenta sûrement plusieurs des censitaires qui devaient s’établir dans la seigneurie. La joie dans la famille fut de courte durée car, le 12 janvier 1668, à peine 15 jours après que Jean-François eut rendu acte de foi et hommage, Jean Bourdon mourut entouré des siens. Jean-François Bourdon demanda alors à un grand ami de son père, Denis-Joseph Ruette D’Auteuil, d’agir comme son procureur spécial et l’habilita « à agir en tous procès et tous pouvoirs »

 

Il décède à Neuville où il est inhumé le 15 janvier 1700. Son épouse est inhumée au même endroit le 14 décembre de la même année.

Pierre Pinel (1636-1707) est un pionnier de la Nouvelle-France. Co-fondateur de la famille Pinel.

Fils de Nicolas Pinel et de Madelaine Maraud est né en octobre 1636 à La Rochelle). C’est le frère de Gilles Pinel.

Il arrive au Québec vers 1660 comme engagé de Charles Aubert de La Chesnaye.

Le 20 mars 1662, il achète une terre à la Nouvelle France.Observation: L’acte a été rédigé le 16 mars 1662.

Le jeudi 30 novembre 1662 à Québec, il épouse Charlotte Foucherat, fille de Madelin Foucherat et de Marie David, de Notre-Dame-de-Cougnes de La Rochelle en Aunis.

Jean-Baptiste Peuvret, seigneur de Mesnu et de Gaudartville concède à Pierre Pinel, une terre en la seigneurie Gaudarville le 5 janvier 1666.

Au recensement de 1667 on peut y lire ; Cap-Rouge et Côte de Saint-Ignace, Pinel, Pierre, 29 ans ; Charlotte Fougeret, sa femme, 29 ; François, 4 ; Nicolas, 3 ; Andrée, 4 mois.

Le premier octobre 1668, Pierre Pinel est condamné « d’être razé et battu de verges jusques a effusion de sang par l’executeur de la haulte Justice aux Carfours et lieux ordinaires de la haulte et basse ville ». Il est en même temps « condamné aux gallaires pour 9 ans ». Il « est mis aux fers » en attendant d’être « conduicts seurement dans le premier vaisseau qui partira pour aller en France ». Pierre Pinel a violé deux fillettes : Ursule Trut « âgée de dix ans huiet mois » et Geneviève Hayot, « âgée de dix ans »

Finalement, après une vie difficile, Pierre Pinel décède le 8 juillet 1707. Il est inhumé le 9 juillet 1707 à Sainte-Foy, Québec.

Notes et références

  1. Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, Michel Langlois, Tome 4 Lettres N à Z, Pages 143 à145
  2. Greffe notaire Audouart dit Saint-Germain, G. (1634-1663)
  3. Greffe notaire Becquet, R. (1665-1682)
  4. Jugement et délibération du Conseil souverain de la Nouvelle-France, vol 1, Québec, Imprimerie A. Côté et Cie, 1885, p.518
  5. À l’ombre du malheur Jean Prou et Catherine Pinel (1640-1723), Jean-Pierre Proulx (7016), Mémoires, Société généalogique canadienne-française, Volume 180, pages 107-129

Jean Prou et Catherine Pinel auront treize enfants :

1) René Proulx, né à Québec le 9 août 1677.

2) Marie-Catherine Proulx, née à Neuville le 24 octobre 1678, reçue au baptême dans la même localité le même jour, y décédée le 5 mars 1760, à l’âge de quatre-vingt-un ans. Elle s’est mariée, à l’âge de vingt et un ans, le 19 avril 1700 à Neuville avec Jean-Baptiste Harbour, Cultivateur, né à Neuville le 6 octobre 1679, baptisé dans la même localité le surlendemain, à l’âge de deux jours, inhumé dans la même localité en février 1766, y décédé le 27 février 1766, à l’âge de quatre-vingt-six ans,

3) Jean-Baptiste Proulx, né à Neuville le 22 décembre 1679, reçu au baptême dans la même localité le surlendemain, à l’âge de deux jours, y décédé le 19 septembre 1760, à l’âge de quatre-vingts ans, inhumé dans la même localité le lendemain.

Il s’est marié, à l’âge de trente-deux ans, le 16 janvier 1712 à Neuville avec Geneviève Harbour, née à Neuville le 20 août 1692, baptisée dans la même localité le 25 août 1692, à l’âge de cinq jours, y décédée le 7 janvier 1767, à l’âge de soixante-quatorze ans, inhumée dans la même localité le lendemain,

4) Louise Proulx, née à Neuville le 16 mars 1681, y décédée le 19 mars 1681, à l’âge de trois jours.

5) Marie Elisabeth Proulx, née à Neuville le 28 avril 1682, née à Neuville le 29 avril 1682, décédée à Varennes le 30 mai 1762, jour de la Pentecôte, à l’âge de quatre-vingts ans.

6) Marie Anne Proulx, née à Neuville le 3 septembre 1684, décédée le 16 décembre 1737, à l’âge de cinquante-trois ans.

7) Madeleine Proulx, Ménagère, née à Neuville le 23 août 1688, décédée à Quebec (Capitale-Nationale) en 1755, à l’âge de soixante-six ans. Elle s’est mariée, à l’âge de vingt et un ans, le 19 avril 1710, veille de Pâques à Neuville avec François Harbour, Cultivateur, né à Neuville le 22 mars 1682, jour des Rameaux, reçu au baptême dans la même localité le même jour, inhumé dans la même localité, y décédé,

8) Marie-Thérèse Proulx, née à Neuville le 16 août 1690. Elle s’est unie avec Jean Daigle.

9) Madeleine Proulx, née à Montmagny le 12 juillet 1692, décédée à Neuville le 24 juillet 1778, à l’âge de quatre-vingt-six ans. Elle s’est mariée, à l’âge de dix-huit ans, le 4 mai 1711 à Neuville avec François-Augustin Harbour, né à Neuville le 10 septembre 1687, baptisé dans la même localité le même jour, décédé à Montmagny en 1752, à l’âge de soixante-quatre ans,

10) Claude Proulx, né à Neuville le 17 septembre 1693, décédé à Champlain en février 1736, à l’âge de quarante-deux ans. Il s’est marié, à l’âge de vingt et un ans, le 18 janvier 1715 à St-François-du-Lac avec Marie Anne Bibaud, née à Batiscan le 24 février 1698, décédée à Saint-François-du-Lac  le 29 mars 1717, lendemain de Pâques, à l’âge de dix-neuf ans.

Après environ huit mois de veuvage, Claude s’est marié une seconde fois, à l’âge de vingt-quatre ans, le 25 novembre 1717 à Baie-du-Febvre, Centre-du-Québec avec Isabelle Robidas Manseau, née à Montréal le 15 avril 1696, jour des Rameaux, décédée à Baie-du-Febvre le 20 avril 1772, lendemain de Pâques, à l’âge de soixante-seize ans.

11) Alexis Proulx, né à Neuville le 27 octobre 1694. Il s’est marié, à l’âge de trente-huit ans, le 16 février 1733, veille de mardi gras à St-François-du-Lac avec Francoise Robidas-Manseau,

12) Joseph Proulx, né à Neuville le 5 mars 1697. Il s’est marié, à l’âge de vingt-neuf ans, le 6 novembre 1726 à Neuville avec Marie-Thérèse Aide-Crequis, née à Neuville le 3 octobre 1705,

13) Félécité Proulx, née à Neuville le 1er mars 1699, avant-veille de mardi gras, décédée à Saint-Augustin-de-Desmaures, Capitale-Nationale le 25 mars 1759, à l’âge de soixante ans.

François Harbour et Madeleine Proulx  auront 9 enfants soient :

I – Charlotte Arbour, née à Québec le jeudi 21 avril 1712, décédée à Neuville le mercredi 11 mars 1716, à l’âge de quatre ans.

II – Louis Arbour, né à Neuville le samedi 26 août 1713, décédé à Québec le lundi 24 septembre 1714, dans sa première année.

III – Joseph Arbour, né à Neuville en 1715.

IV – Marie Arbour, née à Neuville en 1716.

V – Marie Arbour, née à Neuville le lundi 2 mai 1718.

VI – François Arbour, né en 1720.

VII – Louis Arbour, né à Nicolet le vendredi 30 avril 1723, décédé à Québec en 1746, à l’âge de vingt-trois ans.

VIII – Geneviève Arbour, née à Neuville en 1725.

IX – Francoise Harbour, née en 1727, décédée à Nicolet le dimanche 29 mai 1796, à l’âge de soixante-neuf ans. À trente-trois ans, elle s’est mariée le lundi 17 novembre 1760 à Montréal puis, le même jour, religieusement en l’église du même lieu avec Pierre Delerique. Francoise s’est mariée une seconde fois avec Joseph Sigouin.

CHAPITRE 1-E

Michel Harbour ayant 37 ans et Marie Constantineau 26 ans, cette dernière met au monde une fille qu’ils appelleront Élizabeth le 20 septembre 1684 et elle a été baptisée le 22 septembre de la même année à l’Église de Saint-François-de-Sales  de Neuville. Sont présent en plus du père Michel Harbour, Marie Poire marraine, Jean Hardy, parrain, Joseph Pinguet, Prêtre.

Le lundi 8 juin 1705, elle se marie à l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville à Joseph Samuel Déry dit Larose qui est âgé de 32 ans.

Ce couple aura 4 enfants :

– Élizabeth Harbour, née et baptisée le vendredi 22 septembre 1684 à Neuville, décédée L’Assomption le mardi 11 mars 1755, inhumée en mars 1755 au même endroit, à l’âge de soixante et onze ans.

À vingt et un ans, elle s’est mariée le lundi 8 juin 1705 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Joseph Dery, né le samedi 3 septembre 1672 L’Ancienne-Lorette, décédé en septembre 1718 à Neuville, à l’âge de quarante-six ans. Elle eut de cette union 4 enfants soient :

I – Michel Dery-Larose, né à Neuville le mercredi 3 mars 1706, décédé L’Assomption le samedi 20 février 1790, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. À vingt-six ans, il s’est marié le lundi 22 septembre 1732 à L’Assomption avec Catherine Daveluy.

II – Marie Dery-Larose-Lafleur, née et baptisée le mercredi 4 avril 1708 à Neuville, mariée avec Jean Montary. Ils ont eu Angelique Montary qui suit.

1°  – Angelique Montary, née à Quebec le mercredi 6 juin 1731, décédée à Montréal le vendredi 9 septembre 1774, lendemain de la fête de la Nativité de la Sainte-Vierge, à l’âge de quarante-trois ans. À vingt et un ans, elle s’est mariée le vendredi 5 mai 1752 à Québec, Église Notre-Dame de Québec avec Charles Royal-Bellefleur, né en 1720, décédé le dimanche 21 avril 1782 à Québec, à l’âge de soixante-deux ans. Son décès survint après vingt-deux ans de mariage.

III – Marie Dery. Née à Neuville le vendredi 29 août 1710, décédée dans la même localité en 1752, à l’âge de quarante-deux ans, mariée avec Étienne Magnan. Marie s’est mariée une seconde fois avec Pierre Lebœuf.

IV – Louise Dery, née à Neuville le lundi 6 février 1713, mariée avec Jean-Baptiste Legris.

À trente-quatre ans, et après environ un an de veuvage, une seconde fois. Elle s’est mariée le samedi 12 novembre 1718, lendemain de la Saint-Martin d’hiver à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Louis Bluteau, cordonnier, né le mercredi 7 octobre 1682 à Sainte-Famille, Île D’Orléans, Québec, décédé le mercredi 29 janvier 1755 à Montréal, à l’âge de soixante-treize ans. Elle eut de cette union 5 enfants soient :

l – Marie-Ursule Bluteau, dite Larabelle, née à Neuville le vendredi 26 mai 1719.

ll – Joseph Bluteau, dit Larabelle, né à Neuville le samedi 22 juin 1720. À vingt-huit ans, il s’est marié le lundi 26 février 1748 à Montréal avec Marie Chaperon, née vers 1725, décédée le lundi 4 juin 1753 à Montréal.

lll – Jean-François Bluteau, dit Larabelle, né à Neuville en 1721.

lV – Marie-Josephe Bluteau, dite Larabelle, née à Neuville le mardi 2 juin 1722. À vingt-trois ans, elle s’est mariée le lundi 31 mai 1745 à Québec avec Thomas-Pierre Duranceau, né le mercredi 8 mai 1720 à Québec.

V – Marie-Angélique Bluteau, dite Larabelle, née à Neuville le jeudi 5 octobre 1724. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 13 mai 1743 à Québec avec Jean-François Duclos, caporal et Cuisinier, né vers 1710, décédé le mercredi 31 décembre 1760, jour de la Saint-Sylvestre à Québec.

Michel né en 1706, Marie Élizabeth née en 1708, Marie Madeleine née en 1710 et Louise Gertrude née en 1713.

La famille Déry dit Larose

Jacques Déry dit La Roze,  né vers 1646, de Jacques Dery et de Jacquette Desborde de Vieure, 03430 Allier, Auvergne. Un mois après son arrivée, il participe à la construction du fort Sainte-Thérése sur les bords de la rivière Richelieu.  Ces à cet endroit qu’il passera l’hiver de 1666, et reviendra à Québec l’été suivant.  Au recensement de 1667 à Québec, il était domestique chez Charles Le Gardeur.

Il avait 35 ans au recensement de 1681 à Neuville.  Il prend pour épouse en date du 13 octobre 1669 à Québec, (cont. 22 septembre, Not. Duquet) Marguerite Vitry, fille de Samuel Vitry et de Marie De Liancourt de St-Martin-la-Garenne, 78520, Yvelines, Île de France.  Elle était une fille du roi, née vers 1648.  Arrivée  avec le groupe de 1669, apportant des biens estimés à 150 livres et un don du roi de 50 livres.

Au recensement de 1681, il possède trois bêtes à cornes et douze arpents de terre en valeur.  Jacques Déry décède le 19 février 1709 et son épouse décède le 14 février 1724 à Neuville.  Ménage établi à Neuville.  (6 enfants).
(Tanguay, vol.1, p.185; Jetté, p.337; Drouin vol.1, p.386; Dumas, p.348; Landry, p.378;  Sulte, Hist. vol.5, p.;   DBAQ, t.2, p.72;  Langlois, p.297). Site Migrations http://www.migrations.fr/compagniescarignan/compagnielacolonelle.htm

Famille Bluteau (Louis)

Élizabeth Harbour un second mariage

Suite au décès de Joseph Déry en 1709, Élizabeth Harbour rencontre Louis Bluteau, Cordonnier, qu’elle épouse le 12 novembre 1718. Il est veuf de Geneviève Charland née en 1679 et décédée à l’âge de 36 ans en 1716, fille de Claude Ferland-Francoeur (1623-1705) et Jeanne Pelletier (1637-1660).à

A REFAIRE

0 – Louis Bluteau, dit L’Arabelle, cordonnier, né à Sainte-Famille, Île D’Orléans le mercredi 7 octobre 1682, décédé à Montréal le mercredi 29 janvier 1755, à l’âge de soixante-treize ans. À vingt ans, il s’est marié le samedi 2 décembre 1702 à Sainte-Famille avec Geneviève Charland, née le mercredi 10 mai 1679 à Sainte-Famille, décédée en 1716 à Quebec, à l’âge de trente-sept ans, d’où :

I – Geneviève Bluteau, le lundi 2 juin 1704. À trente-deux ans, elle s’est mariée le mercredi 22 août 1736 à Montréal avec Jean-Baptiste Sade, né le samedi 6 mars 1706 à Seine-Maritime, Haute-Normandie.

II – Josephe-Marguerite Bluteau, née à Québec le jeudi 18 mars 1706, décédée à Montréal le vendredi 27 mai 1740, à l’âge de trente-quatre ans. À vingt-sept ans, elle s’est mariée le lundi 17 août 1733 à Montréal avec François Lecompte, serrurier, né vers 1707, décédé le mercredi 12 mars 1788 à Montréal. Son décès survint après sept ans de mariage.

III – Angelique Bluteau, née à Québec le vendredi 9 janvier 1711, décédée à Montréal le vendredi 2 avril 1773, à l’âge de soixante-deux ans. À vingt-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 14 novembre 1740 à Montréal avec Guillaume-Sévastien Jourdan, né le dimanche 2 juin 1709 à Saint-Lo, Manche, France.

IV – Marie-Louise-Aimée Bluteau, dite Larabelle, née à Québec le lundi 27 janvier 1716. À vingt-sept ans, elle s’est mariée le lundi 26 août 1743 à Montréal avec Denis Lecamu, né vers 1717

Élizabeth a eu 4 enfants de son premier mariage et devient la belle-mère de 4 enfants du premier mariage de Louis. En plus ils auront 5 enfants de plus pour un total de treize enfants à nourrir et à cageler soient :

I – Marie-Ursule Bluteau, dite Larabelle, fille de Louis Bluteau, cordonnier, et d’Elizabeth Harbour, née à Neuville le vendredi 26 mai 1719.

II – Joseph Bluteau, dit Larabelle, né à Neuville le samedi 22 juin 1720. À vingt-huit ans, il s’est marié le lundi 26 février 1748 à Montréal avec Marie Chaperon, née vers 1725, décédée le lundi 4 juin 1753 à Montréal.

III – Jean-François Bluteau, dit Larabelle, né à Neuville en 1721.

IV – Marie-Josephe Bluteau, dite Larabelle, née à Neuville le mardi 2 juin 1722. À vingt-trois ans, elle s’est mariée le lundi 31 mai 1745 à Québec avec Thomas-Pierre Duranceau, né le mercredi 8 mai 1720 à Québec.

V – Marie-Angélique Bluteau, dite Larabelle, née à Neuville le jeudi 5 octobre 1724. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 13 mai 1743 à Québec avec Jean-François Duclos, caporal et cuisinier, né vers 1710, décédé le mercredi 31 décembre 1760, jour de la Saint-Sylvestre à Québec.

Louis Bluteau décède le 29 janvier 1755 à Montréal loin de sa famille à l’âge de 72 ans. Il semble qu’il aurait effectué se voyage pour ses affaires. Élizabeth Harbour décède à L’Assomption le 11 mars 1755 à l’âge de 70 ans auprès de ses enfants.

CHAPITRE 1-F

La famille de Michel Harbour et Marie Constantineau grossit encore car Marie met au monde à l’âge de 29 ans le 10 septembre 1687 François-Augustin Harbour qui sera baptisé le même jour en l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville où sont présents : Michel Harbour le père, Paul-Augustin Demaure, le parrain, Charlotte-Françoise Juchereau, la marraine ainsi que Jean-François Buisson, Prêtre et Officier Religieux.

À l’âge de 23 ans, il rencontre Madeleine Proulx âgée de 18 ans qu’il épouse le 4 mai 1711 en l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville.

Famille Prou et Proulx

Madeleine Proulx est la fille de Jean Prou et Catherine Pinel dont nous avons parlés précédemment. Elle est la sœur de Marie-Catherine Proulx, Jean-Baptiste Proulx, Marie-Madeleine Proulx qui on tous mariés des Harbour de la même famille.

François-Augustin Harbour et Madeleine Proulx auront neuf enfants dont ;

0 – François-Augustin Harbour, né et baptisé le mercredi 10 septembre 1687 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé à Montmagny en 1752, à l’âge de soixante-cinq ans. À vingt-quatre ans, il s’est marié le lundi 4 mai 1711 à Neuville avec Madeleine Proulx, née le samedi 12 juillet 1692 à Montmagny, Paroisse de Saint-Mathieu de Montmagny, décédée le vendredi 24 juillet 1778 à Neuville, à l’âge de quatre-vingt-six ans, d’où :

I – Charlotte Arbour, née à Quebec le mercredi 20 avril 1712, décédée à Saint-Jean-Port-Joli le lundi 24 décembre 1781, veille de Noël, à l’âge de soixante-neuf ans. À vingt-quatre ans, elle s’est mariée le lundi 26 novembre 1736 à Quebec avec Léonard Fonjamy, né en 1712 à Angoulême, (16000), Poitou-Charentes, décédé le dimanche 23 décembre 1781 à Saint-Jean-Port-Joli, Chaudière-Appalaches, à l’âge de soixante-neuf ans. Leur union dura quarante-cinq ans.

II – Louis-Augustin Harbour. Né et baptisé le samedi 26 août 1713 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé et inhumé le lundi 24 septembre 1714 à Quebec, dans sa première année.

III – Catherine Harbour, née à Neuville le jeudi 17 septembre 1716.

IV – Madeleine Arbour, née et baptisée le lundi 2 mai 1718 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À dix-huit ans, elle s’est mariée le lundi 18 juin 1736 à Quebec avec François Aubry.

V – François Arbour, né à Neuville le mercredi 28 août 1720, décédé à Montmagny en février 1760, inhumé le vendredi 15 février 1760 en la même localité, à l’âge de quarante ans. À vingt-six ans, il s’est marié le mardi 11 octobre 1746 à Quebec, Église de Notre-Dame de Québec avec Jeanne Létourneau, née le jeudi 5 septembre 1709 L’Islet, Chaudière-Appalaches.

VI – Louis Harbour, né à Nicolet le vendredi 30 avril 1723, décédé à Québec, Hôpital de Hôtel-Dieu de Québec en 1746, à l’âge de vingt-trois ans.

VII – Genevieve Arbour, née à Baie-du-Fèbvre, Centre-du-Québec le jeudi 7 juin 1725, décédée à Québec en mai 1763, à l’âge de trente-huit ans. À vingt-deux ans, elle s’est mariée le lundi 6 novembre 1747 à Québec avec Nicolas Sorel.

Vlll – Francoise Harbour, née à Nicolet le 24 septembre 1727, y décédée le 29 mai 1796, à l’âge de soixante-huit ans. Elle s’est mariée, à l’âge de dix-neuf ans, le 26 septembre 1746 à Québec avec Joseph Sigouin, né à Charlesbourg le 23 novembre 1721, décédé à Québec en 1757, à l’âge de trente-cinq ans.

Après environ trois ans et dix mois de veuvage, Francoise s’est mariée une seconde fois, à l’âge de trente-trois ans, le 17 novembre 1760 à Montréal avec Pierre Delerique, né à Paris.

lX – Marie-Anne Arbour, née à Québec le mardi 12 décembre 1730, décédée dans la même localité le jeudi 6 septembre 1759, à l’âge de vingt-neuf ans. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 17 février 1749 à Québec avec François de Chaumont, caporal, soldat, né en 1715 à Bassigney, (70800), Franche-Comté, France et décédé en 1761 à Québec, à l’âge de quarante-six ans. Son décès survint après dix ans de mariage.

La famille Prou

Madeleine Proulx est née le 16 juillet 1692 à Montmagny. Ses parents sont Jean Prou né vers 1633 à Poitiers, Vienne, France et Catherine Pinel née en 1658 à Québec.

Nous remarquons que la famille a beaucoup voyagée car François-Augustin Harbour et Madeleine Proulx ont eu leur premier enfant dans la ville de Québec. Par la suite, ils sont retournés à Neuville, où ils ont été trouvés en 1718.

Au début du 18e siècle, le réseau routier n’occupe qu’une infime partie du vaste territoire de la Nouvelle-France. Il existe bien des rangs et des bouts de route dispersés ça et là, mais aucune voie ne relie encore la capitale, Québec, à Montréal. C’est en 1706 que le Conseil supérieur prend la décision de construire une route qui longe le fleuve, là où se trouvent les habitations. Grâce à ses «corvées du Roy», le grand voyer Eustache Lanouiller de Boisclerc peut entreprendre les travaux en 1731. Au terme du chantier, en 1737, le Chemin du Roy fait 7,4 mètres de largeur et s’étire sur 280 kilomètres, à travers 37 seigneuries.

Le chemin du Roy va servir au courrier et aux voyageurs qui utilisent pendant un siècle et demi des calèches, des diligences, de malle-postes et des carrioles d’hiver. Il y aura jusqu’à 29 relais. Parmi les plus fréquentés à cause de leur localisation : Berthier, où le repas de midi est toujours servi, Trois-Rivières, pour un arrêt nocturne, et Deschambault. Au galop des chevaux, on pouvait faire le voyage en deux jours! Aujourd’hui, la route 138 emprunte, dans sa plus grande part, l’ancien tracé, de Saint-Augustin-de-Desmaures à Repentigny, en passant par Trois-Rivières.

Le chemin du Roy, c’est le frère terrestre du fleuve Saint-Laurent. Avec lui, en le suivant tout du long, il est la grande voie de l’histoire du Québec, avec ses paysages et son patrimoine fascinant. Il est la voie toujours vivante de la Nouvelle-France au 21e siècle.

Par contre le transport de marchandises entre Québec et les divers relais du chemin du Roy s’effectue en bateau (Goélette, Barques, Canoes).

Aujourd’hui, peu de gens savent qu’il fut un temps où les activités maritimes étaient très

intenses au pied de la côte de la Canoterie; lieu du mouillage des canots des «Sauvages», c’est là aussi que les bateaux et les barques du Séminaire venaient décharger leurs cargaisons de bois de chauffage et de construction, de poissons, de farine, d’animaux, de foin et d’autres denrées prises à la Baie-Saint-Paul, à Saint-Joachim, à Château-Richer (aux moulins du Sault-à-la-Puce et du Petit-Pré), à Beauport, à Montréal (île Jésus) et ailleurs.

 

La Canoterie était l’endroit tout désigné pour cette institution, car les opérations se déroulaient presque au pied des murs du Séminaire. Les marchandises arrivaient à destination par la rue Sainte-Famille.

 

Propriété de la seigneurie du Sault-au-Matelot, le Séminaire disposait d’un terrain à la

Canoterie pour faire construire ses barques. Selon un contrat daté du 8 janvier 1727,

Louis Dussault, charpentier de navires à Québec, construisit la Saint-Jean-Baptiste,

une barque de 34 pieds de quille, pouvant recevoir 800 minots de grains de port au moins, ce qui revient à 22 tonneaux bien liés.

 

Cette barque pouvait prendre à son bord 20 cordes de bois de chauffage (ASQ, Manuscrit 435, p. 109é). Ce lieu était aussi l’endroit pour effectuer les réparations nécessaires aux barques et aux bateaux. De plus, on y trouvait un hangar pour les garer l’hiver. Ce hangar était plus précisément la vieille maison des Guyon.

 

Cette maison a maintenant cédé sa place à la rue Saint-Thomas qui traverse la rue Saint-Paul et débouche rue Saint-André. Toujours selon ce manuscrit des «engagements », voici ce que comportaient les clauses des contrats d’engagement.

 

Dans le cas d’un capitaine, Gauthier de Varenne écrit dans un contrat, page 58 : «Le 27 février 1716, s’est engagé Joseph Gagnon, de Château-Richer, envers moi prêtre procureur au Séminaire de Québec pour mener la Marie aux clauses et conditions suivantes, savoir : il aura le tiers de tout le travail dudit bâtiment pour sa

part, il se nourrira lui-même, il aura le profit de la chambre, il pourra faire un voyage de

bois pour son compte particulier, de plus, on lui donnera cinquante planches communes

par-dessus le marché.

 

Et nous de notre côté, nous lui fournirons un homme et un petit garçon à qui nous payerons les gages par mois pour l’homme et trente cinq livres par mois pour le petit garçon. Fait et passé avec lui le 27 février 1717. Je lui ai promis de plus deux minots de farine par-dessus le marché».

 

Selon un acte enregistré devant le Notaire Rageot le 16 Décembre 1717, François-Augustin Harbour et Alexis Proulx ont signés un accord avec le Maître des charpentiers Joseph Prou et Etienne Marchand, à la fois du Saut-au-Mathelot de Québec, à acheter un certain nombre de brouettes pour possiblement la revente.

En 1723, la famille avait voyagé le long du fleuve St-Laurent jusqu’à Nicolet, en face de Trois-Rivières. Leur septième enfant Marie-Geneviève naquit à 18 kilomètres de Nicolet soit à Baie-du-Febvre (route de 1725). En septembre 1730, ils sont de retour à Québec où naquit Marie Anne en décembre 1730.

Madeleine vit plusieurs malheurs car à l’âge de 53 ans (1746) leur fils Louis décède. À l’âge de 59 ans (1752) son conjoint François-Augustin décède à l’âge de 64 ans à Montmagny. À l’âge de 67 ans sa fille Marie Anne décède (1759).À l’âge de 68 ans son fils François décède (1760). Enfin en Mai 1763 sa fille Marie Geneviève décède alors qu’elle a 70 ans. Madeleine décède paisiblement le 24 juillet 1778 à l’âge de 86 ans à Neuville.

CHAPITRE 1-G

Le 2 août 1690 Marie Constantineau mettra au monde son avant dernier enfant à l’âge de 32 ans qu’ils appelleront Marie-Angélique. Elle est portée sur les fonds baptismaux le 6 août 1690 où sont présents : son Père Michel Harbour, son parrain Pierre Hardy, sa marraine Marie Dubuc et l’Officier Religieux le prêtre Jean Bassett.

Le 20 octobre 1710, elle épouse Joseph Charland dit Francoeur né le 11 mars 1675 dans la paroisse Sainte-Famille, Île D’Orléans. Le mariage a lieu en l’Église Saint-François-de-Sales de Neuville. Le 19 octobre 1710, ils ont passés un contrat de mariage devant le Notaire Dubreuil de Québec. La famille vivra plusieurs années sur la rue St-Louis à Québec.

La famille Charland Francoeur

Claude Charland dit Francoeur, Tonnelier est né vers 1626 à Saint-Christophe-Vallon, Midi-Pyrénnées, France. Il est arrivé au Québec en 1646. Il a marié Jacqueline Desbordes le 8 janvier 1652 à Québec qui lui donnera deux fils soient Noël-Joseph et Denis-Hyacinthe. Jacqueline décède le 17 avril 1660. Elle fut inhumée dans la côte de la montagne, un des premiers cimetières de Québec. Aujourd’hui, une plaque commémorative indique ce lieu si vous visitez le vieux Québec.

Claude après 17 mois de veuvage marie Jeanne Pelletier née en 1639 à Paris, France le 12 septembre 1661 à Québec.

Claude Charland, Tonnellier, fils de Jean Charlan et Catherine Mabille, né à Saint-Christophe-de-Châteauroux, France en 1623, décédé à Sainte-Famille le 20 mai 1705, veille de l’Ascension, à l’âge de soixante-dix-neuf ans, inhumé dans la même localité le surlendemain.

Il s’est marié, à l’âge de vingt-neuf ans, le 8 janvier 1652 à Québec avec Jacqueline Desbordes, née à Paris en 1637, décédée à Québec le 17 avril 1660, à l’âge de vingt-trois ans. Après environ un an et quatre mois de veuvage, Claude s’est marié une seconde fois, à l’âge de trente-huit ans, le 12 septembre 1661 à Quebec avec Jeanne Pelletier, née à Paris en 1639. Il eut de ces unions :

Du premier lit :

1) Noël Joseph Charland, né à Sillery le 27 novembre 1652.

Il s’est marié, à l’âge de vingt-neuf ans, le 29 octobre 1682 à Sainte-Famille, Île D’Orléans  avec Marie Turcot, née vers 1664, décédée à Saint-Jean-de-L’Île-d’Orléans le 15 avril 1701, à l’âge de trente-sept ans environ, inhumée dans la même localité le lendemain,

2) Denis-Hyacinthe Charland, né à Sillery le 30 juin 1656, décédé à Saint-Jean-de-L’Île-d’Orléans le 25 février 1703, à l’âge de quarante-six ans, inhumé dans la même localité le lendemain.

Il s’est marié, à l’âge de vingt-cinq ans, le 17 novembre 1681 à Sainte-Famille avec Marie-Anne Lestourneau, née vers 1665, décédée à Saint-Jean-de-L’Île-d’Orléans le 5 mai 1687, à l’âge de vingt-deux ans environ, inhumée dans la même localité le lendemain.

Après environ neuf mois de veuvage, Denis-Hyacinthe s’est marié une seconde fois, à l’âge de trente et un ans, le 10 février 1688 à Sainte-Famille, Île D’Orléans avec Marie Gaultier, née à Québec le 3 mars 1671, décédée à Saint-Jean-de-L’Île-d’Orléans le 5 mai 1755, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, inhumée le lendemain.

Du second lit :

3) Jean Charland, Tonnelier, né à Château-Richer le 14 janvier 1663, inhumé à Montréal le 27 janvier 1738.

Il s’est allié avec une ou des demoiselles dont on ignore le ou les noms,

4) Anne Charland, née à Château-Richer le 29 mai 1664.

Elle s’est mariée, à l’âge de vingt et un ans, le 6 février 1686 à Québec avec René Baucher.

5) Marie-Anne Charland, née à Château-Richer le 23 avril 1666, avant-veille de Pâques. Elle s’est mariée, à l’âge de vingt ans, le 28 novembre 1686 à Sainte-Famille avec Jacques Gendron,

6) Michelle Charland, née à Sainte-Famille le 29 juin 1667.

Elle s’est mariée, à l’âge de vingt-trois ans, en 1691 avec Pierre Paris.

7) Marie Charland, née à Sainte-Famille le 30 mars 1669.

Elle s’est mariée, à l’âge de vingt-cinq ans, le 27 juillet 1694 à Sainte-Famille avec Pierre Pasquet,

8) Gabriel Charland, né à Sainte-Famille le 9 janvier 1671, y décédé le 4 novembre 1759, à l’âge de quatre-vingt-huit ans, inhumé dans la même localité le même jour.

Il s’est marié, à l’âge de trente-sept ans, le 10 octobre 1708 à Sainte-Famille avec Angelique Tétu, décédée à Sainte-Famille le 6 janvier 1710, inhumée dans la même localité le surlendemain. Après environ cinq ans et dix mois de veuvage, Gabriel s’est marié une seconde fois, à l’âge de quarante-quatre ans, le 3 novembre 1715, surlendemain de la Toussaint à Sainte-Famille avec Marguerite Drouin, inhumée le 10 mai 1766, surlendemain de l’Ascension.

9) Claude Charland, né à Sainte-Famille le 28 novembre 1672.

10) Joseph Charland, né à Sainte-Famille le 11 mars 1675, décédé à Québec le 28 septembre 1725, à l’âge de cinquante ans, inhumé le lendemain.

Il s’est marié religieusement à l’âge de trente-cinq ans, le 20 octobre 1710 à Québec avec Angélique Harbour, née à Neuville le 2 août 1690, reçue au baptême dans la même localité le 6 août 1690, à l’âge de quatre jours, décédée à Québec le 28 septembre 1735, à l’âge de quarante-cinq ans,

11) Louise Charland, née à Sainte-Famille le 29 octobre 1676, y décédée le 24 novembre 1718, à l’âge de quarante-deux ans, inhumée dans la même localité le lendemain. Elle s’est unie avec Inconnu Inconnu,

A VERIFIER

12) Geneviève Charland, née à Sainte-Famille le 10 mai 1679, veille de l’Ascension, décédée à Québec en 1716, à l’âge de trente-six ans.

Elle s’est mariée, à l’âge de vingt-trois ans, le 2 décembre 1702 à Sainte-Famille avec Louis Bluteau, Cordonnier, né à Sainte-Famille le 7 octobre 1682, décédé à Montréal (Montréal) le 29 janvier 1755, à l’âge de soixante-douze ans,

 

 

Joseph Charland dit Francoeur et Marie-Angélique Harbour eurent 8 enfants soient ;

I – Jean-Marie Charland, né à Québec en 1712, décédé dans la même localité en 1786, à l’âge de soixante-quatorze ans.

II – Marie-Angélique Charland, née à Québec le dimanche 23 avril 1713, décédée dans la même localité le lundi 15 juin 1795, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. À vingt-quatre ans, elle s’est mariée le lundi 4 février 1737 à Québec, Église de Notre-Dame de Québec avec Rene Daviault, né le lundi 14 novembre 1701 à Saint-Pierre-de-Doue-la-Fontaine, Angers, France décédé en 1771 à Mascouche, Lanaudière, à l’âge de soixante-dix ans. Leur union dura trente-quatre ans.

III – Marie Charland, née à Québec le mardi 8 octobre 1715. À quarante et un ans, elle s’est mariée le jeudi 10 juin 1756 à Pointe-aux-Trembles avec Alexis Delsort.

IV – Joseph Charland, né à Québec le dimanche 18 juillet 1717, décédé à Deschaillons-sur-Saint-Laurent le mercredi 29 septembre 1784, jour de la Saint-Michel, inhumé le lendemain au même endroit, à l’âge de soixante-sept ans. À vingt-deux ans, il s’est marié le dimanche 22 novembre 1739 à Saint-Jean-Deschaillons, Centre-du-Québec  avec Thérèse Maillot, née le dimanche 12 mars 1724 à Deschambault-Grondines, décédée le vendredi 4 décembre 1767 à Saint-Jean-Deschaillons, à l’âge de quarante-trois ans. Leur union dura vingt-huit ans.

À cinquante-trois ans, et après environ trois ans de veuvage, une deuxième fois. Il s’est marié le lundi 15 janvier 1770 à Deschaillons-sur-Saint-Laurent avec Marie-Charlotte Gendron. À soixante et un ans, Joseph s’est marié en troisièmes et dernières noces le samedi 10 octobre 1778 à Sainte-Anne-de-la-Pérade avec Elisabeth Morand, née en 1732.

V – Marie-Madeleine Charland, née à Québec le mardi 7 mars 1719, décédée à Montréal le samedi 21 janvier 1741, à l’âge de vingt-deux ans.

VI – Noël Charland, né à Québec le jeudi 2 janvier 1721, décédé le mercredi 11 mars 1807, inhumé à L’Assomption, Cimetière de l’Assomption le surlendemain, à l’âge de quatre-vingt-six ans. À vingt-cinq ans, il s’est marié le lundi 5 septembre 1746 à L’Assomption avec Elisabeth Venne, née le jeudi 6 mars 1727 à Pointe-aux-Trembles, décédée le mardi 17 février 1750 à L’Assomption, à l’âge de vingt-trois ans. Leur union dura quatre ans.

À trente ans, et après environ un an de veuvage, une seconde fois. Il s’est marié le lundi 9 août 1751 à L’Assomption, Église de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie avec Madeleine Magneron, née le mercredi 24 septembre 1727, décédée à L’Assomption le vendredi 7 octobre 1808, à l’âge de quatre-vingt-un ans. Son décès survint après cinquante-six ans de mariage.

VII – René-Louis Charland, né à Quebec le dimanche 25 juillet 1723. À vingt-cinq ans, il s’est marié le lundi 14 octobre 1748 à L’Assomption avec Marguerite Montabert. À trente ans, René-Louis s’est marié une seconde fois le lundi 12 février 1753 à Pointe-aux-Trembles avec Marguerite Bazinet.

VIII – Jean-Baptiste Charland, né à Québec le dimanche 24 juin 1725, jour de la Saint-Jean-Baptiste.

Ils auront dix enfants ensemble dont Joseph. Jeanne élèvera également les deux autres garçons de Claude.

A VERIFIER

Joseph Charland dit Francoeur décède à l’âge de 50 ans le 28 septembre 1725 à l’Hôpital-de-l’Hôtel-Dieu de Québec. Ses funérailles ont lieu le lendemain et il est inhumé au cimetière Notre-Dame de Québec.

Marie-Angélique après six ans de veuvage, épouse le 2 avril 1731 à Québec, Jean-Pierre Jarland originaire de Marchéville, Eure et Loire, France. Ils ont passés un contrat de mariage le 31 mars 1731 devant le Notaire Dubreuil de Québec.

Marie-Angélique a mis au monde en 1732 Pierre-Joseph Jarland. Elle décède à l’âge de 45 ans le mercredi 28 septembre 1735.

 

VERIFIER DE CE QUI EST ADVENU DES ENFANTS MINEURS

CHAPITRE 1-H

Le 20 août 1692 Marie Constantineau met au monde Geneviève qui sera baptisée le 25 août en l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville en présence de son père Michel Harbour, son parrain Michel Constantineau et sa marraine Françoise Lefebvre.

Le 12 janvier 1712, elle épouse Jean-Baptiste Proulx en l’Église Saint-François-de-Sales de Neuville. Il a 13 ans de plus qu’elle car il est né le 22 décembre 1679 et baptisé le 24 décembre 1679 à Neuville. Il ont passés un contrat de mariage le …………………….

La famille Proulx

Les parents de Jean-Baptiste sont Jean Proulx et Catherine Pinel les même que ses belles-sœurs Madeleine, Marie-Catherine, Marie-Madeleine.

Marie Geneviève et Jean-Baptiste eurent 14 enfants dont ;

I – Marie Proulx, née et baptisée en 1713 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À trente-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 1er mai 1752 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Antoine Leblanc, né vers 1710 à Clermont-L’Hérault, (34800), Languedoc-Roussillon, France.

II – Marie-Clémence Proulx, née à Neuville le jeudi 22 février 1714, décédée L’Assomption le samedi 9 juin 1787, à l’âge de soixante-treize ans. À vingt ans, elle s’est mariée le lundi 18 janvier 1734 à Neuville avec Basile Grégoire, né le dimanche 11 décembre 1707 à Neuville, décédé le dimanche 17 mai 1761 L’Assomption, à l’âge de cinquante-quatre ans. Leur union dura vingt-sept ans.

III – Marie Proulx, née à Neuville le vendredi 25 octobre 1715, baptisée le surlendemain au même endroit. À vingt-sept ans, elle s’est mariée le lundi 9 avril 1742 à Québec avec Jean-Baptiste Guillot.

IV – Marie Prou, née et baptisée le lundi 13 septembre 1717 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée à Louiseville le jeudi 26 décembre 1799, lendemain de Noël, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. À vingt-sept ans, elle s’est mariée le samedi 18 janvier 1744 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Jean Gregoire, né le jeudi 22 septembre 1718.

V – Jean-Baptiste Proulx, né à Neuville le jeudi 1er juin 1719, baptisé le lendemain au même endroit.

VI – Marie-Louise Proulx, née et baptisée le jeudi 1er mai 1721 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À trente-deux ans, elle s’est mariée le lundi 22 janvier 1753 à Québec avec Nicolas Joly, Drum Major.

VII – François Proulx, né à Neuville le jeudi 11 février 1723, baptisé le lendemain au même endroit. À vingt-cinq ans, il s’est marié le lundi 8 juillet 1748 à Neuville avec Louise Grégoire.

VIII – Louis-Joseph Proulx, né et baptisé le samedi 16 novembre 1726 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À vingt-huit ans, il s’est marié le lundi 18 novembre 1754 à Neuville avec Marie-Anne Mercure, née le dimanche 15 juin 1732 à Québec, y décédée le mardi 1er janvier 1765, premier jour de l’année, à l’âge de trente-trois ans.

À quarante et un ans, et après environ deux ans de veuvage, une seconde fois. Il s’est marié le lundi 7 septembre 1767, veille de la fête de la Nativité de la Sainte-Vierge à Neuville avec Marie-Thérèse Bertrand.

IX – Antoine Proulx, né et baptisé le mercredi 5 mai 1728 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville.

X – Marie-Rose Proulx, née et baptisée le dimanche 29 janvier 1730 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À vingt-six ans, elle s’est mariée le lundi 9 février 1756 à Neuville, Église de Neuville avec Jean-Baptiste Derome, né le mercredi 13 janvier 1734.

XI – Augustin Proulx, né et baptisé le dimanche 5 août 1731 à Québec, décédé le jeudi 22 novembre 1731et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

XII – Angelique Proulx, née et baptisée le mardi 15 décembre 1733 à Québec, décédée le mardi 17 mai 1774et inhumée le lendemain dans la même localité, à l’âge de quarante et un ans. À vingt ans, elle s’est mariée le lundi 30 avril 1753 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Jacques Gouget.

XIII – Marie Proulx, née à Neuville le mardi 8 mars 1735, baptisée le lendemain au même endroit, décédée le samedi 2 juillet 1735et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

XIV – Marie Proulx, née à Neuville le mardi 19 février 1737, baptisée le lendemain au même endroit, décédée le mercredi 14 août 1737, veille de l’Assomptionet inhumée le jour même dans la même localité, dans sa première année.

Note : Les 4 derniers enfants sont décédés avant l’âge de 1 an.

Nous retraçons des actes notariés 28 mars 1731 devant le Notaire C. Barolet en rapport à la cession de leurs biens. Également le 26 septembre 1750, devant le Notaire Jean-Claude Panet à l’effet que la terre revenait à leur fils François. Aussi le 2 novembre 1750 la même année devant le Notaire Jean-Claude Panet il nomme leur fils Louis-Joseph Proulx.
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CHAPITRE 11 et 1-I

Jean-Baptiste Arbour l’ascendant des Arbour de la Rive-Nord du St-Laurent et principalement de Lanaudière.

 

Marie Constantineau âgée de 21 ans et Michel Harbour de 32 ans voient naître leur quatrième enfant le vendredi 6 octobre 1679. Il est porté sur les fonds baptismaux 2 jours plus tard le dimanche 8 octobre le jour de la fête de Saint-Gratien. Sont présent : Michel Harbour le père, Jean Dubuc le parrain, Marie-Charlotte Poitiers la marraine et Germain Morin, prêtre et Officier Religieux. Jean-Baptiste sera Cultivateur.

Le 19 avril 1710, il s’unit à Marie Catherine Proulx qui est âgée de21 ans, la fille de Jean Proulx (1633-1703) et Catherine Pinel (1658-1723). Sont présents ; Jean Proulx le père, Anne Constantineau, Jean Hardy, Jean Pinel, J.Basset, Prêtre et Officier Religieux et Pierre Pinel

 

Le couple aura dix enfants soit cinq filles et cinq garçons;

 

I – Marie Harbour. Née et baptisée le vendredi 10 mars 1702 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée le vendredi 23 octobre 1750 et inhumée le surlendemain dans la même localité, à l’âge de quarante-huit ans. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le mardi 16 septembre 1721 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Étienne Martin, décédé le dimanche 14 janvier 1731 à Neuville. Leur union dura dix ans. Elle en eut Jean-Baptiste, Marie-Jeanne, Etienne, Louis et Marie Martin qui suivent.

À trente et un ans, et après environ deux ans de veuvage, une seconde fois. Elle s’est mariée le vendredi 6 février 1733 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Joseph Harnois, né le jeudi 27 mars 1710 à Neuville.

1°  – Jean-Baptiste Martin, né et baptisé le mardi 21 juillet 1722 à Quebec, Église de Saint-Augustin de Québec. À quarante-quatre ans, il s’est marié le lundi 26 mai 1766 à Pointe-aux-Trembles, Montréal avec Louise Derome.

2°  – Marie-Jeanne Martin, née à Quebec le samedi 16 septembre 1724, baptisée le lendemain au même lieu. À trente-trois ans, elle s’est mariée le lundi 17 janvier 1757 à Neuville avec Joseph Prou, né le mercredi 26 février 1721 à Neuville

3°  – Etienne Martin, né et baptisé le jeudi 1er août 1726 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville.

4°  – Louis Martin, né et baptisé le mercredi 19 mars 1727 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À vingt-quatre ans, il s’est marié le samedi 2 octobre 1751, lendemain de la Saint-Rémy, en l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Rose Hebert-Lecompte.

5°  – Marie Martin, née à Neuville le samedi 29 janvier 1729, baptisée le lendemain en la même localité. À vingt-quatre ans, elle s’est mariée le lundi 8 janvier 1753, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Louis-Joseph Papillon.

II – Marie-Madeleine Harbour. Née et baptisée le mercredi 30 avril 1704 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée dans la même localité le vendredi 23 octobre 1750, à l’âge de quarante-six ans. À vingt-cinq ans, elle s’est mariée le mardi 8 février 1729 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Noël Pelletier, né le dimanche 19 décembre 1700 à Neuville.

III – Jean-Francois Harbour. Né et baptisé le lundi 16 novembre 1705 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville [i], décédé le mercredi 10 décembre 1749 et inhumée le surlendemain dans la même localité, à l’âge de quarante-quatre ans. À vingt-six ans, il s’est marié le dimanche 4 février 1731 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Marie-Josephe Savary, née le mercredi 15 février 1713 à Lauzon, Chaudière-Appalaches, Québec, décédée le jeudi 19 novembre 1767 à Cap-Santé, à l’âge de cinquante-quatre ans. Son décès survint après dix-huit ans de mariage. Il eut de celle-ci Jean, Louis, Augustin, Marie, Agathe, Anonyme, Geneviève, Marie, Marie-Joseph et Marie qui suivent.

1°  – Jean Arbour. Né à Neuville le mardi 8 avril 1732.

2°  – Louis Arbour. Né à Neuville le lundi 25 avril 1735.

3°  – Augustin Arbour, né à Neuville le lundi 30 avril 1736.

4°  – Marie Arbour, née à Neuville le vendredi 21 novembre 1738. À vingt-quatre ans, elle s’est mariée le lundi 1er février 1762 à Neuville avec Andre St-Pierre, né le mercredi 31 décembre 1721, jour de la Saint-Sylvestre à Lille (59000 (Nord-Pas-de-Calais), décédé le vendredi 4 septembre 1795 à Nicolet, Centre-du-Québec, à l’âge de soixante-quatorze ans.

5°  – Agathe Arbour, née à Neuville le samedi 6 février 1740.

6°  – Anonyme Arbour. Née à Neuville le samedi 19 octobre 1743.

7°  – Geneviève Arbour, née à Neuville le dimanche 25 octobre 1744. À trente-deux ans, elle s’est mariée en 1776 à Quebec avec Charles Royal-Bellefleur, né en 1720, décédé le dimanche 21 avril 1782 à Quebec à l’âge de soixante-deux ans.

8°  – Marie Arbour, née et décédée à Neuville le vendredi 4 mars 1746.

9°  – Marie-Joseph Harbour, née à Neuville en juin 1747.

10°  – Marie Harbour, née à Neuville en août 1749.

IV – Marie-Angélique Harbour. Née et baptisée le samedi 24 septembre 1707 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée à Saint-Jean-Baptiste-des-Écureuils, Capitale-Nationale, Québec le dimanche 15 juillet 1753, inhumée le surlendemain au même endroit, à l’âge de quarante-six ans. À dix-sept ans, elle s’est mariée le lundi 23 octobre 1724 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Pierre Léveillé, né le lundi 16 juin 1704 à Neuville, décédé le samedi 5 décembre 1750 à Saint-Jean-Baptiste-des-Écureuils, à l’âge de quarante-six ans. Leur union dura vingt-six ans. Ils ont eu Pierre, Jean-Baptiste, Marie, Michel, Louis, Joseph, Augustin et Jean Léveillé qui suivent.

1°  – Pierre Léveillé. Né à Neuville en octobre 1725, décédé dans la même localité le samedi 8 décembre 1725, jour de la fête de la Conception, dans sa première année.

2°  – Jean-Baptiste Léveillé, né à Neuville le jeudi 21 novembre 1726.

3°  – Marie Léveillé, née à Neuville le vendredi 16 juillet 1728.

4°  – Michel Léveillé. Né à Neuville en mai 1731, décédé dans la même localité en juin 1731, dans sa première année.

5°  – Louis Léveillé, né à Neuville en mai 1733.

6°  – Joseph Léveillé, né à Neuville  en décembre 1734.

7°  – Augustin Léveillé, né à Neuville en décembre 1736.

8°  – Jean Léveillé. Né à Neuville le samedi 27 décembre 1738, décédé à Écureuils le jeudi 31 décembre 1818, jour de la Saint-Sylvestre, à l’âge de quatre-vingts ans.

 

V – Jean-Baptiste Harbour, né et baptisé le vendredi 30 août 1709 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. C’est là qu’il fut inhumé le lundi 20 septembre 1728, son décès étant survenu le dimanche 19 septembre 1728, à l’âge de dix-neuf ans.

VI – Joseph Harbour, né et baptisé le vendredi 14 août 1711, veille de l’Assomption à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé le dimanche 16 août 1711, lendemain de l’Assomption et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

VII – Jean-Baptiste Harbour, cabaretier, né à Neuville le samedi 8 octobre 1712, baptisé le lendemain en la même localité, décédé à Saint-Sulpice, Lanaudière, Québec en septembre 1798, inhumé le vendredi 28 septembre 1798 au même lieu, à l’âge de quatre-vingt-six ans. À soixante-trois ans, il s’est marié le lundi 13 février 1775 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Louise Bousquet, née en 1704.

VIII – Joseph Louis Arbour, cultivateur, né à Neuville le jeudi 25 janvier 1714, baptisé le lendemain en la même localité, décédé à Repentigny le mardi 4 avril 1780, inhumé le lendemain en la même localité, à l’âge de soixante-six ans. À trente-neuf ans, il s’est marié le lundi 24 septembre 1753 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville avec Marie-Josephte Augers, née vers 1736 à Neuville, décédée en juin 1792 à Repentigny.

Son décès survint après vingt-sept ans de mariage. Il en eut Louis-Joseph, Marie-Josette, Jean, Jean-Francois, Pierre, Marie-Joseph, Isabelle, Marie-Anne, Jean-Baptiste, Suzanne, François, Antoine, Marie, Marie-Hélène, Marie-Reine, Laurent, François, Marie-Louise et Charles que nous retrouverons dans le prochain chapitre.

IX – Marie-Joseph Harbour, née et baptisée le lundi 8 février 1717 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée à Quebec en 1759, à l’âge de quarante-deux ans. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 30 avril 1736 à Neuville  avec Joseph Mathon, Chirurgien, né à Saint-Sever (Landes) le 3 mai 1699, décédé à Neuville (Capitale-Nationale) le 4 juin 1758, à l’âge de cinquante-neuf ans, inhumé dans la même localité en juin 1758. Le mariage a été célébré par le Père Jésuites François Dumont.

Joseph Mathon a été un grand chirurgien et aujourd’hui, une plaque commémorative est visible à Neuville (HOMMAGE À Joseph Mathon, Médecin Chirurgien, qui en cette paroisse le 30 avril 1736, prit pour épouse, Marie-Josephte Arbour)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1) Jean Joseph Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) le 10 octobre 1738.

Il s’est uni avec Véronique Rougeau dit Berger,

 

2) Jean Baptiste Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) le 5 avril 1740, y décédé le 28 août 1740, à l’âge de quatre mois.

 

 

3) Jean Baptiste Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) le 28 juin 1741, décédé à Batiscan (Mauricie) le 1er octobre 1809, à l’âge de soixante-huit ans.

Il s’est uni avec Marguerite Trottier.

 

 

4) Marie Therese Mathon, née à Neuville (Capitale-Nationale) le 20 avril 1743, décédée à Verchères (Montérégie) en août 1798, à l’âge de cinquante-cinq ans.

Elle s’est unie avec Maurice Desdeveres de Glandon.

 

 

5) François de Sales Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) le 15 décembre 1744, décédé à Aubechies (Hainaut) le 12 mars 1821, à l’âge de soixante-seize ans. Il s’est uni avec Ursule Lebrun.

 

 

6) Augustin Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) le 31 août 1746, décédé à Batiscan (Mauricie) en novembre 1793, à l’âge de quarante-sept ans.

Il s’est uni avec Catherine Girardot, née à Pointe-du-Lac (Mauricie) en décembre 1752, décédée à Batiscan (Mauricie) le 4 avril 1814, lendemain du dimanche des Rameaux, à l’âge de soixante et un ans,

 

7) Charles Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) le 9 juin 1748, jour de la Trinité, y décédé le 29 juin 1748, à l’âge de vingt jours.

 

 

8) Marie Joseph Mathon, née à Neuville (Capitale-Nationale) le 14 septembre 1749, y décédée le 14 septembre 1749.

 

 

9) Marie Josepth Mathon, née à Neuville (Capitale-Nationale) le 31 janvier 1751, y décédée le 14 février 1751, à l’âge de quatorze jours.

 

 

10) Marie Josephe Mathon, née à Neuville (Capitale-Nationale) le 19 juillet 1756, y décédée le 21 septembre 1812, à l’âge de cinquante-six ans.

Elle s’est unie avec Antoine Gauthier.

 

 

11) Gabriel Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) en 1758.

Il s’est uni avec Madeleine Massicotte.

 

 

12) Antoine Andre Mathon, né à Neuville (Capitale-Nationale) le 25 novembre 1759.

Il s’est uni avec Genevieve Lefebvre, née en 1760, décédée à Quebec (Capitale-Nationale) en janvier 1803, à l’âge de quarante-trois ans,

 

X – Marguerite Harbour, née et baptisée le dimanche 9 juillet 1719 à Neuville en l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. À trente et un ans, elle s’est mariée le samedi 31 octobre 1750 à Pointe-aux-Trembles, Montréal avec Jean-Baptiste Hardy, né le mardi 25 avril 1702 à Neuville et décédé le jeudi 22 mars 1787, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. De là naquit Eustache Hardy qui suit.

1°  – Eustache Hardy, marié le lundi 8 juillet 1771 à Saint-Antoine-de-Tilly Chaudière-Appalaches, Québec, Église de Saint-Antoine-de-Tilly avec Geneviève Langlois, née le lundi 8 janvier 1748 L’Ange-Gardien, Capitale-Nationale.

La vie de Jean-Baptiste Arbour

Il sera cultivateur et Menuisier.

Le 6 février 1756, Jean-Baptiste âgé de soixante-dix-sept ans ainsi que Marie-Catherine âgée de soixante-dix-huit ans rédige leur testament devant le Notaire Sanguinet en laissant la terre au plus vieux de leur garçon vivant soit Jean-Baptiste né le 8 octobre 1712. La donation de la terre prend effet immédiatement.

 

Avec cette donation cela leur permet de vivre les dernières années de leur vie paisiblement. Il faut mentionner qu’il était plutôt rare à l’époque de voir des personnes ayant plus de 70 ans.

CHAPITRE 111

Joseph Louis Harbour voit le jour le jeudi 25 janvier 1714 à Neuville. Il est baptisé le 26 janvier 1714 en l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. Sont présents ; Jean-Baptiste son père, Joseph Prou, parrain, Barbe Faucher, marraine.
Le 24 septembre 1753, il épouse en l’Église de Saint-François-de-Sales de Neuville Marie-Josephte Augers âgée de 17 ans. Ils ont passés contrat de mariage le 23 septembre 1753 devant le Notaire Sanguinet de Neuville.
La famille Auger

Pierre Auger est né vers 1655 à Lezay près de Niort au Poitou, France. Fils de Louis Auger et de Suzanne Nicolas, il épouse Perrine Meunier (15 ans), fille de René Meunier et de Marguerite Charpentier, le 30 avril 1685 à Neuville.

 

De leur union naissent 6 enfants. Il arrive en Nouvelle-France en 1681, en tant que serviteur du Seigneur de Portneuf. Il s’établit sur une terre à la Pointe aux-Trembles de Neuville.

 

Dès 1716, il n’est plus en mesure de cultiver lui-même. Il la cède donc à ses fils Louis-Joseph et Louis, en échange de quoi, ils s’engagent à nourrir et entretenir leurs parents jusqu’à leur mort. Pierre décède le 9 mars 1735 à l’âge de 81 ans. Perrine décède le 28 mars 1739 à l’âge de 69 ans. Ils sont inhumés au cimetière de Saint-François-de-Sales de Neuville.

 

Son garçon Joseph Auger (1694-1759) et Geneviève Gaudin sont les parents de Marie-Josephte Auger née en 1736.

 

La famille

 

Louis Joseph Arbour et Marie-Josephte Auger auront dix-neuf enfants dont neuf filles et dix garçons. Cinq enfants décèdent dans leur première année de naissance et un enfant avant l’âge de cinq ans ainsi que deux avant l’âge de vingt-six ans.

 

I – Louis-Joseph Arbour, né à Neuville le vendredi 31 mai 1754.

II – Marie-Josette Arbour, née et baptisée le mardi 15 juillet 1755 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée et inhumée le lundi 15 août 1774, jour de l’Assomption à Deschambault-Grondines, Capitale-Nationale, Québec, Cimetière de Deschambault-Grondines, à l’âge de dix-neuf ans.

III – Jean Arbour, né et baptisé le dimanche 26 décembre 1756, lendemain de Noël à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville. C’est là qu’il décéda en juillet 1760, et qu’il fut inhumé en juillet 1760, à l’âge de quatre ans.

IV – Jean-Francois Arbour, né à Neuville le samedi 22 avril 1758, baptisé le lendemain en la même localité, décédé le dimanche 3 septembre 1758et inhumée le jour même dans la même localité, dans sa première année.

V – Pierre Arbour, né à Saint-Sulpice en 1760, décédé à Joliette le mardi 13 juin 1843, inhumé le surlendemain au même lieu, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. À vingt-sept ans, il s’est marié le lundi 5 novembre 1787 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Thérèse Bélair, née le samedi 30 septembre 1769, lendemain de la Saint-Michel à Saint-Sulpice, décédée le lundi 19 mai 1851 à Joliette, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Son décès survint après cinquante-six ans de mariage. Nous parlerons de sa descendance dans le prochain chapitre.

VI – Marie-Joseph Arbour, née et baptisée le samedi 14 mars 1761 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée à Saint-Sulpice le vendredi 28 juillet 1786, inhumée le lendemain au même lieu, à l’âge de vingt-cinq ans. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 31 janvier 1780 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Joseph Beignet, décédé le mercredi 15 août 1781, jour de l’Assomption à Repentigny. Leur union dura un an.

À vingt et un ans, et après environ un an de veuvage, une seconde fois. Elle s’est mariée le lundi 1er juillet 1782 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Joseph Normand, décédé après 1790. Son décès survint après quatre ans de mariage.

VII – Isabelle Arbour, née à Neuville le jeudi 8 juillet 1762, baptisée le lendemain au même endroit, décédée le jeudi 17 juin 1779et inhumée le jour même dans la même localité, à l’âge de dix-sept ans.

VIII – Marie-Anne Arbour, née et baptisée le dimanche 29 juillet 1764 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée à Joliette le lundi 21 janvier 1850, inhumée le surlendemain au même endroit, à l’âge de quatre-vingt-six ans. À dix-huit ans, elle s’est mariée le vendredi 17 mai 1782 à Saint-Sulpice avec François Froment, Bedeau à l’Église-de-La-Purification de Repentigny.

IX – Jean-Baptiste Arbour, né à Neuville le jeudi 26 décembre 1765, lendemain de Noël, baptisé le dimanche 16 février 1766 au même lieu, décédé à Saint-Sulpice le jeudi 10 décembre 1840, inhumé le surlendemain au même lieu, à l’âge de soixante-quinze ans. À vingt-six ans, il s’est marié le lundi 21 novembre 1791 à Saint-Sulpice avec Marie-Catherine Desmarais, née le lundi 27 octobre 1766 L’Assomption, décédée le dimanche 14 janvier 1827 à Saint-Sulpice, à l’âge de soixante et un ans. Leur union dura trente-six ans.

X – Suzanne Arbour, née et baptisée le mercredi 18 mars 1767 à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédée le dimanche 29 mars 1767et inhumée le jour même dans la même localité, dans sa première année.

XI – François Arbour, né aux Écureuils, Capitale-Nationale, Québec le vendredi 8 avril 1768, baptisé à Neuville, Église de Saint-François-de-Sales de Neuville, décédé et inhumé le samedi 12 août 1769 à Neuville, Cimetière de Saint-François-de-Sales de Neuville, dans sa première année.

XII – Antoine Arbour, né à Trois-Rivières le lundi 26 juin 1769, baptisé le lendemain en la même localité.

XIII – Marie Arbour, née à Trois-Rivières le lundi 26 juin 1769, baptisée le lendemain au même endroit.

XIV – Marie-Hélène Arbour, née et baptisée vers 1770 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice, décédée à Lavaltrie le vendredi 18 juin 1852, inhumée à Saint-Paul, Cimetière de Saint-Paul le surlendemain. À environ vingt-trois ans, elle s’est mariée le vendredi 18 octobre 1793 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Joseph Goulet, décédé vers 1804 à Saint-Sulpice. Leur union dura onze ans.

À environ trente-cinq ans, et après environ un an de veuvage, une deuxième fois. Elle s’est mariée le samedi 8 juin 1805 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Joseph Cochu, décédé vers 1812 à Saint-Sulpice. Leur union dura sept ans.

À environ quarante-quatre ans, et après environ deux ans de veuvage, en troisièmes et dernières noces. Elle s’est mariée le lundi 21 novembre 1814 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Jean-Baptiste Le Tellier, né le dimanche 16 novembre 1766 L’Assomption, décédé le samedi 22 février 1845 à Saint-Sulpice, à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Leur union dura trente et un ans.

XV – Marie-Reine Arbour, née et baptisée le dimanche 26 janvier 1772 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice. C’est là qu’elle décéda et qu’elle fut inhumée.

XVI – Laurent Arbour, cultivateur, Journalier. Né et baptisé le samedi 7 août 1773 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice, décédé à Saint-Ligouri le jeudi 9 juin 1859, inhumé le surlendemain au même endroit, à l’âge de quatre-vingt-six ans. À vingt-neuf ans, il s’est marié le lundi 8 février 1802 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Marie-Anne Beaudoin, née le mardi 14 avril 1778 à Repentigny, décédée le vendredi 6 mai 1853 à Saint-Ligouri, à l’âge de soixante-quinze ans. Leur union dura cinquante et un ans.

XVII – François Arbour, né et baptisé le mercredi 24 avril 1776 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice, décédé le samedi 17 août 1776et inhumée le jour même dans la même localité, dans sa première année.

XVIII – Marie-Louise Arbour, née et baptisée le samedi 12 septembre 1778 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice, décédée à Lavaltrie le mercredi 29 avril 1846, inhumée à Saint-Paul, Cimetière de Saint-Paul le vendredi 1er mai 1846, à l’âge de soixante-huit ans. À onze ans, elle s’est mariée le samedi 27 juin 1789 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Claude Beaupré, décédé le mercredi 17 mai 1815 à Saint-Sulpice. Leur union dura vingt-six ans.

À trente-sept ans, et après environ un an de veuvage, une seconde fois. Elle s’est mariée le mardi 3 octobre 1815 à Saint-Sulpice, Église de Saint-Sulpice avec Louis Ferron, né le mardi 24 septembre 1782 à Yamachiche, Mauricie, Québec, y décédé le mercredi 21 novembre 1838, à l’âge de cinquante-six ans. Leur union dura vingt-trois ans.

XIX – Charles Arbour, né et baptisé ainsi que décédé le vendredi 7 avril 1780 à Repentigny.

Déménagement   A DEVELOPPER

Le 13 septembre 1759 la bataille des plaines d’Abraham où les armées anglaises sont les vainqueurs change complètement le paysage des colons en Nouvelle-France. Les français ont un profond sentiment d’avoir été abandonné par la mère patrie.

Québec est finalement tombé aux mains des Britanniques en 1759, annonçant le début de la paix relative et ouvrant la voie pour le Traité de Paris de 1763, dans laquelle
La France cède la colonie de Québec à la Grande-Bretagne.

 

Dans l’Acte de Québec 1774, les Britanniques ont permis aux gens de Québec de conserver leur religion catholique romaine et de la langue française.

 

Neuville étant très proche de Québec subissait l’arrogance et les besoins immédiats des dirigeants anglais. Apparemment, après cette expérience, Joseph et Josette a décidé de se déplacer sur 200 kilomètres, le long du fleuve St-Laurent Ouest, de Neuville à la communauté de Saint-Sulpice dans le comté de L’Assomption.

 

Leur déménagement en 1772 marque l’arrivée des Arbour dans la région de Lanaudière, qui comprend les comtés de L’Assomption, Joliette, Montcalm, Berthier.

Par contre, Dominique Arbour originaire de L’Île-du-Prince-Édouard où l’Île-St-Jean en 1727 a marié Angélique Pelletier le 18 août 1755 à L’Assomption.
CHAPITRE 1V

Dans le présent chapitre et les suivants, nous suivront deux grandes familles Arbour decendantes de Louis-Joseph Arbour et Marie-Josephte Auger soient :

Pierre Arbour    (1760-1843) et Thérèse Bélair dit Dalbec (1769-1851)

Laurent Arbour (1774-1859) et Marie-Anne Beaudoin       (1778-1853)

 

Chapitre 1V-1

 

Pierre le cinquième enfant né en 1760 à Saint-Sulpice aura une descendance marquée dans les régions de Lanaudière et de la Montérégie.

 

Le lundi 5 novembre 1787 en l’Église de Saint-Sulpice, il épouse Thérèse Bélair dit Dalbec née le 30 septembre 1769 à Saint-Sulpice.

 

Famille Bélair dit Dalbec

 

Elle est la fille de Jean-Baptiste Delpeche dit Dalbec (1741-1823) et de Marie-Anne Colin dit Laliberté (1741-1823). La famille Colin dit Laliberté est implantée à Saint-Sulpice depuis plusieurs années en provenance de Pointe-aux-Trembles de Montréal.

 

La famille Delpeche au Québec :

Bernard Delpeches dit Bélair (Dalpec ou Delpech)
Il était l’un des douze cents hommes du régiment de Carignan-Salières qui a débarqué en Nouvelle-France le 19 août 1665 à bord del’Aigle D’Or.
Il est né en 1641 dans la Paroisse de Saint-Antonin-Noble-Val, Tonnac, Tarn, France. Il décède à Repentigny le 9 décembre 1687 à l’âge de 46 ans.
Il a passé deux contrats de mariage le 25 octobre 1667 et le 23 novembre 1667 devant le Notaire Bénigne Basset de Montréal. Le dernier contrat de mariage était plus sérieux car il avait avec lui en tant que témoins, son commandant, le major Zacharie Dupuy, sieur de Verdun et un certain nombre d’autres officiers de son régiment.

Il épouse le 25 novembre 1667 Marguerite Jourdain née le 12 novembre 1648 à Rouen dans la paroisse de Notre-Dame-du-Bois-Robert. Elle est la fille de Claude et Marguerite Delahaye. Elle est arrivée à Québec comme Fille du Roi le 25 septembre 1677 sur le Bateau le St-Louis avec une dote. Avant son mariage, elle avait vécu dans la Maison Saint-Gabriel qui appartenait à Sieur de Bransatt  comme de nombreuses autres jeunes filles «Filles du Roi”. (Aujourd’hui l’adresse de ce bâtiment est 2146 Côte St-Paul, St-Henri, Montréal.

Remarques

Les variations de l’orthographe comprennent: Delpe, Delpeche, Delpeches, Talpec, Dolbec, Dalpecque, Dalpeck, Belec, Delbec.  Après avoir quitté le régiment, Bernard est devenu un agriculteur. Il était l’un des premiers propriétaires fonciers à Repentigny, au Québec. Dans le recensement de 1677 à Repentigny, il avait une ferme qui était de 6 acres par 20 acres. Ce qui suit se trouve dans le recensement de 1681 à Repentigny.

 

Ils ont eu une famille de trois enfants mais une grande descendance principalement avec leur fils Jean-François marié à Madeleine Ménard le 28 juillet 1682 ainsi que Marie mariée le 16 mars 1688 avec Antoine Brane qui feront alliance avec la grande famille des Melançon et Forest de St-Jacques (Montcalm).

 

Jean-Baptiste Delpêche dit Bélair le garçon de Jean-François marié le 7 avril 1739 à Lavaltrie  à Marguerite Robillard  ont un fils également appelé Jean-Baptiste (1742-1823) et marié le 10 octobre 1763 à Saint-Sulpice avec Marie-Anne Colin (1747-1801). Ils seront les parents de Thérèse Bélair dit Dalbec.

 

Pierre Arbour et Thérèse Bélair dit Dalbec ont cinq enfants :

 

I – Louis Arbour, marié le mardi 16 septembre 1834 à L’Assomption, Église Saint-Pierre du Portage avec Elizabeth Bourk.

II – Joseph Arbour, né L’Assomption en 1790, décédé dans la même localité le dimanche 26 mai 1872, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, marié avec Elizabeth Langlois, née en 1795 à L’Assomption, décédée en 1871 à L’Assomption, à l’âge de soixante-seize ans.

III – Sulpice Arbour, né à Saint-Sulpice le lundi 16 janvier 1797, décédé en octobre 1842, à l’âge de quarante-cinq ans. À vingt-huit ans, il s’est marié le mardi 25 janvier 1825 à L’Assomption avec Francoise Labrecque.

IV – Alexandre Arbour, né à Saint-Sulpice le jeudi 19 mars 1801, décédé le jeudi 3 septembre 1863, à l’âge de soixante-deux ans. À vingt et un ans, il s’est marié le mardi 8 janvier 1822 à L’Assomption avec Marie-Louise-Josephte Dufault, née vers 1805 à Québec.

V – Jean-Baptiste Arbour, né à Saint-Sulpice le samedi 15 mars 1806, décédé à Sainte-Émélie-de-L’Énergie le dimanche 12 décembre 1886, inhumé le surlendemain au même lieu, à l’âge de quatre-vingts ans. À vingt et un ans, il s’est marié le mardi 16 octobre 1827 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Émelie Dorval, née le jeudi 2 août 1810 à L’Assomption, décédée le dimanche 10 juin 1888 à Sainte-Émélie-de-L’Énergie, à l’âge de soixante-dix-huit ans. Son décès survint après cinquante-neuf ans de mariage.

Pierre Arbour décède le mardi 13 juin 1843 à l’âge de 83 ans et Thérèse le 19 mai 1851 à l’âge de 81 ans. Ils sont inhumés au cimetière de Joliette.

 

 

Chapitre 1V-2

Laurent Arbour, cultivateur et journalier est le seizième enfant de Louis Joseph Arbour âgé de 59 ans et Marie-Josephte Auger âgée de 37 ans environ. Il voit le jour le 7 août 1773 à Saint-Sulpice. Il est porté sur les fonds baptismaux le même jour en ce samedi du 7 août 1773.

Son père décède le 4 avril 1780 et Laurent n’a que 6 ans. Il est élevé par sa mère et surtout ses frères plus âgés dont il suit l’exemple. Le lundi 8 février 1802 à l’âge de 28 ans, il s’unit à Marie-Anne Beaudoin âgée de 23 ans en l’Église de Saint-Paul devant leurs parents.

Souche defricheurs à developper

Jean Beaudoin, Maître Pâtissier, né à La Rochelle (Charente-Maritime) vers 1609, y décédé le 15 février 1652, surlendemain de mardi gras, à l’âge de quarante-trois ans environ. Il s’est marié, à l’âge de vingt et un ans environ, vers 1630 à La Rochelle, Charente-Maritime avec Jeanne Bretet née vers 1611.

Jean Beaudoin, né à La Rochelle, Charente-Maritime  vers 1638, décédé à Pointe-aux-Trembles, Montréal le 25 septembre 1713, à l’âge de soixante-quinze ans et inhumé dans la même localité le même jour.

Il s’est marié, à l’âge de vingt-cinq ans le 27 novembre 1663 à Montréal avec Marie-Charlotte Chauvin née le 5 avril 1651 et inhumé le 31 octobre 1718 au côté de son époux. Ils ont passés un contrat de mariage le 19 novembre 1663 devant le notaire Basset.

Les douze enfants de Jean Beaudoin et Charlotte Chauvin vivants et mariés ont plusieurs des descendants ayant habité à Saint-Paul à un moment ou l’autre.

 

DESCENDANTS :

I – Jean-Baptiste Beaudoin, né à Montréal le samedi 12 juin 1666, baptisé le lendemain au même endroit, décédé et inhumé le dimanche 2 juillet 1690 à Pointe-aux-Trembles, à l’âge de vingt-quatre ans.

Note : Décédé le 2 juillet 1690 tué avec plusieurs autres par les Iroquois au bout de l’île de Montréal proche la coulée de Jean Groulx et enterré sur les lieux à la hâte; ses ossements furent récupérés pour être inhumés le 2 novembre 1694 au cimetière paroissial de Pointe-aux-Trembles de Montréal.

II – Anne Beaudoin, née à Montréal le mercredi 3 juillet 1669, décédée à Saint-Sulpice le jeudi 26 janvier 1736, inhumée le mercredi 27 février 1765 en la même localité, à l’âge de soixante-sept ans. À quatorze ans, elle s’est mariée le lundi 22 novembre 1683 à Pointe-aux-Trembles avec Jean Lescarbot dit Beauceron, charpentier, né en 1653 à Châteaudun, (28200), Centre, France, fils de Jean Lescarbeau dit Beauceron et de Marie Piluasdier décédé le mercredi 15 avril 1722 à Saint-Sulpice, à l’âge de soixante-neuf ans. Leur union dura trente-neuf ans.

III – Guillaume Beaudoin, né et baptisé le mardi 7 juin 1672 à Montréal, décédé le vendredi 10 juin 1672et inhumée le jour même dans la même localité, dans sa première année.

IV – Guillaume Beaudoin, né à Montréal le samedi 10 juin 1673, décédé à Repentigny le jeudi 15 mars 1742, inhumé le lendemain au même endroit, à l’âge de soixante-neuf ans. À vingt-quatre ans, il s’est marié le lundi 11 novembre 1697, jour de la Saint-Martin d’hiver à Montréal avec Marie-Anne Baudreau, née le lundi 26 août 1675 à Montréal et fille d’Urbain Beaudreau dit Graveline et de Mathurine Juillet.

V – Jacques Beaudoin, né à Pointe-aux-Trembles le dimanche 27 octobre 1675, décédé à Repentigny le vendredi 29 juillet 1718, inhumé le lendemain au même endroit, à l’âge de quarante-trois ans. À vingt-cinq ans, il s’est marié le lundi 22 novembre 1700 à Repentigny, Église de La Purification de Repentigny avec Marie-Marguerite Rivière fille de Pierre Rivière et de Marie Mongeau.

VI – Francois Beaudoin, né et baptisé le dimanche 30 janvier 1678 à Pointe-aux-Trembles, décédé à Repentigny le mardi 16 avril 1754, à l’âge de soixante-seize ans. À vingt-quatre ans, il s’est marié le lundi 12 juin 1702 à Saint-François-de-Sales, Laval, Église de Saint-François-de-Sales, Laval, avec Anne Grenet, née le dimanche 1er août 1683 à Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévis, Lauzon, Québec, fille de François Grenet et de Marie Ducoudray, décédée le jeudi 21 décembre 1752 à Repentigny, à l’âge de soixante-neuf ans. Leur union dura cinquante ans.

VII – Cecile Beaudoin, Religieuse au Séminaire de Québec, née et baptisée le dimanche 7 avril 1680 à Montréal.

VIII – Jeanne Beaudoin, née à Pointe-aux-Trembles le samedi 8 août 1682, décédée à Lachenaie le dimanche 4 février 1753, inhumée le lendemain au même endroit, à l’âge de soixante et onze ans. À dix-huit ans, elle s’est mariée le lundi 22 novembre 1700 à Repentigny, Église de La Purification de Repentigny avec Jean-Baptiste Forget dit Depatie, fils de Nicolas Forget dit Depatie et de Marie-Madeleine Martin, né en 1676 à Boucherville, décédé le mercredi 12 août 1733 à Lachenaie, à l’âge de cinquante-sept ans. Leur union dura trente-trois ans.

IX – Louis Beaudoin, né et baptisé le mardi 22 août 1684 à Pointe-aux-Trembles, décédé le samedi 2 septembre 1684et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

X – Marie-Madeleine Beaudoin, née à Pointe-aux-Trembles le mercredi 26 septembre 1685. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le samedi 26 janvier 1704 à Pointe-aux-Trembles avec Germain Thouin, fils de Roch Thouin et de Denise Colin,  né le mercredi 1er avril 1676 à Boucherville, décédé le samedi 16 janvier 1740 à Montréal, à l’âge de soixante-quatre ans.

XI – Barbe Beaudoin, née et baptisée le dimanche 9 mai 1688 à Pointe-aux-Trembles, décédée à Saint-Sulpice le mercredi 17 octobre 1714, inhumée le lendemain au même lieu, à l’âge de vingt-six ans. À vingt-six ans, elle s’est mariée le lundi 8 janvier 1714 à Saint-Sulpice avec Claude Brane, fils d’Antoine Breme ou Brane et de Marie Delpec,  né le jeudi 20 avril 1690 à L’Assomption.

XII – Jean-Baptiste Beaudoin, né à Pointe-aux-Trembles le lundi 8 octobre 1691, décédé à Repentigny le lundi 1er avril 1771, inhumé en avril 1771 au même lieu, à l’âge de quatre-vingts ans. À vingt-deux ans, il s’est marié le lundi 9 janvier 1713 à Repentigny, Église de La Purification de Repentigny avec Marie-Joseph Gloria, fille d’Antoine Gloria et de Denise Colin. Il est l’arrière grand-père de Marie-Anne Beaudoin épouse de Laurent Arbour

La famille

Laurent Arbour et Marie-Anne Beaudoin auront neuf enfants :

I – Laurent Arbour, fermier, Journalier, fils de Laurent Arbour, né à Saint-Paul le mardi 30 novembre 1802, baptisé le mercredi 1er décembre 1802 au même endroit. À vingt-trois ans, il s’est marié le mardi 2 août 1825 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Marie Lavoie, née vers 1805, décédée vers 1842 à Saint-Paul.

II – François Arbour, né à Saint-Paul le jeudi 22 mars 1804, baptisé le lendemain en la même localité.

 III – Joseph Arbour, né à Saint-Paul le vendredi 29 août 1806, décédé à Saint-Ligouri, Lanaudière, Québec le jeudi 3 novembre 1864, à l’âge de cinquante-huit ans, marié avec Marguerite Girouard, décédée en 1837.

À trente-quatre ans, et après environ trois ans de veuvage, une seconde fois. Il s’est marié le lundi 3 février 1840 à Saint-Jacques avec Adéline Tremblay.

IV – Jean-Baptiste Arbour, cultivateur, né à Saint-Paul le mardi 15 mars 1808, baptisé le lendemain au même lieu, décédé le lundi 11 janvier 1864et inhumée le surlendemain dans la même localité, à l’âge de cinquante-six ans. À dix-huit ans, il s’est marié le mardi 24 janvier 1826 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Marguerite Lorain, née le dimanche 25 mars 1804 à Saint-Paul. Nous reviendrons dans un prochain chapitre avec les descendants de Jean-Baptiste et Marguerite.

V – Charlotte Arbour, née à Saint-Paul vers 1809, décédée à Saint-Ambroise-de-Kildare le vendredi 11 avril 1834.

VI – Louise Arbour, née et baptisée le dimanche 16 février 1812 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul. À vingt et un ans, elle s’est mariée le mardi 29 janvier 1833 à Saint-Ambroise-de-Kildare, Église de Saint-Ambroise-de-Kildare avec Henri Auger, né le mardi 22 novembre 1796 à Saint-Paul, décédé le jeudi 22 novembre 1860 à Saint-Ligouri, à l’âge de soixante-quatre ans.

VII – Angelique Arbour, née à Saint-Paul le mardi 8 février 1814. À vingt-deux ans, elle s’est mariée le lundi 24 octobre 1836 à Sainte-Mélanie, Église de Sainte-Mélanie avec Jean-Baptiste Rivest.

VIII – Basilice Arbour, née à Saint-Paul le samedi 1er juin 1816, décédée à Saint-Edmond, Lanaudière, Québec, le mardi 20 janvier 1914, inhumée le vendredi 23 janvier 1914 au même endroit, à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans. À vingt ans, elle s’est mariée le lundi 19 septembre 1836 à Saint-Ambroise-de-Kildare, Église de Saint-Ambroise-de-Kildare avec Francois-Xavier Perreault, journalier, né vers 1810.

IX – Narcisse Arbour, né et baptisé le lundi 6 juillet 1818 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul, décédé à Montréal en mai 1892, inhumé le mercredi 11 mai 1892 au même lieu, à l’âge de soixante-quatorze ans, marié avec Angelique Benoit, décédée le samedi 18 septembre 1875 à Montréal. Paroisse de Hochelaga.

Le 6 mai 1853 Marie-Anne Beaudoin décède à l’âge de 75 ans. Laurent Arbour est décédé le jeudi 9 juin 1859, à l’âge de 85 ans, à Saint-Ligouri. Il est inhumé le 11 juin 1859 à Saint-Ligouri au côté de son épouse au cimetière de Saint-Ligouri.

CHAPITRE V

 

Chapitre V-1

 

Le quatrième enfant de Pierre Arbour et Thérèse Bélair dit Dalbec soit Jean-Baptiste qui voit le jour le samedi 15 mars 1806 à Saint-Sulpice épouse à l’âge de 21 ans le mardi 16 octobre 1827 à Saint-Paul, Émilie Dorval âgée de 17 ans.

 

Famille Dorval

 

Émilie est née le 2 août 1810 et portée sur les fonds baptismaux le lendemain. Son père est Laurent Dorval et sa mère Louise Panneton.

 

La famille Dorval est en Nouvelle-France depuis 1645 où Claude Bouchard dit Dorval, Sergent-Chirurgien  a épousé en1650 Jeanne Hayot de la grande famille Hayot, Ayotte du Québec.

 

Claude Bouchard dit Dorval (1612-1673) Né vers 1612 à Montigny-Legrain, Île-de-France (Aisne). Il est le fils de Claude Bouchard et Marie Fermery. Il épouse Geneviève Hayot (18 ans), fille de Thomas Hayot et de Jeanne Boucher, en 1650. Son épouse décède le 1er mars 1651 à la naissance d’un enfant mort-né.

 

Veuf, il épouse en secondes noces Marguerite Bénard, veuve de César Léger, le 20 novembre 1651 à Québec. Sept enfants naissent de leur union. Il est en Nouvelle France vers 1643. Il est chirurgien. Après un cours séjour en France en 1648, il revient et s’établit à Sillery. En 1656, sa maison en ruine suite aux incursions des Iroquois, il vend sa terre pour 100 livres. Il part s’établir à Château-Richer. En mars 1668, il reçoit de Mgr de Laval une terre à Sainte-Famille, Île D’Orléans. Il décède entre octobre 1672 et avril 1674.

 

Jean-Baptiste Arbour et Émilie auront 20 enfants dont quatre décèderont avant l’âge de 4 ans à savoir ;

 

0 – Jean-Baptiste Arbour, né à Saint-Sulpice (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 15 mars 1806, décédé à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le dimanche 12 décembre 1886, inhumé le surlendemain au même endroit, à l’âge de quatre-vingts ans. À vingt et un ans, il s’est marié le mardi 16 octobre 1827 à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul avec Emelie Dorval, née le jeudi 2 août 1810 L’Assomption (CANADA) (Lanaudière (Québec)), décédée le dimanche 10 juin 1888 à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)), à l’âge de soixante-dix-huit ans, d’où :

I – Emelie Arbour. Née à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 15 mars 1828, baptisée à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul, décédée le vendredi 8 janvier 1904et inhumée le lundi 11 janvier 1904 dans la même localité, à l’âge de soixante-seize ans. À vingt ans, elle s’est mariée le lundi 6 mars 1848 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) avec Alexis Desmarais, né en 1824 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), y décédé le vendredi 7 février 1890, à l’âge de soixante-six ans. Leur union dura quarante-deux ans.

II – Mathilde Arbour. Née et baptisée le samedi 25 juillet 1829 à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul. C’est là qu’elle fut inhumée le vendredi 9 octobre 1829, son décès étant survenu le jeudi 8 octobre 1829, dans sa première année.

III – Jean-Baptiste Arbour, forgeron, né à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le mercredi 16 juin 1830, baptisé à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul le lendemain, décédé le dimanche 3 février 1907et inhumée le surlendemain dans la même localité, à l’âge de soixante-dix-sept ans. À vingt-deux ans, il s’est marié le lundi 5 juillet 1852 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Adeline Beauparlant, née le samedi 5 juillet 1834 à Lavaltrie (CANADA) (Saint-Antoine (Québec)), décédée le lundi 12 décembre 1892 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), à l’âge de cinquante-huit ans. Leur union dura quarante ans.

À soixante-sept ans, et après environ cinq ans de veuvage, une seconde fois. Il s’est marié le mardi 25 mai 1897 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Mélina Ducharme, née le mercredi 2 juillet 1834, décédée le mardi 30 avril 1935 à Saint-Félix-de-Valois (CANADA) (Lanaudière (Québec)), à l’âge de cent ans passés. Son décès survint après dix ans de mariage.

IV – Louis Arbour, né à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le mercredi 11 avril 1832, baptisé à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul le lendemain, décédé à Waubaushene Simcoe (CANADA) ((Ontario)) le lundi 3 avril 1916, inhumé en avril 1916 en la même localité, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. À vingt-sept ans, il s’est marié le lundi 7 mars 1859 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Celanie Ethier, née le dimanche 6 février 1842.

V – Pierre Arbour, né à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le mercredi 11 décembre 1833, baptisé le lendemain en la même localité, décédé le vendredi 5 septembre 1834et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

VI – Pierre Arbour, né à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le jeudi 1er janvier 1835, premier jour de l’année, baptisé le lendemain en la même localité, décédé à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 24 mars 1906, inhumé le surlendemain en la même localité, à l’âge de soixante et onze ans. À vingt-quatre ans, il s’est marié le lundi 7 mars 1859 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Caroline Perreault, née le samedi 15 avril 1843 à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), décédée le mercredi 27 novembre 1918 à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)), à l’âge de soixante-quinze ans. Son décès survint après quarante-sept ans de mariage.

VII – Caroline Arbour, née et baptisée le jeudi 24 mars 1836 à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul. À vingt ans, elle s’est mariée le mardi 28 octobre 1856 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Hélie Houle, né à Sainte-Élisabeth (CANADA) (Lanaudière (Québec)).

VIII – Alexis Arbour, né à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 17 juin 1837, baptisé le lendemain en la même localité, décédé à Lavigne (CANADA) (Nipissing (Ontario)) le mardi 30 mars 1926, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. À vingt et un ans, il s’est marié le mardi 28 septembre 1858 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Caroline Juneau, née à Verner (CANADA) ((Ontario)).

IX – François-Xavier Arbour, né et baptisé le vendredi 7 juin 1839 à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul, décédé à Victoria Harbour Simcoe (CANADA) ((Ontario)) le samedi 27 avril 1929, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. À vingt-trois ans, il s’est marié le lundi 10 février 1862 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Nathalie Desmarais, née le mardi 11 avril 1843 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), décédée le mardi 13 juin 1922 à Victoria Harbour Simcoe (CANADA) ((Ontario)), à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Leur union dura soixante ans.

X – Celima Arbour, née à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 25 juillet 1840, baptisée le lendemain au même endroit, décédée à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 22 décembre 1906, inhumée le surlendemain en la même localité, à l’âge de soixante-six ans. À vingt-deux ans, elle s’est mariée le mardi 7 janvier 1862 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette avec Médard Lasalle, né le dimanche 8 décembre 1839 à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), décédé le mardi 23 septembre 1919 à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)), à l’âge de quatre-vingts ans. Son décès survint après quarante-quatre ans de mariage.

XI – Joseph Arbour, né à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le mardi 14 septembre 1841, baptisé le lendemain au même lieu, décédé à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le mercredi 6 novembre 1940, inhumé le samedi 9 novembre 1940 en la même localité, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans. À vingt-cinq ans, il s’est marié le lundi 15 janvier 1866 à Saint-Alphonse-Rodriguez (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Alphonse-de-Rodriguez avec Georginie Chartier-Robert, née le samedi 22 mars 1845 à Saint-Alphonse-Rodriguez (CANADA) (Lanaudière (Québec)), décédée le mercredi 12 avril 1916 à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)), à l’âge de soixante et onze ans. Leur union dura cinquante ans.

XII – Zoé Arbour. Née à Saint-Thomas (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le jeudi 27 octobre 1842, baptisée le lendemain au même lieu, décédée à Waubaushene Simcoe (CANADA) ((Ontario)) en 1885, à l’âge de quarante-trois ans. À vingt-deux ans, elle s’est mariée le lundi 11 avril 1864 à Saint-Alphonse-Rodriguez (CANADA) (Lanaudière (Québec)) avec Octave Grégoire, né le samedi 2 mars 1844 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)).

XIII – Charles Arbour, fermier, né à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le mardi 17 octobre 1843, baptisé à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul le lendemain, décédé à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 5 janvier 1929, inhumé le surlendemain au même lieu, à l’âge de quatre-vingt-six ans. À vingt-cinq ans, il s’est marié le lundi 3 février 1868 à Saint-Côme (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Côme avec Odile Morin, née le samedi 30 septembre 1848 à Saint-Alphonse-Rodriguez (CANADA) (Lanaudière (Québec)), décédée le samedi 20 juin 1936 à Sainte-Émélie-de-L’Énergie (CANADA) (Lanaudière (Québec)), à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Son décès survint après soixante et un ans de mariage.

XIV – Magloire Arbour, né à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le dimanche 30 mars 1845, baptisé à Saint-Paul (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Paul le lendemain, décédé à Victoria Harbour Simcoe (CANADA) ((Ontario)) le dimanche 3 février 1924, inhumé le surlendemain au même endroit, à l’âge de soixante-dix-neuf ans. À vingt et un ans, il s’est marié le lundi 15 janvier 1866 à Saint-Alphonse-Rodriguez (CANADA) (Lanaudière (Québec)) avec Léocardie Chartier-Robert, née le mardi 18 juillet 1848.

XV – Basile Arbour, né à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le dimanche 17 mai 1846, baptisé le lendemain au même endroit, décédé à Waubaushene Simcoe (CANADA) ((Ontario)) le mercredi 15 mai 1929, inhumé le surlendemain en la même localité, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. À vingt-quatre ans, il s’est marié le dimanche 22 mai 1870 à Wabushene (CANADA) (Simcoe (Ontario)), Église de Saint-Paul de Waubaushene, Ontario, Canada avec Jane Mooney, née en 1848 à Belle Ewart (CANADA) (Simcoe (Ontario)), décédée le vendredi 26 novembre 1909 à Wabushene (CANADA) (Simcoe (Ontario)), à l’âge de soixante et un ans. Leur union dura trente-neuf ans.

 

XVI – Rosalie Arbour, née et baptisée le mercredi 7 juillet 1847 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette, décédée le mardi 8 mai 1928et inhumée le surlendemain dans la même localité, à l’âge de quatre-vingt-un ans. À dix-sept ans, elle s’est mariée le lundi 3 octobre 1864 à Saint-Alphonse-Rodriguez (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Église de Saint-Alphonse-de-Rodriguez avec Jean-Baptiste Chartier-Robert, né le dimanche 21 janvier 1844 à Saint-Alphonse-Rodriguez (CANADA) (Lanaudière (Québec)), décédé le jeudi 28 octobre 1926, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Leur union dura soixante-deux ans.

XVII – Georgiana Arbour, née le mercredi 28 mars 1849, baptisée à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette, décédée à Saint-Jean-de-Matha (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le lundi 26 novembre 1860, inhumée le surlendemain au même lieu, à l’âge de onze ans.

XVIII – Alfred Arbour, né et baptisé le jeudi 6 novembre 1851 à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette, décédé le mardi 10 août 1852et inhumée le lendemain dans la même localité, dans sa première année.

XIX – Eulalie Arbour, née le jeudi 24 mars 1853, baptisée à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)), Cathédrale de Joliette, décédée à Saint-Jean-de-Matha (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le samedi 7 mars 1857, inhumée le surlendemain au même endroit, à l’âge de quatre ans.

XX – Adriana Arbour, née à Joliette (CANADA) (Lanaudière (Québec)) le dimanche 13 août 1854, baptisée le lendemain au même endroit. C’est là qu’elle fut inhumée le jeudi 31 août 1854, son décès étant survenu le mercredi 30 août 1854, dans sa première année.

Dans les familles nombreuses plusieurs partiront à l’extérieur pour trouver un monde meilleur. Le neuvième enfant François-Xavier ainsi que sa soeur Zoé qui est la septième enfant partiront de Joliette pour les forets lointaines de l’ouest de l’Ontario. Ils seront rejoints par leur jeune frère Basile dont nous voulons  suivre son histoire et expérience.

HISTOIRE DE BASILE ARBOUR 1846

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17 mai 1846 – Né à Joliette, Québec, Basile Arbour est le 15ème des 20 enfants nés de Jean-Baptiste et Émélie Dorval.

Alors qu’il était encore célibataire, et qu’il désirait vivre d’autres expériences, Basile a déménagé en Ontario, probablement vers l’été 1868, avec le frère aîné et de la famille François- Xavier. Vers 1870 sa soeur Zoée et son conjoint Octave Grégoire et leurs 3 enfants sont venus les rejoindre pour la prospérité économique promise par le commerce du bois. Ils semblent tous se sont tournés vers Bell Ewart, Simcoe County, Ontario, sur la rive ouest du lac Simcoe.

La première mention de Basile en Ontario est au baptême de son filleul et neveu François-Xavier Arbour, en Avril 1869, à Belle Ewart, Ontario, également situé dans le comté de Simcoe. Quand Basile a eu 24 ans, il a décidé de créer sa propre maison. Il a épousé Ann Jane Mooney agée de 22 ans à Belle Ewart, le 22 mai 1870. Après leur mariage, Basile et Jane ont demeurés à Bell Ewart, où leurs 3 premiers enfants sont nés.

La jeune famille a été trouvé avec les premiers-nés dans le canton de Innisfil en Avril 1871. Basile a également été enregistré dans le Répertoire fédéral cette année-là comme étant un ouvrier à Bell Ewart.

Comme l’exploitation forestière a été presque terminé à Belle Ewart dans le début des années 1870, Basile et Jane n’avavaient aucun doute qu’ils devaient faire un changement, à savoir de déraciner leur famille et s’éloigner vers le nord.

Son frère François-Xavier  et sa famille ainsi que sa sœur Zoée et sa famille étaient déjà déménagés à Waubaushene. En 1874, tout le chemin de fer à été complété pour se rendre à Severn Bridge.

 

 

En Mars 1876, cette jeune famille Arbour marié depuis 4 ans on monté dans le train jusqu’à la fin de la ligne et se sont installés à Port Severn, Simcoe County, Ontario où 4 enfants de plus se sont ajoutés, portant le total à 7, qui ont tous été baptisés catholiques.

La famille a été enregistrée dans le canton de Tay dans les rapports de recensement de 1881, de 1891 et de 1901. Le canton comprend les villages de Waubaushene, Victoria Harbour, Port McNicoll, Vasey, et plusieurs autres hameaux ruraux.

En 1878, il y avait seulement 100 catholiques à Port Severn. Basile Arbour et Jane était parmi ce nombre.

Un jugement sévère sans considération atténuante

Par contre une histoire de famille nous montre qu’à un certain moment, la famille à arrêter t’assister aux évènements de l’Église catholique. Un jour en entrant de travailler, Basile à trouver Jane très en colère et inconsolable. Le Prêtre Théophile F. Laboureau de la paroisse Sainte-Anne de Penetanguishene, Simcoe, Ontario avait visité la famille dans la journée et découvert  que Jane avait lu à ses enfants la Bible. Il n’y avait pas de prêtre permanent à Port Severn.

Cela a mit le prêtre en colère. Il lui a dit de lui donner la Bible, et il a réprimandé fortement la famille pour l’avoir lu, et la déchirée et la jeta dehors. Elle a essayé t’expliquer au prêtre qu’ils étaient de bon catholique et tous leurs enfants étaient pabtisés. De plus l’absence d’église et des Offices Religieux ne permettait pas t’expliquer complètement la religion. Elle disait que la lecture de la Bible était dans un but de faire connaître Dieu simplement au niveau moral.

Basile, qui était très en colère quand il a entendu cette histoire, est allé voir le prêtre qui était encore dans la région pour des visites de familles. Ils ont eu une conversation très houleuse et chacun est demeuré sur ses positions. La famille n’est  jamais retournée à l’Eglise catholique après cet évènement.

En 1887 et en 1890, Basile Arbour a été confirmé pour être un fermier sur la Concession 12, Lot 18, à Port Severn.

Tout en travaillant comme agriculteur, Basile a également travaillé à las scierie de bois de Port Severn. Le 16 Août 1896, la scierie de Port Severn a été frappée par la foudre et a brûlé en entier, emportant avec elle le magasin communautaire de l’entreprise ainsi que d’autres propriétés. La petite ville a été dévastée. Les moyens d’existence de 100 familles, dont Basile Arbour et de Jane Mooney et celle des autres colons canadiens-français, étaient perdus. D’ailleurs le moulin à scie ne fut jamais reconstruit et cette famille, comme beaucoup d’autres, s’en alla.

Basile et Jane n’a pas voyager très loin car ils ont déménagé près de la famille Arbour (François-Xavier et Zoée) à Waubaushene. Le 17 Février 1897, ils ont acheté leur maison sur la rue Pine du Dr. J.F. Hanley pour 400 $. Le 22 Mars 1897, ils ont obtenu un prêt hypothécaire de 200 $ de ‘’Ontario Building and Loan Association’’. Le prêt consistait en deux actions de 100 $ chacun, portant intérêts à 2,40 $ par mois pour 154 mois. Bien que Jane Mooney à signé son nom au contrat, Basile Arbour était apparemment analphabètes et sa signature était représenté par un “x”.

Le recensement de 1901 montre Basile et sa famille comme propriétaire de cette maison de 5 pièces sur 10 Hectare de concession sur le lot 10. Basile a gagné 200 $ cette année-là à l’usine à Waubaushene. Également, il était doué pour la fabrication de cercueil ce qui lui permettait des revenus supplémentaires. Le 9 mai 1910, le prêt à la maison a été libéré, après avoir été considéré comme payé en entier. La maison est restée dans la famille pendant de nombreuses années avant d’être vendus par sa petite-fille Annie- Belle.

Héritage précieux et sympolique

Cependant, juste avant la vente de la maison, son arrière petite-fille Carolyn Simmons Hudson a sauvé un héritage précieux pour la famille. Basile avait faits à la main une armoire en bois de frêne pour son épouse adoré Jane. Toujours en bel état, Carolyn trouvé l’armoire dans la cuisine d’été et elle la garde précieusement à sa résidence.

Jane Mooney mourut en Waubaushene le 26 Novembre 1909, à l’âge de 62 ans. Le recensement de 1911 montre que Basile veuf vit toujours à Waubaushene. Il a continué à travailler à la scierie et semblait en bonne santé. Il a vécu après la mort de Jane avec son petit-fils Howard qui avait perdu sa mère à sa naissance et qui était d’ailleurs élevé par lui et Jane.

Toute sa vie Basile était reconnu pour avoir des dons spéciaux comme plusieurs personnes jusqu’au années 1990. Il pouvait guérir des maux mineurs comme des brûlures et autres et en plus du don d’arrêter le sang de couler lors d’un accident ou d’un événement soudain.

Quand il est mort le 15 mai 1929, Basile a été enterré dans le cimetière protestant à Waubaushene au côté de Jane sur ce qui aurait été le jour de son 83e anniversaire. Basile et Jane peuvent revendiquer 30 petits-enfants, 36 arrière-petits-enfants et 45 arrière-arrière-petits-enfants.

Chapitre V-2
Jean-Baptiste Arbour, le fils de Laurent Arbour voit le jour le mardi 15 mars 1808 à Saint-Paul et il est baptisé le lendemain en l’Église de Saint-Paul en présence de son père Laurent Arbour, Jean-Baptiste Langlois et Marguerite Froment, Parrain et Marraine.

À l’âge de 17 ans, il s’unit avec Marguerite Lorin (Laurin) âgée de 21 ans étant née le 25 mars 1804 à Saint-Paul communément appelé Saint-Paul-de-Lavaltrie en début du siècle 1800.

 

Saint-Paul

Saint-Paul naît dans le nord-est de l’ancienne Seigneurie de Lavaltrie. Les premiers colons, originaires surtout de Saint-Pierre-du-Portage (L’Assomption) et de Saint-Sulpice, défrichent le territoire progressivement. D’abord le long de la rivière L’Assomption vers 1748, ensuite, sur la côte de la rivière Ouareau vers 1750 et sur le ruisseau Saint-Pierre vers 1765. La population s’accroît rapidement. En 1855, le parlement du Canada-Uni vote l’Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada pour assurer l’existence juridique des localités comme Saint-Paul. Saint-Paul est nommé en l’honneur du treizième Apôtres Paul de Tarse.

 

Petite histoire
Saint-Paul, paroisse essentiellement agricole, voit ses premiers colons arriver de L’Assomption vers 1750. Une première chapelle de bois est construite en 1782 et la paroisse est crée officiellement en 1786. En 1803-04 on remplace la chapelle initiale par l’église en pierre des champs que nous connaissons encore aujourd’hui. L’intérieur est restauré à la feuille d’or en 1972 et l’édifice est déclaré monument historique en 1973.

 

La famille Laurin

 

Les ancêtres Laurin, Lorrain, Lorin sont originaire de Angers, Pays de la Loire, France. Ils sont arrivés en Nouvelle-France vers 1654. Pierre Laurin déménagé de Québec à Montréal prend comme épouse le 20 octobre 1659 Françoise Haulin. Leur descendant Basile Laurin et son épouse Josephte Vaillancourt se marient à Saint-Paul le 9 janvier 1792 et  ils auront onze enfants dont Marguerite le 25 mars 1804.

 

La famille

 

Jean-Baptiste Arbour et Marguerite Lorain auront 13 enfants à savoir :

 

I – Narcisse Arbour, cultivateur, né à Saint-Paul le mercredi 7 juin 1826, baptisé le lendemain au même endroit, décédé à Sainte-Béatrix le mardi 30 août 1904, inhumé le vendredi 2 septembre 1904 au même endroit, à l’âge de soixante-dix-huit ans. À vingt et un ans, il s’est marié le mardi 9 février 1847 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Sophie Morin, née le mercredi 9 avril 1817 à Saint-Paul, décédée le samedi 15 octobre 1887 à Sainte-Béatrix, à l’âge de soixante-dix ans. Leur union dura quarante ans.

II – Mathilde Arbour, née à Saint-Paul le samedi 20 septembre 1828, baptisée le lendemain au même endroit. À trente et un ans, elle s’est mariée le dimanche 3 avril 1859 à Saint-Paul avec Toussaint Prud’Homme.

III – Sophie Arbour, née et baptisée le jeudi 18 novembre 1830 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul, décédée le dimanche 15 janvier 1837et inhumée le surlendemain dans la même localité, à l’âge de sept ans.

IV – Andre Arbour, cultivateur, Journalier, né à Saint-Paul le mercredi 14 novembre 1832, baptisé le lendemain au même endroit, décédé à Rolph Township le jeudi 28 janvier 1915, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. À quarante ans, il s’est marié le mercredi 17 janvier 1872 à Chapeau, Outaouais, Québec, Église de Chapeau en Outaouais avec Catherine Laplante, née vers 1854, décédée le mardi 9 avril 1889 à Sheenboro. Leur union dura dix-sept ans.

V – Marie Arbour, née et baptisée le dimanche 9 novembre 1834 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul. À vingt-trois ans, elle s’est mariée le lundi 6 juillet 1857 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Henri Varin, né vers 1810 à Saint-Roch-de-L’Achigan.

VI – Francois Arbour, journalier, né et baptisé le dimanche 8 janvier 1837 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul, décédé à Saint-Eugène, Centre-du-Québec le dimanche 16 septembre 1900, inhumé le mercredi 19 septembre 1900 en la même localité, à l’âge de soixante-trois ans. À dix-neuf ans, il s’est marié le lundi 7 avril 1856 à Joliette avec Anastasie Froment, née le vendredi 13 février 1829 à Joliette, décédée le mardi 11 novembre 1902 à Saint-Eugène, à l’âge de soixante-treize ans. Son décès survint après quarante-quatre ans de mariage.

VII – Henriette Arbour  à Saint-Paul le vendredi 25 janvier 1839, baptisée le lendemain au même lieu, décédée à Point Alexander le samedi 25 octobre 1913, inhumée à Deep River, Alexander Cemetery Deep River, Ontario le mercredi 29 octobre 1913, à l’âge de soixante-quatorze ans.

À trente-six ans, elle s’est mariée le samedi 22 mai 1875 à Sheenboro, Outaouais, St-Paul Catholic Church, Sheenboro avec Medard Renaud, né le mardi 12 mars 1833 à Sainte-Élisabeth, Lanaudière, décédé le mardi 11 mai 1909 à Point Alexander, à l’âge de soixante-seize ans. Leur union dura trente-quatre ans.

VIII – Pierre Arbour, né à Saint-Paul le mercredi 4 novembre 1840, baptisé le lendemain en la même localité. C’est là qu’il fut inhumé le mercredi 24 mai 1922, son décès étant survenu le lundi 22 mai 1922, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. À vingt ans, il s’est marié le lundi 6 août 1860 à Saint-Paul avec Eleonore Chebroux-Latendresse, née le vendredi 18 décembre 1846 à Joliette, y décédée en mai 1922, à l’âge de soixante-seize ans. Leur union dura soixante-deux ans.

IX – Josephine Arbour, née à Saint-Paul le mercredi 26 octobre 1842, baptisée à Saint-Thomas, Lanaudière, Église de Saint-Thomas le surlendemain, décédée à Sheenboro, Outaouais le mardi 8 avril 1884, inhumée le surlendemain au même lieu, à l’âge de quarante-deux ans. À quinze ans, elle s’est mariée le mardi 27 octobre 1857 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Pierre Chebroux-Latendresse, né le dimanche 16 juillet 1815 à Saint-Paul, décédé le mardi 6 mai 1862 à Joliette, à l’âge de quarante-sept ans. Leur union dura cinq ans.

X – Urgel Arbour, né à Saint-Paul le mercredi 15 mai 1844, baptisé le lendemain au même lieu, décédé à Joliette le mercredi 6 mai 1903, inhumé le surlendemain au même lieu, à l’âge de cinquante-neuf ans. À vingt et un ans, il s’est marié le mardi 7 novembre 1865 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul avec Donalda Perreault, née le jeudi 25 février 1847 à Saint-Paul, décédée le vendredi 9 décembre 1881 à Joliette, à l’âge de trente-quatre ans. Leur union dura seize ans.

XI – Sophie Arbour, née et baptisée le mardi 11 août 1846 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul, décédée à Sainte-Béatrix, le lundi 19 septembre 1887, à l’âge de quarante et un ans. À vingt ans, elle s’est mariée le dimanche 1er avril 1866 à Chapeau, St.Alphonse Catholic Church, Chapeau avec Clement Donais, né le mercredi 25 novembre 1829 à Aylmer, Outaouais, décédé le mercredi 7 février 1894 à Bonfield Nipissing District, Ontario, à l’âge de soixante-cinq ans. Son décès survint après vingt et un ans de mariage.

XII – Andre Arbour, né à Saint-Paul le mardi 19 décembre 1848, baptisé à Joliette, Cathédrale de Joliette le lendemain, décédé à Rolph Township, Sudbury) le mardi 26 décembre 1848, lendemain de Noël, inhumé à Sainte-Mélanie, Cimetière de Sainte-Mélanie le surlendemain, dans sa première année.

XIII – Harriet Arbour, née et baptisée le lundi 6 janvier 1851 à Saint-Paul, Église de Saint-Paul.

Marguerite décède à l’âge de…………… Jean-Baptiste décède à l’âge de 55 ans le 11 janvier 1864 laissant deux enfants mineurs (-18 ans). Ils sont inhumés au Cimetière de Saint-Paul.
CHAPITRE V1

 

Chapitre V1-1

Des 20 enfants de Jean-Baptiste Arbour et Émilie Dorval, nous en retrouverons en majorité dans le nord de Lanaudière soit à Sainte-Émilie-de-L’Énergie en priorité et a Saint-Côme, Saint-Ignace-du-Lac qui sera inondé pour un barrage électrique en …….

 

Également en Ontario dans les régions de Waubaushene, Simcoe, Vicroria Harbor et Nispissing, Ontario et aux États-Unis dans la région de Lowell, Massachusetts  et en Abitibi-Témiscamingue.

L’empreinte des Arbour dans le nord de Joliette est réellement donnée par les descendants de cette famille car toutes les paroisses comptent des descendants de cette lignée en passant par Sainte-Marceline-de-Kildare, Saint-Ambroise-de-Kildare, Saint-Jean-de-Matha, Saint-Alphone-Rodriguez et St-Côme par la famille de Charles Arbour (1843-1929) et Odile Morin (1848-1936) qui ont eu 11 enfants et générés au déla de 970 descendants en date d’aujourd’hui.

 

Il y a eu deux famille souche de Arbour dans Lanaudière soit celle de Jean-Baptiste ainsi que celle de èè

 

POURSUIVRE

 

 

Chapitre V1-2
Narcisse Arbour voit le jour le samedi 7 juin 1818 à Saint-Paul. Il est baptisé le lendemain en présence de Jean-Baptiste son père, François Grenier son parrain et Josephte Vaillancourt sa marraine.

À l’âge de 20 ans, il s’unit en l’Église de Saint-Paul le 9 février 1847 à Sophie Morin âgée de 29 ans et née à Saint-Paul le 9 avril 1817.

 

La famille Morin

 

Pierre Morin de Plaine-Haute, Saint-Brieuc en Bretagne, né en 1669 est le fils de Pierre et Marguerite Laurent.

Il signe un contrat de mariage devant le notaire J.R.Duprac de Québec le dimanche 7 février 1694 avec Madeleine Lespinay née vers 1675 fille de Jean et Catherine Granger et l’épouse à Beauport le lundi 22 février 1694.

 

Le père de Madeleine, Jean Lespinay de Chambardet est arrivé en Nouvelle-France vers 1668 et a épousé à Beauport Catherine Granger. Ce sergent des troupes de la marine reçoit une concession de terre de trois arpents de front par vingt-cinq arpents de profondeur du Seigneur Joseph Giffard, au village de Saint-Michel de Beauport, le 28 mars 1693.

 

Pierre Morin et Marguerite Laurent auront dix-sept enfants et seront considérés comme famille souche du Québec.

 

Le 27 avril 1718, Jean Turgeon et son épouse Anne Vachon lui vendent une terre de trois arpents de front par vingt-cinqs arpents de profondeur au village de Saint-Ignace de Beauport au prix de 400 livres. Pierre Morin décède à Beauport où il est inhumé le 28 octobre 1722.

 

Reference : Dictionnaire biographique des ancêtres québécois de Michel Langlois.

Leur fils Noël Morin décide de s’éloigner de la région de Québec afin de vivre une nouvelle expérience et s’établir dans une nouvelle région. Nous le retrouvons en 1722 à Saint-Sulpice où il épouse le 25 janvier 1733 Madeleine Perreault.

 

La famille de Madeleine soit Pierre Perreault son père est établit à Saint-Sulpice depuis 1713. La mère de Madeleine qui est Anne Champoux est décédée le 25 mai 1715 à Saint-Sulpice à l’âge de 24 ans (1690-1715).Elle sera élevée par sa belle-mère Anne Lescarbot. Les malheurs de Madeleine se poursuivent car à l’âge de 13 ans soit le 7 juin 1725 son père adoré décède à l’âge trop jeune de 43 ans laissant en plus de Madeleine 7 enfants vivants. Après deux années de veuvages Anne Lescarbot épouse Louis Morin le 29 octobre 1727 à Saint-Sulpice. Louis est le frère ainé de Noël qui a également migré vers la région de Saint-Sulpice vers 1723.

 

Par ces mariages les Morin prennent racine dans la région de Lanaudière via Saint-Sulpice, l’Assomption et Saint-Paul. Nous retrouvons des familles Morin implanté depuis plus de 270 ans dans les municipalités de Saint-Paul, Joliette, Saint-Jean-de-Matha, Sainte-Béatrix, Sainte-Émilie-de-L’Énergie, Saint-Côme, Saint-Michel-des-Saints, Saint-Donat, Saint-Jacques et plusieurs autres.

 

Le fils de Noël Morin et Madeleine Perreault soit Benoît Morin âgé de 23 ans épouse en première noce le 18 septembre 1766 à Saint-Sulpice Marie Cochon âgée de 21 ans fille de Jacques Cochon et Marie Colin de Saint-Sulpice. Malheureusement, elle décède le 13 décembre 1773 à l’âge de 28 ans suite à des complications lors de la naissance de leur fils Joseph le 23 novembre 1773  Ils avaient eu un premier enfant le 6 juillet 1768 qu’ils ont nommés Antoine.

 

Benoît après 10 mois de veuvage épouse le 26 septembre 1774 à Saint-Sulpice Madeleine Colin âgée de 20 ans née le 19 mai 1754 et fille de Pierre et Françoise Thibierge de Saint-Sulpice. De cette union naît sept enfants et Madeleine élève Antoine et Joseph comme ses propres enfants. Deux des sept enfants soit Françoise et Marguerite décèderont avant l’âge de 5 ans. Benoît décède le 30 juillet 1806 à l’âge de 67 ans et Madeleine le rejoint dans la mort le 14 janvier 1817 à l’âge de 62 ans et sont tous deux inhumés au Cimetière de L’Assomption.

 

Le septième enfant de Benoît et Madeleine soit Benjamin Morin né le 15 janvier 1785 décide de découvrir d’autres terres dans la grande région de Lanaudière. À l’âge de 23 ans soit le 18 janvier 1808, il épouse à Saint-Sulpice, Thérèse Robillard âgée de 23 ans et née le 1 février 1783. Elle est la fille de François-Marie et de Marguerite Bourdon tous deux natif de Saint-Sulpice.

 

Benjamin et Thérèse auront deux filles dont Thérèse née le 23 octobre 1808

 

Benjamin et Thérèse entendent parler d’une possibilité d’avoir une terre au nord de la paroisse de Sainte-Mélanie qui s’appelle la Mission de Sainte-Béatrix.

Sainte-Béatrix

Le territoire de cette municipalité affecte la forme d’un rectangle, positionnée entre Saint-Jean-de-Matha et Saint-Alphonse-Rodriguez, à 25 km au nord-ouest de Joliette.

Les premiers colons, originaires de Saint-Paul (Joliette) et de Sainte-Mélanie-d’Ailleboust dont la paroisse de Sainte-Béatrix sera détachée le 7 novembre 1861, s’y installent au milieu du XIXe siècle. Le territoire sera érigé en municipalité de paroisse le 11 mai 1864, une année après la création du bureau de poste. Au début de 1993, le statut municipal sera modifié en celui de municipalité.

La dénomination retenue rappelle la mémoire de Béatrice Panet, fille du seigneur Jean d’Ailleboust d’Argenteuil, qui reçoit en concession la seigneurie qui porte son nom en 1736, aux confins de laquelle Sainte-Béatrix a été implantée. Sa sainte patronne, dénommée Béatrix, forme adaptée de Viatrix, est une vierge ayant inhumé les corps de ses frères Faustin et Simplice et farouchement déterminée à persévérer sa foi malgré toutes les promesses et toutes les menaces des juges. Béatrix ou Viatrix est martyrisée à Rome en 304, pendant la persécution de Dioclétien.

On relève parfois la graphie Sainte-Béatrice pour la municipalité, laquelle reflète davantage sa véritable origine dénominative. Traversé d’est en ouest par la rivière L’Assomption, parsemé d’une cinquantaine de lacs, riche d’importantes montagnes boisées, l’endroit constitue de nos jours un centre de tourisme important.

Ils s’installent sur la terre……………………………………..

 

Sophie Morin est la fille de Benjamin Morin né à Saint-Sulpice en 1785 et décédé à Sainte-Béatrix en 1863 et Thérèse Robillard née à Saint-Sulpice en 1783.

 

La famille

 

Narcisse et Sophie ont six enfants :

 

I – Sophie Arbour, née à Sainte-Mélanie le jeudi 28 octobre 1847, baptisée le lendemain en la même localité, décédée à Sainte-Béatrix le lundi 19 septembre 1887, inhumée le jeudi 22 septembre 1887 au même endroit, à l’âge de quarante ans. À vingt-quatre ans, elle s’est mariée le mardi 20 juin 1871 à Sainte-Béatrix, Église de Sainte-Béatrix avec Urgel Laforest, cultivateur et Journalier, né le jeudi 8 janvier 1846.

II – Andre Arbour, né à Sainte-Mélanie le mardi 19 décembre 1848, baptisé à Joliette, Cathédrale de Joliette le lendemain, décédé le mardi 26 décembre 1848, lendemain de Noël et inhumée le surlendemain dans la même localité, dans sa première année.

III – Caroline Arbour, née à Sainte-Mélanie le mardi 27 novembre 1849, baptisée le surlendemain au même lieu, décédée à Ontario en août 1891, à l’âge de quarante-deux ans, mariée avec Eprem Laforest.

IV – Joséphine Arbour, née à Sainte-Mélanie le jeudi 15 avril 1852, baptisée à Saint-Ambroise-de-Kildare, Église de Saint-Ambroise-de-Kildare le lendemain, décédée le mardi 17 avril 1883 et inhumée le surlendemain dans la même localité, à l’âge de trente et un ans. À dix-neuf ans, elle s’est mariée le lundi 10 avril 1871 à Sainte-Béatrix, Église de Sainte-Béatrix avec Eugene Versailles, né vers 1852 à Québec, décédé le samedi 25 janvier 1930 à Joliette. Son décès survint après douze ans de mariage.

V – Pierre Arbour, cultivateur, né à Sainte-Mélanie le mardi 7 mars 1854, baptisé le samedi 11 mars 1854 au même lieu, décédé à Sainte-Béatrix le lundi 14 juin 1937, inhumé le surlendemain au même endroit, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. À vingt et un ans, il s’est marié le lundi 22 novembre 1875 à Sainte-Mélanie, Église de Sainte-Mélanie avec Edwige Laforest, née le samedi 21 avril 1855 à Sainte-Mélanie, décédée le lundi 18 août 1947 à Sainte-Béatrix, à l’âge de quatre-vingt-douze ans. Son décès survint après soixante-deux ans de mariage.

VI – Joseph Arbour, né à Sainte-Mélanie le samedi 4 octobre 1856, baptisé le lendemain au même endroit, décédé à Sainte-Béatrix le lundi 14 octobre 1935, inhumé le surlendemain en la même localité, à l’âge de soixante-dix-neuf ans. À vingt ans, il s’est marié le mardi 4 juillet 1876 à Sainte-Béatrix avec Edwidge Miron, née le mardi 15 juillet 1856 à Québec, décédée le mercredi 28 juillet 1943 à Sainte-Béatrix, à l’âge de quatre-vingt-sept ans. Son décès survint après cinquante-neuf ans de mariage.

 

Le 15 octobre 1887 son épouse Sophie meurt et elle est inhumée le 17 octobre 1887 au cimetière de Sainte-Béatrix. Narcisse est âgé de 59 ans.

Narcisse Arbour est décédé le mardi 30 août 1904, à l’âge de 76 ans, à Sainte-Béatrix et est inhumé au côté de Sophie au cimetière de Sainte-Béatrix le 2 septembre 1904.
Sont présents : Joseph Arbour et Pierre Arbour ses deux fils qui ont signés le registre.

 

CHAPITRE V11
NON TRAVAILLÉ

Pierre Arbour voit le jour le mardi 7 mars 1854 à Sainte-Mélanie et il est baptisé quatre jours après sa naissance soit le 11 mars 1854 en l’Église de Sainte-Mélanie en présence de son père Narcisse et Jean-Baptiste Arbour parrain et Marguerite Lorain marraine et respectivement les grands-parents côté paternel. A sa naissance, il a déjà trois sœurs qui l’ont précédées soient : Sophie, Caroline et Joséphine. Ses parents Narcisse ont 25 ans et Sophie 36 ans.

Pierre sera Cultivateur.

Le lundi 22 novembre 1875, il s’unit en l’Église de Sainte-Mélanie à Edwidge Laforest fille de Joseph et de Émilie Héroux née le 21 avril 1855 et portée au baptême le lendemain en l’Église de Sainte-Mélanie en présence de son père Joseph ainsi que Norbert Laforest parrain et Caroline Pichette marraine.

La famille Laforest

 

La famille

Pierre Arbour et Edwidge Laforest auront 14 enfants dont trois décèdent avant l’âge de 1 an et un enfant à l’âge de onze ans à savoir :

 

Joseph né le 9 septembre 1876 et qui a épousé Béatrice Marion le

Sophie née le

Albina née le 1 janvier 1879

Évélina née le 2 mai 1880 et décédée le 15 avril 1881 à Sainte-Béatrix

Eugène né le 4 septembre 1881 et qui a épousé     le

Urgel né le 18 mars 1883 et qui est décédé le 27 août 1883.

Emery né le 1 juin 1884 et qui a épousé    le

Charles né le 2 juin 1885 et décédé le 19 mai 1906.

Wilfrid né le 5 mai 1887 et qui a épousé    le

Arthur né le 10 octobre 1888 et qui a épousé

Pierre né le 10 octobre 1888

Maria née le 3 novembre 1890

Arsène né le 25 août 1892 et décédé le 2 novembre 1893.

Avila né le 28 avril 1894 et qui a épousé

Pierre Arbour est décédé le lundi 14 juin 1937, à l’âge de 83 ans, à Sainte-Béatrix.

Il est inhumé le 16 juin 1937 à Sainte-Béatrix – Cimetière de Sainte-Béatrix.
Sont présents :
Emery Arbour
Wilfrid Arbour
Avila Arbour.

Notes individuelles

Arbousset: Surtout porté dans le Gard et la Lozère, c’est un toponyme désignant un lieu où pousse l’arbousier (occitan “arboç”). On pensera notamment au hameau d’Arbousset à L’Estréchure (30). L’arbousier est également présent dans les noms Arbous (11, 30), Arbousse-Bastide (30), Arboux (34, 84) et sans doute Arbus (31, 82, 48) et Arbusa (64, 66).”

ENREGISTREMENT DES PERSONNES EN FRANCE

  • En 1579, ordonnance de Blois : elle impose aux curés de tenir des registres des baptêmes, mariages et sépultures ainsi que leur dépôt annuel au greffe du tribunal royal le plus proche.

 

  • En 1664, les pasteurs reçoivent officiellement la mission de tenir l’état civil des protestants.
  • En 1667, une ordonnance civile fait obligation aux curés de tenir régulièrement les registres paroissiaux en deux exemplaires (la minute, qui reste chez le curé, et la grosse qui est déposée au greffe). Le texte impose la signature des actes de baptême par les parrains et marraines, des actes de mariage par les conjoints et les témoins (avec indication des parentés), des actes de sépulture par deux parents ou deux amis présents. L’âge, parfois la date de naissance ou les indications de majorité et minorité des conjoints, la profession et le domicile des conjoints et des parents deviennent obligatoires dans les actes de mariage ainsi que la date de décès dans les actes de sépultures.
  • En 1685, avec l’Edit de Fontainebleau, le roi révoque celui de Nantes (1598). Les baptêmes des protestants doivent être inscrits dans les registres paroissiaux catholiques (ou dans des registres protestants clandestins). Les protestants, qui ne peuvent se marier dans leur religion, ont parfois recours au concubinage (cf. les contrats de mariage protestants dans les actes notariés) ou au mariage à l’étranger. Les décès de protestants doivent être déclarés par deux témoins au juge royal ou seigneurial le plus proche.
  • En 1698, une déclaration royale rappelle l’obligation du baptême le jour de la naissance ou le lendemain au plus tard.
  • En 1736, le chancelier d’Aguesseau prescrit aux curés de tenir les registres paroissiaux en deux exemplaires signés par les parties, puis de déposer un exemplaire au greffe du tribunal. « La qualité de la personne décédée » et la mention de sa profession deviennent obligatoires dans les actes de sépultures. Les qualités, professions, domiciles et liens des témoins de mariage avec les conjoints deviennent aussi obligatoires. Des registres spéciaux sont ouverts pour les sépultures protestantes. A partir de cette date, la bonne tenue des registres paroissiaux s’affirme dans tout le royaume.

 

 

 

Manakin Town, Virginia

In 1700 four ships with some 700 to 800 French Huguenots arrived in Virginia. On “Ye First Shippe” was Charles Frederic de Bart (iml14). These men, women and children were only a few of the thousands of French Protestants who had fled the religious persecutions of Louis XIV to seek safety in England. The increasing number of exiles had placed a heavy strain upon the relief agencies which attempted to provide for them. Both the British authorities and the French Huguenot leaders turned to plans of resettlement in the English colonies to help alliviate the problem.

The settlers, by order of King William III, were to found their colony on the lands of Dr. Daniel Coxe (a court physician in England) located in Norfolk County which lay between Virginia and North Carolina. However, upon arrival Colonel Willliam Byrd and Lieutenant Governor Francis Nicholson directed the settlement north above the fall line of the James River, where there was an abandoned Monocan Indian village. William Byrd owned large tracts of land in the vicinity to which he wished to attract settlers. By settling the French at the old Indian town site he hoped to provide a buffer between his lands and marauding Indian tribes.

The Falls of the James was in 1700 the last outpost of western settlement in Virginia. Between that point and the site of the Monocan Indian village lay some twenty-five miles of virgin and virtually trackless forests. The inadequate diet, close confinement and crowded conditions of the long ocean voyage made the Huguenots ready victims of the fevers whcih afflicted so many during the sickly summer seasons in Virginia. Additionally, the majority of the French men had spent their lives in business, commerce and industry and knew nothing of farming under frontier conditions, leaving the group was largely unfit mentally and physically for a winter in the Virginia frontier.

Upon arrival the settlers went to work cutting underbrush, patching the decaying Indian huts and building crude shacks as temporary shelters, laying off streets, clearing the old Monocan fields and cutting a rough road through the twenty miles of forest to a mill on Fall Creek owned by William Byrd. Through the lingering warmth of Indian summer and the damp chill which signalled the approach of winter the Huguenots fought a grim struggle for survival. The inadequate supplies and the meagre funds were approching exhaustion as the year drew to a close, and the settlers were forced to sell their arms, clothes and other goods in order to purchase food.

Of the 700 to 800 French Huguenots who arrived in Virginia that year of 1700, approximately 390 persons had departed from Jamestown with the intention of settling at Manakin. In May of 1701 about 250 persons were still there, the others departing for other areas of Virginia. During his May 1701 visit William Byrd reported that “thought these people are very poor, yet they seem very cheerful and are (so far as we could learn) very healthy, all they seem to desire is that they might have bread enough.” Byrd and his companions inspected —

… about seventy of their hutts, being, most of them, very mean; there being upwards of fourty of them betwixt the two creeks, which is about four miles along on the River, and have cleared all the old Monacan fields for near three miles together, toward the Lower Creeke, and done more worke than they that went thither first. They have, all of them, some Garden trade and have planted corne, but few of them had broke up their ground of wed [weeded] the same, wherupon I sent for most of them and told them they must not expect to enjoy the land unless they would endeavour to improve it, and if they make no corne for their subsistance next yeare they could not expect any further relief from the Country. Mon’r de Joux promised at their next meeting to acquaint them with what I said, and to endeavour to stirr them up to be diligent in weeding and secureing their corne and wheat, of which latter there are many small patches, but some is overrun with woods, and the horses (of which they have sevall, with some Cows) have spoiled more; most of them promise faire…. There are above 20 families seated for 4 or 5 miles below the Lower Creeke and have cleared small plantations, but few of them had broke up their grounds…. Wee lodged there that night and returned the new Road I caused to be marked, which is extraordinary Levell and dry way and leads either to the Falls or the mill, a very good well beaten path for carts.64

A Swiss traveller, Francis Louis Michel, who visited the town a year later, revealed the progress within the year with this description:

The captain or head of the place is a surgeon by profession, named Chaltin [Stephen Chastain], had long resided at Ifferton [Yverdon, Switzerland]. We went to the pastor, Mr. Dejoux [de Joux]. Since his house burnt down recently he lodged in the Church, which is still very small, but 200 pounds have been set aside to build a new church. Conditions have differed in every respect from those of other places. Things that are grown are there in such abundance that many Englishmen come a distance of 30 miles to get fruit, which they mostly exchange for cattle. Gardens are filled there with all kinds of fruit especially the garden of the man from Aagan [Agen]. The cattle are fat because of the abundant pasture. The soil is not sandy, as it is generally in Virginia, but it is a heavy rich soil. Each person takes 50 paces in width, the length extends as far as one cares to make it or is willing to work it…. Since that time [when the Monocan Indians lived here] trees have not grown very large, so that in a short time and with little effort a large place could be cleared for building purposes. I have seen the most awful wild grapevines, whose thickness and height are incredible…. It is much healthier there than towards the ocean. The country is full of game and fish. The Indians often visit there, bringing game, rum and other smaller things. There is a good opportunity to trade with skins. They [the Indians] often bring pottery and when desired fill it with corn. There are more the 60 [French] families there. They all live along the river. 
Lately two wealthy gentlemen came and had buildings erected there, because of its convenient location…. About 400 dollars are necessary in order to set up a man properly, namely to enable him to buy two slaves, with whom in two years a beautiful farm can be cleared, because the trees are far apart. Afterwards the settler must be provided with cattle, a horse, costing at the usual price 4l 16s., a cow with calf 50 shillings, a mare [?] 10 shillings. Furniture and clothes, together with tools and provisions for a year, must also be on hand. It is indeed possible to begin with less and suceed, but then three or four years pass by before one gets into a good condition. The one who is not used to work in great heat, becomes sick and must suffer much before he can make progress by his work alone. By the above method a man is put into such a condition the first year, that he can be happy and enjoy life…. For two servants can raise a bigger crop than one needs, the cattle increase incredibly fast without trouble; fruit grows in abundance. When a tree or something else is planted one mut be surprised to see it grow up so soon and bear fruit. Besides, in the gardens grows whatever one desires. The cows are pasturing round about the house during the whole year. They yield enough butter, cheese and milk. In addition there is no lack of game and fish. Besides it is a quiet land devoted to our religion, and he who wants to enjoy honest exercise finds opportunities enough for it, especially the one who loves field work or hunting. It is, therefore, posible to make an honest life, quietly and contenedly. Much evil as absent there, because there is no opportunity for it.65

For several years the settlement preserved its individuality, its people using their own language, enjoying their own customs, directed spiritually by their own ministers, and governed by their own magistrates. Gradually at first and more rapidly as the years passed and a new generation grew to maturity, English supplanted the mother tongue of the Huguenots.

As the years passed, the frontier moved ever farther west, leaving behind the Manakin area. Farms and plantations replaced the wilderness which had once surrounded that village, and the French, now settled on their own farms, became indistinguishable from their English neighbors. Fewer and fewer inhabitants continued to live in the village itself until by 1750 or so it was completely deserted. Yet as late as 1783 sixty-four percent of the names in the Manakin census rolls were French.

 

Manakin Town, Virginie

En 1700, quatre navires, avec quelques 700 à 800 huguenots français sont arrivés en Virginie. Le “Ye First Shippe” était Charles Frédéric de Bart (iml14). Ces hommes, les femmes et les enfants ne sont que quelques-uns des milliers de protestants français qui avaient fui les persécutions religieuses de Louis XIV à rechercher la sécurité en Angleterre. Le nombre croissant d’exilés avaient mis à rude épreuve sur les organismes de secours qui ont tenté de subvenir à leurs besoins. Tant les autorités britanniques et les chefs huguenots français se sont tournés vers les plans de réinstallation dans les colonies anglaises afin de régler le problème.

Les colons, par ordre du roi William III, étaient de fonder leur colonie sur les terres du Dr Daniel Coxe (un médecin de la cour en Angleterre) situés dans le comté de Norfolk qui se trouvait entre la Virginie et la Caroline du Nord. Cependant, à l’arrivée du colonel Byrd  Willliam et lieutenant-gouverneur Francis Nicholson a dirigé le nord de règlement-dessus de la ligne de pente de la rivière James, où il y avait un village abandonné Monocan Indien. William Byrd propriété de vastes étendues de terres dans le voisinage à laquelle il souhaitait attirer des colons. En réglant le français sur le site de la ville vieil Indien qu’il espérait fournir un tampon entre ses terres et en maraude tribus indiennes.

Les chutes de James étaient en 1700, le dernier avant-poste de la colonisation de l’Ouest, en Virginie. Entre ce moment et le site du village indien Monocan jeter quelque vingt-cinq miles de vierges et de forêts presque sans rail. Le régime alimentaire inadéquat, isolement et des conditions de surpeuplement et de la traversée de l’océan longtemps fait les victimes huguenots prêts des fièvres whcih affligé tant durant les saisons d’été malades en Virginie. En outre, la majorité des hommes français avaient passé leur vie dans les affaires, le commerce et l’industrie et ne savait rien de l’agriculture dans des conditions de frontière, laissant le groupe était en grande partie incapable mentalement et physiquement pour un hiver à la frontière Virginie.

À l’arrivée des colons est allé travailler couper les broussailles, le rapiéçage des cabanes délabrées et construire des cabanes indiennes brut d’abris temporaires, la mise à pied des rues, nettoyer les champs Monocan anciens et coupant une route cahoteuse à travers les vingt miles de forêt à une usine de Fall Creek propriété par William Byrd. Grâce à la chaleur persistante de l’été indien et le froid humide qui a marqué l’approche de l’hiver, les huguenots ont mené une lutte acharnée pour la survie. Les approvisionnements insuffisants et les fonds ont été maigres approchant l’épuisement que l’année tire à sa fin, et les colons ont été forcés de vendre leurs armes, des vêtements et d’autres biens pour acheter de la nourriture.

Sur les 700 à 800 huguenots français qui sont arrivés en Virginie cette année de 1700, environ 390 personnes avaient quitté Jamestown avec l’intention de s’établir à Manakin. En mai de 1701 environ 250 personnes étaient toujours là, les autres en partance pour d’autres domaines de la Virginie. Au cours de sa visite mai 1701 William Byrd a rapporté que «pensé que ces gens sont très pauvres, mais ils semblent très gai et sont (autant que nous avons pu apprendre) en très bonne santé, tout ce qu’ils semblent vouloir, c’est qu’ils pourraient avoir assez de pain.

” Byrd et ses compagnons inspectés -… environ soixante-dix de leurs Hutts, étant, la plupart d’entre eux, très méchant, là-bas vers le haut étant de quarante d’entre eux entre les deux ruisseaux, ce qui est environ quatre miles le long de la rivière, et ont effacé tous les champs monégasques âgés de près de trois miles ensemble , vers le bas Creeke, et fait plus de Worke que ceux qui y alla d’abord. Ils ont, tous, certains échanges Jardin et ont planté venir, mais peu d’entre eux avaient rompu leur terre d’épouser [désherbé] la même chose, wherupon j’ai envoyé pour la plupart d’entre eux et leur dit qu’ils ne doivent pas s’attendre à profiter de la terre à moins qu’ils ne s’efforcent de l’améliorer, et si ils ne font pas venu pour leur subsistance yeare suivante, ils ne pouvaient pas s’attendre à une réparation supplémentaire du Pays. Mon’r de Joux promis lors de leur prochaine réunion, afin de les familiariser avec ce que j’ai dit, et à s’efforcer de les remuez jusqu’à preuve de diligence dans le désherbage et secureing leur corne et le blé, dont celui-ci il ya beaucoup de petites parcelles, mais une partie est envahie de bois, et les chevaux (dont ils ont sevall, avec quelques vaches) ont gâté plus, la plupart d’entre eux promettent faire …. Il ya plus de 20 familles assis pendant 4 ou 5 miles en dessous de la Basse Creeke et ont défriché de petites plantations, mais peu d’entre eux avaient rompu leurs motifs …. Wee déposé cette nuit-là et retourné la nouvelle route j’ai fait à marquer, ce qui est extraordinaire façon Levell et sec et conduit soit à des chutes ou de l’usine, un chemin très bonne bien battus pour carts.64

Un voyageur suisse, François Louis Michel, qui a visité la ville un an plus tard, a révélé des progrès dans l’année avec cette description:

Le capitaine ou le responsable du lieu est un chirurgien de profession, nommé Chaltin [Stephen Chastain], a longtemps résidé à Ifferton [Yverdon, Suisse]. Nous sommes allés au pasteur, M. Dejoux [de Joux]. Depuis sa maison a brûlé récemment, il a introduit dans l’Église, qui est encore très faible, mais 200 livres ont été mis de côté pour construire une nouvelle église. Les conditions ont différé à tous égards de ceux des autres endroits. Les choses qui sont cultivés sont là en telle abondance que beaucoup d’Anglais viennent d’une distance de 30 miles pour obtenir des fruits, où ils la plupart du temps d’échange pour le bétail. Les jardins sont remplis là avec toutes sortes de fruits en particulier le jardin de l’homme de Aagan [Agen].

Les bovins sont des graisses en raison de l’abondance des pâturages. Le sol n’est pas de sable, comme c’est généralement en Virginie, mais il s’agit d’un sol lourd riche. Chaque personne prend 50 pas de largeur, la longueur s’étend aussi loin qu’on se soucie de le faire ou est prête à le faire …. Depuis ce moment-là [quand les Indiens Monocan vécu ici] arbres n’ont pas connu une croissance très importante, de sorte que dans un court laps de temps et avec peu d’effort une grande place pourrait être autorisé à des fins de construction. J’ai vu les vignes les plus terribles sauvages, dont l’épaisseur et la hauteur sont incroyables.

Il est beaucoup plus sain là-bas que vers l’océan. Le pays est plein de gibier et de poisson. Les Indiens se rendent souvent là-bas, mettre les choses jeu, rhum et d’autres plus petites. Il ya une bonne occasion de faire du commerce avec les peaux. Ils [les Indiens] apportent souvent la poterie et quand on le désire le remplir avec du maïs. Il ya plus de 60 familles [Français] là-bas. Ils vivent tous le long de la rivière.

Dernièrement, deux messieurs fortunés sont venus et avaient bâtiments construits là-bas, à cause de son emplacement idéal. Environ 400 dollars sont nécessaires afin de mettre en place un homme bien, à savoir pour lui permettre d’acheter deux esclaves, avec qui en deux ans une belle ferme peut être effacé, car les arbres sont très éloignés. Ensuite, le colon doit être fournie avec le bétail, un cheval, ce qui coûte moins de 16 ans les prix habituels 4l, Une vache veau 50 shillings, une jument [?] 10 shillings. Meubles et les vêtements, ainsi que des outils et des provisions pour un an, doit également être à portée de main.

Il est en effet possible de commencer avec moins et succès, mais trois ou quatre années passent avant que l’on se retrouve dans un bon état. Celui qui n’est pas habitué à travailler dans une grande chaleur, tombe malade et doit beaucoup souffrir avant de pouvoir faire des progrès par son travail seul. Par la méthode ci-dessus un homme est mis dans un tel état de la première année, qu’il peut être heureux et jouir de la vie.

Pendant deux fonctionnaires peuvent élever un plus grand cultures que l’on a besoin, les bovins augmentent incroyablement rapide sans peine; fruit pousse en abondance. Quand un arbre ou quelque chose d’autre est planté un mut soyez pas surpris de le voir grandir si vite et porter ses fruits. En outre, dans les jardins pousse tout ce qu’on désire.

Les vaches sont pâturage autour de la maison pendant toute l’année. Ils donnent assez de beurre, de fromage et de lait. En outre, il ne manque pas de gibier et de poisson. En outre, il est une terre tranquille consacrée à notre religion, et celui qui veut profiter de l’exercice honnête trouve des occasions assez pour cela, surtout celui qui aime le travail de terrain ou de la chasse. Il est donc possible de faire une vie honnête, calme et contenedly. Beaucoup de mal comme absent là, parce qu’il n’y a aucune possibilité de it.65

Depuis plusieurs années, la colonie a conservé son individualité, ses gens qui utilisent leur propre langue, jouissant de leurs propres coutumes, dirigé spirituellement par leurs propres ministres, et régies par leurs propres magistrats. Peu à peu, dans un premier temps et plus rapidement que les années ont passé et une nouvelle génération arrive à maturité, l’anglais a supplanté la langue maternelle des huguenots.

Comme les années passées, la frontière déplacée toujours plus loin à l’ouest, laissant derrière lui la zone Manakin. Fermes et les plantations ont remplacées le désert qui avait jadis entouré ce village, et les Français, désormais établis sur leurs propres exploitations, il était devenu impossible à les distinguer de leurs voisins anglais. Habitants de moins en moins continué à vivre dans le village lui-même jusqu’à ce que en 1750 ou il était complètement déserte. Pourtant, plus tard en 1783, 64% pour cent des noms figurant dans les listes de recensement Manakin étaient français.

 

 

 

 

 

 

 

THOMAS AYOTTE (HAYOT)

Hayot est un diminutif du nom originel de Hay, forme masculine de haie, d’où les Lahaie, les De la Haye et les Deshaies.

Ayotte est la forme du nom, portée par presque tous les descendants de Thomas Hayot, en Amérique, l’un des premiers colons de la Nouvelle-France.

Thomas Hayot est baptisé en 1609, à la paroisse de Soligny-la-Trappe, près de Mortagne, au Perche. Il épouse le 15 juillet 1629, à Saint-Jean de Mortagne, au Perche, aujourd’hui département de l’Orne, Jeanne Boucher, née vers 1607, sœur de l’ancêtre Marin Boucher, responsable du plus grand nombre de familles Boucher en Amérique.

Le registre paroissial de Québec, signale sa présence au pays le 30 octobre 1638, arrivé dernièrement avec les siens. Le colon percheron, Thomas Hayot, sert la Compagnie de la Nouvelle-France de ce côté-ci de l’Atlantique. Thomas et son beau-frère, Marin Boucher, sont métayers de la ferme que possède la Compagnie de Jésus à Beauport, jusqu’au 11 juin 1646. ( un métayer, selon la définition, du petit Larousse illustré, c’est un exploitant agricole lié au propriétaire foncier par un contrat de location en échange d’une partie de la récolte). Après entente entre les deux, Thomas Hayot décide de prendre la charge de tout.

Le 15 avril 1646, le gouverneur Huault de Montmagny a concédé au pionnier une terre, vraisemblablement celle de Sillery, où ce dernier a décidé de s’installer en quittant la ferme des Jésuites. Cette terre de trois arpents de front sur le fleuve, qui s’étend jusqu’à la route Saint-Ignace

Le 24 septembre 1651, le journal des Jésuites, nous apprend que l’ancêtre s’est fait dérober un canot par un Sokoquinois, qui se retira incognito avec un Abénaquinois. Le 19 août 1653, les Jésuites notent que Thomas Hayot est établi au Cap-Rouge et que, ce jour-là, il est élu membre du syndicat, nommé adjoint du Cap-Rouge.

La famille Hayot n’est pas mentionnée au recensement de 1666. En 1667, elle est inscrite au Cap-Rouge et à la côte Saint-Ignace. Ses voisins sont Étienne De Nevers et Sébastien Langelier. Thomas Hayot est dit âgé de 58 ans et Jeanne de 60.

Seuls les trois derniers enfants de Thomas Hayot et de Jeanne Boucher laissent une descendance.

Celle qui nous lie à l’ancêtre, c’est la cadette de la famille, Anne Hayot, est baptisée le 26 juillet 1640, à Québec, elle épouse le 28 octobre 1652, âgée de douze ans, l’ancêtre Étienne De Nevers, dit Brantigny, né vers 1627, originaire de la paroisse de l’Espanay, en Champagne. Cinq enfants naissent au couple DeNevers/Hayot et ils reçoivent une formation supérieure à la moyenne. L’ancêtre Étienne DeNevers, dit Brantigny, décède avant le 7 décembre 1678, à Lotbinière. Sa veuve épouse à cette date Léonard Debord, dit Lajeunesse, mais le couple n’a pas d’enfant ensemble. Anne Hayot décède le 27 novembre 1694.

Par le mariage de sa fille Anne, Thomas Hayot devient l’ancêtre de toutes les familles de Nevers, dit Boisvert. Thomas Hayot est mort entre 1673 et 1675, une autre énigme de l’histoire des ancêtres.

HISTOIRE DE FAMILLE : HAYOT Thomas

Boucher Jeanne (1 607-1 670)

Thomas HAYOT de Soligny la Trappe (Orne) Thomas HAYOTest né en 1609 à Soligny-la-Trappe et fût baptisé en l’église de ce village, qui a été construite fin XI ème siècle, début du XII ème. Les 2 bas-côtés ont été construits entre 1833 et 1835, soit 2 siècles après le départ de Thomas Hayot vers la « nouvelle France ».

Le bénitier date du XVI ème siécle, de sorte que Thomas s’y trempa sûrement les doigts avant d’aller s’établir à Mortagne au Perche, d’où il partit pour la lointaine colonie. On ne retrouve malheureusement pas les parents en France, de cet immigré qui a habité au village de “La Piltière”. Jeanne BOUCHER sa première épouse, est née en 1607 à Mortagne. Elle est décédée à Sillery, Québec, Canada, en janvier 1670. (Voir son testament de 1670 rédigé sur son lit de mort par Maître Romain Becquet, notaire royal). De Jeanne, nous savons qu’elle était la sœur de Marin Boucher, ancêtre d’une nombreuse descendance canadienne.

Thomas HAYOT et Jeanne Boucher se sont mariés le 15 juillet 1629 à St-Jean de Mortagne, aujourd’hui situé dans le département de l’Orne, Normandie, France. De l’union de Thomas et Jeanne, Geneviève née à Mortagne en 1632, Rodolphe né à Mortagne en 1634 et Jean sont nés en France. Adrien (1638) et Anne (1640) sont nés au Québec (Canada). Thomas et Jeanne ont été la souche d’une riche descendance avec les : HAYOT, AYOT et AYOTTE.

Thomas HAYOT arrive au Québec en juin 1638, il s’engage au service de la Compagnie de la Nouvelle-France. Le 30 juillet 1640, par devant Martial PIRAUBE qui, en plus d’agir comme secrétaire auprès du gouverneur HUAULT de MONTMAGNY, est commis au greffe et tabellionnage de Québec, il signe un contrat d’engagement et devient défricheur envers Nicolas Pivert, représentant de la dite compagnie. Ce syndicat bénéficie du privilège de la traite des Pelleteries à la condition de pourvoir à l’établissement d’un certain nombre de colons.

L’ANCÊTRE JEAN BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE

par Antonio Champagne
publié en 1950, dans Mémoires de la Société Généalogique Canadienne-Française, 4, 73-85.

Bien que plusieurs milliers de Canadiens se réclament aujourd’hui de l’ancêtre Jean Beaugrand, sa descendance n’est pas parmi les plus nombreuses du Canada; nous verrons que les commencements ont été lents. Elle n’est pas non plus parmi les plus illustres. Elle n’a pas fourni à la nation ou à l’Église une longue liste de chefs ou de grands personnages.

Elle n’a pas donné à l’élite intellectuelle de nombreux et brillants sujets. Mais, d’un autre côté, (cela apparaît surtout à la deuxième et à la troisième génération), elle tient dès le commencement à remplir son rôle modeste, elle a ses ambitions, elle se refuse à rester dans la médiocrité.

Elle n’appartient pas à ce qu’on est convenu d’appeler l’élite, mais elle ne fait pas partie non plus de certaine masse amorphe et passive qui se laisse conduire au gré des événements et qui en reste toujours au même point.

Elle constitue une famille moyenne, comme tant d’autres qui sont la base solide et la structure même de la nation canadienne. Et nous avons pensé que c’était là un titre réel à l’attention du public et que nous pouvions sans crainte présenter ces notes sur Jean Beaugrand.

À quelques détails près, détails de personnes, de dates et de lieux, une multitude de familles canadiennes pourraient le reconnaître pour leur ancêtre.

Selon toute vraisemblance, l’ancêtre Beaugrand fut d’abord soldat et il appartenait à l’une des 24 compagnies arrivées à Québec de juin à septembre 1665. Était-il du Régiment de Carignan et de la Compagnie de Saurel comme on l’a affirmé, ou bien d’une des quatre compagnies de M. de Tracy ? Aucun document ne nous donne de précisions à ce sujet. Mais cela n’a qu’une importance relative puisque toutes les compagnies marchèrent sous un seul chef et accomplirent la même œuvre.

Note de JB: Selon http://www.fillesduroi.org/Regiment/Soldats/soldats.html
Jean Beaugrand (Champagne) était de la Compagnie de Saurel.

Nous le voyons seulement, après un stage provisoire dans la Seigneurie de Dautray, s’établir bientôt d’une façon définitive dans celle de M. Berthier. (Nous employons la forme ” Dautray ” de préférence à ” Autray “, parce que la première nous paraît plus conforme à l’histoire).

 

Dans l’une comme dans l’autre, il y avait des soldats de M. de Saurel et d’autres compagnies. Un argument assez sérieux en faveur de la première est que Jean Beaugrand semble fréquenter de préférence des soldats de cette compagnie, comme les Letendre, Piette, Hénault, etc. Il est à remarquer aussi que cette Seigneurie de Berthier fut d’abord concédée par Talon, le 29 octobre 1672, au Sieur Hugues Randin, enseigne de la Compagnie de Saurel, qui la revendit au Sieur Alexandre de Berthier un an après, le 3 novembre 1673.

Quoi qu’il en soit, nous savons le rôle important que jouèrent les 24 compagnies de 1665 dans l’établissement du pays, soit au point de vue militaire, soit au point de vue colonisation, et la plupart des nos familles peuvent se glorifier d’avoir parmi leurs ancêtres un ou plusieurs de ces soldats devenus colons.

Pour ce qui est de Jean Beaugrand, nous le voyons, après le licenciement des troupes en 1667-1668, s’établir bientôt sur une terre. Les documents nous montrent ses premiers descendants ambitieux d’agrandir le domaine ancestral, et la famille des Beaugrand a continué d’être, sauf de rares exceptions, une famille de cultivateurs.

À part quelques navigateurs, dont le fleuve tout proche a motivé la vocation, nous ne trouvons en effet, dans les sept premières générations, que des gens de cette classe.

Bon nombre de familles canadiennes ont l’avantage de retrouver au pays de France le lieu d’origine de leur premier ancêtre et autres détails auxquels l’amour filial donne une valeur inappréciable. La descendance de Jean Beaugrand n’a pas ce bonheur. Le nom de ses parents nous est inconnu, de même que celui du patelin qui le vit naître et de la paroisse où il fut baptisé. Nous en sommes réduits à des conjonctures sur la province ou la région d’où il tire son origine et même sur la forme exacte de son nom.

Les registres des paroisses auraient pu sans doute combler la plupart de ces vides, mais, dans cette région plus qu’ailleurs, beaucoup d’actes ont disparu. Pendant de longues années, Sorel et les environs furent desservis par des missionnaires faisant des séjours plus ou moins longs au milieu des groupes de colons ou parmi les soldats du fort Richelieu. Sorel, Berthier, Dautray, l’Ile-Dupas et une bonne demi-douzaine d’autres localités recevaient ainsi leurs visites par intermittence.

C’était un ministère difficile et même dangereux. Beaucoup d’actes ont dû être inscrits sur des feuilles volantes et se sont perdus. Sans compter les registres ou parties de registres égarés plus tard, comme nous en avons la preuve pour Sorel, Berthier, l’Ile-Dupas. Voilà comment il reste tant de points d’interrogation sur Jean Beaugrand, son épouse et leurs enfants, ainsi que sur plusieurs autres familles habitant alors cette région.

Le nom de l’ancêtre Beaugrand apparaît sous différentes formes. On trouve : Gougran, Bougrand, Bougueran, Baugran, Beaugrand, Bougrin, Bougron, et jusqu’aux extrêmes Boudron et Bourguerats. Mais il est évident, à voir les documents, qu’il n’y a que deux variantes importantes : Bougrand et Beaugrand.

Elles sont les seules qui reviennent d’une façon régulière et le reste n’est que caprice d’un chacun. La première de ces deux formes est la plus employée dans les commencements, mais la deuxième prévaut bientôt et s’installe définitivement. Le surnom de Champagne est employé dès le commencement et Jean Beaugrand le portait comme soldat à son arrivée de France. Peu à peu il prévaut et le nom de Beaugrand n’est plus porté que par quelques familles.

Nous pourrions tenter des hypothèses sur l’origine de cet ancêtre et la forme de son nom. Mais c’est toujours une pratique dangereuse et qui risque d’entraîner dans une mauvaise direction. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que les Beaugrand sont nombreux en France à l’heure actuelle, que leur nom s’écrit toujours sous cette forme et qu’on les trouve surtout dans l’ancienne province de Champagne.

Note de pjb sur le nom Champagne voir un autre blogue

Beaugrand Bougran Bogran Bouguerats Bégrand Bougueren Bouguerand

Bougrand, plus rapide et plus facile à prononcer, serait-il une corruption populaire ou régionale de Beaugrand ? L’association de ce dernier nom et de plusieurs localités de l’ancienne province à l’heure actuelle serait-elle un indice ? Nous ne pouvons le dire.

Nous avons un document, un seul jusqu’ici, portant la signature du premier ancêtre. Il agit comme témoin devant Adhémar, le 26-6-1676 et écrit assez maladroitement : Gean Bougeran. Mais le notaire écrit, se basant sans doute sur la prononciation courante :

” En présence de Jean Bougaran-dit-Champagne, habitant de Dautray, témoin soussigné “. C’est quelque chose que de savoir signer son nom à cette époque, et à en juger par l’orthographe, la science grammaticale de l’ancêtre ne devait pas aller beaucoup plus loin. (Autre document du 26-8-1699 : Gean Bougueren).

Suivons maintenant, à l’aide des documents qui nous restent, l’ordre chronologique des événements qui concernent la vie de ce pionnier et de sa famille.

Jean Beaugrand, une fois libéré du service militaire, choisit donc de rester au pays. Environ 400 autres soldats font de même. Le roi encourage cette transformation du soldat en colon. Comme ses semblables, il recevra, moyennant une petite redevance annuelle du seigneur, une concession gratuite de terre et un don de cent francs en argent, ou, s’il le préfère, cinquante francs et les vivres d’une année.

(Le franc ou la livre de cette époque avaient sensiblement la même valeur que le franc en cours après la Révolution Française et jusqu’à la guerre de 1914 : il valait de 18 à 20 cents de notre monnaie (or) canadienne). Il avait 24 ans quand il s’engagea comme soldat. Il en a maintenant 27. Le recensement de 1681, en effet, lui donne 40 ans, ce qui le fait naître en 1641.

C’est vers la même époque, 1668 probablement, qu’il unit sa destinée à celle d’une jeune fille de 18 ans, Marguerite Samson. Elle serait née en 1649 d’après le document qui lui donne 32 ans, et aurait eu 8 ans de moins que son époux. L’acte de mariage manque, et l’origine de cette dernière reste aussi pour nous un mystère.

Nous savons seulement qu’il y avait plusieurs familles Samson établies à Québec depuis assez longtemps et qu’elles étaient originaires de Normandie.

Note de pjb
Nous savons auj. que Marguerite Samson était une Fille du Roi. Voir autre blogue.

Le premier de leurs enfants connus, Jean ou Jean-Baptiste, naît en 1672. Le recensement de 1681 lui donne 9 ans. L’acte de baptême n’existe pas. Jean et ses deux fils Antoine et Pierre-Simon sont les ancêtres de tous les Beaugrand-Champagne.

Un deuxième fils, Charles, est baptisé à Sorel le 27-7-1673. La seule mention que nous ayons de lui après cette date est celle du même recensement, qui lui donne 7 ans.

Une fille, Marie ou Marie-Anne, née à Dautray le 27-7-1675, est baptisée à Sorel le 29. Son parrain est Pierre Letendre, habitant de Dautray et soldat de la compagnie de Saurel. Elle a 6 ans au recensement de 1681 et c’est elle sans doute que nous retrouvons à Berthier le 3-3-1693. C’est la dernière mention que nous ayons d’elle.

Là se clôt la liste des enfants de Jean Beaugrand. Trois enfants, au cours d’une vie conjugale de plus de 20 ans, c’est peu pour cette époque, et il est probable que d’autres vinrent animer le foyer. La perte des premiers feuillets du registre de Sorel a bien pu faire disparaître à tout jamais les traces de plusieurs d’entre eux.

Où s’établit d’abord Jean Beaugrand, le soldat devenu colon ? Habite-t-il quelque temps la Seigneurie de Sorel, sous les canons protecteurs du fort Richelieu ? C’est possible, mais rien ne le prouve. En tout cas, dans la liste des concessions concernant cette région, nous n’en voyons aucune qui ait été accordée à Jean Beaugrand.

Tout ce que nous savons, c’est qu’au 27-7-75, à la naissance de Marie-Anne, il habitait Dautray, cette vieille seigneurie, une des plus anciennes de la Nouvelle-France, concédée au Sieur Jean Bourdon, ingénieur royal, le premier décembre 1637. Y était-il déjà au moment de la naissance de Charles, 2 ans et demi auparavant, et même de Jean, en 1672 ? Nous en tenant aux documents, nous ne pouvons l’affirmer, mais c’est fort possible et même probable.

L’acte de baptême de Charles fait à Sorel le 16-2-1973 ne mentionne pas le lieu de naissance et n’autorise aucune hypothèse. Sorel était le seul endroit où on pût trouver un prêtre à cette époque et plusieurs années après. (Ceci ne fait pas de doute d’après le rapport des paroisses et missions de la Nouvelle-France, envoyé au Pape Innocent XI et daté de 1683. Il est dit expressément que le même prêtre dessert Sorel, Rivière-du-Loup et Rivière-Saint-François.

On y donne pour chaque localité le nombre des familles et des personnes, les dimensions de la chapelle ou église, quand il y en a, le matériel avec lequel elles sont construites : bois ou pierre. Berthier, Lanoraie, Dautray, Lavaltrie, Saint-Sulpice n’ont ni église ni chapelle. L’Ile-Dupas n’y est pas mentionnée, pas plus qu’au recensement de 1681 :C’est qu’il ne s’y trouve ni chapelle, ni même aucun habitant. )

C’est à Dautray également qu’il habite au 25-6-1676, quand il appose sa signature au bas du document cité plus haut.

Ces deux documents sont les seuls que nous connaissions sur son séjour dans cette seigneurie. Notre colon abandonna plus tard cette terre comme nous verrons.

Le recensement de 1681 nous le montre établi d’une façon définitive à Berthier. Il avait là, à un mille et demi en amont du lot réservé à l’église (C’est le lot même où se trouve l’église actuelle.

La première église fut construite sur ce lot, mais un peu plus près du fleuve)… et à quelques milles seulement de sa terre de Dautray un lot de 3 arpents de front sur le fleuve avec 40 de profondeur. (Nous avons pu situer ce lot de Jean Beaugrand et évaluer sa largeur en nous servant des documents suivants :

Carte de 6. Catalogue, de 1709;
acte de vente de Jean Plouffe à Jean Beaugrand, 2 arpents en largeur, 1714; aveu et dénombrement de Berthier par le Sieur de Lestage, 8-8-1723;
plan cadastral du comté de Berthier, 1938, Ministère des Terres et Forêts, Québec.

Nous savons que le lot primitif était de 3 arpents de front sur le fleuve par 40 de profondeur car selon l’Aveu et dénombrement de Berthier, de 1723, Jean II possède 5 arpents, dont 2 acquis de Jean Plouffe le 27-7-1714. La carte de Gédéon de Catalogne place Jean Beaugrand entre Parisien au sud-ouest et La Grandeur au nord-est.

L’Acte de 1714 met son lot entre ceux du défunt Le Parisien et de Jacques Joly. L’Aveu de 1723 lui donne les mêmes voisins qu’en 1714. Ainsi agrandi, ce lot correspond au no 48 du cadastre actuel, qui a 3 arpents, et aux lots voisins. La maison que l’on y voit a été bâtie par Basile V Beaugrand-Champagne vers 1825 et est aujourd’hui (1950) habitée par Pierre Sylvestre qui l’a acquise en 1913.

Sept générations de Beaugrand formant une seule lignée, se sont succédé sur cette terre de 1676-1681-1881. Après la mort d’Élie VI, 12-4-1881, sa veuve Modeste Bonin et ses enfants Marie-Louise, Joseph, Arthur et Edmond vendirent la propriété, qui passa depuis par plusieurs mains).

C’est là qu’il vivra désormais, c’est là qu’il élèvera sa petite famille, c’est là qu’il mourra. C’est là encore que vivront son fils Jean et toute une branche de sa descendance pendant plus de deux siècles. Berthier sera le centre d’où rayonneront ses nombreux descendants, dans les paroisses voisines d’abord, puis jusqu’aux confins de l’Amérique. Les générations qui se sont succédé sur le lot de Jean Beaugrand sont :

Jean, marié à Marguerite Samson vers 1668.
Jean, marié à Françoise Guignard, 1697.
Pierre-Simon, marié à M.-Josephte Boucher, Courrier 17-3-1746. [Antoine left the house to Pierre-Simon]
Jean-Baptiste, marié à M.-Josephte Boucher, Berthier, 18-1-1779.
Basile, marié à M.-Desanges Tellier, Berthier 18-4-1820.
Elie, marié à M.-Modeste Bonin, Lanoraie, 16-10-1855.
Marie-Louise (Rosalie), Joseph, Arthur, Edmont. Ceux-ci émigrèrent au Manitoba en 1880 et en 1881 et y ont de nombreux descendants.

Note de pjb
Remarque: La même Marie-Josephte Boucher maria et Pierre-Simon et Jean-Baptiste, de deux générations successives ? Il faut vérifier auprès du document original (il y probablement erreur de transcription).

Quand se transporta-t-il de Dautray à Berthier ? Évidemment entre les dates extrêmes que nous avons citées : 25-6-1976 et recensement de 1681. Mais nous ne pouvons serrer ces dates d’un peu plus près. Le recensement nous donne les détails suivants :

” Seigneurie de Villemur (Berthier) : Jean-Bougran-dit-Champagne, 40 ans; Marguerite Samson, sa femme, 32 ans; Jean, 9; Charles 7; Marie 5; 2 vaches; 3 arpents en valeur “.

Ce court texte laisse supposer plusieurs choses : d’abord, que Jean y avait bâti maison et étable, ensuite qu’il avait mis en valeur, c’est-à-dire défriché, puis ensemencé ou récolté 3 arpents de terrain.

Avec les moyens dont il disposait, cette installation complète exigeait bien, croyons-nous, deux bonnes années de travail. De plus, la construction des bâtisses avait dû précéder la préparation du terrain; il ne pouvait faire la navette de Dautray à Berthier pendant plusieurs mois ou davantage pour l’essouchage et les autres travaux.

La propriété avait donc été acquise ou même habitée dès 1679 ou 1678. (L’abbé S.-A. Moreau, dans son histoire de Berthier, publiée en 1889, p. 107, donne Jean Beaugrand et Jean Piette comme les deux premiers pionniers de Berthier en 1672.

Julien Allard et Pierre Delbec-dit-Joly les auraient rejoints en 1676. Nous avons vu que Jean Beaugrand habitait Dautray en 1675 et 1676. Il pouvait avoir sa terre de Berthier, mais il n’y résidait certainement pas. Nous ne savons sur quels documents s’appuie l’abbé Moreau).

Sur les années qui suivirent le recensement de 1681, nous n’avons aucun document, mais il reste permis de croire que la vie ne s’écoulait pas dans le luxe et l’abondance. (Concession à Jean Beaugrand à l’Ile-Dupas, par Pierre Salvaye, seigneur, le 25-7-1686 : 6 arpents sur toute la largeur de l’île. Jean B. en laisse 2 à Prudent Bougret 26-8-1699.

1688 : Jean II, l’aîné de la famille, a grandi; c’est bientôt un homme : il a eu ses seize ans faits il y a déjà plusieurs mois. C’est le temps d’aider sa famille. C’est aussi le temps des aventures. Peut-être pourrait-il concilier les deux ? Depuis trois ans, les autorités de la colonie se sont relâchées de leur sévérité primitive et accordent des permis pour la traite des fourrures.

Quelques seigneurs et autres particuliers fortunés équipent des caravanes dans ce but et engagent des hommes. Quelques-uns, parmi ses connaissances, sont partis et sont revenus, racontant les péripéties de leur palpitant voyage.

Pourquoi ne tenterait-il pas sa chance lui aussi Ses parents lui accordent, quoiqu’à regret, la permission et, le ler août 1688, devant Antoine Adhémar, notaire à Montréal, il s’engage à Marguerite Morisseau, veuve de François Pelletier-Antaya, seigneuresse de Dorvilliers, une voisine bien connue.

“Pour faire le voyage des Outaouais, à commencer d’aujourd’hui et finir l’automne de l’année prochaine mil six cents quatre-vingt neuf, pendant lequel temps le dit Bougueran promet d’obéir à Cottu qui va aux païs des Outaouais pour ladite Mauriceau et faire de son mieux fidèlement, à la charge qu’il sera nourri pendant le sus dit temps; et en outre ladite Mauriceau promet de lui payer pour ses gages la somme de cent cinquante livres en castor au prix du bureau de Québec à son retour en cette ville (Montréal).

(En) plus ladite Mauriceau s’oblige de lui donner avant son départ un fusil, une couverte, trois chemises, un capot, un tapabor (capuchon en cuir) et six livres de tabac, que ledit Bougueran pourra traiter à son profit; et le castor et pelleteries qu’il en fera, les embarquera dans le canot où il sera en descendant; …

Fait et passé au dit Villemarie, étude du notaire, l’an mil six cents quatre-vingt huit, le premier jour d’août après-midi… Les parties ont déclaré ne savoir signer… (Témoins) : Sillevain Guérin, Cabazie, Adhémar, notaire.

Quinze mois pour une première absence, et dans quelles conditions ! Comme le temps du paraître long au cœur de la mère ! Quelles inquiétudes pour les parents ! Leur fils reviendrait-il jamais d’un voyage aussi périlleux ! Cependant les mois passent.

L’hiver arrive, le long hiver où, au coin du feu, on cause tristement du fils absent. Puis le printemps reparaît, puis l’été. Les épis commencent à se gonfler. Premier août : un an aujourd’hui que le fils est parti ! Sans doute les parents se sont-ils confié de nouveau leurs inquiétudes en cet anniversaire.

Quelques jours passent encore. Mais voici que d’horribles nouvelles arrivent. Ce n’est plus seulement sur leur fils, c’est sur eux que l’orage gronde, c’est leur petite famille qui est menacée. Le 5 août 1689, les Iroquois ont fondu à l’improviste sur le village de Lachine et en ont massacré presque tous les habitants, hommes, femmes et enfants; 200 disent quelques-uns. Ceux qui ont pu fuir errent affolés à travers la campagne. Les Iroquois s’avancent des deux côtés du fleuve, laissant partout des ruines.

Nous ne savons comment vécut Jean Beaugrand avec sa famille pendant ces mois au plutôt ces années de terreur. Car pendant cinq ou six ans encore les scènes de carnage se renouvelèrent, et il ne se passa guère de mois ou de semaine sans que quelqu’un fût massacré, tantôt dans un endroit et tantôt dans un autre.

(Comme on sait, c’est à cette période que date l’exploit de Madeleine de Verchères, 22 octobre 1692). Ce qui est certain, c’est que plusieurs habitants s’enfuirent de cette contrée pour ne plus y revenir et que plusieurs seigneuries eurent de la peine à s’en remettre.

Entre autres témoignages, il nous reste de cette période et de cette région le récit de Gédéon de Catalogne, un témoin oculaire, qui écrit en 1709, donc 20 ans après : ” A Berthier, il y a peu d’habitants, à Lanoraie et à Antaya (Dorvilliers), encore moins; à Dautré, depuis le massacre général, il n’y en a plus.

À Lavaltrie, la plus grande partie des terres sont redevenues en taillis.

Quatre ans se passent sans qu’aucun fait nouveau n’arrive, à notre connaissance. Une contestation entre les seigneurs de l’île-Dupas et un prétendu ayant-droit nous vaut de nouvelles informations. Il s’agit d’une sommation en règle de l’huissier royal Daniel Normandin.

Voici le texte un peu abrégé : ” L’an 1693, le 3 mars avant midi, je, huissier royal demeurant à Champlain, ai, à Jean Beaugrand-dit-Champagne, demeurant à Berthier faisant tant pour lui que pour son fils, et son domicile, en parlant à sa fille qui a promis de lui faire assavoir, fait sommation de par le roy, de reconnaître les Sieurs Dandonneau et Brisset seigneurs de l’Ile-Dupas, comme ayant ledit Beaugrand et son fils une terre dans ladite Seigneurie et fait défense au dit Baugrand de reconnaître le nommé Dufort (Prudent Bougret-dit-Dufort) ni autre personne pour seigneurs de la dite seigneurie et de me faire apparoir (donner la preuve) du titre qu’ils ont et de donner aux Sieurs Brisset et Du Sablé (Dandonneau) un titre nouvel de leur terre qu’ils tiennent par concession, déclarant au dit Beaugrand, sauf par lui de satisfaire incessamment à ma présente sommation, que les dits seigneurs Brisset et Du Sablé poursuivront contre lui par les moyens du droit.

Fait et délaissé copie de ma présente sommation au domicile du dit Baugrand, où je me suis exprès transporté, distance de dix-huit lieux de ma demeure, etc. (signé) D. Normandin, huissier royal.

Ce précieux document nous montre : Que Jean habitait toujours avec sa famille sa terre de Berthier, qu’il en avait acquis une autre dans l’Ile-Dupas, que sa fille (Marie-Anne sans doute), vivait à cette époque. Elle devait avoir 18 ans. Nous ne la retrouvons plus.

La comparaison de ce document avec plusieurs autres nous porte à nous demander comment notre colon tirait de la terre la subsistance de sa famille. Le recensement de 1681 nous le montre ayant 3 arpents en valeur. Nous voyons ici qu’il a agrandi son domaine en prenant concession à l’Ile-Dupas.

D’autre part, dans l’Aveu et Dénombrement de Berthier fait par le Sieur de Lestage le 9 août 1723, nous avons les renseignements suivants : Entre la veuve Jacques Joly et les héritiers du nommé Grand-Parisien est ” Jean Bougran (il s’agit du fils) qui possède 5 arpents de front sur 40 de profondeur, chargés de 18 livres, cinq chapons de rente et un sol marqué de cens pour la terre et pour le droit de commune, lequel a maison, grange, étable et 5 arpents de terre labourables “.

Trois arpents en culture en 1681, et seulement cinq en 1723 : vraiment l’exploitation ne semble pas avoir progressé beaucoup ! Et cependant, dans l’intervalle, en 1693 ou avant, notre colon a agrandi son terrain dans l’île voisine. L’explication est facile : la culture du grain sur les côtés de Berthier, couvertes de forêts aux troncs serrés, demandait un travail énorme de défrichement.

D’autre part, dès 1673, Frontenac écrivait que les Canadiens ne savaient que faire du blé qu’ils ne pouvaient consommer sur place. On en exporta plus tard aux Antilles, mais en petite quantité. Par ailleurs, les îles du Saint-Laurent offraient de belles terres à foin où l’élevage était facile et de bon rendement. Il répondait de plus à presque tous les besoins du ménage : la famille avait là à sa portée les plus essentielles des denrées alimentaires comme, viandes diverses, lait, beurre, fromage, œufs, le cuir nécessaire à la confection des mocassins et quelques autres articles de l’habillement, la ” babiche ” pour les raquettes.

Le suif fournissait la chandelle pour l’éclairage, etc. En conséquence, on ne cultivait de blé que le nécessaire aux besoins de la famille.

De quand date l’acquisition de cette terre à l’Ile-Dupas ? Il est impossible de le dire d’une façon certaine. Cependant, nous avons de précieux indices.

Pierre Dupras, Sieur de Braché, officier au régiment de Carignan, avait habité cette île en 1669, y ayant été attaqué par un petit groupe d’Iroquois le 19 juillet de cette année, puis en avait eu la concession officielle de jean Talon le 3-11-1672. Il meurt le 20-12-1677 et est enseveli à Sorel le 22. Sa veuve, Charlotte Denis, s’était retirée aux Trois-Rivières et avait laissé la seigneurie en liquidation.

Elle fut acquise par le Sieur Charles Aubert de la Chesnaie, qui la revendit aux Sieurs Jacques Brisset et Louis Dandonneau, habitants de Champlain, le 10-11-1690. Il semble que c’est après cette date seulement que des concessions ont été données et en très petit nombre car on en a retrouvé aucune avant 1700. Tous les contrats de concession que nous avons sont datés de 1700 à 1713. (La concession à Jean Beaugrand et faite sur simple billet. C’est peut-être la seule. D’après le billet, il n’a aucun voisin). Jean Beaugrand dut être un des premiers, sinon le premier à obtenir la sienne, car une carte cadastrale de Gédéon de Catalogne, datée de 1709, donne à son fils Jean II le lot qui suit immédiatement celui réservé à l’église, ce dernier comprenant 25 arpents à l’extrémité sud-est de l’île.

La carte semble lui donner 3 ou 4 arpents de largeur. De plus, cette affaire de contestations et de sommation semble bien constituer un cas type, au moment des premières concessions et celle à Jean Beaugrand devrait se situer à cette époque, c’est-à-dire un peu avant le 3-3-1693.

Le texte de la sommation semble même indiquer qu’il avait eu sa concession de Prudent Bougret-dit-Dufort, ce qui déclencha l’action des seigneurs et de l’huissier. Les mots ” me faire apparoir du titre qu’ils ont” et ” donner aux Sieurs Brisset et Du Sablé un titre nouvel de leur terre ” ne paraissent pas avoir d’autres sens.

La concession aurait donc eu lieu entre 18-6-1692 et le 3-3-1693. (Cette affaire de sommation semble un peu mystérieuse. Nous risquerons l’explication suivante :

Dans ” Inventaire des concessions…, III, 83, ” nous trouvons l’acte suivant : ” 18 juin 1692 : Foi et Hommage de Prudent Bougret-dit-Dufort, demeurant à Ville-Marie, Île de Montréal, pour Jacques Bougret, son fils, pour la moitié d’un fief et seigneurie appelé l’Île Dupas, l’Île-aux-vaches avec les îlets adjacents et d’autres fiefs appelés de Chicot, – L’autre moitié dudit fief appartenant à Jean Vinet, de Boucherville… ” Prudent Bougret avait donc acquis des droits sur la seigneurie. Celle-ci avait pu être mise en vente pour cause d’insolvabilité ou pour quelqu’autre motif et achetée par lui. De là l’incertitude puis la sommation et l’élimination du prétendant au titre de seigneur.

En 1694, nouveau départ du fils aîné. Le 14 septembre 1694, Jean Bougron-dit-Champagne s’engage à Jean Bisset, Sieur de Vincennes, pour faire encore une fois le voyage des Outaouais. On est sans doute moins inquiet cette fois car il a acquis de l’âge et de l’expérience.

Il aura de meilleurs gages aussi, car on lui donne la conduite d’un canot. Comme la première fois, il ne reviendra que l’année prochaine, dans le temps que les voyageurs descendent des dits païs pour apporter le castor en cette ville (Montréal). Son salaire sera de ” 350 livres qui seront payées en castor, aussitôt l’arrivée du castor en cette ville, et de plus le dit Champagne pourra porter avec lui pour 50 francs de marchandises seulement pour traiter à son profit particulier… “, etc.

L’acte est signé de Basset, notaire royal, et de deux témoins, Jean Beaugrand ayant déclaré ne savoir signer.

Les premiers mois de 1697 amènent un événement d’importance dans la maison. Jean II, âgé de 25 ans, unit sa destinée à celle d’une jeune fille de 17 ans, Françoise Guignard, née à Repentigny le 15 mai 1680, de Pierre Guigard-dit-d’Olonne et de Françoise Tierce, veuve d’Aufray Coulon. Les deux ménages habiteront ensemble dans la maison de Berthier.

C’est là que naît, au commencement de 1698, une petite fille qui sera baptisée à Sorel, le 7 janvier de cette année et qui portera le nom de Marie-Anne, en souvenir de sa tante, la fille Jean I, que nous avons rencontrée le 3-3-1693 et qui a dû quitter ce monde entre temps.

Jean et sa femme sont tout heureux sans doute de l’arrivée de cette fille mais cela les constitue grand-papa et grand-maman et annonce qu’ils ne sont plus aussi jeunes.

Plus que les années cependant, l’usure due à un travail excessif et aux privations va avoir bientôt raison de l’énergie de ce colon. Il ne verra pas la naissance de son premier petit fils Antoine, qui sera baptisé à Sorel le 6-6-1700. Il s’achemine rapidement vers la tombe. Son fils, habitué lui aussi à la vie dure, peut prendre la succession.

Et le père décède à l’âge de 58 ans. Il est enseveli à Sorel le 5-12-1699. la mère a hérité de tous les biens, mais c’est le fils qui fait valoir les propriétés. Pourquoi n’administrerait-il pas lui-même à sa façon le bien paternel ? Il a exposé plusieurs fois son point de vue qui a bien du bon sens. Malgré les divergences d’idées, la mère finit par se laisser persuader. Justement, le Grand-Vicaire de Québec, M. de Belmont, fait sa visite dans ces parages au nom de l’évêque. On profitera de son passage pour tout arranger et faire un écrit en bonne et due forme, en prenant toutes les précautions que conseille la sagesse humaine.

Et c’est ainsi que le 23-10-1701, ” par devant Messire François de Belmont, Grand-Vicaire de Mgr l’Issustrissime et Révérendissime Évêque de Québec, faisant sa visite dans le lieu et coste de Berthier, furent présents en leur personne Marguerite Sanson, veuve de feu Jean Bougrand, d’une part, et de Jean Bougrand, fils du dit Jean Bougrand et de la dite Marguerite, assisté de Françoise Gignar, sa femme d’autre part; ” lesquels, pour le bien de la paix et le salut de leurs âmes, ont remis entre ses mains leurs différents et résolu pour les terminer de faire un acte de transaction, lui donnant plein pouvoir de les faire coucher en bonne et dû forme et recevoir juridiquement par un notaire royal “.

” sont convenus des clauses et conditions suivantes : ”

” Donnera le dit Jean Beaugrand, fils, par an, à Marguerite Sanson, la mère, la quantité de 20 minots (de) froment bon et valable, payables en deux termes : le premier, de 10 minots, à la Noël prochaine, le second à la Chandeleure de l’année 1702, aussi de 10 minots, et ainsi jusqu’à la fin de la vie de la dite Marguerite Sanson, la mère. ” donnera dès à présent le dit Jean Beaugrand à sa mère, une vache à choisir sur les trois qu’il possède “,
” donnera dès à présent à sa dite mère un cochon gras prêt à tuer et deux nourritureaux de six mois “.

” s’oblige le dit Jean Bougrand, de construire à sa dite mère l’an prochain 1702 un bâtiment pour elle et les bêtes et volailles comme il a accoutumé de se faire en ces côtés.

” s’oblige le dit Jean Bougrand de faire traîner à sa dite mère 10 cordes de bois et faire porter son blé au moulin et ce, dans le temps seulement qu’elle et lui habiteront dans le même lieu, côte ou paroisse.

” (s) obligent le dit Jean Bougrand et Françoise Guignard, sa femme, au cas qu’ils vinssent à décéder avant la dite mère, tous leurs hoirs (héritiers) et ayant-cause à accomplir les dites conditions, sera loisible à la dite Marguerite Sanson de rentrer dans tous ses droits comme si le contrat n’avait été fait.

” emportera la dite Marguerite Sanson ses meubles, hardes et ustensiles, savoir : son lit garni de rideaux, ses linceuls (draps), deux couvertes, son coffre avec tout le linge, habits et hardes qu’elle possède pour son usage, plus deux marmites, deux chaudrons, deux assiettes, un plat, un bassin, six cuillers “.

” Moyennant quoi cède la dite Marguerite Sanson au dit Jean Bougrand, son fils, tous et un chacun (de) ses droits sur l’horaire (héritage) de feu Jean Bougrand, son mari… Donne la dite Marguerite toute liberté à Jean Bougrand, son fils, de vendre, aliéner, affermer et échanger les habitations (terres) qu’il tient de feu son père, sises à Berthier et à l’Ile-Dupas, moyennant qu’il satisfasse aux clauses et conditions du dit contrat, pour la satisfaction desquelles clauses et conditions le dit Bougrand et sa femme hypothèquent (engagent) tous leurs biens présents et à venir et s’engagent à payer les dettes de leur père, s’il y en a “.

” Fait à Berthier, ce 23 octobre 1701, en présence des témoins ci-dessous. “.

” François de Belmont, Grand-Vicaire; Priat, prêtre; Seguenot; Marguerite Sanson (marque), Jean Bougrand (marque); Françoise Guignat (marque) “.

Comme on le voit, rien n’est oublié; aussi l’entente a dû être parfaite, car ce n’est que sept ans plus tard que Marguerite Sanson crut devoir déposer le document chez le notaire. Le 17 août 1708, nous la voyons se rendre chez Adhémar, à Montréal, faire entrer la précédente convention au nombre de ses minutes et en faire délivrer deux copies aux intéressés.

Le présent document nous permet de conclure :

Que Jean Beaugrand, au moment de sa mort, n’avait plus sa terre de Dautray. Faut-il voir une relation entre cet abandon et l’acquisition de sa concession à l’île Dupas ? La menace iroquoise y a-t-elle été pour quelque chose ? Tout cela est parfaitement possible : Dautray, qui n’avait que quelques habitants, n’était pas défendable et de fait disparut pour un temps. L’occasion était bonne de se tourner ailleurs et de développer une culture plus profitable.
Que Jean II est le seul survivant des enfants de Jean I, étant le seul héritier. Nous avons déjà fait remarquer que les autres avaient disparu après une ou deux mentions dans les documents. L’acte ci-dessus nous apporte un argument positif, bien que leur mort n’y soit pas mentionnée explicitement.

Que la famille de notre colon n’était pas riche, mais qu’elle ne manquait pas non plus du nécessaire. Jean II laisse à sa mère une vache à lait, soit un tiers de celles qu’il possède, deux veaux, trois porcs.

À garder partout la même proportion, cela nous donne déjà 9 têtes de bétail et 9 porcs, sans compter les volailles. Mais il est bien probable que la mère n’ait gardé que le nécessaire et que le troupeau était plus important. Elle ne pouvait oublier de considérer la jeune famille où il y avait déjà une petite Marie-Anne de près de 4 ans et un petit Antoine d’un an et quelques mois, avec d’autres en perspective.

 

Elle sait très bien d’ailleurs qu’elle ne manquera de rien à côté de son fils. Ce qu’elle veut, c’est simplement avoir son indépendance, comme beaucoup d’autres font en pareil cas : deux ménages ensemble, c’est souvent mauvais ménage…

Nous pouvons supposer également que Jean avait d’autres sources de revenus. Il y avait le commerce des fourrures, dans lequel son fils avait acquis de l’expérience et auquel s’adonnaient bon nombre de colons. Puis, si sa femme se contente de se ” faire traîner dix cordes de bois ” pour son hiver, se chargeant de les scier et de les débiter, c’est qu’elle est habituée au travail du dehors et qu’elle ne le craint pas.

Elle pouvait très bien, du vivant de son mari, s’occuper des animaux et de la basse-cour, pendant que celui-ci travaillait chez le seigneur ou chez quelque voisin.

L’exploitation de Jean Beaugrand, toute modeste qu’elle ait été, devait donc procurer, sinon l’aisance, du moins le nécessaire aux besoins de la petite famille.

Marguerite Samson vivra plus de 20 ans après l’arrangement précité et près de 22 ans après la mort de son mari. Elle verra l’arrivée en ce monde cinq autres petits enfants, outre les deux déjà mentionnés.

Ce sont : Pierre, baptisé à l’Ile-Dupas le 7-8-1704 et qui dut mourir bien jeune; Pierre-Simon, né en 1708; Marie-Françoise, née 1708-1710; Geneviève, baptisée à Sorel le 23-8-1711; Jean, baptisé au même lieu le 3-9-1713. Elle verra Françoise Guignard quitter ce monde à l’âge de 35 ans seulement : celle-ci est ensevelie à Sorel le 12-8-1715.

Elle verra son fils Jean II contracter un deuxième mariage le 1er février 1717, à l’Ile-Dupas, avec Catherine Houré-dit-Grammont. Âgé de 42 ans à son mariage, celle-ci n’eut, semble-t-il, qu’une fille, Marie-Thérèse, baptisée à Sorel le 6-5-1719, décédée à l’âge d’un mois et demi et ensevelie à Sorel le 26 du mois suivant. La grand-maman dut être, plus que la belle-mère, la nouvelle maman des enfants de Françoise Guignard.

Marguerite Samson décéda à 72 ans et fut inhumée à l’île Dupas le 24-7-1721.

Cet acte clôt l’histoire admirable d’un de ces couples généreux et obscurs tout à la fois qui ont formé la nation canadienne.

FAMILLE de JEAN BEAUGRAND-DIT-CHAMPAGNE

Jean Bougrand ou Beaugrand-dit-Champagne, soldat de Carignan, puis cultivateur, arrivé au pays entre juin et septembre 1665, s’établit à Dautray où il est le 27-7-1675 et le 25-6-1676, puis à Berthier où on le trouve au recensement de 1681 et où il demeura le reste de sa vie.

Il signe ” Gean Bougeren ” (greffe Adhémar, 25-6-1676) et ” Gean Bougueren ” le 26-8-1699 (convention privée avec Prudent Bougret).

Né en 1641 (il a 40 ans au recensement de 1681), il est enseveli à Sorel le 5-12-1699 à l’âge de 58 ans.

Il avait épousé, vers 1668, Marguerite Samson (de parents et d’origine inconnus), dont il eut au moins trois enfants.

Celle-ci, née en 1649 (elle a 32 ans au recensement de 1681), est ensevelie à l’Ile Dupas, le 24-7-1721, à l’âge de 72 ans.

LEURS ENFANTS CONNUS

Jean ou Jean-Baptiste, cultivateur, né en 1672 (9 ans au recensement de 1681) épouse en premières noces, en 1697, Françoise Guignard (fille de Pierre Guignard-dit-d’Olonne et de Françoise Tierce), et en deuxièmes noces, (Ile-Dupas, 1er février 1717), Catherine Houré-dit-Grammont, (prob. fille de René et de Denise Damané). Il est enseveli à Berthier le 23-9-1730. De Jean (II) et de ses deux fils Antoine et Pierre-Simon descendent tous les Beaugrand-dit-Champagne.

Charles, baptisé à Sorel le 16-2-1673. Mentionné seulement au recensement de 1681. Il est décédé avant le 23-10-1701 (arrangement entre Marguerite Samson et son fils Jean II, seul héritier).

Marie ou Marie-Anne, née à Dautray, le 27-7-1675, baptisée à Sorel le 29. Mentionnée au recensement de 1681. Le 3-3-1693, à Berthier, elle reçoit pour son père la sommation de Daniel Normandin, huissier royal. Elle est décédée avant le 23-10-1701.

–Rév. Père Antonio Champagne, (Beaugrand no 482)
C.R.I.C., Hospice Taché, Saint-Boniface, Man.

Publié par Jacques Beaugrand à l’adresse

HISTOIRE DE LA FAMILLE BEAULIEU

 

Beaulieu. C’est un surnom plus qu’un patronyme. Il parle de terre et de paysage, d’un endroit où on aimait vivre et se reposer.

 

Pour les Beaulieu, comme pour les Martin, les Lefebvre et les Gauthier, les souches sont nombreuses; sans doute parce que plusieurs ancêtres, touchés par la beauté des paysages de la Nouvelle-France, immortalisèrent cette impression à travers le patronyme légué en héritage à leurs descendants.

 

Cyprien Tanguay énumère les patronymes qui, à un moment ou à un autre, se dotèrent de ce surnom : Albert, Diers, Dufresne, Hudon, Lebel, Martin dit Montpellier, Palmier, Philippe de Beaulieu et Thomas. Il aurait pu ajouter à ceux-là les Goudreau et certains autres qui abandonnèrent leur surnom pour mettre en valeur leur patronyme original.

 

Les souches les plus importantes sont issues des Martin, des Hudon et des Thomas.

L’été n’était pas achevé que Marie-Denyse, qui avait mis au monde quatre enfants, se trouve prête à convoler. Le 20 juillet, devant le notaire Guillaume Audouart, elle promettait d’épouser Philippe Nepveu, fils de Pasquier Nepveu et de Philippe Haudebrand, originaires de Chartres dans l’Orléanais. Le second mari de la jeune femme allait léguer son nom à 11 enfants ainsi qu’aux célèbres Buttes-à-Neveu, à Québec.

 

La vie intime du couple ne fut pas toujours heureuse si l’on en croit le texte du dernier document signé par Marie-Denyse qui, déshérite son mari dont elle est ® séparée d’habitation et de biens, volontairement et d’un mutuel consentement ¯. Signé le 6 mars 1694, six ans avant le décès de la testatrice, le testament fit l’objet d’une contestation et fut cassé le 2 mai 1701. Par Marie-Denyse Sevestre, une souche de Martin est apparentée à une souche de Beaulieu, et les deux premières sont également apparentées à une souche Neveu. Les descendants d’Antoine Martin ont abandonné le surnom de Montpellier.

 

Pierre Hudon, ancêtre des familles Hudon et d’une de nos familles Beaulieu, est né vers 1648 à Notre-Dame de Chemillé, en Anjou. Il était le fils de Jean Hudon et de Françoise Durand. Pour cet homme, on réclame la gloire d’avoir appartenu à l’une des compagnies du régiment de Carignan.

 

Effectivement, deux Beaulieu y sont inscrits en 1668 et, deux ans plus tôt, on retrouve le nom du boulanger Pierre Hudon dans la liste des ® volontaires non-habitants demeurant dans Québec ¯. Pierre Hudon dit Beaulieu s’établira dans la seigneurie de la Bouteillerie, à la Rivière-Ouelle, qu’il quitte momentanément en juillet 1676 pour aller prendre femme à Québec. Le 12, il promettait d’épouser Marie, fille de Jean Gobeil et de Jeanne Guillet. Leur mariage a été célébré le lendemain.

 

Le couple a eu 11 enfants. En 1690, Pierre Hudon dit Beaulieu et ses fils les plus âgés contribueront à l’échec du débarquement de Phipps à la Rivière-Ouelle. Pierre Hudon est décédé en 1710, et sa femme en 1736. Leurs descendants, nombreux, s’appellent Hudon et Beaulieu.

 

Une troisième souche Beaulieu s’est enracinée en Acadie. Selon Yvonne Corbeil-Beaulieu, Claude Thomas, baptisé à Lannion en Bretagne, le 9 mars 1654, était le fils de Martin Thomas et de Françoise Hendé. Deuxième d’une famille qui compta au moins 12 enfants, il aurait été pêcheur ou marin.

 

En 1689, il vit à Plaisance dans l’île de Terre-Neuve où il aurait épousé Madeleine Seau, fille de François et de Marie Aubert. Celle-ci est veuve de Jean Diers et mère d’un fils prénommé Pierre. ® Ce Pierre Diers, écrit madame Corbeil-Beaulieu, élevé par son beau-père, prit souvent le nom de Beaulieu. Ses descendants portent le mon de Beaulieu et se trouvent surtout dans les comtés de Bellechasse et de Dorchester.

 

C’est à cause des conflits fréquents entre l’Angleterre et la France que les enfants de Claude Thomas dit Beaulieu et de Madeleine Seau quittent l’Acadie après la signature du traité d’Utrecht en 1713. Pierre Diers est le premier à déménager à Québec, où il signe son contrat de mariage le 22 décembre 1713. Quatorze ans plus tard, en juillet 1727, lorsque Marie-Anne Thomas promet d’épouser Georges Mabille, on apprend que ses parents vivent à Brest, en Bretagne.

 

Deux ans plus tard, en janvier, le double mariage de Louis et François Thomas dit Beaulieu aux soeurs Jeanne et Madeleine Labrecque indique le retour des parents à Québec. Le 16 avril 1729, Claude Thomas dit Beaulieu meurt subitement. Des cinq enfants nés de son union avec Madeleine Seau, quatre se sont mariés.

 

De ceux-là, Louis serait le seul à s’être perpétué et il l’a fait à travers le patronyme Beaulieu. Quant à Madeleine Seau, elle est curieusement, par son fils Pierre Diers, la souche de deux familles Beaulieu. 

 

ARRIVÉE DES CLOUTIER EN AMÉRIQUE

 

Par :J.-Roger Cloutier

cloutierjraf@videotron.qc.ca

 

L’ANCÊTRE

Notre ancêtre Zacharie Cloutier est un des premiers colons fondateurs de la Nouvelle-France. Ses descendants sont très nombreux surtout au Québec, mais aussi au Canada, aux États-Unis et ailleurs. Sa décision de venir au Canada et d’aider à démarrer un processus de peuplement peut sembler surprenante. Mais, elle s’inscrit dans un contexte particulier qui mérite d’être étudié afin de comprendre l’ampleur de ses répercussions sur sa vie et sur celle de sa famille.

UN PEU D’HISTOIRE

La ville de Québec et la Nouvelle-France ont été fondées au début du XVIIe siècle par des Français. Mais, qu’est-ce qui pouvait motiver ces Européens à venir ici et que se passait-il en France à cette époque ?

 La situation en France

Au XVIe siècle, la situation religieuse en France est tragique causant des guerres internes et des massacres. Les rois successifs ne réussissent pas unifier le pays et amener la tranquillité. Dans un tel climat, on peut comprendre que des gens simples et paisibles de la roture pensent à fuir dans l’esprit de trouver une tranquillité, une certaine liberté et une prospérité personnelle. D’autre part, c’est la mode en Europe de créer des compagnies pour explorer les territoires nouveaux et faire le commerce.

Chaque puissance européenne veut avoir sa part du gâteau des nouveaux territoires. Des individus veulent s’enrichir ; certains autres veulent étendre leur religion et évangéliser les peuples autochtones. Enfin, d’autres encore, veulent tout simplement un endroit sain physiquement et socialement pour vivre onvenablement et pour élever une famille sur un lopin de terre qui leur appartiendrait.

 Arrivée des Cloutier en Améruqie

Le roi Henri IV qui s’était converti du protestantisme au catholicisme réussit un peu mieux que ses prédécesseurs à rétablir l’ordre en France et c’est sous son règne que l’Acadie est fondée en 1604

1. Ces premières activités françaises en Amérique ont des buts surtout commerciaux et dépendent du financement de promoteurs. Mais, ces efforts sont souvent sapés par les rivalités politiques et militaires anglaise et française qui se répercutent de ce côté-ci de l’Atlantique ou même par des intrigues à la cour.

Pierre de Gua, sieur De Monts, fondateur de l’Acadie, voit ses privilèges révoqués et Champlain qui était en Acadie avec lui depuis le début, retourne en France en 1607. Champlain, cependant, n’abandonne pas et revient en Amérique en 1608 pour fonder Québec.

Fondation de Québec et de la Nouvelle-France

 

2. Les débuts de l’établissement dirigé par Samuel de Champlain sont lents et pénibles. La première famille française venue habiter en Nouvelle-France est celle de Louis Hébert, apothicaire parisien, en 1617. Ce dernier avait déjà vécu en Acadie avec Champlain qu’il connaissait donc assez bien. Cette fois, Louis Hébert est accompagné de sa femme, Marie Rollet et de leur fils, Guillaume, et de leurs filles Guillemette et Anne.

Champlain lui concède une terre à Québec, en haute-ville, en 1623. Cependant,

il n’en profita pas longtemps car il meurt au début de janvier 1627 à la suite d’un accident. Son fils unique, Guillaume, épousa Hélène Desportes en 1634, mais ils n’eurent que deux filles et un seul fils, Joseph qui épousa Marie-Charlotte de Poitiers en 1660. Ce Joseph fut tué par les Iroquois l’année suivante, laissant un fils qui mourut en bas âge.

Il n’existe donc pas de descendance mâle de notre premier défricheur. Par contre, sa fille Guillemette Hébert, mariée à Québec en 1621 à Guillaume Couillard, a laissé de nombreux descendants. Anne décède à l’accouchement de son premier enfant qui ne survit pas non plus.

En 1627, la colonie se composait d’une soixantaine d’hommes, de cinq femmes et de six petites filles. Pendant ce temps, Champlain qui est cartographe, explore le pays tant qu’il le peut se rendant jusqu’aux grands lacs Huron et Ontario vers l’ouest, et jusqu’au lac Champlain vers le sud. Seuls les Iroquois déjà hostiles semblent l’empêcher d’aller plus loin.

 Arrivée des Cloutier en Améruqie 2

1 Le roi Henri IV meurt assassiné en 1610.

2 Durant ses tournées d’exploration en Acadie, Champlain avait été impliqué dans des affrontements violents et meurtriers avec des Indiens dans la région de Cape Cod. S’il a choisi de s’installer plus loin au nord, sur le St-Laurent lors de son deuxième essai à la colonisation, c’est sans doute en pensant éviter de tels affrontements dans le futur. Hélas !

En 1629, les trois frères Kirke s’emparent de Québec qui est sans grande protection, au nom des Anglais.

3 La plupart des habitants retournent en France. Seuls restèrent Guillaume Couillard, sa famille et sa belle-mère, Marie Rollet, en tout, une vingtaine de personnes. En 1632, le traité de Saint-Germain-en-Laye mit fin à l’occupation anglaise. Lorsque Champlain revint en 1633, tout était à recommencer car les Anglais avaient tué le bétail, emporté les provisions et détruit toutes les structures. Robert Giffard, maître-chirurgien et apothicaire était déjà venu à Québec pour le compte de la compagnie des Cent-Associés.

Il y avait hiverné en 1625-26 et avait pris goût à ce pays. Il revient par la suite en 1629, mais se fait prendre par les Anglais

4. De retour dans son Perche natal, il planifie et organise la réalisation de son projet. Il s’associe avec Pierre Le Bouyer, sieur de Saint-Gervais et conseiller du roi pour faire du commerce et pour coloniser la Nouvelle-France. En 1634, il arrive à Québec avec un groupe d’une quarantaine de personnes en provenance du Perche. Les Percherons n’ont pas la réputation d’être des aventuriers, mais ils semblent avoir les qualités recherchées5. Ce groupe comprend six familles de plusieurs enfants chacune.

Les immigrants sont comme suit :

Arrivée des Cloutier en Améruqie 3

Cette capture fut sentie comme une grande traîtrise par Champlain et les autres Français parce que les frères Kirke étaient aidés et guidés par un capitaine huguenot français de Dieppe, Jacques Michel.

Voir TRUDEL, Marcel, Histoire de la Nouvelle-France, tome III, La seigneurie des

Cent-Associés, Fides, 1979, page 30.

4 Ibid., page 130.

5 LANDRY, Yves, Pour le Christ et le Roi, La vie au temps des premier

Ms ontréalais, Libre Expression/

Art global, 1992, page 41. Dans ce document, on reproduit un portrait des Percherons selon l’abbé Jean-Joseph d’Expilly publié dans son Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, publié à Paris entre 1762 et 1770 : « Les habitants de cette province [le Perche] sont en général fort attachés au même travail, et peu capables d’invention. Ils ont eu

de vivacité, mais ils sont laborieux. Ceci, au reste, ne doit s’entendre que du peuple. »

Figure 1 : Les provinces de France au XVIIe siècle.

Robert Giffard, sieur de Moncel et de Beauport : son épouse Marie Renouard et leurs enfants, Marie dite Marie-Françoise et Charles. Puis, s’ajoutèrent Françoise, Louise, Marie dite Marie-Thérèse et Joseph, nés ici. En France, il est maître-chirurgien et apothicaire. Ici, il est qualifié de médecin ordinaire du roi et seigneur.

Noël Juchereau, sieur de Châtelet et DesChâtelets : célibataire.

 

En France, il est licencier en droit, maître des forges d’Échaumesnil, marchand, membre de la compagnie de la Nouvelle-France. Au Québec, il est commis général de la compagnie des Cent-Associés, directeur des embarquements pour le Canada à La Rochelle, procureur général de la Communauté des Habitants de la Nouvelle-France. Il retourne en France en 1647.

 

Jean Juchereau, sieur de Maure : son épouse Marie Langlois et leurs enfants, Jean, Nicolas et Geneviève. Louis et François sont déjà décédés.

 

En France, il est marchand drapier, marchand de bois, marchand de vin, propriétaire du greffe hérédital au baillage du Perche. Ici, il est marchand de fourrures, commis général des magasins de la Nouvelle-France ; il reçoit un fief à Cap-Rouge et devient donc seigneur en 1635.

Jean Guyon : son épouse Mathurine Robin et leurs enfants, Barbe, Jean, Simon, Marie, Marie6 (sic), Claude, Denis, Michel. Puis, Noël et François naîtront ici. En France, il est maître-maçon. Ici, il est aussi maître-maçon et notaire privé ; il obtient l’arrière-fief Dubuisson et devient donc seigneur bourgeois.

Henri Pinguet : son épouse Louise Lousche et leurs enfants, Françoise, Noël-Joseph et Pierre. Mathurin, Nicolas, Louise, Marie et Marie sont déjà décédés en France. Il était marchand en France. Ici, il possède le fief de Pinguet.

 Gaspard Boucher: son épouse Nicole Lemaire et leur enfants, Pierre, Nicolas, Marie, Marguerite et Madeleine. Charles, Antoinette et Charles sont déjà décédés en France. Il est laboureur et menuisier.

 

Marin Boucher : sa deuxième épouse Perrine Mallet 9 et leurs enfants, Louis-Marin dit Beaubuisson, Jean-Galleran, Françoise, Pierre, Madeleine et Marie. Guillaume naît ici. Vient avec eux aussi, François,

 

Arrivée des Cloutier en Améruqie 4

6 Peut-être décédée en France.

7 Futur Gouverneur des Trois-Rivières, puis, fondateur de Boucherville.

8 Il est le frère de Gaspard.

9 Elle est arrivée en 1635 avec ses enfants. Voir TRUDEL, Marcel, Catalogue des immigrants

1632-1662, Hurtubise HMH, 1983, page 44. Âgé de 17 ans, fils de Marin et de feu sa première épouse Julienne Baril. Marin Boucher est maçon.

 

Jeanne Mercier : célibataire. Elle épouse Claude Poulin, un charpentier,

à Québec en 1639. Ce couple aura neuf enfants : Marie, Pascal, Madeleine, Martin, René, Ignace, Marguerite, Marie (une autre) et Pierre.

Zacharie Cloutier : voir les détails dans le document « Génération 1 »

Avant son départ de France, le roi avait octroyé à Robert Giffard la seigneurie

de Beauport près de Québec. Il pouvait à son tour accorder des concessions de terres à ses compatriotes. D’autres Percherons arrivèrent au cours des années qui suivirent venant principalement des régions de Tourouvre et de Mortagne au Perche

: Jean Gagnon, en 1640, Guillaume Pelletier, en 1641, Pierre Gagnon, frère de Jean, en 1642, Louis Guimont, Julien Mercier, Jacques Loiseau, Pierre Tremblay, en 1647, Nicolas Rivard et Marin Chauvin, en 1648, Jean Roussin, en 1650, Pierre

Maheu et Robert Giguère, en 1651, pour n’en nommer que quelques uns.

En moins de 30 ans, une cinquantaine de familles percheronnes traversèrent

l’Atlantique pour venir s’établir en Nouvelle-France. Ces familles, avec la famille Couillard-Hébert, sont les plus anciennes du pays et leurs descendants sont très nombreux. Ces gens et leurs descendants immédiats ont fondé Beaupré, Charlesbourg, Boischâtel, Cap-Tourmente, Courville, L’Ange-Gardien, Château-Richer et Beauport.

Arrivée des Cloutier en Améruqie 5

 CHRONOLOGIE DES CLOUTIER ET DES

ÉVÉNEMENTS IMPORTANTS :

1491 Jean Cabot (Giovanni Caboto) explore Terre-Neuve.

1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique.

1498 Louis XII monte sur le trône de France.

1515 Louis XII meurt et François Ier devient roi de France.

1534 Premier voyage de Jacques Cartier au Canada.

1547 François Ier meurt et Henri II devient roi de France.

1559 Henri II meurt et François II devient roi de France.

1560 François II meurt et Charles IX devient roi de France.

1574 Charles IX meurt et et Henri III devient roi de France.

1582 Le calendrier grégorien remplace le calendrier julien dans le monde
catholique.

1589 Henri III meurt et Henri IV devient roi de France.

1590 Naissance de Zacharie Cloutier(première génération)

1596 Naissance de Sainte Dupont(première génération)

1603 Premier voyage de Samuel de Champlain en Amérique.

1604 Fondation de l’Acadie par Pierre de Gua, sieur De Monts.

1607 Fondation de Jamestown (Virginie) aux États-Unis par les Anglais.

1608 Fondation de Québec par Samuel de Champlain.

1608 Décès de Renée Brière, la mère de Zacharie Cloutier

1610 Henri IV meurt et Louis XIII devient roi de France.

1617 Arrivée à Québec de Louis Hébert et de sa famille.

1617 Naissance de Zacharie Cloutier fils(deuxième génération)

1620 Naissance de Jean Cloutier(deuxième génération)

1622 Naissance de Sainte Cloutier(deuxième génération)

1626 Naissance d’Anne Cloutier(deuxième génération)

1629 Naissance de Charles Cloutier(deuxième génération)

1632 Naissance de Louise Cloutier(deuxième génération)

1632 Décès de Sainte Cloutier(deuxième génération)

1634 Arrivée à Québec de Zacharie Cloutier père et de Zacharie Cloutier fils.

1634 Décès de Denis Cloutier, le père de Zacharie.

1634 Fondation des Trois-Rivières par Laviolette.

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10 Calendrier actuel promulgué par le pape Grégoire XIII.

1635 Décès de Samuel de Champlain.

1636 Arrivée à Québec de Sainte Dupont et de ses autres enfants.

1642 Fondation de Montréal par Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve.

1643 Louis XIII meurt et Louis XIV devient roi de France.

1648 Décès d’Anne Cloutier(deuxième génération)

1677 Décès de Zacharie Cloutier(première génération)

1680 Décès de Sainte Dupont(première génération)

1690 Décès de Jean Cloutier(deuxième génération)

1699 Décès de Louise Cloutier(première génération)

1708 Décès de Zacharie Cloutier fils(deuxième génération)

1708 Décès de Madeleine Émard(deuxième génération)

1709 Décès de Charles Cloutier(deuxième génération)

1715 Louis XIV meurt et Louis XV devient roi de France.

1755 Début de la déportation des Acadiens.

1760 La Nouvelle-France devient possession anglaise.

1760 George III monte sur le trône de Grande-Bretagne.

1776 Les États-Unis d’Amérique deviennent indépendants de la Grande-Bretagne.

1789 Début de la Révolution française.

1791 Séparation du Bas-Canada et du Haut-Canada.

1804 Napoléon devient Empereur des Français.

1820 George III meurt et George IV devient roi de la Grande-Bretagne.

1830 George IV meurt et Guillaume IV devient roi de Grande-Bretagne.

1837 Révolte des Patriotes.

1837 Guillaume IV meurt et Victoria Ière devient reine de la Grande-Bretagne.

1867 Création de la confédération canadienne.

1901 Victoria Ière meurt et Édouard VII devient roi de la Grande-Bretagne.

1910 Édouard VII meurt et George V devient roi de la Grande-Bretagne.

1914 Début de la Première Guerre mondiale.

1929 Début de la crise économique mondiale.

1936 George V meurt et Édouard VIII devient roi de Grande-Bretagne, mais il

abdique la même année et est remplacé par George VI.

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1939 Début de la Deuxième Guerre mondiale.

1952 Georges VI meurt et Élisabeth II devient reine de Grande-Bretagne.

ORIGINE DU PATRONYME CLOUTIER

« Avant le Xe siècle, le nom de famille ou patronyme n’existait pas en France. Seul, le prénom reçu au baptême était alors usité pour désigner chaque individu »

11. Par la force des choses, l’usage des surnoms s’était répandu pour permettre aux gens de se retrouver, au fur et à mesure de l’augmentation de la population. Cependant, c’était le problème des roturiers puisque les nobles avec leurs multiples noms à particule n’avaient pas cette difficulté. En 1539, le roi François 1er décréta la création de l’état civil par l’ordonnance de Villers-Cotterêts

12pour consigner les données vitales de son peuple et rendit obligatoire la transmission du nom du Père à tous ses enfants.

Ceux qui n’avaient pas encore de nom de famille durent s’en trouver un. Ainsi, on prit des patronymes d’un peu partout : d’une province (Champagne), d’une ville (Parisien), d’une origine étrangère (Lallemand), de parenté (Legendre), d’un titre (Marquis), d’un métier (Cloutier), d’un lieu (Vallée), d’un animal (Lelièvre), d’une plante (Poirier), d’une qualité (Ledoux), d’un défaut (Malenfant), d’une infirmité

(Lesourd), d’un trait physique (Legrand) et d’un trait de caractère (Sansregret), etc.

Même si notre ancêtre n’était pas cloutier de son métier, il est fort probable que si on réussissait à remonter d’une ou de deux générations plus haut dans la lignée Cloutier, on trouverait un fabricant.

13ou un vendeur de clous.

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11 FARIBAULT-BEAUREGARD, Marthe et BEAUREGARD-MALAK, Ève, La Généalogie,

Retrouver ses ancêtres, Les éditions de l’Homme, 1987, page 113.

12 Cette même ordonnance institua l’usage du français pour remplacer le latin dans l’administration de la justice et établit aussi la rédaction des actes notariés. Malgré cette ordonnance, la pratique de tenir des registres dans les paroisses ne s’est généralisée en France que vers l’a n 1600. Voir MÉMO, Encyclopédie générale visuelle et thématique, Larousse, 1993, page 392.

13 À cette époque, les clous étaient fabriqués à la main, martelés un par un par des forgerons spécialisés.

 

 

FAMILLE DE CARUFEL

 

Sicard de Carufel
Jean Sicard de Carufel est né à Castres, dans le Languedoc. Il est le fils de Pierre Sicard et de Marie de Fargues.
Il est aussi connu sous le nom de Jean Sicar Decarufel, Sire Jean Sicard , Écuyer Jean Sicard de Carufel, Écuyer Jean-Baptiste Sicard de Carufel et Écuyer Jean Sicard-Carufel . Le 21 avril 1705, il est connu sous le nom de Jean Sicard, seigneur de Carufel.

Il vient en Amérique et arrive à Québec en 1685. Il est sergent dans la compagnie de Renaud d’Avesnes des Meloïzes.

Enseigne Jean Sicard de Carufel arrivent le premier août 1685 au Québec, Capitale-Nationale, Québec, Canada à bord de “La Diligente”.
Il abjure le 20 janvier 1686 à Notre-Dame, Québec entre les mains de Monseigneur Jean-Baptiste de Lacroix-Chevrières de Saint-Valier en présence de Catherine Courtin et Jean-René de Denonville.

Le 11 juin 1687 Jean-René de Denonville part pour Cataracouï (aujourd’hui Kingston) au pays des Tsonnontouans à la tête du petite armée de huit cent trente soldats, mille miliciens et trois cents sauvages alliés dont de la Durantaye, Capitaine Claude Dorvilliers, Sieur François Desjordy de Cabanac, Lieutenant Joseph De Cabanac, Hector, chevalier de Callières et Jacques de Sainte-Hélène et Enseigne Jean Sicard de Carufel.

En juillet 1689 à Montréal, Île de Montréal, Québec Enseigne Jean Sicard de Carufel soigne Blaise DesBergères blessé dans un duel.
Après la démobilisation, Jean Sicard décidait de demeurer en Nouvelle-France. Il s’y maria avec Geneviève Ratté, à Saint-Pierre de l’île d’Orléans le 27 novembre 1694. Geneviève était la fille de Jacques Ratté et Anne Martin.

Il voyage en France en 1696. Il obtient la seigneurie de Carufel, aujourd’hui la paroisse Saint-Justin, comté de Maskinongé, Québec, Canada.
Le 21 avril 1705 à Québec devant François de Beauharnois et Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil l’Enseigne Jean Sicard de Carufel fut nommé sergent de la Compagnie des Méloizes sous le commandement de Michel de La Vallière.
Enseigne Jean Sicard de Carufel est témoin du baptême de Marie-Madeleine Sicard de Carufel le 13 juillet 1718 à Saint-Antoine, Louiseville, Maskinongé, Québec.
Il fait acte de foi et hommage pour le fief et seigneurie de Carufel le 16 février 1723.
L’Enseigne Jean Sicard de Carufel est présent au mariage de Marie-Josèphe-Ursule Foucault et Sieur Joseph Sicard de Carufel le 24 août 1729 à Saint-Joseph, Maskinongé, Maskinongé.

Il se retire de l’armée en 1732. La famille alla s’établir dans la région de Maskinongé, dans un bourg appelé le fief de Carufel. Il est le parrain de l’Écuyer Jean Sicard de Carufel.
Enseigne Jean Sicard de Carufel est témoin du baptême de l’Écuyer Jean Sicard de Carufel en 1732. Il décède vers août 1743 à Maskinongé.

Jean Sicard de Carufel blazon: «De gueules, au paon rouant d’or, au chez cousu d’azur chargé de trois étoiles d’argent.» qui était les armoiries de la famille Saint-Maurice

La famille Carufel descend de Jean Sicard, seigneur de Carufel et Geneviève Raté. Certains de ses descendants ont laissés tombés le Sicard et conservé la dénomination de la seigneurie comme nom de famille.

Le nom Sicard serait d’origine germanique. Il dériverait des racines Sigi-Hard signifiant homme brave. Quoique ce nom fut et soit présent un peu partout en France, il s’est répandu surtout dans le sud de la France d’où est parti Jean Sicard en 1685. À l’origine ce mot devait être employé comme prénom il avait même son féminin Sicarde, par exemple Sicarde de Fénélon.

Le nom Carufel est d’origine obscure, c’est un nom de terre, un nom de lieu. Cette seigneurie, ainsi que son épellation correcte figure sur la carte de César-François et Dominique Cassini de Thury. Il fut un temps au Québec où l’analphabétisme était courant. Les curés et les notables écrivaient au son; beaucoup de nom furent triturés, torturés, ou changé, le nom Carufel n’a pas échappé a ces difformitées, s’écrivant par exemple tantôt Carifel, Charufel, Caruffel ou Carusel.

La seigneurie de Carufel, au Québec, était située aux environs de ce qui est aujourd’hui la paroisse Saint-Justin dans le comté de Maskinongé.

La seigneurie de Carufel, en France, était située en Albigeois dans le Haut-Languedoc; À environ 500 mètre au sud du bourg de Fauch – commune du département du Tarn, arrondissement d’Albi, canton de Réalmont, au carrefour des routes D13 et D41.

Merci à M. Roger Sicard de Carufel pour son travail exhaustif sur cette famille.

 

 

 

 

 

LES THÉRIAULT de LANAUDIÈRE
Des ancêtres d’Amérique

La région de Lanaudière est probablement une de celles qui gardent le plus de souvenirs tangibles de cette présence acadienne et ce jusqu’aujourd’hui.

On retrouve parmi la population une grande fierté du fait d’être d’origine acadienne et de nombreuses personnes conservent des reliques des premiers ancêtres acadiens, arrivés dans la région.

De retour de leur exil à Boston, les Acadiens seront accueillis dans Lanaudière par les seigneurs de Saint-Sulpice, au “Portage” (l’Assomption).

Rapidement ils s’installent à “l’Achigan” (l’Épiphanie), à Saint-Sulpice et surtout à Saint-Jacques. Ils seront les fondateurs de cette paroisse qui portera successivement les noms de “Nouvelle- Acadie”, “Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie”, Saint-Jacques-de-l’Achigan et finalement Saint-Jacques-de-Montcalm.

On retrouve aujourd’hui à Saint-Jacques de nombreux patronymes acadiens tels que les Gaudet, Thériault, Mireault, Bourgeois, Lord et Landry.

Une troupe de danse folklorique rappelle également ses origines par son nom : Les Petits Pas Jacadiens.

  • Les Acadiens ont débordé dans toutes les localités environnantes, y compris Joliette, Rawdon, St-Côme, St-Ligori, St-Alexis, St-Jean-de-Matha, St-Félix-de-Valois, St-Alphonse-de-Rodriguez, Ste-Béatrix…
  • Mais c’est surtout Sainte-Marie-Salomé qui s’affiche comme le foyer des Acadiens.

Lanaudière possède ainsi une colonie acadienne qui s’illustra, entre autres, par le travail artisanal de certaines familles spécialisées dans la confection de la fameuse ceinture fléchée, dite de l’Assomption, aux motifs éclairs et flammes.

Un motif porte d’ailleurs le nom d’”Acadienne”.

On retient comme artisane, surtout les noms d’Élisabeth Mireault de Sainte-Marie-Salomée, Marie Forest, Domitille Mireault et Marie Gaudet (Madame Odilon Vigneault).

Texte extrait de l’Aboiteau, printemps-été 2005, vol. XII, no 2 – Bulletin de la Fédération acadienne du Québec

Les THÉRIAULT de la région de Joliette sont des descendants de Jehan Terriau (père) et son fils Germain. Il faut rappeler que la famille acadienne Thériault ne comporte que 2 lignées : CLAUDE et GERMAIN.

Les Thériault ont vécu 120 ans en Nouvelle-Écosse (Acadie) soit 4 générations : Jehan –Germain – Germain et Charles.

On retrouve aussi des descendants de ‘’Germain’’ aux Îles-de-la-Madeleine, à la Baie-des-Chaleurs, à Montréal, Québec, au Nouveau-Brunswick et en Louisiane. La menace de la Déportation a fait fuir, en 1750, 900 Acadiens de Cobéquid (Truro) vers l’Île-du-Prince-Édouard, appelée Île St-Jean. Charles, son épouse Angélique Douaron et leurs dix enfants étaient du nombre. Puis les Anglais les ont rejoint dans cette Île en 1758 et les ont forcés à monter sur des navires qui les déporteront en Bretagne (France). Charles & 700 Acadiens périrent en mer, car 3 navires ont fait naufrage.

Les Thériault de Lanaudière sont des descendants de Jean, fils de Charles, avec ses 3 fils : Jean, Charles et François. Jean n’a pu oublier l’Amérique et il est venu s’installer en Nouvelle-France, soit à St-Jacques-de-Montcalm

Famille d’Aldéric Thériault (1856-1927, décédé à l’âge de 71 ans) & Victoria LANDRY (1865-1946, décédée à l’âge de 81 ans). Ils se sont épousés à St-Alexis de Montcalm le 1er août 1882. Ils ont élevés 19 enfants,

Aimé Thériault(1814-1895)

Notice biographique écrites en 1940 et dédiée à mes enfants comme souvenir de famille

N.S: Il est possible qu’il y ait des erreurs dans les dates que j’ai recueillies de la bouche d’autres personnes, qui eux me les donnaient de mémoire, mais d’une manière générale, j’ai lieu de croire qu’elles sont assez exactes. J’ai encore bien gravé en mémoire les différentes péripéties de sa vie dans tous leurs détails.

Comme je l’ai dit déjà, le souper se prenait régulièrement à 7 heures. Aussitôt pris le repas, mon père s’appuyait les bras sur la table et nous racontait quelques phases de sa vie, nous étions tous pendus à ses lèvres car il avait une manière intéressante de raconter.

Ce n’était pas par vantardise ni par orgueil qu’il nous racontait ces faits, son seul but était notre édification. Il voulait nous encourager à supporter les épreuves que nous devions inévitablement rencontrer dans la vie. A ce moment-là j’avais presque promis d’écrire ces récits. Je prenais donc des notes sous sa dictée et pour les compléter j’ai cueilli tous les renseignements que j’ai pu, mais un peu par manque de temps et aussi par négligence, j’ai toujours retardé de mettre ce projet à exécution.

Maintenant j’ai à souffrir de ce retard, car 50 ans se sont écoulés depuis et je m’aperçois que j’ai perdu beaucoup de ces notes.

Faute de ne pouvoir donner des précisions, je suis forcé de mettre de côté plusieurs faits intéressants. Dans ce récit je n’ai rien tiré de mon imagination, ce n’est pas un roman que j’ai voulu écrire ni une page littéraire, je n’ai que rapportée des faits aussi fidèlement qu’il m’a été possible.

Pâques 1940 – Jean-Paul Thériault. (1873-1942).
(Sources Roger H. Martel) (499)
(Texte: propriété de Laurette Thériault de Joliette)

De St-Jacques-de- l’Achigan à St-Alphonse-Rodriguez

Aimé Thériault (baptisé sous le nom d’Amable, mais toujours connu sous le nom d’Aimé) est né à St-jacques de l’Achigan, le 1er mai 1814, de Charles Thériault et d’Ursule Marion. Il était le septième d’une famille de vingt enfants. Dès son enfance, Aimé a connu les grandes misères et les privations sans nombres qu’apporte la pauvreté, laquelle régnait en maître dans un grand nombre de famille du temps. Elle sévissait plus spécialement chez ces pauvres Acadiens qui venaient d’arriver au pays après avoir été dépouillés de tous leurs biens et déportés comme de vulgaires animaux.

Son père exerçait le métier ingrat de sabotier. Il n’avait alors pour subsister et pourvoir à ses besoins qu’un maigre revenu. Pendant les deux saisons de l’été et de l’hiver, il faisait des sabots de bois avec un outillage très primitif. Au printemps et à l’automne, grâce à la générosité d’amis et de voisins qui lui prêtaient gratuitement un cheval, il colportait ses sabots de porte en porte par les “grandes paroisses” d’alors; L’Assomption, L’Épiphanie, le long du fleuve jusqu’à Berthier. Il en obtenait l’énorme prix de trois cents la paire, ce qui comparé à la monnaie actuelle, équivaut à deux paires pour cinq cents. Il fallait donc pratiquer la plus stricte économie pour pouvoir vivre avec le budget que suppose un tel métier.

Non seulement le luxe dans les vêtements et la recherche dans la nourriture étaient complètement bannis, mais il fallait porter des vêtements un peu plus qu’usés et se serrer la ceinture à la table.

Une petite anecdote à ce sujet m’a été racontée par mon père, il fera mieux voir à quel point la famille était privée sous le rapport de la nourriture. Les érables ne faisaient pas défaut alors, et la forêt couvrait au moins la moitié de la région. Chacun se faisait donc une petite provision de sirop d’érable.

Un printemps, la famille de mon grand-père avait pour toute nourriture, le matin et le soir, des patates et du sirop d’érable, il y avait heureusement du lait et de la galette d’avoine comme régal. Or, si vous trempez des patates chaudes dans le sirop d’érable, le sirop adhère peu à la patate, pourtant c’était la seule manière permise de les manger. Un des enfants, Cléophas, plus rusé que les autres, trouva un jour le moyen d’obtenir plus de sirop.

En coupant ses patates avec sa fourchette il y faisait un petit creux et ainsi pouvait prendre un peu plus de sirop à la fois. Malheureusement pour lui, un de ses petits frères s’aperçut du subterfuge et le dénonça, il fut sévèrement semoncé pour une telle injustice commise envers ses frères.

Les écoles aussi n’étaient pas à la porte comme de nos jours, une très grande proportion des enfants ne recevait aucune instruction. Cependant lorsque le père ou la mère ou quelqu’un de la famille savait lire et écrire, il se constituait professeur de la famille et des voisins.

Pour Aimé, c’est la classe faite par l’aînée de ses soeurs à la maison paternelle qui lui donna l’avantage de pouvoir apprendre à lire et à écrire d’une manière convenable. Mais pour l’écriture, il possédait une si bonne main, ses lettres étaient si bien formés et si régulières, qu’en les voyant on se demandait si ce n’était pas l’écriture d’une personne pratiquant avec beaucoup de soin, pourtant tel n’était pas le cas.

C’est en juillet 1825, à St-Jacques de L’Achigan, qu’il fit sa première communion et fut confirmé par Mgr Lartigue; il avait donc onze ans révolus. Le bon et saint M. Le Curé Paré, comme il se plaisait à le nommer, lui fit le catéchisme et le prépara à ce grand événement. Son père demeurait dans le bas de la “Petite Ligne”, qui fait maintenant partie de la paroisse de St-Alexis, ce qui lui donnait une distance de plus de cinq milles à parcourir pour se rendre à l’église de St-Jacques.

Il lui fallait donc faire ce trajet soir et matin, cinq jours par semaine, pour assister au catéchisme. Malgré la fatigue occasionnée par ces longues marches, il nous a toujours rapporté n’avoir jamais manqué une seule de ces séances.

C’est pendant qu’il marchait au catéchisme que s’est produit un petit fait assez anodin auquel il a souvent fait allusion en racontant sa vie. Il n’avait jamais eu l’occasion d’assister à une cérémonie de baptême. Il arriva qu’un ” compérage” se présente à l’église de St-Jacques, le 2 juillet, pendant le catéchisme. Comme les baptêmes se faisaient à l’arrière de l’église déjà occupée par les enfants du catéchisme, il put assister à cette cérémonie pour la première fois, ce qui l’impressionna beaucoup. Mais, coïncidence assez rare, il assistait au baptême de celle qui deviendra plus tard sa compagne inséparable, sa propre épouse.

A partir de ce temps là, jusqu’à l’âge de 21 ans, il demeura à la maison paternelle, s’embauchant autant qu’il lui était possible, afin d’aider son père et la famille de son modeste salaire. Le travail salarié était assez rare. Les cultivateurs un peu à l’aise n’étaient pas nombreux. Il y avait bien le moulin de M. Chamberlain qui occupait quelques employés et encore avec quel salaire, mon père ne gagnait que 5 à 6 sous par jour jusqu’à l’âge de 16 ans. Pour recevoir 20 sous il fallait travailler tant que durait la clarté, ce qui pendant l’été fait une journée assez longue. Pendant l’hiver il n’avait pas d’autre chose à faire que d’aider son père à faire des sabots de bois.

Il est pourtant l’endroit de parler de cette fameuse épidémie de choléra qui sévit dans tout le pays de 1832 à 1834 et dont la paroisse de St-Jacques fut fortement atteinte. Heureusement, la famille Thériault en fut exemptée. Lorsque mon père parlait de cette épidémie, l’horreur dont il avait gardé le souvenir se peignait encore sur sa figure, cela à plus de 50 ans d’intervalle. Les personnes atteintes de cette affreuse maladie disait-il, mouraient en moins de deux jours et assez souvent en quelques heures. Aucune loi en ces jours-là ne régissait de telles épidémies. Aussitôt qu’une personne était morte, on la déposait dans une boite plutôt grossière et on la transportait au cimetière.

Les temps étaient durs à cette époque dans le Québec. L’industrie n’était presque pas existante et les terres n’étaient pas encore assez défrichées pour employer beaucoup de main-d’oeuvre. La jeunesse se voyait obligée de se chercher de l’ouvrage à l’étranger. Mon père, qui avait alors atteint ses vingt-un ans, et son frère Germain qui en avait vingt-trois, résolurent de tenter fortune ailleurs. Les États-Unis n’étaient pas encore ouverts à l’immigration des Canadiens comme ils le furent plus tard. D’ailleurs pour ces martyrs Acadiens, la perspective de se voir sous la domination des Anglophiles ne leur souriait pas et c’est vers les grands chantiers de la Gatineau qu’ils tournèrent les yeux. Leurs parents apprirent cette décision avec beaucoup de chagrin, car ils connaissaient la vie insalubre, rustique et presque irréligieuse de ces lurons des bois. Ils savaient à quels dangers, tant physique que moraux, ils s’exposaient en tentant d’atteindre cette région. Mais instances, supplications, rien ne pouvait les détourner de leur décision.

La mère et les soeurs aînées se mirent donc à la tâche, travaillant presque jour et nuit à préparer les vêtements nécessaires pour les premiers temps du voyage. Avant de partir, afin de se protéger contre les dangers nombreux auxquels ils auraient à faire face, ils se rendirent à L’Église de St-Jacques y recevoir les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie et aussi la bénédiction de ce bon Curé Paré. Ce bon pasteur se rendit de bonne grâce à leur demande et remit en plus à chacun un chapelet Leur faisant promettre de ne jamais manquer d’en réciter au moins une dizaine tous les jours. Ils y seront fidèles,

La suite du récit nous l’apprendra. Le départ se fit au mois d’août 1835 au milieu des larmes de leur mère et des recommandations de toute la famille. Après un dernier adieu, nos deux voyageurs partirent à pieds, leurs bagages sur leur dos. Le premier but était de se rendre à l’office d’une compagnie qui faisait l’embauche des bûcherons, aux environs de Montréal. La compagnie n’acceptait pas les services de tous les jeunes qui se présentaient, vu leur nombre. Aussi les agents se montraient-ils sévères et difficiles dans le choix des hommes.
Ils devaient avoir un physique d’apparence résistant, une force musculaire au-dessus de la moyenne et surtout, une certaine hardiesse peinte sur la figure. Nos deux héros, solides gaillards, n’eurent aucun désavantage à subir cet examen.

La coupe du bois et le charroyage se faisait en hiver. Au printemps ce bois était mis en cages pour la “drave” (flottage), c’est-à-dire, qu’on l’assemblait et l’attachait de manière à former des espèces d’îlots sur lesquels un campement temporaire était construit. Un groupe d’hommes s’installait sur chaque cage et la conduisait, tantôt par la force du courant tantôt par celle du vent, ou assez souvent par la force des rames. Ce pénible et périlleux voyage d’environ trois mois s’effectuait sur la rivière Outaouais tantôt jusqu’au bout de l’île, près de Montréal, ou tantôt jusqu’à Québec, en passant par la rivière des Prairies.
Lorsque Les cages de bois étaient rendues à destination, les hommes reprenaient de nouveau le chemin des chantiers pour un nouvel hivernement. Disons en passant que trop souvent, les quelques jours de repos qu’on leur accordait étaient néfastes pour leurs économies. On avait tôt fait de dissiper le salaire de l’année.

C’est avec un de ces groupes de “cageux” que nos deux jeunesgens firent le trajet de Montréal à ” Bytown ” (Ottawa) par la rivière, avec des embarcations très pesantes par elles-mêmes et fort chargées de bagages. Ils connurent alors ce que c’était que de faire le portage des bagages ou traîner les barges dans les rapides, coucher sur la rive à la belle étoile, manger froid et pas toujours des mets bien appétissants, car ce fut leur partage pendant les trois semaines du voyage. Cependant la gaieté et la bonne humeur ne cessaient de régner. Il y avait bien quelques jurons de lancés de temps à autre à la rencontre d’obstacles plus difficiles, mais sitôt qu’ils étaient franchis, les chansons reprenaient de nouveau.

Rendu à Bytown, le classement des hommes se fit pour les différents chantiers. Après une marche d’environ quarante milles à travers le bois (deux jours), ils arrivèrent à destination. Ils ont été obligés de coucher dehors une semaine encore, attendant la construction du chantier. Au chantier tout alla bien, il fallait bien travailler ferme, bûcher fort, mais les hommes y résistaient grâce à la nourriture substantielle qu’ils avaient, bon pain, fèves au lard, crêpes etc., le tout arrosé d’eau froide constituait le menu quotidien. Le thé et les desserts ne figuraient pas excepter aux fêtes de Noël et du jour de l’an, mais n’étant pas gâtés à l’avance sous ce rapport ils s’en trouvaient bien. Pendant l’hiver, le salaire était de deux louis ($4.00) par mois. Les quelques dépenses effectuées, un peu de whisky pour Noël, achat de vêtement à la vanne de la compagnie etc.

Revenus à Bytown, les hommes recevaient la “jolie” somme de $50.00 pour leur hivernement. Le salaire des cageux était de trois louis ($12.00) par mois, mais les occasions de dépenses pour eux plus nombreuses il ne leur restait que bien peu le travail fini. En avril, les hommes qui ne pouvaient s’engager pour la “drave” se rendaient à Bytown et souvent ils dépensaient tout leur hivernement, quand ce n’était pas un peu plus. Mon père et son frère, par esprit d’économie d’abord et ensuite ne se sentant pas un besoin urgent de repos, s’engagèrent comme cageux et restèrent sur le bois jusqu’au bout de l’île. Le temps accordé comme congé n’était pas assez long pour leur permettre une visite à leurs parents à St-Jacques, ils se contentaient d’une petite lettre de nouvelles, puis sans attendre la réponse, ils se remettaient en route pour un second voyage. Il en fut ainsi pendant les cinq années que mon père passa à voyager la haut.

Pendant la quatrième année de ces voyages, en 1839, ils eurent la surprise de voir arriver deux de leurs frères plus jeunes pour se joindre au même convoi qu’eux, Moïse et Joseph. Ce fut un grand désennuie pour les plus vieux et un bon appui pour les plus jeunes de faire route ensemble jusqu’à Bytown. Malheureusement ils ne furent placés dans le même chantier pour cet hiver là. Aimé et Moïse furent désignés pour un chantier autre que celui de Germain et de Joseph, mais à courte distance, car ils purent se rencontrer tous les dimanches et ainsi se rendre service à l’occasion.

Dans l’hiver 1839-40 une curieuse maladie sévit dans le chantier où se trouvait mon père, lui-même et Moise en furent atteints très fortement. Écoutons-les-nous en faire le récit: les hommes de mon chantier, dit-il, ont tous eu les fièvres tremblantes. Atteints de cette curieuse maladie nous pouvions quand même travailler dans l’avant-midi, un peu aussi dans l’après-midi. Vers trois heures, un gros frisson nous prenait, et rien ne pouvait nous arrêter de trembler. Nous avions beau courir, nous mettre près d’un poêle surchauffé et nous couvrir de vêtements, rien n’y faisait, le frisson ne nous laissait que dans la soirée. Une forte transpiration faisait suite de sorte que nous devions changer de linge pour la nuit. Le matin nous nous levions bien brisés et affaiblis, mais pas assez cependant pour nous empêcher de travailler. Cette maladie, disait-il, fut funeste à sa santé.

Une nuit, quand tout sommeillait autour de moi, j’entendis un grand bruit qui me réveilla en sursaut; je vis des fantômes, de vrais démons qui se promenaient dans le chantier, me regardant avec des yeux de feu. La peur s’empara de moi et les cheveux me dressèrent sur la tête. Je regardai autour de moi et je vis que tout le monde dormait paisiblement à l’exception de mon frère Moïse. Ce dernier me demanda; qu’est qui se passe donc dans le chantier, que veut dire ce vacarme? Je ne comprends rien à tout cela lui répondis-je. As-tu fait ta prière avant de te coucher, ajouta-t-il? Non, je l’ai oubliée depuis trois soirs; alors rien de plus pressé, nous nous sommes mis à genoux et avons dit le chapelet, à peine avions-nous commencé que tout le tumulte disparut et le calme se rétablit.

Notre prière terminée, nous nous sommes recouchés tranquilles mais le sommeil fut assez lent à revenir. Nous avons eu le temps de réfléchir sur ce qui venait de nous arriver. Une pensée entre autres me tracassait; comment se faisait-il que nous ayons été les seuls à entendre et à voir tout cela? J’ai attendu au lendemain pour en parler à d’autres, mais il est certain que personne n’avait été témoin de ces choses. Le jour où il me raconta ce petit trait, je lui demandai ce qu’il en pensait maintenant. “Il n’y a pas eu de mystification de la part des hommes du chantier, me disait-il car j’aurais certainement découvert quelque chose par la suite. Il est plus vraisemblable de penser que ce fut un cauchemar, car il est bien possible que, vues les prières répétées de maman et du bon Curé Paré, le bon Dieu ait permis cela pour nous arrêter sur le chemin de la perdition sur lequel nous glissions bien vite.”

Au printemps 1840, il descendit sur les cages de bois jusqu’au bout de l’île comme les années précédentes. De là se rendit à l’office de la compagnie pour y retirer son salaire et toutes ses économies qu’il avait faites dans ses cinq années de voyage. Il se vit alors possesseur d’une somme de $200.00, c’était en fait une somme bien minime eu égard à la somme de travail fournie, aux misères endurées dans ce laps de temps, mais d’un autre côté, c’était beaucoup en comparaison avec les économies des autres bûcherons qui se trouvaient toujours bien minces arrivé à l’automne.

Il arriva à St-Jacques vers la fin du mois d’août (1840). Il est inutile de dire quel chaleureux accueil lui fut fait Par ses parents et sa famille. On avait eu si peu de nouvelles de lui et des autres depuis leur départ, on était anxieux de savoir ce qui se passait là-bas, ce que ses frères faisaient, etc. On le pressa de mille questions auxquelles il répondait du mieux qu’il pouvait. Les premières effusions passées il considéra qu’une question intéressait et inquiétait en même temps toute la famille. La terre paternelle devait être vendue par autorité de justice.

En effet mon grand-père s’était porté caution pour un billet provisoire, qu’un de ses frères, François Thériault, avait traité avec un prêteur d’argent. Ce prêteur était un usurier qui ne se gênait pas pour jouer son jeu, pour une somme de cent piastres qu’il avait prêtée à François il lui réclamait, avec les frais et intérêts la somme de deux cents piastres. Voici en détail le récit du marché; François Thériault marié et père de famille avait décidé de se faire colon et d’aller défricher une terre dans le nord afin de mieux faire vivre sa famille. Vu son indigence et du manque d’argent nécessaire au transport des siens à l’endroit de son choix, et confiant dans son entreprise, il emprunta la somme de cent francs ($1000.00) d’un prêteur de St-Jacques. Comme ce prêteur exigeait le cautionnement d’un propriétaire de terre, il demanda ce servi ce à son frère (mon grand-père). Il était entendu par ce billet provisoire que ce prêt n’était que pour un an avec intérêt de 14% payable d’avance. Or voici qu’à l’échéance il exigea encore un intérêt de 25% encore payable d’avance.

Comme mon grand-oncle François se trouvait dans l’impossibilité de payer, mon grand-père se trouvait forcé de solder la jolie somme de $200.00 ou de se voir enlever sa terre. C’est dans cette situation que mon père arrivant du chantier trouva sa famille. Une décision fut vite prise, spontanément et sans hésitation, il prit son argent, alla à St-Jacques, paya la note, se fit remettre le billet provisoire et ainsi libéra son père des griffes du lion. Mais le voila encore lui-même sans le sou, sans position, n’ayant pour tout avoir que son courage et son énergie. A l’âge de 26 ans l’avenir sourit cependant encore aux hommes de bonne volonté, avec un peu de patience, se disait-il en lui-même, je me replacerai. Une chose me causa beaucoup de joie, c’est d’avoir rendu service à mon père. Dans ce temps-là on parlait beaucoup de la colonisation dans le nord.

De fait il est à noter que la paroisse de St-Alphonse fut fondée par des gens de St-Jacques. Mon père tourna aussi ses regards vers cette partie du pays afin de s’établir d’une manière définitive. Il résolut d’aller voir son oncle François, mais dans l’intention de lui réclamer l’argent dont il lui était redevable, que de voir le pays, d’en connaître les avantages et les inconvénients pour la colonisation. Il se dirigea donc vers les townships de cathcart où se forma plus tard la paroisse de St-Alphonse.

Peu de temps après son retour des chantiers (soit à l’automne 1840), il partit de St-Jacques pour visiter son oncle. Il passa par St-Ambroise et par le Domaine (Ste-Mélanie) pour se rendre compte par lui-même de l’endroit le plus avantageux pour s’établir, faisant la comparaison entre les terres des plaines et celles des montagnes. Ayant tout examiné, voilà que la facilité à rendre les terres des montagnes propres à la culture le décida de s’établir au pays des siens.

Son oncle, dans l’intention de s’acquitter de la dette qu’il avait contracté à son égard, lui offrit de lui vendre les travaux qu’il avait faits sur son lot, ce qu’il accepta de bonne grâce. Ces travaux consistaient dans le défrichement qu’il avait fait de quatre ou cinq arpents de terre, d’un chantier qu’il avait construit, et en plus, d’une dizaine de quintaux de patates qu’il avait récolté sur son lot, le tout contre l’acquittement de la dette. Afin de permettre à son oncle de se choisir un autre lot, dans les environs et d’y construire un autre chantier pour loger sa famille, il revint à St-Jacques.

Son intention en revenant à St-Jacques, était encore plus de se procurer des provisions pour passer l’hiver sur son lot et. pour y faire du défrichement que toute autre chose, il s’engagea donc un mois chez un cultivateur de St-Jacques pour faire la moisson, il reçut comme salaire un quintal de fleur (112 lb). Il s’acheta une hache et prit une partie de sa fleur, laissant l’autre partie à la maison paternelle et en y ajoutant quelques condiments et un peu de viande, don de son père, il se fit un sac pesant environ cent livres et repris le chemin des montagnes en passant par Rawdon. Un autre obstacle, connu de plusieurs mais qu’il ignorait complètement, se présentait à lui, c’est qu’en passant par Rawdon il fallait faire face aux Anglais qui voulaient à tout prix empêcher les Canadiens Français de s’établir de ce côté-là.

Ils voulaient garder une certaine région comme domaine exclusif, alors ils gardaient toutes les routes et toutes les issues possibles, battant et même allant jusqu’à tuer les Canadiens qui résistaient à l’ordre de rebrousser chemin. Ce désordre dura plusieurs années et s’aggrava au point qu’il devint nécessaire au gouvernement d’y placer des troupes de soldats pour y rétablir l’ordre; ceci n’arriva que cinq ans plus tard. Rendu à Rawdon il eut la surprise de rencontrer des sentinelles anglaises qui lui enjoignirent de rebrousser chemin.

Se voyant seul contre six il se servit de subterfuge, de mensonge, pour passer, il engagea une longue discussion avec eux. Possédant assez bien la langue anglaise, il leur fit entendre que ce n’était qu’un voyage d’occasion qu’il faisait, qu’il n’avait nullement l’intention d’y retourner, ils le laissèrent donc passer. Ces longs pourparlers furent cause d’un retard et ne connaissant pas très bien sa route, il fut contraint de coucher dans le bois. J’imagine que ce ne devait pas être bien attrayant de coucher dans le fond des bois seul avec les bêtes sauvages.

Le lendemain il se rendit à son chantier sans autre inconvénient. Son oncle qui n’avait pas eu le temps de bâtir son chantier demeura avec lui jusqu’à la fin d’octobre. Il se mit tout de suite à faire de la terre neuve, ce n’était pas une mince besogne, le bois était bien gros et planté bien dru dans cet endroit; les merisiers, les érables, les ormes, les épinettes, les pins mesurant de 30 à 40 pouces sur la souche étaient fort commun; il n’y avait pas de godendards ni de scie d’aucune sorte en usage, ce n’était que la hache, et celui qui en fait usage peut se rendre compte de l’énergie qu’il fallait déployer. Les meilleurs bûcheurs pouvaient assez rarement faire un arpent d’abattis dans un mois de travail.

Ses provisions épuisées vers. La fin d’octobre il décida de retourner à St-Jacques pour aller y chercher le reste de fleur qu’il y avait laissé et d’autres provisions si possible; cependant il ne commit pas l’imprudence d’y retourner seul cette fois, il s’entendit avec un autre colon qui comme lui allait se chercher des provisions, pour faire le voyage ensemble. Pour s’en aller le voyage alla bien, ils ne virent personne sur la route. Il n’en fut pas de même à leur retour; à peu près à un mille au-delà du village de Rawdon ils rencontrèrent les sentinelles anglaises; cette fois il n’y avait pas de discussion possible, les anglais étaient comme enragés lorsqu’ils reconnurent mon père, qui les avait trompés quelques temps auparavant. 1ls croyaient avoir facilement raison de deux canadiens et la bataille ne tarda pas à s’engager.

Mon père et son compagnon du nom de Jos. Robichaud y perdirent une bonne partie de leurs provisions, mais ils eurent la satisfaction de rosser durement ces anglais et cela bien à leur goût.

Ils se rendirent le même soir à leur chantier respectif, non sans en ressentir une fatigue extrême et sans garder quelques blessures sur le corps, mais ce n’était pour eux qu’un petit souvenir dont ils ne se plaignirent pas trop. N’est-ce pas que c’était là des voyages assez pénibles, mais pour eux ce n’était que des incidents assez négligeables. Les conséquences les plus graves de ce voyage furent que mon père ayant perdu une partie de ses provisions se trouva de court pendant l’hiver qui suivit, il fut obligé de ne manger que des patates qu’il avait eu avec son lot et du poisson qu’il prenait dans le lac à mesure qu’il en avait besoin; cette nourriture n’est pas très soutenante pour un homme qui travaille fort, qui bûche tout l’hiver, mais il ne s’en plaignit pas trop puisqu’il avait du sel pour les assaisonner. Son voisin, X. Rivest, n’ayant lui aussi que des patates et du poisson à manger, avait été obligé d’attendre au printemps pour s’en procurer.

Dès le premier hiver que mon père passa sur son lot, il pensa à se construire une étable, espérant pouvoir se procurer un boeuf et une vache au cours de l’été suivant, ainsi qu’une grange pour abriter la récolte qu’il escomptait avoir. C’était chose plus difficile que de notre temps, il n’y avait pas de moulin à scie pour se procurer la planche nécessaire, il n’y avait pas de clous dans les magasins, ils étaient faits par les forgerons et il n’y avait pas de forgeron dans les environs, si ce n’est à St-Jacques.

D’ailleurs il n’avait pas l’argent nécessaire à ces achats. Le seul moyen de construire était donc de faire des poteaux mortaisés sur deux côtés et sur toute la longueur, qu’on mettait debout à une distance de quatre pieds l’un de l’autre, cet espace était rempli au moyen de cales faites de la manière suivante: on coupait des bûches de pin ou de cèdre de 4 pieds de longueur qu’on fendait à la hache à trois ou quatre pouces d’épaisseur; ces cales étaient amincies à chaque bout de manière à pouvoir les introduire dans les mortaises des poteaux et on les fixait aux poteaux au moyen de cheville de bois, tout comme avec des clous, ceci formait les murs. La toiture était faite avec des grands bardeaux de trois pieds de longueur posés sur des barres distancées de deux pieds et fixés aux chevrons; ce bardeau était fixé avec des chevilles de bois. Pendant tout l’hiver, lorsque la température ne lui permettait pas de bûcher de l’abattis, il occupa ses loisirs à faire des chevilles de bois et à fendre des cales, si bien, qu’au printemps, la plus forte partie de bois nécessaire à sa construction était préparé.

Au printemps il a bien fallu penser à se procurer des provisions; il retourna à St-Jacques, comme l’année précédente, pour y faire un mois salarié et s’acheter un peu de vivres. Ce fut la dernière fois qu’il prit sa subsistance hors de son lot; dans la suite il sera capable de faire produire assez à sa terre pour se subvenir.

Les colons de la localité qui étaient obligés de faire un voyage à St-Jacques, ne le faisaient plus seuls, ils formaient une vraie caravane. A un endroit et à un jour fixé, ils se réunissaient pour partir ensemble; ainsi ils pouvaient parer aux attaques des Anglais en passant à Rawdon. Celui qui avait, soit un boeuf, soit un cheval, l’attelait sur un ” jumper “, une espèce de sleigh d’hiver, pour traîner les bagages, les provisions et les enfants des nouveaux colons, les grandes personnes devaient faire le trajet à pied. En voyageant de cette manière il est certain que les Anglais n’étaient pas tentés d’attaquer. Chose remarquable, c’est que d’un côté comme de l’autre il n’était pas question de se servir d’armes à feu ni d’armes tranchantes dans ces batailles, les bâtons ramassés au hasard et les poings étaient les seules armes dont on se servait. Ce fut avec une telle caravane que mon père retourna de St-Jacques à son lot.

Pour comprendre ce récit il faut dire que si les colons passaient toujours par Rawdon pour aller à leurs lots, au lieu de passer par St-Ambroise c’est parce qu’il n’y avait pas d’autres ponts que celui par Rawdon pour traverser la rivière Ouareau et que, de plus, s’il n’y avait pas de chemin de voiture de Rawdon en montant, il y avait cependant un sentier qui leur permettait de se servir d’un “jumper” où ils pouvaient faire la traction animale, voilà ce qui les forçait de passer par là.

Au retour de ce voyage, il se fixa donc définitivement sur sa terre. Pendant les trois années qui suivirent, il travailla ferme pour agrandir son défrichement, pour construire des bâtisses convenables, même plus grande que pour le besoin de l’heure, en prévision de l’augmentation de ses revenus. Il vécut seul dans son chantier, faisant sa cuisine et la réparation de ses vêtements lui-même. Les deux premières années, ses voisins étaient trop éloignés pour se désennuyer en se voisinant et en s’entraidant dans le besoin. Il y avait bien sur son lot même un vieux sauvage qu’on nommait Jean-Pierre, qui vivait seul avec sa fille Marie, mais il était le type du vrai sauvage, il n’aimait pas les relations avec les blancs, donc pas d’appui de ce côté. Ce n’est que la troisième année après son arrivée qu’il eut enfin Le plaisir de voir arriver trois nouveaux colons dans ses voisinages.

Nazaire Mercure et Joseph Henrichon venaient de prendre les deux lots aboutant au sien et se construisirent des chantiers tout près du sien, ils y demeurèrent environ douze ans. Cependant, comme il n’y a pas de joie sans peine, il arriva que ne connaissant pas les limites.

Le bornage de son Lot, papa avait défriché environ trois arpents de terre sur le lot de Mercure qu’il perdit de ce fait, c’était le travail d’environ trois mois. Mercure n’avait pas d’argent pour le payer de ces travaux, mais en retour il se montra bien généreux pour lui rendre service à l’occasion. Le troisième de ces nouveaux colons était un vieux français, qui était monté seul avec sa femme, trop âgé et pas assez d’expérience pour défricher une terre, il resta à peine un an. Un jour il vint trouver mon père et lui dit en entrant “M. Thériault”, je ne suis pas venu dans le but de vous visiter, mais de vendre mon lot, je suis décidé de retourner dans mon pays. Ici, il n’y a pas moyen de vivre, les galettes d’avoine nous dévorent L’intérieur et les maringouins l’extérieur, cela ne prendra pas deux ans qu’il ne nous restera que les os. “Mon père”, qui, ne se souciait pas d’acheter un autre lot, se voyant déjà assez chargé d’ouvrage pour défricher celui qu’il possédait déjà, tâcha de le faire revenir sur sa décision, mais impossible il se vit obliger d’acheter ce lot.

Son unique peine était de perdre un voisin, heureusement qu’il revendit ce lot peu après avec profit à Jean-Baptiste Rocheleau, il eut cette fois un voisin plus stable.

Lorsqu’il vit que le défrichement de sa terre était assez avancé et que ses bâtisses étaient assez convenables pour y loger une famille, il pensa à se marier, à fonder son foyer. Il y avait alors une réelle pénurie de filles à marier dans la colonie, car presque tous les colons étaient arrivés célibataires ou jeunes mariés et n’ayant que de jeunes enfants.

Aussi il était difficile de s’adresser aux filles “d’en bas ” car bien peu d’entre elles auraient consenti à laisser leur famille pour s’exiler au fond des bois et partager les grandes misères des colons. Voilà pourquoi un grand nombre de ceux-ci, arrivés célibataires, ne se mariaient qu’avancés en âge et prenant des femmes beaucoup plus jeunes qu’eux. Toutefois, au printemps de 1844, une grosse famille, composée du père et de la mère, de sept filles et de deux garçons vint s’établir, c’était celle de Charly Johnson.

Ce citoyen de pur sang anglais, avait été élevé parmi les canadiens Français et marié à une canadienne Zoé Provost. Il aimait et possédait toutes les moeurs et coutumes des canadiens français, si bien que son nom fut francisé, on le nommait Charlot Jeansonne, nom que ses descendants gardèrent par la suite. L’aînée de La famille Aglaé, âgée de dix-neuf ans, était grande (5 pi. 9 po.) et d’une apparence de force et d’énergie extraordinaire, mon père cru voir en elle la femme qui lui convenait.

Comme les fréquentations longues n’étaient pas à la mode, après quelques veillées passées ensemble pour se connaître, le mariage ne tarda pas, il eut lieu vers le mois de juillet 1844, (toutefois je ne peux préciser ici la date exacte de son mariage ayant perdu les notes que j’en avais, j’ai cependant organisé moi-même leurs noces d’or en 1894. Ses prévisions ne l’ont pas trompé.

En effet, il trouva en elle la femme à la hauteur de la position, femme d’une santé qui ne lui fit jamais défaut, d’une force physique remarquable, travaillante, remplie d’ambition, économe, pieuse, dévote sans scrupule, charitable, enfin elle avait toutes les qualités requises pour être la vraie femme du colon. Toutefois, comme tout être humain, elle avait bien ses petits défauts qui consistaient à ne pas reconnaître que les autres pouvaient avoir moins de force, de vigueur, d’endurance qu’elle-même. Lorsqu’une personne travaillait à ses côtés se plaignait de fatigue, de courbature, elle croyait que c’était de la paresse, si elle voyait qu’une personne aimait à se régaler, à flatter son palais, c’était pour elle une gourmande, ainsi elle gagnait souvent sans toutefois être de mauvaise humeur, croyant ainsi rendre service, convaincre son entourage à prendre de bonnes habitudes, travailler plus fort, faire plus d’économies, etc… Un fait qui me fut raconté par mon père servirait ici à illustrer la très grande vigueur et la force d’endurance de cette femme que fut ma mère.

Dans le mois de juillet 1848, mon père devait faire un voyage d’urgence à St-Jacques. Afin de ne pas le retarder et sous prétexte de visiter ses parents et amis qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps, elle s’offrit pour faire le voyage elle-même, avec deux enfants, l’un de trois ans et l’autre de 10 mois. Elle fit le trajet de 25 milles à travers le bois dans sa journée, elle portait continuellement le plus jeune dans ses bras, faisait marcher l’autre à ses cotés, et souvent, elle était obligée de les porter tous les deux.

Une telle compagne n’était pas de nature à modérer l’ardeur au travail de mon père, ni son ambition de se procurer une modeste aisance, au contraire il se remit ardemment à la tâche. Quand il s’est marié, il avait déjà près de trente arpents de terre de défrichés. Son cheptel se composait d’un cheval, d’une paire de boeufs, deux vaches à lait, de deux taures et de quatre moutons. Il récoltait suffisamment pour nourrir tout ce bétail et il était reconnu comme le colon qui avait le mieux réussi dans la région, même on le considérait comme riche.

Comme je l’ai dit déjà, ces terres étaient très dures à défricher, le bois bien gros et difficile à bûcher, mais le plus difficile c’était de le brûler. On n’attendait pas qu’il fut sec pour brûler les abattis, aussitôt que les feuilles étaient un peu séchées, on mettait le feu. Les feuilles, la mousse de tourbe, répandues sur la terre brûlaient assez pour faire un beau noir sur toute la surface de la terre, mais le tronc des arbres et spécialement celui du bois mou ne faisait que noircir et restait à leur grosseur. Il fallait alors les entasser de manière à faire des espèces de bûchers et ce n’est qu’en répétant la même opération plusieurs fois qu’on réussissait à consumer complètement ce bois.

Notons en passant un autre inconvénient assez grave, presque un martyr que ces colons avaient à endurer: les maringouins et les moustiques. Imaginez-vous un homme qui travaille dans le charbon, les mains noires, suant à grosses gouttes et qui est obligé de se défendre contre une nuée de ces bestioles, vraiment on aurait cru qu’ils étaient tous sortis du bois pour visiter leur patient, il lui fallait les écraser dans sa figure, les enlever de leurs yeux, les oreilles et la bouche, cela aurait suffit pour décourager l’ homme le plus tenace de la terre, mais ces colons-là résistaient à tout et ne se plaignaient pas.

Non moins dur était l’ensemencement de ces terres neuves, voici comment on procédait. D’abord, il faut dire qu’en ce temps là il n’y avait pas de fabrique d’instrument agricole, chacun devait fabriquer son outillage. Le colon se faisait une herse avant de commencer ses semailles. Il choisissait un arbre (érable ou merisier) ayant poussé en forme de fourche dont les deux branches étaient d’égale grosseur.

Il coupait ces fourches environ 6 pieds de longueur et les équarrissait sur toutes les faces pour qu’elles aient de sept à huit pouces, ensuite, il perçait des trous pour y ajouter des chevilles de bois en guise de dents de herse, et pour compléter il ajustait une espèce d’anse de panier qui servait à transporter l’instrument, alors la herse était prête à opérer. Ce travail ainsi qu’une bonne provision de chevilles pour les dents qui se brisaient assez souvent, étaient faits au cours de l’hiver. Pour faire le hersage ainsi que pour tout autre travail dans les terres neuves, les boeufs étaient préférés aux chevaux, pour la raison que ces derniers marchaient trop vite. Avec les chevaux, la herse faisait des sauts sur les racines et ne portait pas à terre, tandis qu’avec les boeufs un homme pouvait mieux la tenir pour défricher la tourbe et faire la mie afin d’enterrer le grain. Afin de perdre le moins de terrain possible, on se servait de pioches pour enterrer le grain près des souches et entre les racines où la herse ne pouvait pas porter.

Un homme qui pouvait herser un demi-minet d’avoine dans la journée disait qu’il avait fait une bonne journée. Il ne devait pas avoir eu la malchance de casser et de remplacer trop de dents de herse pour y réussir. Les imprévoyants et les négligents qui n’avaient pas pensé à faire une bonne provision de dents de herse et à les faire sécher à l’avance le regrettaient souvent pendant les semailles, car les dents bien séchées résistaient mieux aux coups qu’elles recevaient sur les racines. Je dirai en passant que j’ai fait moi-même ce travail, pourtant avec une herse moins primitive, et je peux attester que, lorsque j’avais tenu le mancheron de la herse et que je l’avais transporté près des souches et entre les racines toute la journée, j’étais content de me reposer le soir.

La culture des patates était relativement plus facile, je dirai même plus facile que de nos jours et elle donnait un meilleur rendement. C’est probablement dû au fait que la terre de cette partie des Laurentides contenait en grande quantité les éléments nutritifs nécessaire à ce tubercule. D’ailleurs, il en était de même pour tous les végétaux et tout ce qui était cultivé: le foin, l’avoine poussait en abondance. La diminution subséquente de production provient semble-t-il du fait qu’on n’a pas su rendre à cette terre l’humus qui lui était enlevé chaque année.

Dans ce temps-là le seul ennemi de l’agriculture dans la région étaient les gelées tardives du printemps et hâtives de l’automne. Les patates étaient semées à la butte, c’est à dire, la tourbe était enlevée au moyen d’une pioche, jusqu’à la bonne terre, on déposait trois ou quatre patates qu’on recouvrait avec de la terre mêlée à de la tourbe de manière à former des buttes, partout où les souches et les racines le permettaient, on faisait de ces petites buttes sans aucune symétrie, on voyait donc une série de ces petites buttes et c’était tout pour la semence. Il n’y avait pas de sarclage ni de renchaussage en été. A l’automne, on renversait ces buttes, toujours avec une pioche et les patates apparaissaient grosses et nettes et en grande quantité. Cette culture était réservée surtout à la femme et aux enfants. La récolte des patates était si abondante qu’elle faisait plus que de suffire pour la consommation par les habitants de la colonie, Les animaux en avaient donc une bonne part.

La récolte du grain était un peu plus pénible, car on n’utilisait que la faucille pour couper le grain. Une personne pouvait souvent couper un arpent par jour, mais gare aux reins faibles. Le battage et le vannage se faisaient au fléau et au van à bras. Par expérience, j’affirme que c’était un des ouvrages qu’un homme pouvait faire des plus fatigants, surtout lorsque le plancher de la batterie n’était pas uni, comme c’était souvent le cas dans ce temps-là. Donc un homme, qui battait et vannait 10 minots de grain par jour, devait se servir de la chandelle pour allonger les courtes journées d’hiver.

La terre leur fournissait tout, tant sous le rapport de la nourriture que du vêtement, la peau des animaux était tannée et préparée à domicile. Le lin et la laine étaient cultivés et préparés à la maison, enfin tout était fait de leurs mains et à force de travail. Ils travaillaient le jour et presque toute la nuit pour y parvenir, ils travaillaient en se reposant mais ne se reposaient pas pour travailler. Encore s’ils avaient eu la lumière électrique pour travailler dans la soirée, mais c’était la chandelle de suif fixée à La table de la bûche du foyer qui faisait les frais de l’éclairage.

L’argent était rare chez eux, au besoin ils avaient recours au troc. Avaient-ils besoin d’acheter quelques choses l’un de l’autre, c’était un échange de marchandises, avaient-ils recours au service d’un autre, le salaire se payait en marchandise. Toutefois les sous de temps à autre étaient nécessaires pour acheter des condiments, de la fleur de blé et différents autres articles qu’on ne pouvait pas faire produire à la terre, l’argent nécessaire pour ces dépenses provenait de certains d’entre eux qui, à cause de leur trop grande nécessité, allaient faire du travail salarié dans les “bas”, ou provenait encore des nouveaux arrivés à qui ils pouvaient vendre quelques produits de la terre.

Les détails que je viens de donner sont peut-être superflus, ou pour le moins monotone, mais je désirais faire connaître dans quelle situation pénible se trouvaient placés ces pauvres défricheurs, et à quelle difficulté mon père eut à faire face pour réussir dans son entreprise. Nous pouvons donc nous rendre compte facilement qu’il lui fallait un courage sans borne et une confiance illimitée dans le succès de son entreprise, nous pouvons aussi constater qu’il ne revenait pas sur le passé mais toujours il regardait le futur, sachant bien que la seule récompense qu’il devait recevoir sur cette terre de tout son labeur, de ses fatigues et de ses privations seraient la satisfaction de se dire qu’il avait fait son devoir pour assurer un avenir heureux à ses descendants.

Une autre cause d’ennui grave, c’est qu’il y avait ni église ni prêtre pour leur permettre de remplir leur devoir de religion. Les colons se contentaient d’aller à St-Jacques une fois par année et cela en été seulement, car les chemins n’étaient pas ouverts en hiver. Il en était de même pour le médecin. Ceux qui pratiquaient la médecine dans la colonie étaient soit des sages-femmes ou quelques vieux sauvages qui traitaient les maladies bénignes avec des plantes sauvages. Lorsque les soins d’un médecin étaient absolument requis dans les cas de maladies graves on allait à St-Jacques. Heureusement, mon père ainsi que les membres de sa famille n’eurent jamais à souffrir de maladie grave aussi longtemps qu’ils furent isolés.

En 1845, à la naissance de son premier enfant, ce fut un problème pour aller le faire baptiser. Voici comment s’effectua le voyage des compères au dire de mon père. La marraine montait à cheval tenant l’enfant dans ses bras, le parrain marchait à côté tenant le cheval par la bride, et le père, une hache à la main, passait en avant afin d’enlever les branches d’arbres qui pouvaient obstruer la route. Ils se dirigeaient ainsi vers St-Ambroise à travers le bois, anxieux d’y trouver le curé présent, parce que le même prêtre desservait en même temps la paroisse de Ste-Mélanie, demeurant une semaine dans chaque paroisse.

Force était donc de se rendre à Ste-Mélanie quand le curé y résidait et cela encore à pied, non pas à cause du manque de chemin mais à cause du manque d’argent nécessaire pour se payer le luxe d’un charretier. Ce cortège, parti le matin de St-Alphonse, n’était de retour qu’à une heure avancée de la soirée et au prix de quelles fatigues. Mon père dut faire ce trajet pour les trois nuitées de sa famille, mais il fut assez chanceux, il ne se rendit qu’une fois à Ste-Mélanie.

Ce n’est qu’en 1841 qu’on eut l’avantage d’avoir la messe dite dans la colonie. Le 10 février 1841, les habitants des augmentations de Kildaire et ceux du township de Cathcart firent une requête à Mgr Bourget, dans le but d’obtenir la permission de bâtir une chapelle. François Gagnon, curé de Ste-Geneviève de Berthier, nommé par l’Évêque pour déterminer le site de cette chapelle, choisit un terrain donné par Jos Basinais, M. Robert, alors desservant de Ste-Mélanie et St-Ambroise, venait de temps à autre confesser dans la maison d’un particulier et même y célébrer la messe basse.

En l’hiver 1842, on érigea une construction de 40 X 30 pieds, dont le haut devait servir de chapelle et le bas de logement pour le missionnaire. La bénédiction en fut fait par M. Paré, curé de St-Jacques. La première grand-messe y fut chantée par M. Robert, pendant l’hiver 1843. Cette chapelle fut mise sous le patronage du Bienheureux Alphonse de Rodriguez, que le St-Siège venait de proclamer Bienheureux et qui fut canonisé par Léon XIII le 8 janvier 1888.

Cet événement fut le départ d’un réel progrès, d’un développement rapide de la colonie. Les nouveaux colons affluèrent de tout côté, si bien qu’en peu d’années tous les lots qui formèrent la paroisse de St-Alphonse telle que constituée maintenant furent achetés. Les Anglais de Rawdon, d’abord maîtrisés par les soldats que le gouvernement avait casernés d’une manière permanente puis conseillés par le Curé à qui ils étaient assez soumis, étant en majorité catholiques, avaient cessé leur guerre. Sans être en parfait accord, ils faisaient assez bon ménage. C’est parmi eux qu’on eut à compter le plus grand nombre de nouveau venus.

En me parlant de cette époque, mon père me disait; l’ouverture de cette mission, étant en quelque sorte la création de la paroisse, me parut comme une lumière, un rayon de soleil qui entrait dans mon existence, c’était la dissipation des nuages après l’orage. De fait, ce fut le commencement d’une ère de progrès, de prospérité pour lui, mais ce ne fut pas un temps qu’il employa à dormir sur ses lauriers ou à se reposer, au contraire, ce lui fut une belle occasion de multiplier ses activités. La réunion à la chapelle était pour eux une occasion propice pour créer un plan d’ensemble, et un moyen de travailler au développement général de la paroisse, au plus grand bien de la communauté, enfin un moyen de se consulter, se conseiller, de s’édifier les uns les autres pour que tous arrivent au succès.

Un certain dimanche, alors que les colons réunis à la porte de la chapelle après la messe discutaient sur les meilleurs moyens à prendre pour faire les chemins de voiture qui leur permettraient de voyager dans les rangs et plus spécialement de communiquer avec les autres paroisses, car le temps était venu où la plus grande majorité des colons avaient des chevaux et des voitures. On décida d’envoyer une délégation à Berthier pour rencontrer le Conseil de Comté. Celui-ci avait apparemment juridiction pour nommer un Grand Voyer. Cet homme pouvait d’après les lois de l’époque fixer l’endroit où devait se construire les chemins publics. Bien qu’il ne fasse pas partie de la délégation, mon père fut nommé à cette charge.

Cette nomination était faite dans le but de prévenir toute discussion ou tout malentendu pouvant surgir entre les colons à ce sujet. Il occupa cette charge pendant plusieurs années à la satisfaction de tous. Pendant qu’il remplissait cet office, il apprit, sans le faire connaître aux autres, que cette nomination avait été faite d’une manière irrégulière et illégale, toutefois ses administrés ne le sachant pas obéissaient à ses ordres sans critiquer.

Voici quelques détails à ce sujet. Le gouvernement avait fait faire le cadastre quelques années avant que les colons commencent à prendre des lots, toutefois on n’avait pas placé d’argent des terres de la couronne pour faire prendre des billets de location et désigner des lots à ceux qui désiraient s’y établir. Il arriva donc que chacun choisissait son lot seul, et assez souvent sans en connaître la délimitation, c’est pourquoi il n’y avait pas d’octroi du gouvernement pour faire des chemins de colonisation. De la sorte chaque colon était forcé de faire sa part de chemin dans les frontières et les montées étaient faites en commun, chacun y coopérant bénévolement par son travail. Mon père fit sa large part de travail dans ces chemins en plus du temps qu’il était obligé de perdre pour dresser le tracé de tous les chemins de la paroisse. Ce n’est que lorsque la paroisse fut canoniquement et civilement que le gouvernement s’occupât de faire régulariser les titres des propriétaires de faire payer les redevances à l’État et aussi c’est alors qu’il commença à s’occuper de construire des chemins avec les allocations de colonisation.

Mon père, un homme très charitable, avait le coeur large pour les pauvres, il compatissait beaucoup aux misères qu’il voyait autour de lui, essayant continuellement de soulager et d’aider son prochain par toutes sortes de moyens. Les revenus que lui rapportait sa terre lui permettaient de distribuer de la nourriture aux plus dépourvus et il ne forçait jamais un créancier s’il croyait priver sa famille du nécessaire. Il engageait souvent des employés pour travailler pour lui, toujours avec l’intention de les secourir dans leurs grands besoins.

Mais d’un autre côté, comme il avait le revenu de leur travail à son profit, il payait ses hommes engagés au prix courant et reconnu comme raisonnable dans le temps, et s’il jugeait ce prix insuffisant, il ajoutait de la nourriture au prix convenu. Il nous raconta qu’un jour un M.Perrault, père de 6 enfants, se présenta à lui pour demander de lui avancer de la nourriture pour sa famille qui mourrait de faim, lui promettant en retour de le payer en travail,  il fut convenu entre eux qu’il ferait un arpent d’abattis si mon père lui donnait immédiatement un quintal de fleur d’avoine et une fois le travail terminé une taure qui devait mettre bas prochainement, ce qui procurerait du lait à ses petits enfants.

Après avoir buché pendant deux semaines et avoir fait environ un demi-arpent d’abattis, Perrault, affaibli d’avance par la trop grande privation de nourriture, se trouva malade et complètement épuisé, il vint donc offrir à mon père de lui remettre une partie de la fleur qu’il avait eue et le pria d’annuler son engagement. Touché de pitié papa lui dit de garder toute sa f leur et d’emmener la taure quand même, lui faisant croire qu’il l’avait bien gagné. Le voyant aller avec sa taure, il dit à ma mère; voici comme Perrault s’en va content, je n’ai pas de plus grande satisfaction que de rendre un homme heureux.

Chaque fois qu’il engageait un homme pour travailler, avant même de parler du salaire ou du genre de travail qu’il avait à lui donner, il posait la condition qu’il ne devait pas sacrer ni blasphémer, ni tenir des discours malsains nulle part sur sa terre, ni faire usage de boisson enivrante. Si vous pensez de ne pas pouvoir garder ces conditions je vous conseille, leur disait-il, de ne pas venir travailler ici. Il ne se serait pas gêné de les reprendre s’ils avaient eu le malheur d’y manquer.

Aimé, mon vénéré papa, mesurait 5 pieds et 9 pouces, il était gros, de forte carrure, avait les épaules larges, l’estomac gonflé, sans obésité, et pesait environ 175 livres. Il avait une figure imposante, une physionomie sévère et sérieuse, il ne paraissait pas savoir rire. sa voix était grave, lorsqu’il parlait, on l’aurait cru toujours fâché, mais sous cette apparence rude se cachait un coeur tendre et sensible. Il était gai et aimait beaucoup à rire et à taquiner les autres, ne laissant jamais passer une occasion de jouer des petits tours, ma mère en savait quelque chose car elle était très souvent l’objet de ses mystification et de ses tours. Il était patient, se fâchant presque jamais, à l’ouvrage il n’y avait pas de difficulté, de tracas assez grand pour lui faire perdre patience, c’était alors qu’il lançait des mots d’esprit qui faisaient rire ses compagnons.

Ma mère, au contraire, disputait sans répit et elle donnait des tapes à l’un et à l’autre de ses enfants à tout propos, fort heureusement elle n’avait pas la main pesante car j’en ai eu ma part sans avoir pour cela contracter aucune infirmité, quand elle essayait de se montrer fâchée nous la craignions moins. D’ailleurs, n’est-ce pas là l’habitude de toutes2individus. les mères de famille. Aussi souvent dans la journée, elle interpellait mon père lui disant: “mais Aimé donne donc une bonne fessée à celui-la, il ne veut pas écouter”. Alors papa nous disait; “Écoute ta mère, sois bon garçon, sois obéissant” ou toute autre parole semblable. Si l’offense devenait plus grave, il nous regardait avec son oeil sévère et nous disait “ne fais pas cela” ou bien ” je ne veux pas que tu fasses cela” c’était compris, il n’avait pas besoin de s’expliquer plus longuement car un récidiviste qui avait la visite de sa main s’en rappelait longtemps.

Pour ma part, je me rappelle de n’avoir reçu qu’une tape dans le fessier et j’avoue que je n’ai jamais voulu recevoir une deuxième visite semblable. Il était pieux et dévot sans bigoterie, il était très fidèle à la récitation de la prière du matin et du soir, et du chapelet en famille, ponctuel pour l’assistance aux offices à l’Église, et ne tolérait pas de négligence de la part de ses enfants ou de ses employés sous ce rapport. Jamais il n’oubliait de réciter l’angélus quand il entendait sonner la cloche d’une église.

Enfin s’il aimait beaucoup à prier ce n’était pas hypocrisie mais seulement pour acquérir les mérites devant Dieu à qui il renvoyait toute la gloire de ses actions, il ne cherchait donc pas à se faire une réputation de saint devant ses concitoyens. Un jour,  vers 1890, dans une réunion d’environ une vingtaine de personnes, j’entendis deux vieillards qui avaient bien connu mon père et qui même avaient partagé une bonne partie de sa vie de colon,  en faire le portrait suivant;  Aimé Theriault était un homme impossible à comprendre, son extérieur ne reflète pas son intérieur,  s’il riait ce n’était que dans son intérieur car sa figure était toujours sérieuse, s’il était fatigué, malade ou tracassé par quelques soucis, il ne le laissait pas paraître dans son air ou son apparence, il était dévot et pieux tout en paraissant bien indifférent à la religion, il paraissait toujours de mauvaise humeur et ne l’était jamais, il était économe, tenait beaucoup à son argent, toutefois il ne refusait jamais à celui qui lui demandait, enfin c’était un homme qui ne vivait que dans son intérieur et que personne ne pouvait juger par son extérieur. C’était bien là l’opinion que moi-même je me suis toujours fait de lui.

Vers 1855, il conclut le projet de se construire une maison plus spacieuse et plus confortable pour y loger sa famille qui augmentait d’un membre à tous les deux ans. Il commença donc à couper et à faire sécher le bois qui lui serait nécessaire à cette fin. Heureusement un moulin à scie venait de se construire sur la rivière L’Assomption à environ deux milles de chez lui et un forgeron était arrivé dans la localité, ainsi il put faire scier son bois et faire forger ses clous dont il aurait besoin.

Cet été là il engagea un homme pour faire les travaux de sa ferme, n’ayant qu’à le surveiller cela lui permit de consacrer tout son temps à équarrir les pièces de bois pour faire le carré et la charpente de la maison, à couper et charroyer les billots au moulin à scie, à planer le bardeau, à faire les portes et châssis, etc.

Il avait l’avantage d’être assez bon menuisier pour tout faire ces ouvrages de ses mains. Il réussit ainsi à tout préparer son bois et l’été suivant, en 1857, il était prêt à bâtir. Si cette manière de bâtir évitait un peu de travail, il fallait par contre avoir de l’argent pour payer le sciage au moulin, le forgeron, et pour acheter différents autres articles. Il lui fallu donc trouver le moyen de s’en procurer car il ne voulait pas s’endetter. Alors après avoir travaillé bien dur tout l’été comme je l’ai relaté, il alla s’engager avec un de ses chevaux dans un chantier de bois exploité par M. S. Joliette, sous la direction de M. Ed. Scallon, à environ cinq milles de chez lui.

Naturellement il ne pouvait pas laisser sa femme et ses six enfants seuls à la maison pendant tout l’hiver, il voyagea donc du chantier à la maison tous les soirs. Le matin lorsque les hommes partaient pour le bois, il était déjà rendu pour commencer sa journée en même temps qu’eux et le soir après le souper il se remettait en route pour sa maison. Arrivé chez lui, au lieu de prendre un repos bien mérité il se remettait à l’ouvrage, il battit sa récolte au fléau, il bûcha le bois nécessaire pour le chauffage de la maison pendant l’année, il fit tous les pelletages, soigna ses animaux, enfin il fit tout le travail requis sur sa ferme. Il passa ainsi trois hivers consécutifs.

“Tant va la cruche à l’eau qu’enfin elle se casse ” dit le proverbe, il a pu méditer par la suite, en effet, tant de surmenage ne pouvait durer indéfiniment, il aurait fallu qu’il fut de fer et non de chair et d’os pour résister à ce travail incessant. Il eut donc la malchance de contracter une hernie grave qui le fit souffrir le reste de sa vie. De plus, au printemps de 1857, il fut atteint de fièvre typhoïde qui le cloua au lit pendant environ cinq semaines, ces maladies eurent raison de lui et elles terrassèrent sa forte constitution. Peu habitué de se donner des bons soins, d’être douillet pour son corps, il pensa pouvoir se remettre à l’ouvrage aussitôt sorti du lit, mal lui en prit car pas plus que trois semaines après, un jour qu’il travaillait dans une échelle en plein soleil pour construire sa maison, il fut frappé d’amnésie, c’est-dire, il ne savait plus ce qu’il faisait ni qui il était ni où il se trouvait, il était complètement égaré. Cette maladie a duré dix longs mois.

Ma mère ne fut pas celle qui eut le moins à souffrir pendant cette maladie. En plus de la souffrance morale qu’elle endura à voir son mari dans cet état lamentable, elle mit au monde un huitième enfant. Quel surmenage pour elle. Elle devait alors prendre soin de ses enfants et de son mari, et en plus d’engager, de diriger et de surveiller les hommes pour faire les travaux de la terre, elle devait prendre soin d’un gros troupeau d’animaux, filer et tisser la laine ainsi que le lin récolté pendant l’année, fabriquer et entretenir toute la lingerie nécessaire à la famille, enfin voir à tout sans l’aide de servantes. Ses proches, père et soeurs, faisaient tout en leur possible pour l’aider et la soulager, mais tous avaient leur besogne et devaient y voir eux aussi.

Cette maladie causait à mon père une espèce de manie de la persécution, il croyait que ses voisins qui venaient pour aider sa femme, ou que les employés qui travaillaient sur la terre étaient des ennemis qui voulaient détruire ses propriétés, lui causer des dommages, s’ils donnaient de la nourriture aux animaux, il croyait qu’ils voulaient les empoisonner, il était comme dans un cauchemar et se faisait toutes sortes d’imagination croyable et incroyable. Fort heureusement, il était très docile à sa femme et à son beau-père, nul autre ne pouvait le contrôler et d’ailleurs, il n’était pas bon pour un homme ordinaire de lui faire face car il était doué d’une force musculaire que personne n’osait le braver.

Ce n’est que dans le cours du mois de mars de l’année suivante (1858) qu’il revint à lui, il s’est en quelque sorte réveillé de sa léthargie. Cette période lui apparaissait par la suite comme une nuit qu’il avait passée dans un profond sommeil rempli de cauchemar, il n’avait eu aucune notion du temps écoulé. Amaigri, faibli et sans énergie, il fut contraint de prendre trois bons mois de repos pour se remettre sur pied. Sa santé, sans être aussi bonne qu’avant ces maladies, lui revint suffisamment pour lui permettre de travailler il reprit donc sa construction. A l’automne elle était assez avancée pour que sa famille en prenne possession, il la termina l’année suivante. Il travailla encore beaucoup, mais il prit un meilleur soin de lui-même, par la suite nous l’avons vu mener une vie plus régulière, adopta en quelque sorte une vie monastique, travaillant à des heures régulières, se couchant le soir, se levant le matin et prenant ses repas toujours à la même heure, il lui fallait une raison grave pour y manquer.

Le lot qu’il avait eu de son oncle François portait les Nos du cadastre 22 et 23 et une faible partie du No 24 du premier rang de Cathcart. Comme ces lots étaient coupés par le lac Pierre, il vit qu’il ne pourrait jamais tirer profit de la partie nord du lac, qui, à cause de ses bâtisses lui devenait inaccessible, il vendit à Antoine Lépine cette partie et acheta le lot No 21. En 1855, il acheta les lots de Nazaire Mercure et de Jos. Henrichon qui étaient les lots Nos 11b et 12c du demi rang des Augmentations de Kildaire et de plus il acheta le lot qu’il avait vendu à J. S. Rocheleau (No.12b) du même demi rang.

Ainsi en 1885, il possédait une terre de 300 arpents dont une bonne moitié était en culture. Il avait en plus une bonne maison, une grange et une étable de 30 X 20 pieds, une remise à voiture, une bergerie, une porcherie etc. En un mot, il possédait toutes les bâtisses qui pouvaient lui être utiles. Il était donc un gros cultivateur, ce n’était plus le défricheur d’il y a 20 ans. Il avait lieu de se féliciter de son succès, non sans mérite, et s’il pouvait alors jouir d’une certaine aisance, il voyait ses labeurs récompensés. Bien que physiquement déprimé et ruiné, il pouvait se réjouir à la vue de ses 12 enfants, gros, gras, plein de santé, de sa femme encore vigoureuse, en bonne santé et relativement heureuse, il ne pouvait pas y avoir de plus grand bonheur pour lui.

Le 9 octobre 1858, la paroisse fut érigée canoniquement et civilement le 3 mai 1859, la population devait être à ce moment là d’environ 500 âmes. En 1858, les francs tenanciers dressèrent une requête demandant l’autorisation de bâtir l’église actuelle, ce qui fut accordé Le 4 février 1859. Le terrain sur lequel est construit ce temple a été donné par M. et Mme Jos Robichaud. L’église fut bénite par Mgr Bourget le 6 juillet 1861 (extrait de “Le Diocèse de Montréal” à la fin du 19e siècle). Voici quelques explications; la chapelle construite une quinzaine d’année précédemment devenait trop petite pour les besoins, il fallait donc bâtir une église. Une grande difficulté surgit entre les paroissiens au sujet du site de cette église. Si la chapelle avait été bâtie à l’endroit où elle se trouvait à ce moment-là, c’est parce que l’on avait cherché à accommoder le plus grand nombre de colons au moment de la bâtir, mais ce n’était pas le centre géographique de la paroisse.

Les Anglais et les Irlandais, qui gardaient une certaine animosité quand ce n’était pas une haine jurée vis-à-vis des Français, étaient massés dans le bas de la paroisse. Comme il avait eu l’intention de ne pas s’éloigner de leur paroisse natale. Ils se mirent en tête de la révolte, ne voyant que leur intérêt personnel. Ils firent donc tout ce qui fut possible pour garder l’église au même endroit, un peu appuyés par quelques Français dépourvus d’esprit public, mais toutefois plus faciles à contrôler. Les Anglais tinrent tellement leur bout que 5 à 6 familles abdiquèrent et ne revinrent jamais à l’église catholique, même aucun de leurs descendants, et bon nombre d’autres quittèrent la paroisse à cause de cette difficulté.

L’autorité ecclésiastique prit l’affaire en mains. Après une enquête sérieuse, après avoir pesé les avantages et les inconvénients qui pourraient résulter plus tard, elle désigna le lot No 20 du premier rang de Cathcart comme étant l’endroit le plus avantageux et le plus central pour le moment et l’avenir. Ce lot se trouvait à près de deux milles de l’ancienne chapelle et plus au nord. C’était le lot voisin des lots de mon père. Il se trouverait donc à l’avenir assez près de l’église sans toutefois en être trop rapproché pour en subir des inconvénients pour sa culture. Il eut ainsi un marché pour écouler les produits de sa terre car les habitants du village venaient s’approvisionner chez lui. Il adopta une culture en rapport avec les exigences de la circonstance, produisant tout ce qui pouvait être en demande, et ainsi fournissait presque toute la nourriture que les journaliers et industriels du village pouvaient avoir besoin.

De nos jours les pouvoirs publics, gouvernements, conseils municipaux, commissions scolaires, fabriques, ne craignent pas de s’endetter sans sembler se rendre compte qu’il faudra que ces dettes se paient un jour. On se donne du confort autant que possible, on construit de beaux édifices, de bonnes routes, etc, enfin on fait tout ce qui peut rendre la vie agréable et aisée, toujours en contractant des dettes, et malheureusement, il en est ainsi pour un trop grand nombre d’individus dans leur vie privée. On se pense pas assez que cette vie d’aisance est faite au dépend des générations futures.

Nous nous plaisons à admirer le dévouement de nos pères, nous les remercions de s’être dépensés sans compter pour nous procurer une existence moins pénible que la leur, mais nous devrions nous demander ce que nos enfants penseront et diront de nous, comment ils aimeront l’héritage que nous leur laisserons. Bien loin d’agir comme nous, nos ancêtres faisaient tout en leur possible pour ne pas s’endetter plus que ce qu’ils pouvaient payer, s’ils se voyaient dans l’obligation de recourir à un emprunt, ils le faisaient en prenant les moyens de payer à brève échéance, en voici une preuve.

Le déplacement de l’ église entrainait des dépenses assez considérables si l’on tient compte des finances des cultivateurs qui devaient les supporter. Il y avait la construction de l’église et du presbytère qui nécessitaient de fortes dépenses. Pour les réduire à leur plus simple expression, chaque cultivateur contribua de sa part de travail manuel ou fournit du bois de construction. Aussi il fallait bien un peu d’argent, alors on emprunta une certaine somme à courte échéance et on paya fidèlement chacune des échéances ce qui fit qu’en peu d’années la dette était disparue.

Mon père fournit tout le bois de charpente et travailla plusieurs jours au presbytère. De plus, il y avait la réfection des chemins, il devenait nécessaire d’abandonner plusieurs chemins déjà en usage et d’en faire des nouveaux pour accommoder le public. Le nouveau conseil municipal, dont mon père fit parti, verbalisa et fit faire des chemins avec quelques octrois d’argent de colonisation du gouvernement, mais les cultivateurs durent y contribuer pour la plus large part. Ce fut autant de dépense d’argent qui affectèrent un peu de mon père mais auquel il fit face sans s’endetter.

Pendant la période de 1860 à 1870 il occupa les charges de conseiller municipal, de commissaire d’école, de marguillier, soit tour à tour et quelques fois simultanément. Il s’acquitta de ces charges avec ponctuaLité et esprit de justice. Un fait, venu à ma connaissance, démontra à quel point il mettait l’intérêt public avant le sien. Pendant 17 ans, je fus secrétaire trésorier de la municipalité et comme j’avais la garde des archives, voici ce que j’y ai puisé. Une demande de passer un règlement avait été faite au conseil pour autoriser l’entretien pendant l’hiver d’un chemin public passant sur les lacs Pierre et “de vase”, ce chemin avait pour but d’éviter plusieurs côtes et de raccourcir la distance pour tous les cultivateurs du lac Cloutier qui devaient se rendre au village.

Cependant mon père devait en souffrir de graves inconvénients, non seulement il se trouverait isolé du chemin public, entretenir sa sortie seule, mais même il devait être chargé de l’entretien de dix arpents de plus que dans le chemin d’été et cela loin de son domicile. Après discussion sur la matière il y eut partage d’opinion, le vote fut pris et mon père vota en faveur du changement maLgré que ce fut contre son intérêt personneL. En 1866, l’aînée de ses filles fut demandé en mariage, et l’aîné des garçons devenu majeur lui fit part de son intention de fonder son foyer prochainement, il se maria en effet l’année suivante.

Le temps était donc arrivé pour lui de commencer à établir ses enfants, de partager les biens qu’il avait si chèrement acquis. En achetant les terrains de ses voisins, il avait eu l’intention de placer ses trois garçons autour de lui. S’étant donc longuement concerté avec son épouse, il résolut ainsi le problème, il diviserait ses terres en trois parties égales à ses trois garçons et les neuf filles recevraient chacune un petit ménage et une petite somme d’argent, le dernier des garçons aurait la maison paternelle et lui paierait une rente suffisante pour qu’il puisse vivre avec son épouse. De cette manière il croyait avoir tout prévu, mais l’homme propose et Dieu dispose, en faisant ces projets de partage, il croyait que les douze enfants dont la Providence l’avait gratifié alors, formerait pour toujours sa famille complète.

Il ne prévoyait pas que la cigogne pouvait le visiter de nouveau, car sa femme avait alors 41 ans et lui-même en avait 52. Quelle ne fut pas sa surprise en 1869, quatre ans après la naissance du dernier de ses enfants, de voir arriver un autre garçon. Il se vit donc obligé de faire de nouveaux projets pour établir celui-ci quand son tour viendrait. Mais sa surprise fut bien plus grande encore quand quatre ans plus tard, soit en 1873, sa femme lui fit don d’un autre garçon. Celui-ci dut lui paraître encombrant. Il l’était bien d’ailleurs et le fut toujours, car c’était mon humble personne qui faisait son apparition dans ce monde, (que celui qui me connaît en juge). Après mon arrivée tous les projets dont il avait rêvé tombèrent à l’eau. Il s’est voué à la grâce de Dieu et fit ce qu’il put. Il faut ajouter que l’aînée de ses filles, morte en 1871, laissait quatre enfants en bas âge. Il se vit contraint d’adopter une fille de dix jours et de l’élever en plus de tous les siens, il a donc élevé quinze enfants.

En 1872, il lui est arrivé un autre accident qui cette fois faillit lui coûter la vie. La grange de son voisin ayant pris feu pendant la saison des foins, papa sauta sur le dos d’un cheval qui paisait près de la maison et sans bride ni rien pour le conduire, il partit au galop pour aller porter secours à son voisin. En descendant une côte son cheval buta et le projeta en avant, il se frappa La tête sur une pierre et perdit connaissance. Avant de partir il avait dit à ses hommes que, s’ils voyaient revenir le cheval tout de suite ils n’aurait pas besoin de s’occuper de lui mais si d’un autre côté le cheval ne revenait pas ils devaient venir prêter main forte eux aussi. Comme le cheval, laissé à lui-même, revint tout de suite à la maison, ils ne s’occupèrent donc pas de lui et ce n’est que cinq heures plus tard qu’une voiture venant à passer par là le trouva sans connaissance et baignant dans son sang.

Après cet accident, il fut près d’un an sans travailler et même une fois rétabli pour se remettre à l’ouvrage il garda toujours une maladie qui ne devait jamais se guérir. Toutes les semaines il avait un gros mal de tête, qui durant une journée ou deux le faisait souffrir atrocement, de plus il ne se coucha jamais dans un lit comme le commun du monde, il dormait assis sur une chaise ou sur son lit, de sorte que je ne l’ai jamais vu coucher. C’était bien curieux de voir comme il dormait paisiblement ainsi sans s’appuyer la tête nulle part et sans jamais pencher d’un côté ou de l’autre. Ce mal de tête qui le prenait à chaque semaine s’aggrava toujours d’année en année au point qu’en 1885, une journée qu’il en était atteint, il eut une crise d’hystérie. Jamais je n’ai vu ni entendu parler d’une maladie semblable chez d’autres individus. Il eut sa première crise un dimanche. Comme il se sentait mal en train le matin, il n’était pas allé à la messe, il était resté seul à la maison. A l’heure de la grand-messe, il se rendit chez son fils qui demeurait à quelques pas de chez lui pour dire son chapelet en famille avec sa bru et ses enfants.

Comme sa bru était à faire la toilette des enfants quand il est arrivé, il s’est assis et causait tranquillement avec elle en attendant de dire le chapelet. Tout-à-coup, sans avoir donné aucun signe de nervosité préalable, il se mit à crier et à courir dans la maison comme une bête féroce, il s’imaginait voir toutes sortes de choses épouvantables. On s’imagine facilement la peur qu’eut cette jeune femme en se voyant seule avec lui et ses jeunes enfants. Elle s’enferma dans sa chambre à coucher avec ses enfants et attendit le retour de son mari. Cette maladie dura près de onze ans, alternant toujours bien régulièrement par trois jours. Pendant les trois jours qu’il était bien, il était aussi lucide, aussi dispos que s’il n’eut jamais été malade et même il travaillait un peu, mais pendant les trois jours de ses crises, il criait, courait, frappait partout, n’arrêtait pas un seul instant du jour et de la nuit et ne mangeait pas du tout.

Étant le plus jeune des garçons de la famille, au fur et à mesure que les autres se sont mariés ils laissèrent la maison paternelle, je dus donc en prendre soin dans les derniers jours de sa vie. J’ai eu beaucoup de trouble et de misère, j’ai passé bien des nuits sans sommeil et perdu bien des journées de travail qui m’auraient pourtant été précieuses, afin de lui donner les soins que requérait son état. J’avais une grande terre à cultiver, un gros troupeau d’animaux à soigner, j’étais contraint de travailler fort toute le journée et ensuite passer la nuit sans sommeil pour l’empêcher de se causer du mal ou de sorti r de la maison et s’égarer dans les champs. J’avais bien l’aide de ma soeur et de ma mère, mais celle-ci commencait à vieillir et à perdre un peu de vigueur.

Les trois dernières années, j’eus aussi l’aide de ma femme, mais d’une manière générale, les femmes ne pouvaient pas le contrôler toutes seules, j’étais toujours obligé de me tenir près de lui durant cette période de crises. Pendant ces trois jours, il n’avait pas un seul instant de repos, ni le jour ni la nuit, une force invisible et incontrôlable le commandait sans cesse, toutefois il discernait le bien du mal, répondait censément aux questions qui lui étaient posées, lorsqu’il répondait. Il n’avait aucune malice mais pouvait inconsciemment frapper sur n’importe qui ou n’importe quoi. Sans vouloir faire aucun dommage, il brisait tout cependant. S’il se promenait dans les champs et qu’il s’imaginait que la clôture n’était pas en bonne condition et voulait la réparer alors il la défaisait complètement et l’abandonnait ainsi, ayant changé d’idée, il en était ainsi pour toutes sortes de choses.

Chose curieuse, quand il avait passé trois jours dans cet état, il revenait complètement à lui, il était alors aussi lucide que s’il n’eut jamais eu de ces crises, il se rapellait tout ce qui s’était passé, tout ce qu’il avait et dit pendant sa crise, ” je m’aperçois, disait-il, que tout ce que je fais est mal, mais il y a une force intérieure qui me fait agir, bien que je sache que je ne dois pas faire une chose je ne peux m’en empêcher “. Il nous suppliait toujours de ne pas le faire interner disant qu’il s’ennuierait trop s’il réalisait qu’il était interné. Je n’ai jamais songé un seul instant de le faire interner, j’aimais mieux subir n’importe quel trouble, n’importe quel tracas que de lui imposer un nouveau supplice, j’aimais mieux passer des nuits blanches pour en prendre soin que d’en passer à me reprocher d’avoir augmenté son martyr. Je n’ai jamais épargné de dépenses pour le faire soigner, j’ai eu recours aux plus grandes sommités médicales du temps, et jamais je me suis reproché l’argent dépensé pour cela.

Une vie aussi déprimante, tant par le déploiement d’une énergie sans borne au travail que par les souffrances atroces qu’il a endurées, devait naturellement prendre fin. C’est entre une de ces crises et un moment de repos qu’il rendit son âme à Dieu pour recevoir la récompense d’une vie passée au service de Dieu. C’est le 28 janvier 1895, à cinq heures de l’après-midi, dans la 81e année de son âge qu’il mourut paisiblement. Il avait tant souffert pendant sa vie que Dieu permit que ses derniers moments fussent sans souffrance, il est mort sans aucune résistance, sans lutte apparente avec la mort.

Maintenant, je m’en voudrais de terminer ce récit sans dire quelques mots des dernières années de ma mère. Elle a survécu près de 16 ans à son mari. Bien qu’elle eut élevé ses 14 enfants et en plus sa petite fille, adoptée à l’âge de dix jours, bien qu’elle eût travaillé bien fort et partagé les peines, Les labeurs, les privations de son mari, elle a toujours gardé une santé extraordinaire. Grande, forte et grasse (elle pesait 220 lbs), elle était agile et pouvait marcher toute la journée sans fatigue, elle était habile à son travail, faisait bien ce qu’elle faisait. Elle a travaillé jusqu’à la dernière semaine avant sa mort. Elle passait ses moments de repos à tricoter ou à filer du lin ou de la laine, jamais nous ne l’avons vu autrement qu’au travaiL. S’il y avait quelqu’un de malade dans sa famille, elle allait les soigner et à l’occasion les assistait à la mort, elle assistait aussi toutes ses filles et ses brus à la naissance d’un enfant.

Tous mes enfants qui sont nés avant sa mort ont reçus d’elle leurs premiers soins. Je n’ai jamais dû engager une servante à la naissance de mes enfants, c’est elle qui soignait ma femme et prenait charge de la maison. Comme preuve de sa grande vigueur et de sa force d’endurance je pourrais citer qu’elle a toujours observé Le jeûne du carême dans toute la rigueur de ce temps là jusqu’à l’âge avancée de 80 ans et plus. Un jour, quelques temps avant sa mort, alors qu’elle avait 85 ans, elle fit le trajet à pieds de Ste-Béatrix où elle demeurait à St-Alphonse, soit environ cinq milles dans les montagnes, dans le simple but de me rendre visite. Si elle fit le voyage ainsi, ce n’était pas qu’elle ne pouvait pas le faire en voiture, c’était simplement par plaisir. Elle voulut même retourner à pieds le lendemain, je l’en ai empêchée, je l’ai conduit en voiture.

Vers la fin du mois de juillet 1910, alors qu’elle tournait son rouet comme d’ habitude, elle se sentit subitement malade et alla se coucher. Le lendemain, comme elle avait une forte fièvre, ma soeur avec qui elle demeurait fit venir le médecin, après un minutieux examen, le docteur déclara que c’était la fièvre typhoïde et que vu son âge ne résisterait pas longtemps. On fit venir le prêtre, elle reçut pieusement les derniers sacrements et mourut Le 5 août 1910, après huit jours seulement de maladie.

TEXTE INTÉGRAL DU SITE DES FAMILLES THÉRIAULT D’AMÉRIQUE SANS ALTÉRATION DE LA SOURCE

Le texte est sur le site de la Famille Arbour dans la section Histoire de familles


[i] Son père mourut après lui.

SÉJOUR AU USA. EXTENSION À 8 MOIS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Est-ce qu’il y en plusieurs qui sont au courant de l’extension possible du séjour aux USA