Les pionniers de l’aviation à Québec en 1928

Aérodome ''Aéroport Jean Lesage''

En 1928, les pionniers de l’aviation civile de Québec établissaient à Sainte-Foy le premier aérodrome de la région, aux abords de l’emplacement actuel du CHUL.

Auteur: Les Archives de Québec

 

 

 

C’était avant l’hôpital, l’Université Laval et le centre commercial. Au temps où Sainte-Foy était encore un lieu champêtre entrecoupé de jolis boisés. Dans des champs situés entre les chemins Saint-Louis et Gomin, à l’est de la route de l’Église, se trouvait l’aérodrome du Bois-Gomin, aussi appelé aérodrome Saint-Louis.
Un terrain plat, des hangars et deux pistes d’atterrissage, il n’en fallait pÀ la fin des années 20, l’aviation n’en est qu’à ses balbutiements ici au Québec.
Quatre aventuriers des airs en provenance de Sainte-Marie en Beauce, viendront sillonner le ciel des Québécois : Roméo, Irénée, Donat et Fernando Vachon, quatre frères qu’on surnommera les « chevaliers de l’air ». Le cadet Roméo est le premier Canadien français à obtenir un brevet de pilote commercial au Québec.
Recruté par la Canadian Transcontinental Airways, la première compagnie aérienne couvrant le territoire de l’est du Québec, il inaugure en 1928 le premier service de courrier aérien sur la Côte-Nord durant les mois d’hiver, une tâche encore assurée par des traîneaux à chiens!
À la base d’opérations de La Malbaie, Roméo grimpait dans un Fairchild FC2 et partait en direction de Sept-Îles ou Anticosti. Visant des repères rouges fichés dans la neige, il larguait les sacs de courrier du haut des airs, sans plus de cérémonie, de village en village.as plus, à l’époque, pour organiser un service aérien.
Pendant ce temps à l’aérodrome du Bois-Gomin, les frères Joseph et Arthur Fecteau, première de trois générations de pilotes, gagnent leur vie en offrant des baptêmes de l’air et des voyages d’affaires et de plaisance dans les environs de Québec.
En 1933, Arthur donne aussi des leçons de pilotage; en ce temps, apprendre à décoller et à atterrir suffit pour savoir voler. En 1939, les frères Fecteau partent chacun de leur côté. Joseph travaillera notamment comme mécanicien pour Roméo Vachon, puis il se consacrera à l’extinction de feux de forêt pour la Canadian Transcontinental Airways.
Il connaîtra une fin tragique : en septembre 1939, lors d’un voyage d’inspection, dérouté par un brouillard dense il doit se poser d’urgence avec ses deux passagers, à court de carburant. On organise des recherches, mais la majorité des avions sont réquisitionnés pour la Deuxième Guerre mondiale. On découvrira les corps des trois hommes, en 1940, dans une cabane de trappeur au Labrador.
D’autres Beaucerons se sont aussi démarqués par leur passion du vol, dont le jeune Lucien Gendron qui offrait des baptêmes de l’air aux visiteurs de l’aérodrome du Bois-Gomin, et Irénée Faucher, voisin des frères Vachon et ami de Joseph Fecteau, qui aimait fréquenter l’aérodrome pour y rencontrer d’autres mordus de l’aviation.
L’aérodrome du Bois-Gomin sera utilisé pendant dix ans, jusqu’en 1938. C’est l’aéroport de L’Ancienne-Lorette qui prendra le relais l’année suivante (le terme « aéroport » désignant, par opposition à « aérodrome », un endroit comprenant l’ensemble des installations nécessaires au trafic aérien : pistes équipées de systèmes d’éclairage et de signalisation, bâtiments d’entretien, aérogare avec tous les services, etc.). Maintenant connu sous le nom d’aéroport international Jean-Lesage de Québec, cet aéroport accueille plus d’un million de passagers par année.

 

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