Histoire de Binet Abraham 1646

Abraham Binet, de la petite à la grande histoire

Histoire D’Abraham Binet, domestique en Nouvelle-France à la Princesse Marie, Reine de France, en passant par Marie Pournin, sage-femme, Armand-Jean Du Plessis, évêque de Luçon et Antoinette de Pons, marquise de Guercheville et « seigneuresse » de l’Acadie. mardi 1er novembre 2005, par Pierre Chartrand La présence d’Abraham Binet, domestique de Marie Pournin, veuve de Jacques Testard de la Forest, dans les recensements de 1666 et 1667 et, en 1669, dans l’étude du notaire Bénigne Basset lors de la signature du contrat de mariage liant mon ancêtre Thomas Chartrand à sa première et jeune épouse Thècle Hunault m’aura permis d’accomplir, à travers trois personnages féminins, Marie Pournin, Antoinette de Pons et Marie de Médicis, un intéressant périple dans la petite et grande histoire de la France comme de celle de sa lointaine colonie, la Nouvelle France au XVIIe siècle.

 La recherche généalogique débouche souvent sur des surprises de taille. Maintes fois, cette assertion fut confirmée. En voici une nouvelle preuve. Reportons-nous à l’année 1669, à Ville-Marie (Montréal) en Nouvelle-France. Je cherche à identifier un individu, dénommé ABRAHAM BINET dont le nom apparaît comme témoin dans un contrat de mariage établi le 6 janvier 1669 par Bénigne Basset, notaire et tabellion de la terre et seigneurie de l’Ile de Montréal en la Nouvelle France. Il s’agit du premier mariage de mon ancêtre THOMAS CHARTRAND, originaire d’Ectot-lès-Baons, diocèse de Rouen en Normandie qui épouse une jeune fille de 13 ans, Thècle Hunault, née à Ville-Marie. (Au recensement de 1666, elle est identifiée « Thérèse Henault », 11 ans). Première difficulté, Abraham Binet n’apparaît pas sur le site fichier Origine (www.fichierorigine.com) ni sur le site projet Adhémar : (www.cca.qc.ca/adhemar).

Mais la chance me sourit en dépouillant, avec application, nom par nom, le recensement de 1666 en Nouvelle-France pour la région de Montréal : www.linfonet.com/gene/banques/mtl.1666.htlm. En effet, son nom est recensé en tant que domestique dans la famille de MARIE POURNIN, âgée de 35 ans (en fait, comme nous le verrons plus loin, elle en avait plutôt 44) et « vefve » (veuve) de Jacques Testar, sieur de la Forest. En 1666, Marie vit avec deux de ses fils, Gabriel 5 ans et Jacques 3 ans, lesquels jouiront d’une certaine notoriété en Nouvelle-France, en tant qu’officiers. Ils ont tous deux droit à une notice dans le DBC (Dictionnaire biographique du Canada : www.biographi.ca). Vivent aussi avec elle, son beau-frère Charles Testar, 25 ans et l’épouse de celui-ci Anne Lamarque, 16 ans. Suivent les noms de 5 domestiques « engaigé » dont notre Abraham Binet âgé de 20 ans en 1666, donc né en +/- 1646.

Je resterai sur ma faim car il me fut impossible d’ajouter des renseignements supplémentaires. Abraham ne s’étant pas marié, semble-t-il, n’apparaît ni dans le répertoire des unions ni dans le dictionnaire généalogique du PRDH (Programme de recherche en démographie historique). Il n’est présent que dans le répertoire des actes (recensements) aux années 1666 et 1667. Fait inusité : bien que domestique, il sait écrire et signe son nom d’une belle écriture fine au bas du contrat de mariage. Mais qui est donc cette femme, MARIE POURNIN, veuve avec deux jeunes enfants à charge et qui entretient cinq domestiques à son service ? Le Fichier Origine qui publie un important document numérisé va me permettre, mais non sans mal, de répondre à nombre de questions à son sujet. Acte de baptême de Marie Pournin En voici une transcription : « Le dernier jour du mois de Juillet mil six cent vingt deux fut baptisée en l’Esglise de Pouques par le Curé soubssigné d’icelles apres vespres Marie, fille d’honorable homme Mr. Jean Pournin Sieur de la Faye et de Dame Catherine Durant sa femme. Sa mareine est tres haulte et tres illustre princesse Marie par la grâce de Dieu Reine de France et de Navarre Mère du Roy représentée par Dame Anthoinette Depont Marquise de Guercheville sa Dame d’honneur son parin Reverend pere en Dieu Messire Jean Duplessis Evesque de Luçon grand aumosnier de Sa Majesté et ont signé a l’original [Signé] Antoinette Depont armand Eveque de Luçon et Doulcet Curé. » « Deslivré le présent certificat par moy soubssigné curé de l’Eglise de Legier Depouques (…) à ditte Damoiselle Marie-Pournin pour luy servir ce que de raison ce jourd’hui vingt cinq avril mil six cent soixante deux signé gouneau curé Depoques. Collationnée a l’original Représenté par la Dame veuve de [Tonty ?] a elle aljnstant (= instant) Rendu avec ces presentes par le notaire Royal en la prevosté de quebec soussigné y residant ce quinziesme jour de septembre mille sept cent vingt neuf pour Valoir et Servir ce que de Raison. ». Barbel. Cet acte de baptême appelle tout d’abord certaines précisions et éclaircissements. Personne jusqu’à aujourd’hui ne semble s’être préoccupé du document en son entier. Il comporte trois dates : la date du baptême de Marie Pournin, sans que nous sachions si elle est née le même jour : le 31 juillet 1622 ; la date du certificat établi par le curé Gouneau ( ?) de Pouques à Damoiselle Marie Pournin : le 5 avril 1662 ; cela pourrait laisser entendre qu’elle était en France à cette date. la date du document collationné à l’original par Barbel,(et non Barbet) notaire royal à Québec : le 15 septembre 1729. Cet extrait de baptême de Marie Pournin est donc une copie de l’original rédigé par le notaire Barbel de Québec en l’an mil sept cent vingt-neuf, soit trente ans après le décès de Marie (01-10-1699), à l’instigation de dame veuve de Tonty, soit Marie-Anne de La Marque, sa propre fille. Remontons le temps jusqu’à l’été 1622 et traversons l’Atlantique. Catherine Durant épouse de Jean Pournin, Sieur de La Faye vient de donner naissance à une fille dans la petite commune de Pouques-Lormes dans la Nièvre en France. Or, cette enfant que l’on baptise le 31 juillet 1622, est tenue sur les fonts baptismaux par une représentante de la vieille noblesse française, la marquise de Guercheville. Ce bébé prénommé Marie a pour marraine, nulle autre que « la princesse Marie, reine de France » (la marquise n’agissant ici qu’au nom de la reine) et pour parrain le « révérend père en Dieu, Messire Jean Duplessis, évêque de Luçon » (ch.-l. de cant. de la Vendée) et « grand aumônier de sa Majesté. » Cet évêque, parrain de la toute jeune Marie, est Armand Jean du Plessis, futur cardinal et duc de Richelieu. Si la famille Pournin avait eu la patience d’attendre encore quelques semaines pour faire baptiser leur fille, Marie, celle-ci aurait été la filleule non de l’évêque de Luçon mais du cardinal de Richelieu. Depuis quelques années, Armand-Jean Du Plessis jouait un rôle important auprès de Marie de Médicis et c’est grâce à l’influence de la reine mère qu’il obtient la barrette de cardinal le 5 septembre 1622. Ce ne serait donc pas un vain mot que d’affirmer que Marie Pournin est née sous d’heureux auspices ! Mais alors quels buts poursuit-elle en venant en Amérique ? Quelles sont les motivations qui, deux ou trois décennies plus tard, sans que nous connaissions le moindre détail de son parcours de vie, de l’enfance à la fin de l’adolescence, vont la conduire en Nouvelle-France ? On ignore même si elle y vint seule ou avec son premier mari. Probablement seule. Veut-elle noyer l’immense chagrin de la perte d’un être cher et fuir la France ? Quelles sont les personnes qui vont réellement l’influencer ? Lui vanter les mérites d’œuvrer dans la nouvelle colonie auprès de Jeanne Mance ? L’évêque de Luçon y fut-il pour quelque chose ? Je n’en sais rien. Marie a-t-elle des frères ou des sœurs ? Qui est véritablement ce Jean Pournin, Sieur de La Faye, père de Marie et déclaré « honorable homme » mais dont la signature n’apparaît pas au bas de l’acte ? Est-il seulement présent au baptême de sa fille en ce jour du 31 juillet 1622 ? Où est-il né ? À quelle famille appartient-il ? Quels sont les liens qu’il aurait pu entretenir avec la famille Du Plessis et, plus particulièrement avec Armand-Jean, évêque de Luçon lui permettant d’obtenir pour sa fille, Marie, la protection personnelle de Marie de Médicis ? L’évêque de Luçon aurait-il entrepris de rallier à lui le sieur de La Faye ? Et pour cela, aurait-il pu solliciter et obtenir que la reine mère soit marraine de la fille de ce dernier ? Comme il le fera quelques années plus tard pour se rallier le prince de Condé, sollicitant le roi et la reine mère d’accepter d’être parrain et marraine de son fils, le duc d’Enghien. Son titre, Sieur de La Faye, pourrait-il l’apparenter aux seigneurs de Faye-la-Vineuse, dont les terres de la famille des Du Plessis, situées à Richelieu et constituées en seigneurie dépendaient de cette baronnie ? On sait par Gabriel Hanotaux – Histoire du cardinal de Richelieu, Tome 1, p.54 – que « Faye était le véritable centre d’approvisionnement de la région. Grimpée fort joliment sur le haut des collines crayeuses qui dominent de loin Richelieu, elle offrait aux regards son enceinte fortifiée, l’ensemble de ses toits serrés les uns contre les autres et ses trois clochers pointus. » Autant de questions auxquelles il nous est encore impossible de répondre. Si Jean Pournin, Sieur de la Faye, reste pour nous un mystère, la présence de sa fille Marie en Nouvelle-France demeure incontestable. La fiche complète que publie le fichier origine nous apprend qu’une première mention est faite de la présence de Marie Pournin en Nouvelle-France en l’an 1658. Elle a alors 36 ans. Mais si l’on se fie à la notice biographique publié par Julie Roy sur le site www.siefar.org et à l’article de Daniel Perron, Marie Pournin, Fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal, publié dans la revue Cap-aux-Diamant, No 61, Printemps 2000, Marie Pournin serait arrivée à Montréal aussi tôt qu’en 1644, car « dans les archives de l’Hôtel-Dieu (période 1643-1649), il est écrit que Jeanne Mance soigne des patients, aidée de Catherine Lavaux et de Marie Pournin. » Si Marie Pournin, sage-femme, était bien aux côtés de Jeanne Mance dès le moment où l’on érigeait le premier bâtiment, – ne se vante-t-elle pas d’en être la véritable fondatrice ? « Elle ce donne souvant, écrit Marie Morin dans ses Annales, le tiltre de notre fondatrisse et ressant vivement quand on ne luy rand pas autant d’honneur et de preferance que ce nom en merite. » – il semble qu’elle n’ait agi à titre d’administratrice de l’Hôtel-Dieu que plus tard ; au moment où l’état de santé de Jeanne Mance s’étant détérioré, celle-ci décide de s’embarquer pour la France à l’automne 1658 en compagnie de Marguerite Bourgeois. Jeanne Mance ne sera de retour à Montréal que le 7 septembre 1659. On peut donc penser que Marie Pournin lui aurait succédé cette année-là à la tête de l’hôpital tout en continuant sans doute à y œuvrer en tant que sage-femme (Réf. : le Projet Adhémar). Autre question : Marie est-elle venue en Nouvelle-France avec son premier mari Guillaume de La Bardilière ? Y serait-il décédé ? Je l’ignore. Chose certaine, le 24 novembre 1659 à Montréal, elle épouse en secondes noces, Jacques Testard de La Forest qui était né à Rouen (Saint-Vincent) en +/- 1630. Il était le fils de Jean Testard et de Anne Godefroy. Il meurt à Montréal le 22 juin 1663. Cinq ans plus tard, soit le 6 février 1668, à l’âge de 45 ans, Marie va convoler en justes noces pour la troisième fois avec Jacques de La Marque dont elle aura une fille, Marie-Anne, née le 16 mai 1669 à Montréal alors qu’elle est âgée de quarante-six ans. Marie Pournin est décédée à Montréal le 1er octobre 1699 et a été inhumée le lendemain. Considérant la date de son baptême, elle aurait eu 77 ans à son décès. Dernière question : Marie Pournin est-elle vraiment née à Pouques (-Lormes) ? Si l’on se fit au document collationné par Barbel, il ne paraît y avoir aucun doute. Pouques apparaît déjà dans la transcription incomplète que fait Archange Godbout dès 1942. Le fichier Origine semble le suivre dans cette hypothèse. Par contre, d’autres chercheurs situent le lieu de naissance de Marie Pournin plutôt à Pougues (-les-Eaux) qu’à Pouques (-Lormes), les deux communes faisant partie de la Nièvre et se trouvant aujourd’hui à une heure à peine de distance en voiture par la D147. Qu’en est-il exactement ? Sur le document numérisé que publie le fichier origine, on peut lire : « Extrait du (…) Baptistère de l’Eglise Saint Légier de pouques et un peu plus loin : … par moy soubssigné curé de l’Eglise de Legier Depouques. Or, une réponse reçue par courriel en provenance du diocèse et confirmée par l’Office du Tourisme nous apprend que l’église de Pouques a pour saint patron, Saint-Pierre-aux-Liens. En a-t-il été toujours ainsi ? Je n’ai pu faire confirmer cette assertion. D’autre part, un site Internet consacré à Pougues-les-Eaux nous apprend que l’église de Pougues, datant du XIe s. est dédiée à Saint-Léger, ancien évêque d’Autun, né en Neustrie(vers616-678). (Réf. : www.perso.wanadoo.fr/saintleger/annonces/pougues.htm). Sur le site, plusieurs photos : de l’église et de la place Saint-Léger, du parc Saint-Léger, et de la source saint-Léger. Même s’il m’est encore impossible d’affirmer avec preuves à l’appui que Pougues est réellement le lieu de naissance de Marie Pournin, j’aurais tendance à le croire. Nous savons, par exemple, que le futur cardinal de Richelieu se trouvait en cette ville à l’été 1622. (Voir : Gabriel Hanotaux, Histoire du Cardinal de Richelieu, tome 1, p. 517 : « Richelieu écrit une lettre de Pougues au Président Jeannin, le 26 juin 1622. » Pierre Jeannin, dit « le président Jeannin » était un magistrat français, né à Autun en 1540 et décédé à Paris en 1623. « Il incita à la modération lors de la Saint-Barthélemy , note le Petit Robert, mais se rallia à la Ligue et conseilla Mayenne avant de rejoindre finalement Henri IV. Il fut chargé de plusieurs missions diplomatiques (…). Marie de Médicis le nomma surintendant des Finances (1616) ». Quand l’évêque de Luçon est nommé cardinal le 5 septembre 1622, Marie de Médicis est elle aussi à Pougues. (Voir : Gabriel Hanotaux, Histoire du cardinal de Richelieu, tome II, p. 518 : « Aussitôt, Marillac la [nouvelle] transmit à la reine qui était en route pour se rendre de Pougues à Lyon… » Ceci dit, voyons maintenant qui était la marquise de Guercheville, née Antoinette de Pons. Pour cette recherche sur ce personnage imposant de la noblesse française, le site de la Bibliothèque Nationale de France, grâce à GALLICA, bibliothèque numérique (Réf. : www.gallica.bnf.fr) s’est révélé une source incomparable. J’ai pu, en effet, consulter en ligne la Biographie Universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes, publiée à partir de 1843 sous la direction de Louis-Gabriel Michaud, dans lequel sont consignés quelques articles sur cette importante famille, ainsi que l’Annuaire de la Noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe. Antoinette de Pons appartenait à la maison de Pons, « remarquable par son ancienneté, son illustration et ses alliances et connue par titres certains depuis l’an 1067. » Elle est la fille d’Antoine de Pons, né le 2 février 1510, comte de Marennes, de Blaye, seigneur des îles d’Oléron et qualifié comme ses ancêtres de « cousins du roi ». Avec le décès de celui-ci en 1580 s’éteignit la branche aînée de cette célèbre famille d’hommes de guerre, dont le fameux Renaud, sire de Pons, l’un des plus puissants seigneurs de la France au 14 e siècle et qui fut aussi un des plus vaillants guerriers de cette époque. Antoinette, née en 1570, épousa en premières noces Henri de Silly, comte de la Roche-Guyon, dont elle eut un fils unique, François, mort sans enfants devant La Rochelle. Elle se remaria en 1594 à Charles Du Plessis, seigneur de Liancourt, comte de Beaumont-sur-Oise, marquis de Guercheville, baron de Montlouet et de Galardon, premier écuyer de la petite écurie du roi et gouverneur de Paris ; mais, « par un scrupule peut-être trop affecté, elle ne voulut jamais porter le nom de ce second époux, craignant d’être confondue avec la duchesse de Beaufort, qui s’était quelque temps appelée madame de Liancourt et n’avait pas honoré ce nom par sa conduite ». De plus, il fut écrit qu’Antoinette de Pons, marquise de Guercheville « avait plus de grâces et des manières plus agréables que Corisande d’Andouins, comtesse de Guiche, qu’elle remplaça dans le cœur de Henri IV. » Mais elle sut si bien résister aux avances du roi que celui-ci « crut devoir renoncer à ses projets galants » et, un jour, lui dit : « Puisque vous êtes réellement dame d’honneur, vous le serez de la reine ma femme. ». Il tint parole, la nomma dame d’honneur de Marie de Médicis et la chargea d’aller accueillir en son nom à Marseille, la future reine. La marquise de Guercheville eut aussi d’importants intérêts en Amérique, tout particulièrement en Acadie. Elle s’était fait donner par le sieur DuGua de Monts toute la côte américaine de l’Atlantique, sauf Port-Royal. Elle tint à fonder une nouvelle colonie face à l’île des Monts Déserts dans l’État américain actuel du Maine, qu’elle nomma Saint-Sauveur et qui éclipserait Port-Royal en importance. Mais les Anglais avec, à leur tête, Sir Samuel Argall (Argoll), dévastèrent l’établissement dès mai 1613. Le nom de la marquise est maintes fois cité dans plusieurs articles du DBC (Dictionnaire biographique du Canada). Il faut lire les articles consacrés à René le Coq de la Saussaye, Charles de Biencourt de Saint-Just, Jean de Biencourt de Poutrincourt de Saint-Just, Pierre Biard, sir Samuel Argall, Gilbert du Thet, Asticou, Philibert Noyrot, Jacques Quentin, Louis Hébert, et Pierre du Gua de Monts. À ces références, il faut ajouter l’excellent site Heraldic America de Robert Pichette à l’adresse suivante : www.pages.infinit.net/cerame/heraldicamerica/etudes/souverainete.htm Elle mourut le 16 janvier 1632, « aimée et respectée généralement ». De son second mariage, elle avait eu un fils, Roger du Plessis, fait duc de la Roche-Guyon, pair de France et une fille, Gabrielle, duchesse de la Rochefoucauld. Arrivons-en maintenant à cette « mareine et très haute et très illustre princesse Marie par la grace de Dieu Reine de France et de Navarre, Mère du Roy … » . Qui est-elle ? Nulle autre que Marie de Médicis, épouse du roi Henri IV et mère de Louis XIII. Marie de Médicis était la fille de Francesco 1er de Médicis, grand-duc de Toscane et de Jeanne, archiduchesse d’Autriche. Elle naquit en 1575 à Florence en Italie et épousa Henri IV, roi de France le 15 juillet 1600 à Florence par procuration puis, officiellement, le 16 décembre 1600 à Lyon, après que le premier mariage du roi avec Marguerite de Valois, surnommée la reine Margot, fut annulé. Le couple eut 6 enfants dont Louis XIII, Gaston d’Orléans, Élisabeth qui épousa Philippe IV d’Espagne et Henriette, future femme de Charles 1 er. Après l’assassinat du roi Henri IV le 14 mai 1610, Marie de Médicis va assurer la régence avec son favori, le marquis Concini, dont la femme, Léonora Galigaï jouissait d’un fort ascendant sur la reine. Le futur roi Louis XIII n’avait alors que neuf ans. Mais Concini est assassiné le 24 avril 1617 par un fidèle de Louis XIII, Nicolas de L’Hospital, marquis de Vitry et capitaine des gardes, et sa femme, accusée de sorcellerie, est exécutée. Le roi fait alors exiler sa mère à Blois. Après s’être enfuie de sa prison, elle prend la tête d’une révolte contre le roi, son propre fils. Mais, en 1620, les armées du roi défont celles de la reine mère aux Ponts-de-Cé, près d’Angers. Un compromis est trouvé entre la mère et le fils par la signature du traité d’Angoulême. Lorsque deux ans plus tard, Marie de Médicis accepte de devenir la marraine de Marie Pournin, on peut affirmer qu’elle jouit encore de la confiance du roi, mais huit ans plus tard, en 1630, elle sera condamnée à l’exil au château de Compiègne et complètement écartée du pouvoir. Elle réussira à s’enfuir en Angleterre puis en Allemagne où, esseulée, elle mourra à Cologne le 3 juillet 1642, à l’âge de 69 ans. La présence d’Abraham Binet, domestique de Marie Pournin, veuve de Jacques Testard de la Forest, dans les recensements de 1666 et 1667 et, en 1669, dans l’étude du notaire Bénigne Basset lors de la signature du contrat de mariage liant mon ancêtre Thomas Chartrand à sa première et jeune épouse Thècle Hunault m’aura permis d’accomplir, à travers trois personnages féminins, Marie Pournin, Antoinette de Pons et Marie de Médicis, un intéressant périple dans la petite et grande histoire de la France comme de celle de sa lointaine colonie, la Nouvelle France au XVIIe siècle.

• Abraham Binet, de la petite à la grande Histoire 8 novembre 2005 15:17, par Jacky Aubry

Histoire de Proulx Jean 1646




Jean Proulx (1646) et Jacquette Fournier (1659)
Un des ancêtres des Proulx d’Amérique
 


Jean Prou,aujourd’hui Proulx, fils de Jean (d) et de Louise Vallée, de la paroisse de Notre-Dame de Nantilly, autrefois le coeur de la ville de Saumur, à mi-chemin entre Tours et Angers. C’est de ce coin de vignobles, 80% de la production vinicole angevine, de cette terre qui écoule ses eaux et ses routes vers l’Atlantique, qu’est parti pour la Nouvelle-France, Jean Prou.

Jean Prou,plus que bien d’autres eut une vie calme,pacifique et tenace:aucun fracas,aucune dispute.Son arrivée au pays se fit sans bruit. Personne n’a encore trouvé son contrat d’engagement. Son nom apparaît pour la première fois au recensement de 1667.Jean était au pays depuis l’été précédent,du moins avant la fermeture de la navigation. Que dit ce recensement?Jean était domestique chez Louis Couillard, sieur de l’Espinay,écuyer,seigneur de la Rivière du Sud. Louis Couillard semble demeurer à Québec, rue Notre-Dame. Dans sa maison vivent 5 enfants de 2 à 14ans,Geneviève Després,reine du foyer,2 domesti- ques portant le prénom de Jean. En effet, Jean Prou avait un compagnon de son âge,22 ans,Jean Mar-
chand,menuisier. Les serviteurs travaillaient ensemble pour le compte du seigneur. Ils accomplissent leur 36 mois d’engagement,selon la coutume de l’époque.

En 1669,Jean pouvait légalement,comme citoyen à part entière, mettre ses pieds dans la terre canadienne. Le 23 juin, en présence du notaire R. Becquet, à la maison de son maître et seigneur Louis Couillard, il écoutait attentivement la lecture de son contrat d’achat d’une terre à “la rivière à la Caille” aujourd’hui Montmagny ” trois arpents de terre consistante en haut bois,”c’était un défi à ses bras et à son courage. De plus, chaque année au premier d’octobre, Jean devait payer à Couillard 1 sol de cens,3 chapons vivants et 9 livres en argent de rente,valeur de neuf jours d’ouvrage,un maximum à l’époque. Il acquerrait bien le droit de pêche sur le fleuve,devant sa propriété mais avec l’obligation de donner au seigneur”le dixième de tout poisson qui se péchera”.

Jean Prou prit sa hache et au bois il alla,déserta une pointe de terre, construisit une cabane. Deux ans plus tard,il possédait déjà un bien qui avait une certaine allure. Le 22 février 1671, Guillaume Fournier de la Rivière St Charles à Québec lui offrit 150 livres pour sa propriété dont 30 en argent comptant. Jean s’empressa d’accepter l’offre devant le notaire Becquet et se chercha de l’ouvrage un peu plus rémunérateur aux alentours de la capitale.

L’année suivante,nous retrouvons Jean Prou”travaillant demeurant en cette ville ” de Québec. Noël Morin,époux d’Hélène Des portes devint seigneur de St Luc à Montmagny,le 15 novembre 1663. Jean Prou,le 22 août 1672,accepte de Noël Morin une concession en tout point semblable à sa première mais à des conditions un peu moins onéreuses. Jean avait le droit de pêche mais il devait avoir ” quatre arpents de bois abattu et débité…avant la fin de l’hiver prochain et d’y tenir feu et lieu”(Rageot).C’est sur cette propriété que Jean Prou installa ses pénates pour toujours,dans le fief St-Luc,en bordure de la seigneurie de Louis Couillard.

Depuis quelque temps,Jean fréquentait Jacquette Fournier,fille de Guillaume,habitant de la Rivière du Sud,aujourd’hui St-François. Jean lui-même dans son contrat de mariage se dit “habitant”du
même lieu. Peut-être travaillait-il pour le compte de son futur beau-père ? A Québec, le 2 juin 1673,devant Becquet, notaire,les parents et amis de sa belle: Noël Morin,Hazeur et Denys Belleperche,Jean promettait d’épouser Jacquette ce qui fut fait trois jours plus tard,à l’église Notre-Dame de Québec,devant l’abbé
Louis Ango. Témoins qui ont signé: Guillaume Fournier, Gilles Rageot et Pierre Soumande.

Jacquette Fournier née le 9 avril 1659, baptisée par François Lemercier, avait atteint ses 14 ans d’âge tandis que Jean en avait 29. Son parrain est Pierre Moret et sa marraine, Jacquette Viverent. Jacquette est dotée de 150 livres,d’un habit et de hardes.

Louis Couillard,le 24 juillet 1674,promet de s’acquitter d’une dette de 50 livres envers Jean Prou,qui sans doute avait travaillé pour le dit seigneur. Et,l’année suivante,3 août 1675, Jean refile le compte du pauvre Couillard,qui ne l’a pas encore payé, à Pierre Blanchet, son beau-frère. Blanchet avait fourni i” son Beaupré “
à Prou. S’agit-il d’un mât de chaloupe ou d’une chaloupe baptisée Beaupré ? Rien ne le précise.

Le 6 octobre 1676,il accepte une autre concession de Louis Couillard, seigneur de la Rivière du Sud,de “trois arpents de front…sur quarante de profondeur”,aux conditions habituelles du seigneur de Lespinay. Voisins:Pierre Joncas et Maurice Pasquier Jean devait aller vivre sur sa concession,sans plus de précision. L’année suivante,le 7 juillet 1678,Jean Prou,”habitant de la Rivière à la Caille(Rageot),s’associa à Alphonse Morin dit Valcour, fils du seigneur. Ensemble ils feraient leurs labeurs,leurs semailles et cultiveraient leurs terres. Chaque propriétaire fournira ses 2 boeufs et ses voitures etc…Valcour fera plus en prêtant sa charrue bien astiquée. Puis,aucune mention de Jean Prou dans les papiers civils officiels pendant vingt ans. Le 14 août 1701, Jean Prou tout fourbu se rend à Québec où l’attend M-Anne Fortin veuve de Jean Picard ” vivant marchand “. La veuve exige devant le notaire Chambalon que Jean honore ses comptes avant trop longtemps. Le débiteur Prou admet devoir 700 livres et 16 sols pour l’achat de différentes marchandises et promet payer. Pareille dette ne sera acquittée qu’après sa mort avec les biens de la succession. Jean,honnête et travaillant,malchanceux peut-être, n’avait certes pas la bosse des affaires.

Jean et Jacquette élevèrent 14 enfants: 7 filles et 7 garçons, tous nés et baptisés à Montmagny. L’aîné,mis au monde en avril 1676,reçut son prénom de son parrain Denys Belleperche. L’abbé Thomas Morel le baptisa à la Rivière du Sud,dit l’acte inscrit dans le registre Notre-Dame de Québec.  Catherine décéda le jour même de sa naissance. Denis,Jean-Baptiste,Pierre,Thomas,Joseph et Louis s’allièrent aux familles Gagné, Rousseau, Destroismaisons, Caron, Bouchard et Dufresne. Marie-Barbe, Louise, Marie-Anne Angélique, Marie et Françoise, née le 18 décembre 1701, connut à peine son père qui fut inhumé le 1 mars 1703,à St-Thomas par Rodolphe Dubus, prêtre. Jean n’avait que 59 ans mais se perpétuerait dans des descendants sans nombre jusqu’à nos jours.

Jacquette Fournier,”veuve de defunt Jean Proust vivant habitant demeurant à la pointe à la caille seigneurie saint Luc”,mit ordre à ses affaires. Elle vendit la moitié de sa ferme à Charles Gagnon,citoyen de la Côte de Beaupré,pour payer Marie-Anne Fortin, maintenant remariée à Etienne Mirambeau. Sur l’arpent
et demi de terre vendu,il y avait la maison et une portion de grange. Jacquette recommencerait sa vie avec bien peu de biens.

Il semble que la famille se soit transportée chez le fils Pierre, voisin de la propriété restante. Le 13 juillet 1722, Jacquette se donne à son fils Joseph, célibataire de 24 ans. Mais Pierre et Joseph se partageront chacun pour moitié les biens maternels. Sur la ferme,il y avait un cheval,un boeuf,une vache,25 poules,3 moutons et quelques biens meubles: 4 fusils, 3 faucilles, etc., ces derniers donnés à Joseph.

Jacquette Fournier vivra jusqu’à l’âge de 78 ans. Elle fut inhumée à Montmagny,le 23 janvier 1736,par Fornel. Denis Proulx, fils et Jean Marot assistèrent aux funérailles. Joseph, selon sa promesse écrite, s’empressa de faire dire 36 messes basses pour le repos de sa belle âme.

Telle est en abrégé la vie attachante, pour ne pas dire édifiante,de Jean Prou et de Jacquette Fournier.

Recensement 1681:Berthier ménage 10
Jean Prou 34 ans engagé volontaire
Jacquette Fournier 22 ans
Denis Prou 6 ans
Jean Prou 4 ans
Louise Prou 2 ans
Pierre Prou 4 mois

1 fusil,12 bêtes à cornes et 6 arpents en culture.

Greffes de notaire:

Contrat de mariage entre Pierre Proulx et Agathe Destroismaisons. Témoins de l’époux:Louis Couillard,seigneur de la Rivière-du-Sud, Sieur Jacques Couillard-Després, Jacquette Fournier sa mère, Françoise Hébert, sa grand-mère,Jean et Charles Fournier, oncles, Louis Fournier, oncle, Denis et Jean Proulx,frères, Pierre Gagné, beaufrère, Nicolas Valcour, ami.Témoins de l’épouse:Charles et Jacques Destroismaisons, frères.Contrat passé au presbytère de St-Thomas par l’abbé Charles Hazeur-Desaunay.(8 juin 1711)Abel Michon,notaire.

Inventaire des biens de Jacquette Fournier, veuve de Jean Proulx, par les estimateurs, Louis Côté, capitaine de milice et Jacques Couillard-Després. (23 avril 1714)Abel Michon notaire.

Cession de biens par Pierre Gagné et Louise Proulx son épouse, et par Louis Isabelle et Barbe Proulx,son épouse,à Jean-Baptiste Proulx.(15 novembre 1715)Abel Michon,notaire.

Vente de terrain par Thomas Proulx et Catherine Caron sa femme, à Charles Bernier du Cap St-Ignace.Ce terrain venait de la succession de défunt Jacques Bernier,grand-père de la dite Caron. (10 juin 1716) Abel Michon, notaire.

Concession de terrain par le seigneur Jean-Baptiste Couillard, à Denis Proulx.(15 août 1716) Abel Michon, notaire.

Concession de terrain par le seigneur Jean-Baptiste Couillard, à Jacquette Fournier, veuve de Jean Proulx.(17 août 1716) Abel Michon, notaire.

Concession de terrain par le seigneur Jean-Baptiste Couillard, à Pierre Proulx.(17 août 1716) Abel Michon, notaire.

Concession de terrain par le seigneur Jean-Baptiste Couillard, à Thomas Proulx.(18 août 1716)Abel Michon, notaire.

Vente de terrain par Thomas Proulx et Catherine Caron sa femme, à François Guimont,fils de Claude.(22 août 1716) Abel Michon, notaire.

Vente de terrain par Pierre Gagné et Louise Proulx, sa femme et Louis Isabelle et Barbe Proulx, sa femme, à Anne Proulx soeur des deux épouses.(27 octobre 1716) Abel Michon, notaire.

Vente de terrain par Pierre Proulx et Agathe Destroismaisons, à Jacques Destroismaisons(Picard),frère d’Agathe.(6 avril 1717) Abel Michon, notaire.

Convention de Pierre Gagné et Louise Proulx,sa femme au sujet dela succession de défunt Jean Proulx (15 juillet 1717) Abel Michon, notaire.

Vente de terrain par Jacquette Fournier, veuve de Jean Proulx, à Charles Bélanger,du Château-Richer. (29 octobre 1717) Abel Michon, notaire.

Vente de biens par Thomas Proulx à Jean-Baptiste Proulx, son frère. (20 octobre 1720)Abel Michon, notaire.

Vente de biens par Pierre Proulx,à Joseph Proulx.(20 octobre 1720) Abel Michon, notaire.

Vente et échange de terrains entre Jean-Baptiste Proulx et Pierre Proulx,son frère. (20 octobre 1720)Abel Michon, notaire.

Donation faite par Jacquette Fournier,veuve de Jean Proulx, à ses héritiers.(13 juillet 1722) Abel Michon, notaire.

Échange de terrain entre Pierre Gagné, époux de défunte Louise Proulx, et Joseph Migneau et Anne Michaud,son épouse.(6 avril 1728) Abel Michon, notaire.

Échange de terrain entre Pierre Gagné,veuf de Louise Proulx, et Jean-Marie Gagné,son fils.(6 avril 1728)Abel Michon, notaire.

Contrat de mariage entre Joseph Proulx,fils de défunt Jean Proulx et de Jacquette Fournier,et Théodore (Dorothée) Bouchard fille de défunt Pierre Bouchard et de Anne Bourassa: cette dernière devenue l’épouse de Louis Bossé. Témoins de l’époux: sa mère, Denis, Jean-Baptiste, Pierre, Thomas, Louis et Anne-Francoise Proulx, frères et soeur, Ambroise Samson. Témoins de l’épouse: sa mère, Louis Bossé, beau-père, Jean Bouchard, Simon Fournier et Marthe Bouchard, oncle et tante, François Boucher, Joseph Morin,Pierre Bouchard et François Guimont.(20 février 1729) Abel Michon notaire.

Contrat de mariage entre Alexandre Gagné,fils de Jean Gagné et de Madeleine Langlois,et Françoise Proulx, fille de défunt Jean Proulx et de Jacquette Fournier. Témoins de l’époux: ses père et mère,Jean,Joseph et Marthe Gagné, frères et soeur, Joseph Fournier et Elisabeth Gagné, sa femme, oncle et tante, Jean Gagné et Anne
Fournier, sa femme, Thomas Gagné et Pierre Bouchard. Témoins de l’épouse: sa mère, Denis, Thomas, Louis et Joseph Proulx frères, Louis Fournier.(16 octobre 1729) Abel Michon, notaire.

Vente de terrain par Alexandre Gagné et Françoise Proulx, sa femme, à Joseph Proulx, frère de Françoise.(27 août 1731) Abel Michon, notaire.

Vente d’effets par Denis Proulx et Anne Gagné, sa femme à Jean Proulx, leur fils.(14 octobre 1731) Abel Michon, notaire.

Vente de terrain par Joseph Proulx et Théodore (Dorothée) Bouchard, sa femme et Pierre Gagné et Angélique Bouchard sa femme, à Jean Bouchard, frères des deux épouses.(6 janvier 1734) Abel Michon, notaire.

Désistement de leurs biens par Denis Proulx et Marie Gagné, sa femme, en faveur de tous leurs enfants.(24 juillet 1735) Abel Michon, notaire.

Contrat de mariage entre Joseph Proulx, veuf de Théodore Bouchard, et Angélique Laberge, fille de défunt Nicolas Laberge et d’Angélique Trudel. Témoins de l’époux: Denis et Pierre Proulx, frères. Témoins de l’épouse: sa mère et Barnabé Gagné, son beau-père, Laurent et Charles Michon,amis.(5 novembre 1736) Abel Michon, notaire.

Donation de biens par Pierre Gagné,veuf de Louise Proulx, à Jacques et Augustin Gagné,ses fils.(22 avril 1740) Abel Michon, notaire.

Acte par lequel Jean-Baptiste Proulx et Louise Rousseau reconnaissent qu’Antoine Dandurand dit Marcheterre s’est bien acquitté de la tâche de transporter leur maison de la Rivière-du-Sud jusque sur le bord du fleuve.(27 avril 1741) Abel Michon, notaire.

Entente entre les héritiers de défunte Louise Proulx épouse de Pierre Gagné.(24 juillet 1742) Abel Michon, notaire.

Inventaire des biens de Pierre Gagné,veuf de Louise Proulx. (24 juillet 1742) Abel Michon, notaire.

Vente de terrain par Denis Proulx et Anne Gagné,à leurs enfants. (23 mai 1745) Abel Michon, notaire.

Inventaire des biens de Thomas Proulx,veuf de Catherine Caron. (1octobre 1746) Abel Michon, notaire.
 

Source :Thérèse Fournier                           



Histoire de Prou Jean 1633



Proulx-Blazon2006 001

Jean Prou
Un des ancêtres des Proulx d’Amérique
 

Le patronyme Prou correspondrait à une variante de l’adjectif preux, mot qui signifiait vaillant.

Il y a eu plusieurs pionniers, ancêtres des Proulx, venus s’établir en Nouvelle-France mais celui que nous évoquerons ici est Jean Prou, né en 1633, baptisé le 13 novembre, originaire de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Moutierneuf, à Poitiers, en France. Il était le fils de Nicolas et de Catherine Morgué.

Il s’embarque pour la Nouvelle-France vers 1670 et laisse derrière lui une épouse, Jeanne Chabot et deux enfants qu’il se propose probablement de faire venir une fois bien établi. En 1674, il confie à un certain Gilles Galipau des lettres destinées à son épouse car celui-ci doit passer par Poitiers. De retour, Galipau lui apporend le décès de Jeanne survenu le 7 août 1671 soit peu de temps après le départ de Jean.

En 1675, Jean s’établit dans la seigneurie de Dombourg (Neuville), voisin du couple Pinel. Ils ont une fille, Catherine, âgée de 18 ans qui s’était mariée en 1671 à Denis Masse décédé depuis. Jean épouse en secondes noces Catherine Pinel dite Lafrance le 2 novembre 1676 à Neuville.

Le couple eut treize enfants, tous nés à Neuville:

 

  • René, né le 7 août 1677, destin inconnu;
  • Catherine, née le 24 octobre 1678, mariée en 1700 à Jean-Baptiste Arbour, décédée le 4 avril 1760;
  • Jean-Baptiste, né le 22 décembre 1679, marié en 1713 à Geneviève Arbour, décédé le 18 septembre 1760;
  • Louise, née le 11 mars 1681, décédée le 19;
  • Élisabeth, née le 28 avril 1682, mariée en 1705 à Jean Bossu dit Lyonnais, décédée le 30 mai 1762 à Varennes;
  • Marie Anne, née le 26 août 1684, décédée le 16 décembre 1737;
  • François, né le 24 mars 1686, marié en 1713 à Thérèse Faucher, décédé le 3 décembre 1749;
  • Marie Madeleine, née le 23 août 1688, mariée en 1711 à François Augustin Arbour (le frère de Jean-Baptiste et de Geneviève);
  • Thérèse, née le 16 août 1690, mariée en 1711 à André Daigle dit L’Allemand, décédée le 24 octobre 1758 à St-Antoine-de-Tilly;
  • Claude, né le 17 septembre 1692, marié à St-François-du-Lac en 1716 à Marie Anne Bibeau, décédé en février 1736 à Champlain;
  • Alexis, né le 27 octobre 1694, marié à St-François-du-Lac en 1724 à Françoise Robidas, décédé le 29 avril 1757 à St-Augustin;
  • Joseph, né le 5 mars 1697, marié en 1726 à Thérèse Aide, décédé le 17 novembre 1756 à Québec;
  • Marie Félicité, née le 1er mars 1699, mariée en 1718 à Jean-Baptiste Brousseau, décédée le 25 mars 1759 à St-Augustin.

Au recensement de 1681, Jean et Catherine possède 3 bêtes à cornes et 10 arpents cultivés.

L’ancêtre décède à Neuville le 9 décembre 1703 alors que sa veuve lui survit jusqu’au 13 juin 1723.

 

Source: Le Centre de généalogie francophone d’Amérique(RB)

 

Histoire Rivard Nicolas 1620
















Rivard-Blazon

Nicolas Rivard
Ancêtre des Rivard d’Amérique

Par rapport au plus grand nombre de colons arrivés au XVIIe siècle en Nouvelle-France, les Rivard se trouvent historiquement privilégiés. Car on connaît maintenant jusqu’à Thamas Louche et Perrine Mercier, les arrière-grands-parents de Jeanne Mullard, mère de Nicolas et de Robert Rivard, deux pionniers de la Mauricie.

Par les Louche et les Mullard, les Rivard canadiens peuvent être fiers du fait qu’ils connaissent, du moins partiellement, un passé qui remonte dans le temps à près d’un demi-millénaire.Qui peut dire mieux, à part les familles issues de la grande noblesse?

Départ pour le Canada;

Le vendredi 6 mars 1648, Nicolas se présente en la maison du notaire Chouaiseau, qui rédige pour lui le contrat que voici: *Fut présent Nicolas Rivard demeurant à Toulouvre, lequel a volontairement promis et s’est obligé par corps et biens à et envers maître Noël Juchereau sieur des Chastellées demeurant pour lui Pierre Juchereau sieur des Moulineaux demeurant à Toulouvre ad ce présent, savoir est d’aller par ledit Rivard servir ledit Juchereau sieur des Chastellées audit pays de la Nouvelle-France autrement dit Canada pour le temps de trois ans à commencer du jour de l’embarquement qui se fera en cette année à la Rochelle et finissant au débarquement qui se fera au bout dudit temps en France de le nourrir pendant ledit temps et a été ce fait moyennant la somme de soixante et six livres tournois pour chacun an que ledit Juchereau a promis de payer ou faire payer par ledit maître Noël son frère audit Rivard par chacun an sur lequel somme celui Rivard a reconnu avoir reçu dudit Juchereau la somme de quinze livres tournois dont il se tient content.

Défenseur des colons…

Nicolas Rivard n’hésitait pas à se porter à la défense des faibles. Le 13 août 1663, on le voit porter plainte contre Michel Peltier de Laprade, le futur seigneur de Gentilly. Le vaillant capitaine de milice assumant pleinement son rôle, a trouvé chez Peltier un nommé Pierre Retoucq “étendu, sans parole”, après une violente querelle. Nicolas porte alors plainte contre l’assaillant et un tribunal composé de Pierre Boucher, Quentin Moral et Louis Laurent condamnera le défendeur à vingt livres d’amende.

“Nicolas Rivard, écrit madame Jeanne Patenaude, avait comme caractère propre, un attrait et des aptitudes, il faut dire, le portant à s’occuper de la chose publique: en maintes occasions, les Archives nous le présentent comme ayant pris l’initiative de défendre les intérêts communs des habitants du Cap ou de Batiscan, et les actes notariés ou les procès-verbaux s’expriment très souvent à peu près en ces termes: Nicolas Rivard, sieur de la Vigne, habitant du dit lieu, sachant lire et écrire agissant pour et au nom de tous les colons, se faisant leur procureur et défendeur, demande, etc… et les pétitions étaient adressées à l’Intendant, aux autorités civiles ou religieuses, etc…”

Marque d’une pitié singulière…

Au recensement de 1681,Nicolas a 60 ans et il demeure avec sa femme et ses dix enfants à Bastiscan. Il y exercera la fonction de capitaine de milice jusqu’en 1698,c’est à dire jusqu’à l’âge de 81 ans.En fait, il achève son voyage en ce bas monde.Le 1*juillet 1701,on le conduira à son dernier repos,au petit cimetière paroissial. Il était resté actif jusqu’à la fin.Sur son acte de décès, le curé inscrit qu’il a manifesté toutes les marques d’une pitié singulière. Catherine sa femme, lui survivra près de huit ans, étant aussi inhumée à Bastiscan le 28 juin 1709.
 Nicolas Rivard de La Vigne  et ses descendants les; :
                    Rivard,Dufresne,Préville,
                    Lacoursière,Lanouette,
                    Laglanderie-Beaucourt,
                    Bouin,Tessier
                    Lavigne & Pérusse

Nicolas Rivard et Catherine de Saint-Père ont été les parents de sept fils et trois filles;Nicolas (1654-1719), marié à Elisabeth Trotier, puis à Françoise Marien, veuve de Sébastien Grenat; Jeanne (1656-1698), marié à Charles Dutaut;Julien, sieur de la Glanderie (1657-1708), marié à Elisabeth Thunay;François, sieur de Lacoursière(1659-1726), marié à Madeleine Lepellée, puis à Geneviève Chêne dit Lagrave; Pierre, sieur de Lanouette(1661-1724), marié à Catherine Trotier; Madeleine (1663-1737), marié à Pierre de Lafond; Michel (1665-1687); Jean, sieur de Préville (1668-1731), marié à Geneviève Trotier; Catherine (1673-1703), marié à Alexis Marchand; Antoine, né en 1675, vivant encore en 1697, destinée inconnu.

Plusieurs surnoms;

Les descendants de Nicolas Rivard ont porté divers surnoms, ce qui complique quelque peu leur généalogie.L’ancêtre se faisait aussi appeler Lavigne, surnom qui est passé à de nombreuses famille ayant vécu sur la rive sud, face au comté de Champlain.

Julien le second fils de Nicolas, est à la tête de la branche des Laglanderie.Ce surnom à complètement disparu.Son fils Joseph a  épousé Elisabeth Thunay dit Dufresne.Les descendants de ce couple on conservé le surnom de leur mère; c’est ce qui explique la présence de nombreuses famille Dufresne en Mauricie.

Les Lacoursière descendent de Francois, le troisième fils de Nicolas.Les Lanouette (Pérusse)et Lavigne descendent principalement de Pierre, le quatrième fils. Les Préville nous viennent de Jean, le sixième fils.François le fils de Julien, a pris le surnom de Laglanderie-Beaucourt. A la quatrième génération, on retrouve même Jean-Baptiste Préville dit Gervais.

                                       Où vivent les Rivard?

Grande avaleuse de ressources humaines, la région montréalaise a attiré vers elle le plus grand nombre des descendants de l’ancêtre Nicolas. Il s’y trouve au moins 450 familles Rivard, 700 Lavigne, 650 Dufresne, 80 Lacoursière et autant de Lanouette, de même que plus de 50 Préville, et quelque Pérusse.Cependant, les Lavigne et les Dufresne peuvent appartenir à d’autre familles, notamment aux Tessier dit Lavigne, aux Bouin dit Dufresne et aux Pérusse. La Mauricie compte près de 300 familles Rivard, plus de 200 Dufresne, plus de 150 Lacoursière, près de 100 Lavigne et quelque Lanouette.Ces familles sont aussi passablement nombreuses dans la région de Québec.

Quel rapport entre Nicolas Rivard  et certains Pérusse?

—–Le 3 mars 1862 dans la paroisse de Sainte Anne-De-La-Pérade, Joseph-Alfred Lanouette fils majeur de Thiburce Lanouette, prit pour épouse Elise Boulard, fille majeur de Michel Boulard.

—–Le 11 janvier 1865 dans la paroisse de Sainte Anne-De-La-Pérade,le corps de Elise Boulard décède depuis deux jours , fût inhumé, âgée de 25ans, épouse de Alfred Lanouette,
journalier (non présent).

—–En 1865, Alfred Lanouette fils de Joseph-Alfred et de Élise Boulard, fût prit en charge par; sieur Edmond Pérusse et par Dorothée Chabot.

—–En 1881, le 1* octobre, (homologué le 4 octobre) sieur Edmond Pérusse conducteur demeurant dans la ville de Lévis, adopta légalement Alfred Lanouette demeurant dans la ville de Lévis, cartier Lauzon, fils mineur âgé de 19 ans, issu du mariage de feu dame Elise Boulard, et de Alfred Lanouette, journalier, demeurant dans un pays inconnu.Aux fin que le tuteur soit autorisé à donner son consentement au mariage du dit mineur vu qu’il rencontre un parti avantageux et à défaut de parents. Le dit mineur n’ayant pas de parents dans la province de Québec, qui lui sont connus.

—–Le 10 octobre 1881, Alfred (né Lanouette) Pérusse épousa Marie-Cécile Lacroix et de cette union a été baptisé;

le 23-10-1882,   Marie-Alfreda-Alexina Lanouette  dit Pérusse, décède le 28-07-1883
”  18-02-1884,   Joseph-Alfred-Jean  Pérusse,
”  11-02-1886,   Joseph-Léger-Edmond Lanouette dit Pérusse,
”  19-08-1887,   Théodore-Jean-Baptiste Lanouette dit Pérusse,
”  13-07-1889,   Joseph-Elzéar-Sifroi Lanouette  dit Pérusse,
”  14-06-1891,   Joseph-Urbain-Lucien Lanouette dit Pérusse, décède le 22-09-1893
”  07-08-1893,   Valère-Alphonse-Roméo-Eugène Lanouette dit Pérusse,
”  11-08-1895,   Joseph-Ernest-Lucien Lanouette  dit Pérusse,
”  21-03-1899,   Joseph-Alfred-Antonio Lanouette  dit Pérusse

La plus grande partis des Pérusses descendant de Nicolas Rivard demeure encore à Lévis là où Alfred  Lanouette, Pérusse fût adopté pour lui permettre de se marié puisqu’il était encore mineur.Car à cette époque l’âge de la majoration était de 21 ans.
 

Recherche complété par Hélène Pérusse le 24 avril 1998
Sources d’informations; La généalogie Canadien,
les registres paroissiaux et contrats de notaires.
 
 

 

 


Histoire de Carufel (Sicard) Jean 1650



Crest Sicard
Jean Sicard
Ancêtre des Sicard d’Amérique

 


 

Jean Sicard de Carufel est né à Castres, dans le Languedoc. Il est le fils de Pierre Sicard et de Marie de Fargues.Il vient en Amérique et arrive à Québec en 1685. Il est sergent dans la compagnie de Renaud d’Avesnes des Meloïzes.Il participa à la guerre que les français livrèrent aux Tsonnontouans, une tribu iroquoise dont les campements s’étendaient dans l’Etat de New-York.

Après la démobilisation, Jean Sicard décidait de demeurer en Nouvelle-France. Il s’y maria avec Geneviève Ratté, à Saint-Pierre de l’île d’Orléans le 27 novembre 1694. Geneviève était la fille de Jacques Ratté et Anne Martin.

La famille alla s’établir dans la région de Maskinongé, dans un bourg appelé le fief de Carufel.

 

Source: Le Centre de généalogie francophone d’Amérique.

Jean Sicard de Carufel portait    :

Crest Sicard

«De gueules, au paon rouant d’or, au chez cousu d’azur chargé de trois étoiles d’argent.»


Le Centre de généalogie francophone d’Amérique
URL: http://www.genealogie.org